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n° 04277Janus24/05/02
La cave aux crapauds
critères:  fh bizarre cunnilingu pénétratio fantastiqu
25492 caractères
Auteur : Janus


La cave aux crapauds


J’avais bâti un système complexe, tordu et démoniaque, le genre de truc qui mène inexorablement à la folie, à une certaine forme de folie.


Tout avait commencé dans la cave aux crapauds. Une espèce de cave remplie de charbon visqueux avec de grosses toiles d’araignées qui pendouillent du haut des poutres. Les maîtres de la terreur.


J’avais toujours été convaincu que je découvrirais une porte quelque part, une porte ou une trappe et que derrière cette trappe je trouverais l’horreur. J’en avais des frayeurs qui me dévoraient le dos.


Je venais là les après-midi, de préférence lorsque la mère Veillot faisait ses courses. Et je m’enfermais dans le noir, intense privation sensorielle, à lutter contre toutes les terreurs. Rien ne pouvait se produire car le monde de l’invisible n’existait pas. Mais au fil des heures cette certitude s’émoussait et laissait la place à la panique. Derrière la trappe il y avait forcément quelque chose d’horrible, une entité que l’on avait pris grand soin de cacher mais qui se tenait tapie là, prête à bondir.


Peur aussi que la mère Veillot ne revienne et ne tire la targette. Vu l’épaisseur de la porte, pour sûr que j’aurais pu rester là des jours durant sans que personne ne s’en préoccupe…


Par la suite, il me fallut venir aussi la nuit. Je m’étais inventé une petite amie et nous venions ici ensemble, main dans la main. L’atmosphère moite, le noir absolu, tous ces démons qui nous frôlaient, je me suis dit un jour que jamais je ne parviendrais à vivre sans eux.


Jamais une seule fois je n’ai souffert de claustrophobie, j’aurais pu vivre comme un vampire. Par contre c’était l’immensité de la pénombre qui était terrifiante, un puits sans fin qui allait m’aspirer !


Longtemps plus tard, je vivais dans un petit hôtel minable avec ces saloperies de scolopendres qui émergeaient de sous le lino. J’étais seul et je n’avais pas grand chose à bouffer. En plus dans un quartier mal famé des banlieues Nord, vous connaissez ?


Bon, un jour je sors dans la rue et je me risque jusqu’au Super U du coin, à une heure de faible fréquentation pour être certain d’y rencontrer le moins de monde possible. Je prends deux trois trucs facilement ingérables et puis, zut, un coup de coude mal placé et je fais éclater une demi-douzaine de bocaux de fruits au sirop. Quelle galère ! Bientôt un petit attroupement se fait autour de moi et une femme en tablier, avec une pelle et un balai se porte à mon secours. J’étais vraiment dans la dèche et je n’avais pas assez de tunes pour tout payer.


C’est ainsi que j’ai fait la connaissance de Christelle. J’ignore comment cela s’est passé. À un moment je me suis retrouvé dans le bureau du directeur, je n’en menais pas large. J’ignore pourquoi cette fille m’a sauvé. Enfin sauvé… je ne risquais pas grand chose mais j’ai vraiment apprécié le geste. Du coup je l’ai attendue sur le parking pour la remercier et là, stupeur, je l’ai vue sortir en rasant les murs. Elle a longé le mur lentement jusqu’au coin puis, reprenant son souffle, elle s’est mise à courir comme une dératée vers sa voiture où elle s’est engouffrée.


Plusieurs minutes plus tard, comme je ne la voyais toujours pas démarrer, je me suis approché. J’ai tapé à sa vitre, elle m’a reconnu et m’a crédité d’un sourire tout en me demandant de faire le tour pour la rejoindre côté passager.


Nous sommes bien restés là presque une heure à bavasser, cela faisait plus d’un an que je n’avais pas autant parlé. Toujours est-il qu’elle avait paniqué parce qu’elle avait peur que le ciel ne s’abatte sur ses frêles épaules. Ça m’a fait sourire mais pas elle, vraiment elle souffrait… Du coup je lui ai raconté l’histoire de la cave aux crapauds et comment plus d’une fois j’avais eu l’impression que les ténèbres moi aussi m’engloutissaient.


Nous sommes allés chez elle, elle habitait à deux pas, on aurait eu plus vite fait d’y aller à pied. En plus il a fallu encore attendre une demi-heure qu’une des deux places devant chez elle ne se libère…


Ce qui m’a tout de suite frappé c’est sa tendance "collectionniste". Elle entassait toutes les choses par milliers, des milliers de sacs plastiques soigneusement empilés l’un sur l’autre. Et à l’entrée du salon une vingtaine de paire de patins, je me demandais s’il lui était déjà arrivé d’avoir un jour autant de visites.


Cela me rappelait mes propres tendances "collectionnistes" celles qui m’avaient par exemple incité à certains moments à acheter un exemplaire de chaque revue parue en kiosque dans le but, soi-disant, de les comparer. J’avais par la suite acheté un petit meuble rien que pour pouvoir les y ranger.


Et puis il y avait fatalement, et de façon conjointe, quelques interdits du style "Tu ne devras pas tourner le petit cadre qui se trouve sur le guéridon sinon tu vas te faire incendier". Elle n’arrêtait pas de me regarder les pieds, j’ai tout de suite senti qu’il était important de ne jamais déborder des patins. Mais chacun a, bien sûr, quelques petits travers, et tout le monde peut, évidemment, toujours s’y adapter, question de motivation probablement.


J’ai donc supporté tout cela et même bien plus pendant longtemps. Trois, quatre mois, non bien plus, presque deux ans. Il n’est pas révoltant de se sacrifier pour ceux qu’on aime.


Si ce n’est ses petits travers, Christelle était d’une gentillesse à toute épreuve, peut-être pas le style de nana qu’on aime avoir dans son lit, non le style de nana qu’on aime avoir contre soi, comme ça, quand ça ne va pas trop bien, juste pour faire un câlin, juste pour partager un peu de tendresse, en toute simplicité, rien que de très banal. Et puis, elle était quand même un peu folle et ça, ce n’était pas banal.


C’est à cette époque que j’ai repris mes expériences de "survie en milieu hostile". J’avais entendu parler des caissons de privation sensorielle. Je n’avais pas trop d’argent à y consacrer. J’ai fait l’expérience une fois, pour voir. Et puis je suis allé chez un psy pour lui raconter mes prétendues terreurs et obtenir quelques cocktails psychotropes, rien de bien méchant mais mélangé à l’alcool c’est plutôt explosif.


Me voici donc parti pour une séance de 24 heures non-stop dans l’enfer poisseux de cette cave puante. Ceci dit, elle n’était pas aussi obscure que celle de la mère Veillot même si j’avais pris grand soin d’en obturer toutes les fissures. Le problème, par contre c’étaient les gouttes d’eau, une goutte suintait de façon périodique pour s’écraser mollement sur le sol et ça rompait le charme. Et puis l’odeur… l’odeur était infecte. Les conditions étaient désastreuses. Aussi ai-je préféré me pinter la gueule.


Quand Christelle est revenue ce soir-là de son travail, j’avais vomi partout sur la moquette. C’était horrible, j’étais malade comme un chien, je vomissais de la bile en me tordant le ventre. Je me suis fait virer : Elle a pris un coup de sang et elle a balancé toutes mes affaires par la fenêtre. Comme je n’avais pas payé mon loyer depuis 3 mois je n’ai même pas pu rentrer chez moi. J’ai dormi dans la rue, allongé près d’une grosse buse d’égout, sans avoir véritablement l’impression d’avoir touché le fond.


J’ai mis deux jours avant de me décider à aller mendier ma réintégration à la sortie du super U. Christelle était pourtant hyper-heureuse de me retrouver. C’est son sourire qui m’a quelque peu éloigné des envies de suicide que je ruminais depuis deux jours, et sans doute depuis beaucoup plus longtemps encore…


Nous étions comme deux gros rats dans notre terrier mais tout autour de nous il y avait tout autant de terriers remplis de gros rats qui s’agitaient en tous sens.


J’ignore comment j’ai pu sortir véritablement du bourbier dans lequel je m’enlisais, j’ignore d’ailleurs si je suis sorti de quelque chose ou si j’ai au contraire replongé un peu plus bas… J’ignore également pourquoi j’ai quitté Christelle. Un après-midi, j’ai pris les patins et les ai balancés dans la grande poubelle noire des voisins et puis j’ai pris la route… J’ai fait du stop vers le sud, vers le soleil, vers la lumière.


Je sais, foutre en l’air ses patins ce n’est vraiment pas sympa. Pourtant je n’arrive pas véritablement à m’en vouloir de cette inimitié. Deux semaines auparavant, Christelle m’avait avoué avoir fricoté avec le nouveau boucher. Mais fricoté jusqu’où et fricoté pourquoi ? "Fricoté" avait-elle répondu de façon la plus évasive possible et moi pendant quinze jours j’avais eu envie de lui faire bouffer ses pantoufles.


Ah si, avant de partir, j’avais récupéré une petite statuette que j’avais trouvée dans la cave, une broutille en bronze, insignifiante mais que j’espérais bien garder en souvenir.


C’est durant ce voyage que je me suis inventé d’autres vies.

Moi d’habitude renfermé et peu causant, je devenais soudain très prolixe avec les bonnes âmes qui me prenaient en stop. Quatre jours durant je me suis fabriqué des personnages avec une surprenante facilité. Je m’en étonnais moi-même : un peu comme si un autre moi avait été en train de déblatérer quelques délires pendant que je l’observais. Je ne me serais jamais cru aussi doué pour le théâtre !


Ceci dit, la tâche était aisée, tous ces drivers n’en avaient réellement rien à foutre de ma personne. Ils m’écoutaient plus par politesse et avec une pointe d’amusement ou d’agacement suivant le cas. Mais aucun d’entre eux n’a réellement mis en doute la véracité de mes propos. Je crois aussi que c’est cela qui m’a poussé à persévérer dans cette voie par la suite.


Je me suis trouvé un petit job pour l’été. Nous dormions sous la tente. Et par la suite j’ai squatté une petite bicoque dans un petit hameau de la campagne aveyronnaise. Et bien entendu j’avais une cave où je poursuivais mes expériences. Mais cette fois-ci je suis allé plus loin : j’ai entrepris de creuser la roche à coups de pioche, je finirais bien par la trouver cette maudite trappe !


Dans ces petits hameaux tout le monde se connaît, tout le monde s’observe et chacun a quelque chose à se reprocher. Moi plus que les autres.


La fille des voisins était encore plus folle que moi. Elle se baladait toute la journée en parlant toute seule, elle tournait autour des étangs et s’arrêtait juste de temps en temps pour balancer quelque chose dans l’eau en invectivant les forces aquatiques. Il n’y avait personne à qui parler et, pour ma part, cela faisait facilement un mois que je n’avais pas desserré les dents pour dire quelque chose. Et puis cette fille, à force de tourner, elle me fascinait, elle n’était pas comme tout le monde donc nécessairement dans mon esprit mieux que les autres.


Et donc, sans avoir l’air de rien, je m’en vais faire le tour de l’étang en sens inverse. Vous me croirez si vous voulez mais elle est passée tout près de moi sans même me voir. Quelle chienne ! Olahh, ça, ça m’a vexé. Je me suis dit "Toi ma fille tu déconnes". Et j’ai donc fait volte-face et l’ai agrippée par la manche. "Ca vous gêne si je vous parle ?"… "Moi je suis écrivain, j’habite la grande maison face à la vôtre… Vous n’êtes pas très bavarde…"


Elle s’était assise un peu plus loin sur l’herbe et regardait l’eau trouble. Et moi j’étais à ses côtés, convaincu qu’elle devait être quelqu’un d’important, un puzzle dans l’échiquier.


A cet instant précis je me suis demandé comment Christelle avait pris la perte de ses patins, elle était peut-être en taule, elle avait peut-être arraché les yeux de son nouveau julot.


Et puis, également quelle mouche m’avait piqué pour que je raconte à un voyageur de commerce que j’étais ingénieur dans l’aérospatiale, que ma femme était partie en vacances avec les mômes Julie et Clarisse et que je devais la rejoindre pour le week-end mais que ma Porsche était tombée en panne sur l’autoroute, bêtement, parce que désormais tous les garagistes étaient des incapables. À vous dégoûter d’être français ! Là où cela s’était gâté c’est quand il avait voulu savoir quelle Porsche ! Quel modèle ? Quelle année ? Quel millésime ? Toutes choses dont le petit frimeur d’ingénieur que j’étais n’avait que faire. Et cet ingénieur là, il était juste rentré chez le concessionnaire, il avait vu cette belle Porsche noire et il avait payé cash pour épater sa belle blondasse de secrétaire…


J’en étais là dans mes pensées quand Gwen (vous savez, la folle qui tourne autour de l’eau) se met à parler mais pas à elle-même : A moi. Surprise ! Vous vous rendez compte ! Elle me parle à moi. Et pas pour dire quelque chose de complètement crétin d’ailleurs :



J’avais envie d’être piquant, méchant, acide mais elle ne m’en tint pas rigueur.



Pacte conclu, je lui ai fait visiter ma cave. Il n’y avait plus grand chose à voir, sauf des gravats recouverts d’un manteau de poussière blanche. J’avais tout saccagé.



Puis, devenant plus agressive et m’agrippant par le maillot :



Olah ! Calme, calme. Je ne voulais pas froisser…


Par la suite Gwen s’est calmée. Nous sommes allés dans le salon et avons bu un pastis, je n’avais guère que ça à lui proposer. Un puis deux puis trois, toute la bouteille y est passée… À la fin, nous disions vraiment de grosses conneries. Elle a essayé de se lever mais elle tenait plus sur ses cannes. Elle a fait mine de se coucher mais la tête lui tournait. Alors pour la faire patienter et dissiper sa nausée je lui ai raconté ma rencontre avec Christelle.


Dans ce souvenir là, notre rencontre s’était passée dans une boîte de nuit branchée creusée à même les catacombes. Christelle était la reine de la techno, couverte de paillettes et d’un maquillage d’extra-terrestre, et tous les mecs l’admiraient. Puis, à un moment précis, nous étions tous autour d’une table à siroter nos cocktails multicolores et exotiques, je me penche vers elle et lui glisse à l’oreille "Poulette, je m’appelle Joss, je suis chasseur de fantômes, ça te dit d’aller faire un tour dans l’univers gothique et fascinant de l’underground Parisien ?"…


Vite fait, vite emballée… Mais notre union n’a pas tenu… Dès qu’elle a vu mon intérieur, elle a trouvé cela ringos et sans attrait. "Putain mais t’as vu comme tu te fringues ! Aucune originalité ! Qu’est-ce que tu veux que je foute avec un mec comme toi. T’es naze, y-a rien derrière ! T’es même pas marrant."


Je te jure Gwen, en plus j’avais claqué tout mon flouze pour cette gonze, je te promets, elle m’a éconduit grave. Putain et des nanas comme ça t’en retrouve pas à tous les coins de rue.


Je ne sais si c’est par jalousie mais en éclatant de rire, elle a vomi, comme ça, autour de mes chaussures.



Mais elle continuait de tirer au cœur. Et, mis à part l’odeur, ça m’amusait. Le pire c’est que, malgré l’odeur de vomi qui emplissait la pièce, nous sommes restés là à converser. Je me suis mis à délirer et lui ai expliqué qu’après avoir quitté Christelle j’avais fait des études de médecine et travaillé entre autres au laboratoire de parapsychologie de l’université d’Aix-Marseille. Je suis sûr qu’elle n’en croyait pas un traître mot mais quelque part tout ceci revêtait un petit côté magique. J’aurais pu lui raconter n’importe quoi, elle semblait charmée, subjuguée mais toujours nauséeuse.



C’est ça qui l’a secouée. Oui elle devait rentrer, sa mère devait s’inquiéter.



Pourtant s’il y a une chose dont j’ai horreur c’est de m’occuper du vomi. Mais là j’étais heureux, le cœur léger, je m’étais trouvé une copine… et quelle copine !


Du coup j’ai pris mon lit de camp et suis allé passer la nuit dans la cave aux crapauds. Et j’ai rêvé de Gwen. J’étais convaincu qu’elle avait elle-aussi quelque chose à voir avec la fée Viviane et avec l’immonde créature reptilienne du lac noir…


Cette nuit-là, nous étions avec mes associés en expédition en plein cœur de l’Amazonie et, à chaque instant, je découvrais le squelette de l’un d’entre eux, squelette d’où pendaient d’horribles lambeaux de chair décomposée mais grouillante de vie. Et, là, sur mon radeau, au beau milieu d’un marécage pestilentiel, je scrutais cette eau trouble qui grouillait à mes pieds dans l’attente d’un moment funeste…


A d’autres moments encore je me retrouvais au bord de cet étang aveyronnais, un cordon de gendarme l’entourait tandis que de rugissantes pompes étaient en train de l’assécher. Et l’on voyait apparaitre, petit à petit, l’évidence d’un charnier protégé par quelque grosse créature noire et visqueuse, croisement d’une gigantesque sangsue des profondeurs avec une limace extraterrestre…


Sueurs froides, je me suis réveillé en paniquant, j’ai cherché la sortie comme un fou… J’avais complètement perdu mon sens de l’orientation, il n’y avait plus de sortie, j’étais dans un caveau et au fond j’entendais gratter… l’énorme créature noire des profondeurs, elle arrivait… Ça a duré, je ne sais pas au juste, peut-être un quart d’heure, peut-être simplement quelques secondes, le temps de paniquer et de me débattre comme un fou pour ma survie… puis j’ai trouvé la porte, hors d’haleine… Il y avait toujours cette odeur de vomi qui remplissait la pièce !


Dix minutes plus tard Gwen est entrée, fraîche, pimpante, blonde comme les blés. Qui plus est, elle chantonnait, gaie, joyeuse, hilare. N’importe quoi ce matin la mettait de bonne humeur. Elle avait dû terrasser le monstre durant la nuit.



Je n’en revenais pas ! Sans attendre ma réponse elle a ouvert toutes les fenêtres pour aérer avant de se mettre à nettoyer tous les placards. Elle respirait le bonheur et moi je restais là, médusé, en plein milieu de la pièce, les bras ballants, à l’image du gros con que j’avais toujours été.



Je n’étais plus très sûr de vouloir y retourner…


Cela devait bien faire cinq ou six jours que nous vivions ensemble et il ne s’était toujours rien passé entre nous, sur le plan sexuel, cela s’entend. Nous parlions beaucoup, nous passions nos journées ensemble, nous dormions même ensemble, je veux dire dans le même lit. Nous étions bien, heureux, et presque amoureux… Mais curieusement rien, aucun déclic, pas plus de son côté que du mien : Froideur immaculée du contact. Et pourtant cela faisait longtemps, l’un comme l’autre que nous n’avions pas fait l’amour. Peut-être n’étions-nous pas fait l’un pour l’autre après tout ! Et pourtant, quel plaisir d’être ensemble. Je crois que dans ma triste vie je ne m’étais jamais entendu aussi bien avec personne…


Et puis ce soir-là, elle me dit :



J’avais toujours dans ma tête l’image du monstre gluant et visqueux, celui qui trônait en plein milieu du lac. Il avait dû creuser des galeries, des souterrains, des ramifications partout, la cave était le meilleur endroit pour se faire prendre.


Mais bon gré, mal gré, j’ai dû la suivre. Nous avons pris un vieux matelas et l’avons traîné péniblement à la cave. Et puis aussi deux trois bricoles et même un paquet de mars qu’elle avait chipé chez sa mère.



C’est moi qui avais la trouille, cela faisait des années que je m’adonnais à ce petit jeu et ce soir-là j’avais la trouille. J’ai quand même calfeutré tous les trous jusqu’à atteindre le noir total. Et nous nous sommes retrouvés côte à côte.



Et, malgré toutes ces conditions drastiques, je n’arrêtais plus de penser à elle, je l’imaginais à quelques centimètres, trente ou quarante tout au plus. Je me demandais ce qu’elle faisait, ce qu’elle pensait, comment elle vivait tout cela.


Je pense que je me suis endormi un moment. Combien de temps au juste ? Désormais quelque chose me frôlait, quelque chose de mou, de visqueux. Et puis cette curieuse respiration tout près de moi, profonde et inquiétante…


J’ai eu envie d’appeler « Gwen ? Gwen ? » Mais aucun son n’est sorti de ma bouche. Une espèce de tentacule appuyait sur ma glotte, froide et gluante. La bête, la bête était là près de moi. Elle avait dévoré Gwen pendant mon sommeil et était sur le point de faire subir le même sort. « Non, je ne voulais pas ». Mais quelle puissance, impossible de faire un geste. Elle me chevauchait et elle m’entourait.


« Non, je ne veux pas mourir, pas si jeune, pas dans ce charnier » J’essayais de résister, en vain, elle était imparable, brûlante de vitalité, sa chaleur devenait étouffante. J’ai dû perdre connaissance, je rêvais d’un brasier, un feu ardent qui me dévorait les entrailles.


Lorsque je me suis réveillé c’est mon bas-ventre qui était en feu. La bête me chevauchait, profondément empalée sur mon membre étonnamment rigide, je bandais comme un surhomme, jamais auparavant cette impression de puissance tandis que ce monstre hideux et gluant abusait de mon corps… avant de me dévorer. Mais non !!! Peut-être serais-je épargné, il restait un espoir pour que cette espèce respecte religieusement ses géniteurs… Et puis, mourir pour mourir, autant que ce soit avec un maximum de plaisir.


J’ai joui, une fois, deux fois, trois fois, ce n’était pas possible, impossible que je sois encore capable de toutes ces prouesses, impossible aussi qu’elle ne soit jamais rassasiée et qu’elle continue avec tant d’acharnement.


J’ai dû perdre à nouveau connaissance. Au bout de combien de temps ? Pendant combien de temps ? Je n’avais plus aucune notion, plus aucun repère. Quel jour étions nous ? Mon bas-ventre me brûlait mais il me semblait être intact. J’arrivais à bouger tous mes membres… Si ce n’est que j’étais courbaturé de partout, souvenir de cette folle chevauchée. Je me suis relevé tant bien que mal et me suis mis à rechercher à tâtons.


J’étais seul, incroyablement seul. Nulle trace de la bête et nulle trace de Gwen et nulle trace de cette putain de trappe. Merde ! Où était-elle cette putain de trappe ? J’ai essayé de recouvrer mon sang froid, ce n’était pas la première fois que je venais ici. Cette trappe, elle ne pouvait être que là mais, impossible de l’ouvrir. J’ai arraché les chiffons, les bandes velcro. Mais rien, aucun rai de lumière. Non, ce n’était pas possible… La bête, elle m’avait piégé…



Sur les coups de midi, Gwen est revenue du village avec son petit panier de victuailles. Elle a ouvert la trappe et m’a décoché un large sourire coquin et blagueur.



Péniblement je me suis hissé dans l’escalier. Je me sentais vidé, harassé !


Je l’ai rejointe dans la cuisine :



Alors je me suis approché d’elle et n’ai eu aucune pitié. Je lui ai arraché tous ses vêtements et je l’ai satisfaite… mais cette fois avec la langue. De toute manière, j’aurais été bien en peine de pouvoir faire autrement.


Le pire c’est que cette bête là n’était jamais rassasiée…



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