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n° 02104Jérôme préfère les filles un peu zarbi !14/04/01 *
Sorcières
critères:  ffh fbi bizarre amour intermast cunnilingu pénétratio orties merveilleu sorcelleri -couplea3 -hff -attirautr
38418 caractères
Auteur : Jerome492


J’avais rendez-vous avec Maître Kobayashi… Nous devions négocier ensemble un important transfert de diamants en provenance de Bulgarie, activité périlleuse qui nous avait emmenés non loin d’un grand port du Nord de la France.


Je retrouvais tout d’un coup mes racines… il y avait là toute ma jeunesse, dans la grisaille et la poussière d’acier. Je détestais cet endroit, par-dessus tout, il y avait surtout des mauvais moments derrière tout ça, la dèche et les galères. Tandis que je me promenais, nostalgique, sur le port de Dunkerque en me remémorant toutes ces mornes années, mes pas m’ont inexorablement conduit près de l’ancienne demeure de mes parents adoptifs. Je n’aurais pourtant jamais cru revenir ici un jour, surtout pas ici.


L’endroit n’avait pas changé, les mêmes maisons grises, les mêmes jardins étriqués, la même laideur, le passé m’a aspiré… Je déambulais comme un pauvre hère dans cet univers lunaire, espérant je sais quoi, n’ayant rien à espérer, un peu comme si j’étais en train de faire mon testament…


J’ai vu la mère Carret sortir du 48, comme des années auparavant, elle n’avait pas changé, toujours la même vieille carne. J’ai eu droit à l’inévitable café, inévitable hospitalité des gens du Nord, qu’est-ce que j’avais pu la faire chier, cette vieille taupe. Nous avons évoqué le bon vieux temps, mes deux potes d’enfance, Nathan et Grégory, les deux enfants Béloudec, l’un d’eux devait encore travailler sur Boulogne. L’autre s’était tué dans un accident de voiture, oui je l’avais su, non je n’avais pas été à son enterrement… et puis aussi les jumelles, les filles Krivniak, au fait qu’étaient-elles devenues, ces deux-là, elles et leur sorcière de tante !


C’est ainsi que j’ai retrouvé la trace d’Héléna et Antoinette, elles avaient hérité d’une petite bicoque dans un endroit paumé du centre de la France, une adresse sur un petit papier froissé qui est restée des années durant au fond d’une poche d’un vieux blouson.



* * * * *



Cette année-là, j’étais très déprimé, ma copine venait de me plaquer, à peine trois jours avant de partir en vacances. Des mecs comme moi, c’était insupportable, invivable… trop égoïste, trop à l’écart de tout. Je n’en faisais qu’à ma tête mais après tout on a qu’une vie et les contraintes de la vie de couple sont trop souvent incompatibles avec la liberté la plus élémentaire qui est "Je fais ce que je veux quand je veux, point barre et si vous êtes pas contents je vous tire la langue".


Je vous en passe et des meilleures. Mais, ceci dit, elle avait entièrement raison la drôlesse, j’ai toujours été un parfait salaud.

Pour moi l’amour n’aurait dû être qu’un grand élan romantique et passionnel touchant à l’absolu et conduisant des êtres à faire des actes hors du commun et transcendant toute chose. Mais être de corvée de vaisselle ou se faire engueuler pour des chaussettes qui traînent dans un coin du salon ou toute autre chose bassement matérielle du même acabit, ça fait chier, c’est certain. Ce qui m’a toujours horriblement fait gerber chez les meufs, c’est leur esprit trop terre-à-terre, bassement matériel, la sombre perspective de me laisser emmerder par des objets m’a toujours irrité, au plus haut point. C’est constitutionnel chez elles, ce satané instinct grégaire, sécurité et maternité. Ceci dit, je les adore, plus que tout au monde, mais pas au point de vivre avec elles… J’aime leur folie, leur insouciance, leur irrationalité, mais dès qu’il est question pognon, alors là, je les exècre.


Toujours est-il que je lui ai rendu le beau blouson qu’elle venait gentiment de m’offrir et que j’ai attrapé la première pelure venue avant de claquer la porte. De toute façon, c’était définitivement terminé entre nous, la belle m’avait d’ores et déjà trouvé un remplaçant. Et lui saurait bien s’occuper d’elle, au moins… Bon courage, mon vieux, c’est tout le mal que je pouvais lui souhaiter, je n’avais même pas envie de lui exploser la tronche, à ce con. Et pourtant, j’ai toujours été bagarreur.


Et là, je vous le donne en mille, il y avait un petit bout de papier froissé dans une des poches intérieures de ce vieux blouson élimé.



* * * * *



Héléna et Antoinette Krivniak, je les connaissais depuis toutes petites, elles avaient bercé mon enfance. Elles habitaient à deux pas, dans la même rue, la maison jouxtant celle des frères Béloudec. Lorsque nous étions mômes, nous ne pouvions pas les encadrer, les Polacs. Surtout la vieille tante squelettique, la sorcière qu’on l’appelait dans le quartier, il y avait toujours un gamin pour lui renverser sa poubelle ou pour lui foutre un pétard dans sa boîte aux lettres. Aussi, quand elle nous voyait, elle nous coursait, en robe de chambre dans la rue, nous avions l’impression que des éclairs sortaient de ses yeux, comme pour nous foudroyer ou nous transformer en d’horribles montres hideux et gluants.

Les gens médisants racontaient que dans sa cave elle préparait des mixtures en récitant des incantations. Elle avait transformé son mari en crapaud et l’avait mis dans une boîte où il croupissait. Tous les mômes étaient véritablement terrorisés mais forcément aussi excités, c’était à celui qui s’approcherait le plus près pour découvrir ces horribles secrets.


La rumeur s’est ensuite amplifiée quand deux petites vieilles sont mortes d’un mal étrange à quelques jours d’intervalle. Tout le monde savait qu’elles ne l’appréciaient guère, la mère Krivniak, et cette vieille sorcière s’était probablement vengée en enfonçant des aiguilles dans des poupées de chiffon. Certains ont même été sur le point de monter une expédition punitive à son encontre, pour la lyncher et lui faire avouer ses fautes aux origines diaboliques. À partir de ce moment, cela devint vraiment très dur pour elle, plus personne ne lui parlait, tout le monde l’épiait. Tous ces Polacs n’étaient guère appréciés. Comme quoi nous vivons dans un monde de tarés !!!


Héléna et Antoinette, les deux blondasses, étaient le pendant de la mère Krivniak, pour les enfants du quartier. Après tout, elles vivaient chez la sorcière, donc étaient elles-mêmes des sorcières. Qui plus est, pas spécialement belles, je dirais même spécialement moches car c’est ce que tout le monde disait à l’époque, elles ressemblaient de plus en plus à des sorcières, leurs physiques bizarres et inquiétants prouvaient le lien qui les unissait aux forces des ténèbres. D’autant plus qu’Antoinette était véritablement bossue et déformée et qu’il ne pouvait s’agir là que de l’œuvre du malin…


Les années de primaire furent très dures pour elles, toujours à l’écart, personne ne leur parlait, tout le monde complotait contre elles. Un jour, un groupe de garçons dont je faisais partie les a chopées à la sortie de l’école pour leur badigeonner le visage avec des orties… Par la suite nous nous sommes fait engueuler par le maître, mais mes parents adoptifs m’ont presque félicité, moi qui d’habitude prenais des raclées ! Dieu que les enfants sont cruels entre eux ! Inutile d’aller chercher ailleurs l’explication de tous ces massacres qui parsèment le monde d’aujourd’hui.


C’est à partir de la 5ème que j’ai pris conscience que tout ceci ne pouvait plus durer. Nathan et Grégory s’étaient liés d’amitié avec un certain Thomas, un chef de bande, un sale petit voyou qui faisait régner la terreur dans la cour du collège. Et ils avaient d’un commun accord décidé de mener une expédition punitive contre les deux têtes de Turc : Héléna et Antoinette. Ils les avaient coincées dans les toilettes, cette fois-ci elles allaient déguster. Ils voulaient les foutre à poil pour voir la bosse de l’autre sorcière. Antoinette était terrorisée, Héléna faisait face et s’était interposée, à un moment nos regards se sont croisés comme si elle m’implorait. J’étais le seul à pouvoir l’aider… C’est à ce moment précis que j’ai pris conscience que nous étions en train de déconner, que ce n’était plus possible, qu’il fallait tout arrêter.


Je me suis rué sur Thomas, ce grand con faisait presque une tête de plus que moi mais je l’ai pris par surprise et l’ai déséquilibré, sa tête de chiotte a heurté la cuvette des WC et elle a éclaté. Lorsqu’il s’est relevé, le visage tout ensanglanté, le regard méchant, j’ai su qu’il allait se venger. Il s’est jeté sur moi et m’a salement tabassé. J’ai passé un sale quart d’heure sous une volée de coups de poings, de coups de pieds, et même Grégory s’en est mêlé, avant qu’un pion ne vienne nous séparer. J’en étais quitte pour deux yeux au beurre noir, des ecchymoses partout, une torgnole magistrale par mon père adoptif et trois jours de mise à pied du collège.


Désormais j’étais la bête noire de l’établissement, l’ami des sorcières, le mec à ne pas fréquenter. Même Nathan, qui avait été jusqu’alors mon meilleur pote, ne voulait plus me parler. Mais tout ceci redonnait du piment à ma vie, je sortais enfin de la grisaille.


Je me suis rapproché d’Héléna, elle n’était pas pire qu’une autre, pas plus sorcière que la moyenne. Nous nous sommes liés d’amitié. Sa sœur, par contre, me faisait peur avec sa bosse… J’ai toujours eu peur des monstres et des anormaux.


Dans la cour de récré, désormais, nous étions trois et bientôt quelques autres sont venus nous rejoindre, des enfants mis à l’écart pour la plupart, qui se reconnaissaient en nous. Nous avons constitué un petit groupe d’une dizaine d’alliés pour faire bloc contre l’ennemi. Nous étions les pestiférés et jusqu’au brevet nous le sommes restés.


C’est ainsi qu’Héléna est devenue ma meilleure amie, je ne pouvais plus m’en passer. Amie et confidente, un vrai pote, cette meuf, nous pouvions tout partager. Nous n’avons jamais été véritablement amoureux l’un de l’autre, plutôt copains ou frère et sœur, la petite sœur que j’aurais aimé avoir…


Mais mieux, plus tard, mes premières expériences sexuelles, je les ai eues avec elle, mes premiers émois, mes premiers baisers, mes premiers attouchements, ma première fois aussi, juste comme cela, pour voir, pour nous entraîner, pour nous entraider. Mais tout était clair, tout a toujours été clair entre nous, aucun amour ne venait nous embrouiller, simplement beaucoup de tendresse et de complicité.

Elle était par ailleurs amoureuse d’un petit brun qui n’arrêtait pas de la faire marcher et moi d’une petite peste capricieuse qui ne voulait jamais coucher…


Après le bac, nos chemins se sont séparés. Nous nous retrouvions parfois le week-end pour discuter, pour échanger nos expériences, dévoiler nos peines de cœur et partager nos incertitudes. Quand ça allait mal, nous trouvions toujours chez l’autre la force de nous réconforter. Parfois aussi, c’est vrai, nous avons baisé, lorsque l’un d’entre nous était en manque ou se sentait esseulé, nous n’hésitions pas à le consoler, ça se terminait dans un lit par des galipettes et c’était toujours parfait.


Par la suite, nous nous sommes perdus de vue. La vie est ainsi faite. Je ne croyais pas retourner un jour en pays Ch’ti et je ne pensais pas non plus qu’elle parviendrait à s’en arracher…



* * * * *





* * * * *



La ferme, ou ce qu’il en restait, était au bout d’un long chemin interminable, complètement défoncé. J’avançais péniblement en essayant d’éviter les ornières et en faisant gaffe de ne pas m’enliser. Lorsqu’enfin je suis arrivé dans la cour, une harpie est sortie du bâtiment sur ma droite avec une grosse pétoire dans les mains. Les cheveux complètement hirsutes, gras et mal lavés. J’ai bien cru qu’elle allait m’aligner. D’un geste énervé, elle m’a fait signe de décamper. Calmement, j’ai coupé le contact et suis sorti de la voiture sans paniquer. Que ma vie se termine là ou ailleurs, de toute façon, je m’en foutais…


Elle a eu un instant d’hésitation, pour sûr qu’elle avait déjà vu cette tête-là quelque part ! Pour ma part, bien sûr que je la reconnaissais, sous la couche de crasse elle n’avait pas changé, toujours la même petite moue boudeuse mais tellement touchante :



Je lui ai emboîté le pas et nous sommes entrés dans une grande salle commune sans plus attendre, vieille et poussiéreuse, toute couverte de vieilles poutres tordues… menaçantes ! Sur le point de s’effondrer. Et après les bisous habituels, rien n’avait véritablement changé entre nous, tout était comme avant, comme si nous venions de nous quitter, alors que tant d’années avaient passé :



Immédiatement, la bossue a fait irruption dans la salle, tout aussi crasseuse que sa sœurette, tout aussi hirsute. Elle s’est approchée de moi et m’a embrassé, sur la joue évidemment, mais je ne souvenais pas que nous ayons déjà eu auparavant un tel degré d’intimité. Et puis j’étais toujours aussi impressionné par sa difformité, quelque peu mal à l’aise, comme toujours en pareil cas.


Elles ont sorti quelques bouteilles, des liqueurs fruitées et liquoreuses, quelque peu écœurantes, il n’y avait que ça ou du pinard ordinaire… Mais au bout de quelques verres, nos langues se sont déliées. Nous avions retrouvé nos marques et toute la complicité qui nous avait unis durant tant d’années. Finalement, ces deux nanas, moi, je les adorais et j’adorais tout ce foutoir et toute cette crasse qui nous entourait. Bohème, c’était vraiment bohème, si j’avais été trop pété, j’aurais presque pu pisser dans l’évier, mais en fait je l’aurais pas fait, ce n’est pas parce que tout est possible qu’il faut nécessairement en profiter.


Nous avions bien bu, pas forcément trop mangé, juste un peu picoré, donc bien bourrés. Héléna s’est levée en titubant :



J’étais très gêné, Antoinette nous écoutait et j’trouvais ça vulgaire, quoique délicieusement prometteur. J’suis resté un moment en tête-à-tête avec Antoinette, histoire de pas avoir l’air, j’devais la prendre vraiment pour une gourde ! Non, je voulais pas en entendre parler, quelque chose me gênait. Ensuite je me suis levé.



Un p’tit bisou, et j’ai eu l’impression de voir une petite larme perler au coin de son œil. Gêné, j’me suis éclipsé.



* * * * *



Héléna m’attendait. Complètement transformée, elle avait pris une douche, s’était pomponnée, méconnaissable. Je retrouvais l’Héléna que j’avais toujours connu, peut-être pas une belle fille, mais sympa, décontractée et attirante avec une longue chevelure d’un blond soyeux. Je l’ai enlacée et nous nous sommes embrassés… passionnément. Nous avons culbuté sur le lit d’un commun accord. Roulés-boulés, chaudes empoignades, elle n’a pas attendu que je sois déshabillé pour venir me chevaucher. Visiblement elle avait un besoin pressant. Elle s’est empalée et j’ai pu admirer ma belle et sauvage cavalière aux cheveux d’or et au regard bleuté en train de me monter, lentement, profondément et avec envie. Elle s’est laissée aller et, comme elle avait grand faim, elle n’a pas tardé à exploser.

Puis elle s’est dénudée, ses petits seins pointus aux gros tétons saillants m’ont toujours excité. Elle était toujours chevauchante, elle se laissait aller, complètement débridée. Et nous avons pu varier les plaisirs, tous les plaisirs, varier les mouvements et les positions à l’infini jusqu’à ce que j’éclate en elle à mon tour…


Elle semblait rassasiée, elle a allumé un clope, c’était le repos du guerrier :



Nous avons éclaté de rire, elle n’en pensait pas un mot évidemment. J’étais peut-être plus accro qu’elle, en vérité, moi j’aurais bien aimé ne jamais la quitter. Finalement, dans un couple, il y en a toujours un qui souffre un peu plus que l’autre…


Elle était blottie tendrement contre moi, nous fumions une autre cigarette sans rien dire lorsqu’elle s’est avancée :




* * * * *




« Tout alla pour le mieux dans les premiers temps. Sans être accueillies à bras ouverts, nous étions du moins acceptées. Et puis un jour, alors que j’étais à Limoges, des chasseurs sont passés par-là, ils ont vu Toinette, et ces pourris, ils l’ont violée. Je te jure que c’est vrai, je suis sûre que c’est vrai, elle n’aurait pas inventé tout ça, et puis elle a pas l’habitude de me raconter des salades… Deux vieux et un jeune, je crois savoir qui c’est en plus. Je suis immédiatement allée à la gendarmerie porter plainte, mais ils m’ont presque ri au nez. Une invalide, une bossue, qui aurait pu vouloir de cela ? Selon eux elle avait tout inventé. Et puis elle avait qu’à venir porter plainte elle-même, après tout je n’avais pas à m’en mêler ! Vraiment, ils m’écœuraient, ces connards. Tout juste si je me suis pas fait coffrer.


« Je sais, j’ai eu tort, j’ai déconné, j’aurais dû aller directement chez le gynéco avec elle pour faire constater les "dégâts", mais elle était trop fragile, complètement traumatisée, elle bougeait plus et restait prostrée, je pouvais pas lui infliger cet examen en plus… Au lieu de ça, nous nous sommes barricadées toutes les deux et depuis ce jour, à chaque fois que je vois quelqu’un passer par-là, je sors avec le fusil, au cas où il leur prendrait l’envie de recommencer. Ensuite cette histoire de sorcières s’est ravivée… Je ne sais ni comment ni pourquoi. Les gens du village nous accusaient de tous les méfaits, personne ne voulait plus nous parler. Depuis ce jour nous sommes en quarantaine, cloîtrées ici, à l’écart du monde. Lorsque je dois, une fois par semaine, me rendre à Limoges, je demande même à Toinette de se barricader, de garder les volets clos en attendant mon retour et la pauvre est souvent terrorisée…



Je ne comprenais pas trop où elle voulait en venir ni ce qu’elle désirait me demander. Je trouvais vraiment dégueulasse que l’on s’attaque ainsi à deux filles fragiles. Cette chasse aux sorcières m’exaspérait. Mais cela ne m’étonnait guère de ces salauds de chasseurs : chiasse, pêche, tradition et droit de cuissage, dans la tradition des gros beaufs ricardés. Je sais bien, il ne faut pas généraliser. N’empêche qu’un certain nombre de ces crevures aurait dû être éliminé. La guerre civile venait à peine de commencer…




* * * * *



Je me suis endormi, perturbé. Je ne voulais pas m’avouer qu’elle avait peut-être raison. J’avais toujours eu peur de Toinette, je n’avais jamais arrêté de la fuir, je faisais toujours tout mon possible pour ne pas me retrouver seul à seul avec elle, en tête-à-tête. Et puis il y avait ses regards, oui, ses regards trop tendres, ça me gênait…


Mes rêves se sont vite transformés en cauchemar. Nous étions au Moyen Âge et il y avait une jeune fille attachée au pilori, une sorcière. La foule allait la massacrer… et il n’y avait que moi pour la sauver. Il fallait que je signe l’Édit de Nantes, ou une espèce de parchemin du même style, pour lui laisser la vie sauve et je ne pouvais m’y résoudre, désespéré. En fait j’avais constamment quelque chose de plus important à faire ou plutôt je m’inventais toujours quelque chose de plus important. Et cette fille allait sombrer, elle allait être guillotinée.


Je me suis réveillé en sueur au beau milieu de la nuit, Héléna était toujours à mes côtés, blonde comme les blés, blonde à croquer. Je me suis relevé et ai enfilé son peignoir pour descendre dans la maison obscure, un peu déboussolé par ce rêve étrange.


Dehors, le vent s’était levé, un volet claquait. J’ai ouvert le frigo, une odeur de rance m’a saisi à la gorge. Il n’y avait pas de canette, rien de buvable en tout cas, je n’étais pas chez moi. J’ai bu une ou deux gorgées au robinet avant de remonter… Lorsque je suis passé devant la chambre de Toinette, un rai de lumière passait dessous la porte. Alors j’ai pris mon courage à deux mains et là, je suis entré.



* * * * *



Elle était assise sur le lit, prostrée, elle pleurait. Je me suis approché. Je me suis même assis au bord du lit tout près d’elle, je n’avais jamais été aussi près.



Elle a levé la tête et m’a regardé, les yeux embués, visiblement complètement incrédule et interloquée… Je ne savais trop que faire, je me sentais paralysé, trop bloqué pour faire un geste. Finalement j’ai pris la décision d’éteindre la lumière d’autorité et de m’allonger gentiment auprès d’elle, je n’avais rien trouvé de mieux, en fait, les mots justes n’arrivaient pas… Tout était trop délicat et embrouillé !


Peu de temps après, elle a fini également par s’allonger. Nous étions face à face, nous ne bougions pas, nous ne nous touchions pas non plus et pourtant nous étions près à nous frôler. Je sentais presque son souffle chaud dans le noir inonder mon cou. C’était l’instant magique, celui dont on a tous rêvé, des petites molécules d’amour circulaient entre nous. Tout doucement je lui ai pris la main, tout doucement elle m’a donné sa main et nous nous sommes endormis ainsi, sans rien dire, sans rien faire, juste à savourer ce premier contact.



* * * * *



Au petit matin, Héléna est entrée comme une tornade dans la chambre, débordante de bonne humeur :



Nous nous regardions sans dire un mot, Toinette et moi, je crois qu’elle n’en revenait pas de me retrouver ainsi allongé auprès d’elle. Je ne sais pas trop ce qu’elle a répondu mais c’était très machinal, visiblement elle avait la tête ailleurs. Héléna, qui a compris qu’elle était sans doute de trop, en a profité pour s’éclipser.


De nouveau seuls, j’ai posé une main sur son visage. C’est vrai qu’elle était belle, beaucoup plus belle que sa sœur, d’ailleurs, un beau petit visage angélique, les traits très fins, une vraie petite poupée, timide et fragile, elle était à croquer. Et pourtant elle ne s’était pas lavée, contrairement à sa frangine, il faut dire qu’elle, elle ne m’attendait pas. Mais même dans cet état, un peu crade et hirsute, les cheveux un peu trop gras, elle était superbe avec son tout petit minois, une vraie petite sauvageonne, tout ce que j’adore chez une femme. Héléna qui connaissait bien mes goûts ne s’était pas trompé. Et dire que j’avais passé mes plus belles années auprès de cette beauté sans jamais même la regarder !


Je la caressais tout doucement, je la découvrais, je prenais tout mon temps pour bien m’imprégner d’elle. C’est elle qui a fini par rompre le silence, quelque chose la chiffonnait, elle voulait crever l’abcès dès le départ et en avoir le cœur net :



Une larme a roulé sur sa joue et là, j’ai craqué, j’ai posé une main sur sa hanche et l’ai attirée contre moi, annulant tout d’un coup le peu de distance qui restait entre nous. Son petit corps était très doux, très chaud, très agréable. Et puis ma main a glissé sous sa veste de pyjama et est lentement remontée le long de son corps, inexorablement, vers sa bosse… Il n’y avait là vraiment rien d’extraordinaire, juste une déformation de l’omoplate, une excroissance de chair, des années de terreur que cette simplicité faisait disparaître d’un coup de baguette magique… J’étais comme médusé. Et mon étonnement devait se lire sur mon visage, car elle me regardait avec le plus beau sourire de la terre, comme rassurée… parce qu’au fond ce n’était que ça, qu’il n’y avait rien derrière, juste la peur de la différence, la frayeur archétypique qui remontait à nos lointains ancêtres.



Et, pour la première fois, nos lèvres se sont accouplées, un baiser fin et voluptueux, il n’y avait pas d’urgence, nous avions déjà tellement attendu.



* * * * *



Je n’arrêtais pas de la bécoter, je l’adorais, cette nana, elle avait tout ce qu’il faut pour plaire. Malgré sa crasse, sans doute la plus féminine de toutes les femmes qu’il me soit arrivé de rencontrer. Et une féminité naturelle, intérieure, rayonnante, rien à voir avec la féminité des maquillages sophistiqués ou celle de la lingerie fine, elle n’avait pas besoin de ça. Une fille que l’on trouve belle avec les cheveux gras et un pyjama défraîchi ne peut qu’être la plus jolie femme de la planète.


Désormais je la caressais… partout. Mes mains avaient déjà fait deux trois fois tout le tour de son corps, l’explorant sans relâche avec un appétit féroce. Totalement offerte, avec toujours le même regard angélique et si pur tandis que mes doigts la parcouraient, que ma bouche l’effleurait, que toutes mes attentions étaient pour elle. Je commençais à devenir salement amoureux, cette petite fille fragile me faisait littéralement craquer, un geste déplacé et j’aurais pu la briser. Quelque chose me disait quelles étaient ses limites, je savais qu’il lui faudrait aussi du temps et beaucoup d’attention, qu’il ne faudrait rien brusquer, qu’il me faudrait attendre, c’est du moins ce que je croyais, eu égard au viol récent dont elle avait été victime.


Mais sous son apparence fragile, cette fille-là avait des nerfs d’acier. Devant mon manque d’initiative, c’est elle qui ne tarda par à dire :



Alors je l’ai prise car je n’avais plus pour ma part aucune incertitude vis-à-vis d’elle. Dans la plus exquise des voluptés…


Nous nous sommes aimés une journée entière, une journée au lit il nous fallait bien ça pour rattraper le temps perdu, une journée d’amour à varier les plaisirs. Rien ne lui faisait peur, elle voulait tout, tout de suite et sans aucune limite. Sa chaleur, sa passion, sa peau en sueur, ses petits seins tout ronds et pointus dégoulinants de désirs.

Nous étions nus depuis longtemps, évidemment. Nous nous étions arrêtés pour grappiller du raisin, reprendre quelques forces, pour mieux recommencer par la suite. Je ne me serais jamais cru capable d’assurer tant de pénétrations en une seule et même journée, cela ne m’était jamais arrivé. Loin de là, à vrai dire !


Je n’éprouvais pas le besoin de l’épater et j’étais vraiment très décontracté. Mon bel amour me faisait me surpasser. Elle en redemandait encore et toujours plus. À la fin, fourbu, vidé, exténué, je me suis encore mis à la lécher, comme un fou, sa petite chatte dégoulinante de nos liqueurs intimes. Et elle a joui, de nouveau, plusieurs fois, avant de s’effondrer tout contre moi… Il devait bien être 19 heures, il faisait déjà presque nuit, quand nous nous sommes endormis, blottis l’un contre l’autre…



* * * * *



Lorsque je me suis réveillé, Héléna nous regardait, assise dans un fauteuil non loin du lit d’Antoinette. Elle se contentait de nous observer.



Héléna était vraiment touchante, je l’ai sentie presque sur le point de pleurer, comme s’il y avait eu chez elle comme un soupçon de regrets. Peut-être que cette pure amitié qu’elle avait défini entre nous n’était au fond qu’une façade. Peut-être aurait-elle préféré tout autre chose, sans doute ne voulait-elle pas se l’avouer. Vraiment j’étais très touché par ces larmes qui perlaient au coin de ses yeux, et Toinette, qui venait à son tour d’émerger, ressentit tout aussi bien cette fragilité. Pour briser la glace, c’est alors elle qui prit la parole :



Et les voilà parties toutes les deux à délirer, à rigoler, à se chamailler… Vraiment, je n’allais pas m’ennuyer.



* * * * *



Les jours suivants furent vraiment formidables. Bien sûr, je n’étais pas un super héros. Mais qu’importe, ce que l’on ne peut pas faire avec sa queue, il y a d’autres moyens pour l’obtenir. J’appris bientôt que les deux sœurs se gouinaient depuis des années. La solitude et la mise à l’écart les avaient rapprochées. Elles s’étaient découvertes et, passée la barrière de l’inceste, ce n’était en fait que deux petites blondes aux yeux bleus qui s’aimaient et se désiraient. Tandis que je les regardais en 69 en train de s’accoupler, j’étais vraiment fier d’elles, fier de vivre avec elles et de les aimer.


Nous avions élu domicile dans le grand lit du bas. Nous y passions nos nuits et une partie de nos journées. Tous les trois. Il n’y avait jamais aucun problème, aucun conflit, aucune jalousie entre nous. Il y en avait toujours deux qui baisaient et le troisième qui participait et tout était d’une naturelle simplicité…


Toinette, depuis un certain temps, se lavait et se bichonnait, visiblement elle cherchait à me plaire et c’était réussi. Héléna lui avait coupé les cheveux et je la trouvais de plus en plus mignonne avec son tout petit minois. C’est ainsi que nous nous sommes risqués en ville tous les trois, bras dessus bras dessous, affichant sereinement notre passion commune. Les gens nous regardaient passer telles des bêtes curieuses, prenant soin de dire quelques méchancetés dès que nous avions le dos tourné. Ils ne devaient avoir que ça à foutre, ces enfoirés. Mais nous nous en foutions… complètement. Nous étions bien tous les trois, gais et joyeux, vraiment très à l’aise face à ces étrangers.


C’est en allant chercher des cigarettes que ça s’est gâté. Antoinette était restée dans la voiture mais Héléna m’avait accompagné. Il y avait deux trois ringardos assis au bar, des piliers de troquet qui nous regardaient de travers d’un air méfiant. L’un d’eux a dit négligemment aux deux autres « La bossue, elle est bonne, elle aime se faire tirer », visiblement histoire de provoquer. Immédiatement mon sang n’a fait qu’un tour. Héléna a bien essayé de me retenir par la manche, mais il était trop tard. J’ai bondi sur cet enculé et lui ai défoncé sa face de rat. Son gros pif s’est mis à pisser le sang. Immédiatement les deux autres s’en sont mêlés, heureusement pour moi qu’ils étaient à moitié bourrés. J’ai envoyé valdinguer des chaises à travers le bar puis nous nous sommes repliés. Le temps de grimper dans la voiture et, lorsqu’ils sont sortis, nous avions déjà démarré.




* * * * *



J’ai appelé Maître Kobayashi, il fallait monter cette expédition punitive au plus vite, exterminer cette racaille avant de disparaître dans la nature…


Mais les deux filles m’en ont dissuadé, il y avait d’autres méthodes selon elles… beaucoup plus efficaces. Je n’ai pas trop cherché à en savoir plus, à vrai dire. Toinette a insisté pour que je prenne toutes dispositions afin que nous puissions partir au plus vite : entretien du véhicule, plein d’essence, confection des baluchons. Je devais me démerder, les filles, pour leur part, avaient autre chose à faire, je ne devais pas les déranger.


Le lendemain, à l’aube, nous sommes partis pour le Sud, en vacances. Le plus loin possible m’avaient-elles dit mais elles connaissaient quelqu’un qui pourrait nous héberger dans un coin aride du sud de l’Espagne…


Plusieurs mois plus tard, lors d’un déplacement pour affaires à Madrid, je suis tombé sur cet article, dans une revue française, intitulé : L’étrange mal de Saint-Martin.



… Selon la population locale, deux sorcières ayant habité au lieu-dit La Vilainie voici quelques mois seraient à l’origine, grâce à quelques incantations diaboliques, du mal étrange qui sévit sur la vallée. Plusieurs chasseurs, cloués au lit par des douleurs au ventre d’origine inconnue, seraient d’ailleurs morts dans d’atroces souffrances… Les autorités sanitaires, bien que sceptiques sur l’origine de ce mal, évoquent la consommation de gibier empoisonné. Quoi qu’il en soit, les expertises légales faites sur les cadavres n’ont à ce jour rien donné…

Quelqu’un aurait vu les deux malignes implorer les forces du malin une nuit de pleine lune…

Et ensuite pffffff, elles se sont envolées…



Comme quoi, les journalistes racontent parfois tout et n’importe quoi !!!



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