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n° 05235Franck Morgon26/11/02
Le tableau
critères:  fh jeunes copains école amour volupté cérébral revede voir nudisme
17007 caractères      
Auteur : Franck Morgon


LE TABLEAU




Visiblement satisfait de l’hystérie collective provoquée par sa demande, Monsieur Muller, notre professeur de dessin referma la porte sur une classe hilare et des élèves rangeant précipitamment leurs affaires, sans doute pressés de commencer l’excitant devoir qui nous était proposé.


J’aimais bien le cours de dessin. Bon, en Deug de Lettres, ce n’était pas franchement ce qu’on pouvait appeler une option obligatoire mais ces deux heures représentaient pour moi autre chose qu’un simple passe temps. Bien plus qu’un loisir, c’était presque une drogue. J’étais fasciné par le pouvoir des crayons ou des fusains à donner forme à l’invisible, à l’abstrait, à l’inaccessible même. Je pouvais y retranscrire mes colères, mes joies ou mes envies, comme un exutoire à ces frustrations que tout un chacun ressent lorsqu’il rêve de voyages ou croise une jolie fille. Comme le violoniste faisait pleurer son instrument, mes pinceaux pouvaient sangloter dans la grisaille d’une pluie d’automne ou bien caresser de rose le reflet d’un visage entr’aperçu au coin d’une rue.


Je n’avais jamais encore dessiné de femmes nues. D’hommes non plus d’ailleurs mais pour des raisons différentes ! Jusque là, j’avais peint des paysages ou bien des natures mortes. Quelques portraits aussi mais je ne me voyais pas exposer aux regards amusés d’étudiants rigolards le corps dénudé d’une femme allongée sur un sofa, regardant la lune avec un verre à la main et une grappe de raisins dans l’autre !


Là, c’était une autre histoire ! Puisque c’est le prof qui nous l’avait enjoint, il ne me restait plus qu’à partir à la recherche d’un modèle, mes pinceaux à la main et le rouge au front. Heureusement, nous serions tous logés à la même enseigne. Enfin quand je dis « tous »…Je veux parler de la petite douzaine de camarades qui m’accompagnaient dans cette classe ! Ce qui sur les mille deux cents élèves de la fac de lettres, ne représentait finalement qu’un infime pourcentage d’étudiants qui allaient passer pendant quelques semaines pour des obsédés sexuels invétérés !


Ceci dit, le prof nous avait quand même laissé une porte de sortie en nous confiant les coordonnées d’une agence -sérieuse selon lui- qui fournissait aux artistes, des modèles qui étaient paraît-il de toute beauté. Cependant, il était bien trop tentant d’avoir la possibilité de « déshabiller » une camarade de classe pour passer à côté d’une telle occasion. Aussi, le soir même, je passais en revue les jeunes filles susceptibles d’accéder à ma demande sans trop faire d’histoires et m’aperçu rapidement que ma liste n’allait pas être très longue…


Je réfléchis ensuite à la manière la moins abrupte de leur demander de poser nue, ce qui me parut être un exercice si insurmontable que j’y renonçais rapidement, décidant de laisser la place à l’improvisation.

Fort heureusement, Dame Chance se pencha sur mon cas et le lendemain, un heureux hasard m’évita le ridicule.


J’avais promis à Clara, une étudiante de première année de lui prêter mes corrigés de l’année précédente. Clara était une superbe brune dont les yeux bleus éclairaient un sourire enjôleur qui faisait des ravages auprès de tous ceux qui croisaient son chemin, moi y compris. Malheureusement, Clara était aussi la petite amie d’une sombre brute répondant au doux prénom de Julien et dont la notoriété avait dépassé les murs de la faculté le jour où il s’était fait expulser avec pertes et fracas d’une discothèque du centre ville pour y avoir frappé un videur après avoir bu plus que raison. Tout ceci ajouté au fait que Julien était lui aussi élève du cours de dessin, il devenait par conséquent tout à fait déraisonnable d’espérer quoi que ce soit de Clara.

En arrivant dans le bâtiment, je la vis qui sortait d’une salle de classe. Décidément, elle était vraiment très belle !



Elle se retourna et s’avança vers moi dans une affriolante mini jupe.



Elle sembla tout d’abord étonnée puis elle se souvint que nous avions un cours commun.



Je m’apprêtais à la remercier du renseignement lorsqu’elle ajouta :



Son sourire disparut net, laissant place à une moue d’étonnement qui me fit comprendre que je venais de mettre les pieds dans le plat.



Mais elle n’écoutait plus et son regard était perdu au loin.



Je voulus lui dire que ce n’était rien mais elle avait déjà tourné les talons et marchait d’un pas décidé en direction des bâtiments administratifs. Aussi décidais-je que ce n’était pas du tout le bon moment pour aller demander à Julien s’il n’avait pas un modèle à me présenter…

J’allais donc devoir me débrouiller tout seul. Pour ce faire, il me fallait essayer de trouver les filles dont j’avais couché le nom sur ma liste la veille au soir en espérant qu’elles seraient seules au moment de les aborder. En effet, la tâche était suffisamment ardue comme cela sans en plus avoir à supporter les rires moqueurs des copines.


C’est ainsi que j’aperçus au loin Valérie, une étudiante en deuxième année de droit qui, d’après mes souvenirs, pouvait plus ou moins correspondre à ma recherche. J’étais encore à une vingtaine de mètres d’elle lorsque je vis Julien sortir de l’amphi qui se trouvait à côté et l’aborder. Et puisque je savais qu’il n’avait aucun cours commun avec elle, je devinais aussitôt ce dont ils étaient en train de parler. Je décidai alors de faire demi-tour et de me mettre en chasse des autres filles qui ignoraient encore qu’un homme les cherchait dans le but de les déshabiller ! Je me rendis donc à la bibliothèque où devait théoriquement se trouver la deuxième lauréate mais au moment où j’entrais, une voix familière héla mon prénom.



Je me retournai et vis Clara qui courrait dans ma direction.

Elle arriva bientôt à ma hauteur.



Elle sourit.



Je sentis mes joues s’empourprer.



Mon premier réflexe fut de songer aux conséquences d’une telle idée, lorsqu’il me faudrait présenter mon tableau lors du prochain cours, mais il y avait des offres que l’on ne refusait pas.



Je griffonnai mon adresse sur un petit bout de papier et lui tendis.



Je la regardai partir, médusé et un peu inquiet mais intérieurement comblé !


Le soir même, je préparai sa venue en installant le canapé de façon adéquate et fis quelques aménagements afin de rendre le cadre agréable. Une fois au lit, il me fallut un peu de temps avant de trouver le sommeil mais lorsque je réussis enfin à m’endormir, ce fut avec le sourire aux lèvres.

Le lendemain, j’oubliai d’aller en cours et partis chercher tubes et pinceaux afin de ne manquer de rien le moment venu, puis, à l’heure dite, Clara arriva.

La première chose qui me frappa lorsque je la vis, c’est l’aisance dont elle faisait preuve. Loin d’être gênée, elle entra dans le salon comme si on se préparait à réviser pour les prochains partiels. Elle remarqua le chevalet sur lequel reposait une toile neuve.



Alors, devant mes yeux ébahis, elle commença à s’effeuiller, quittant lentement ses vêtements avant de les laisser choir derrière elle comme des pétales de rose. Ce fut d’abord son chemisier blanc qu’elle ôta, puis vint le tour de sa jupe noire qu’elle fit tomber le long de ses jambes.

Lorsqu’elle en arriva aux collants, je me rapprochai discrètement du chevalet afin de camoufler la bosse que je sentais naître sous mon jean.

Après les collants, ce fut au tour d’un soutien-gorge blanc ciselé d’une fine dentelle de rejoindre les autres habits qui jonchaient le sol, découvrant des seins d’une rare beauté, ni trop gros, ni trop petits, dont les tétons pointaient légèrement sous l’effet de l’excitation…ou du froid ! Puis, ses mains glissèrent de chaque côté de son corps en caressant ses hanches jusqu’à un boxer qui dessinait parfaitement les courbes de ses fesses. Elle glissa alors ses pouces sous l’élastique et le délicieux dessous se fronça, révélant un jardin secret que seul un Dieu avait pu dessiner.



Je sortis brusquement de ma rêverie. Elle se tenait là, debout devant moi, les jambes jointes et les mains tombant le long du corps. Elle souriait.



Elle se coucha sur le canapé, le coude appuyé sur le reposoir et la tête tenue par sa main.



Je dirigeais les moindres mouvements de son corps, exposant à mon regard que je voulais professionnel toute la beauté de la moindre parcelle de sa peau.

Après quelques mouvements supplémentaires, je trouvai la pose qui me paraissait la mieux adaptée.



Et maintenant, le plus dur restait à faire ! Car même si je ne me débrouillais pas mal en peinture, je commençais à avoir une peur bleue que la situation ne me fasse perdre mes moyens. Un instant, la crainte de ne plus savoir faire une ligne droite m’effleura mais après quelques coups de pinceaux maladroits, ma main arrêta de trembler et les poils de martre glissèrent sur la toile aussi facilement qu’une main aveugle sur un fil d’Ariane. Je commençai mon esquisse par une fine caresse sur les formes parfaites de ce corps qui brûlait sous le feu de mon regard. Je suivis le creux de ses reins puis remontai sur la subtile colline de sa hanche avant de redescendre le long de ses jambes finement galbées. Je pris ensuite mes tubes tout neufs et passai un doigt d’ébène dans ses longs cheveux ondulés, avant de me noyer dans le bleu profond de son regard tourmenté. Je frôlai ses joues, comme essuyant une larme imaginaire, puis déposai sur ses lèvres un rouge vermeil qu’elle me renverrait en baiser. Ma main descendit ensuite révéler les contours gracieux de ses seins, ornant de rose et de brun les dunes satinées de sa poitrine tendue puis effleurait les plis discrets d’un souffle de hâle.


Je ne sentais plus que la sueur perlant sur mon front, laissant le pinceau guider ma main au gré de mon regard se promenant sur son corps et ne voyant plus rien d’autre. Même le temps semblait s’être interrompu, le temps d’immortaliser dans mon décor ce que la vie avait d’inaccessible. Dehors, la nuit tombait et je ne m’en aperçus même pas. Je la laissais flotter dans une douce pénombre, conservant pour tout éclairage les lumières de la ville tamisées au travers des persiennes et la lueur de ses yeux. Il ne m’en fallut pas plus pour colorer d’une ombre grise le contour délicat de son nombril avant de glisser mon regard dans sa secrète commissure qu’une fine toison brune n’arrivait pas à dissimuler.

Je me sentis rougir alors que je voilai de gris le nid discret posé tout en haut de ses cuisses, m’imaginant les entrouvrir avant de m’y glisser et d’y mourir.

Je me serais laissé bercer par les lentes pulsations de son ventre se contractant et se relâchant au rythme des mouvements de mon désir. J’aurais posé mes mains sur elle, les promenant de ses dunes à sa lune jusqu’à ce qu’une éruption de plaisir nous projettes au plus haut de l’éther.



La voix de Clara raisonna comme un coup de fouet et me fit brusquement retomber sur terre. Bien sûr, elle n’avait pas dit cela méchamment. Je ne ressentis d’ailleurs aucune animosité dans le ton de sa voix. Tout au plus l’interrogation légitime de quelqu’un qui est resté immobile, couché sur un canapé depuis plus de deux heures.



Elle ne dit rien mais elle me regarda d’un sourire malicieux qui me mit bien plus mal à l’aise qu’une quelconque réprimande.


Elle reprit ensuite la pose dans un immobilisme statuesque qui acheva de me convaincre que le modèle était décidément bien plus doué que le peintre.

Je terminai alors consciencieusement d’orner ses longues jambes de mille reflets roses puis achevai mon travail par les nombreux détours de ses pieds fragiles. Il ne restait plus que le décor à terminer mais n’ayant pas besoin d’elle pour ça, je décidai de remettre cela à plus tard et mis fin à son supplice, laissant à ces objets sans vie le soin de remplir ma solitude.



Sans même prendre le temps de se rhabiller un tant soit peu, elle se précipita vers moi pour voir le résultat. J’allumai une lampe pour que nous puissions mieux voir la toile, ce qui avec le recul s’avéra être une très mauvaise idée. Par pudeur, je ne me ferai pas l’injure de décrire ce que je voyais en regardant la toile posée devant moi. D’ailleurs, la phrase éloquente que prononça Sarah à ce moment là suffit à le résumer :



Il était d’ailleurs difficile de reconnaître quoi que ce soit sur mon tableau tant les traits malhabiles et grossiers ne ressemblaient à rien.

J’étais rouge de honte. J’aurais voulu que le sol s’ouvre et m’engloutisse pour me soustraire au regard compatissant de Clara. J’aurais voulu pouvoir retourner en arrière. J’aurais voulu ne jamais avoir peint ce tableau. La chance m’avait été donnée d’immortaliser la plus belle fille de la faculté, celle dont j’étais amoureux depuis le premier jour où elle m’était apparue et cette chance, je l’avais gâchée pitoyablement, rayant de quelques coups de pinceaux, mon nom de sa mémoire.


Elle était toujours nue, debout devant moi, mais je n’osais même plus la regarder. Pourtant, lorsque je relevai enfin les yeux, elle souriait.

Même pas d’un sourire narquois d’ailleurs. C’était un sourire sincère qui ne trahissait aucune ironie. Puis, à ma grande surprise, elle approcha ses lèvres des miennes et y glissa un furtif baiser avant de me chuchoter dans le creux de l’oreille :



Puis elle se recula et reprit d’une voix normale :



Son sourire s’agrandit encore un peu plus. J’avais une envie folle de la prendre dans mes bras. De serrer son corps nu contre le mien et de l’embrasser comme jamais je n’avais embrassé une fille. Elle s’aperçut de mon trouble et rompit le charme :



Julien ! Je l’avais oublié celui-là ! Cela me rendait fou de rage d’imaginer que cette brute épaisse pouvait rendre malheureuse une fille aussi merveilleuse que Clara. Aussi lorsqu’elle fut rhabillée et prête à partir, je ne pus contenir mon dépit :



Elle resta un instant silencieuse puis elle me fixa de ses yeux d’océan avant de répondre :



Soudain, la magie de son sourire illumina de nouveau son visage et elle ajouta :



Je sentis un flot de bonheur m’envahir soudain.



Elle hocha la tête avant de me faire un petit signe de la main, puis elle s’en alla.

Je restai debout sur le pas de la porte et la regardai s’éloigner, bercé par l’écho de sa voix résonnant dans ma tête. Je finirais mon tableau un autre jour. Peut être. Pour l’heure, un sommeil rempli de rêves m’attendait…






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