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n° 05670Gufti "Mad" Shank09/02/03 *
24 avril 1962, Munich
critères:  fh médical bizarre facial pénétratio fantastiqu -policier -fantastiq
40320 caractères      
Auteur : Gufti Shank

24 avril 1962, Munich :


Je n’ose pas sortir. Je suis vraiment trop effrayé. Alors j’attends. Pour tuer le temps, j’ai entrepris de coucher sur papier les événements de ces derniers temps. Et puissent ces lignes ne pas être mes dernières.


Commençons par le début. Je m’appelle Franz Güdrich, et je suis médecin de formation. J’ai étudié la médecine dans les années 1950 à Munich et je dois avouer que je me suis toujours signalé, dès ma spécialisation dans la chirurgie, par ce que mes collègues appelaient mon « étrange théorie sur la mort ». Disons simplement que je ne pouvais me résoudre aux explications classiques, et que pour moi, la prétendue « âme » était un mythe. Selon moi, la mort pouvait être vaincue artificiellement. Et ma pensée, tournée en dérision à l’époque par mes professeurs et condisciples, reposait sur le caractère essentiellement mécanique de la vie. J’ai toujours eu la conviction que la vie est uniquement une suite de processus chimiques et physiques. Et j’ai toujours pensé pouvoir agir sur la machine organique de l’homme par une action chimique, appliquée après l’arrêt des processus naturels.


Mes premiers balbutiements en ce domaine consistèrent à injecter à de petits animaux morts, mais en bon état, une solution chimique de ma composition (et dont je tairai les composants, maintenant que j’en ai vu la portée). Et à plusieurs reprises, j’étais parvenu à constater des signes, sinon de vie, du moins d’animation, sur ces animaux prétendus morts. Je voulus dès lors poursuivre plus avant mes recherches, passant à des animaux plus grands, plus évolués selon la théorie de Darwin. Les résultats n’étaient pas toujours probants, mais je n’eus que rarement des résultats totalement négatifs.


Et j’en vins bientôt à vouloir tester ces résultats sur des humains. Mais j’avais besoin de corps. Et de corps frais, les plus frais possible. La plus légère détérioration de la moindre petite cellule du cerveau ou d’un quelconque tissu pouvait affecter de manière frappante les résultats de mes expériences. C’est pourquoi il me fallait me procurer des spécimens extrêmement frais, et injecter mes solutions juste après la mort. Ce fut un détail non négligeable, mais je trouvai un moyen. Je me liai d’amitié avec le docteur Hanna Braun, médecin légiste qui dirigeait le service mortuaire de l’hôpital de Munich. Je lui parlai de mes recherches, et parvins à la convaincre de m’apporter son aide. Elle accepta finalement de me procurer rapidement les cadavres frais de personnes jeunes décédées dans des conditions naturelles. Cela, à condition qu’elle puisse participer à mes expériences.


Elle m’apporta bientôt un spécimen tout à fait intéressant. Le corps d’un homme d’une trentaine d’années, mort apparemment dans une bagarre de rue. Il venait de décéder, le soir même, lorsqu’on l’amena à l’hôpital, et Hanna fut en possession du corps quelques heures seulement après la mort. Elle était tout excitée lorsqu’elle me l’apporta, poussant une civière sur un petit chariot à roulettes. Vers trois heures du matin, nous nous enfermâmes dans un des blocs d’autopsie du sous-sol de l’hôpital, et je préparai sous ses yeux espiègles mes plus récentes solutions. Nous étions tous deux très tendus ; je savais pour ma part qu’il n’y avait que très peu de chances de succès total et ne pouvais cependant m’empêcher de craindre les effets d’une réanimation partielle. J’étais inquiet de l’état mental de la créature et de ses éventuelles impulsions, car dans les moments qui avaient suivi la mort, quelques cellules cérébrales extrêmement délicates pouvaient s’être détériorées. Quant à Hanna Braun, je crois qu’elle était plus amusée qu’autre chose par cette petite expérience.


J’injectai bientôt une grande quantité de mon liquide dans la veine du bras du cadavre et fis immédiatement une ligature. L’attente fut éprouvante. De temps en temps j’appliquais mon stéthoscope, et constatais l’absence de résultat. Mais au bout d’une quinzaine de minutes, il me sembla déceler un très léger mouvement des paupières du cadavre. Je mis cependant cela sur le compte de mon imagination et de mon excitation débordantes. Un autre quart d’heure passa, sans le moindre signe. Je me déclarai finalement vaincu, et me retournai pour poser derrière moi ma blouse et mon stéthoscope. Mais Hanna Braun poussa soudain un hurlement d’épouvante. Je sursautai et la regardai. Elle avait un teint livide, tremblotait, et gardait ses yeux fixés sur le cadavre. Je regardai à mon tour dans la direction du corps, et vis avec un peu d’effroi que ses paupières s’étaient ouvertes.


Mais je parvins à garder mon calme, et tentai d’apaiser également ma collaboratrice. Je repris mon stéthoscope, et m’approchai avec crainte du corps. Je constatai cependant après un bref examen qu’il ne présentait pas le moindre signe de vie. Et nous restâmes plus d’une heure, hésitants, près de ce cadavre, sans déceler la plus petite trace d’une quelconque animation. Pourtant, nous n’avions pas rêvé. Les yeux s’étaient bien ouverts…


Le lendemain midi, j’invitai Hanna à déjeuner avec moi. Elle éprouvait à mon égard des sentiments partagés entre le dégoût et l’admiration. Je parvins cependant à la dérider, et nous parlâmes de tout à fait autre chose que notre expérience de la nuit. Mais celle-ci nous avait tout de même beaucoup rapprochés. Nous nous sentions comme complices ; comme si nous avions tous deux été témoins de quelque chose que personne n’aurait dû voir. Nous retournâmes travailler l’après-midi, et nous retrouvâmes le soir pour dîner. Elle m’invita chez elle. Et nous flirtâmes comme de petits écoliers.


Nous avions plein de choses en commun, et nous nous retrouvâmes bientôt diablement enlacés, nos corps chauds l’un contre l’autre, nous caressant, nous embrassant, nous cajolant. Nos langues portèrent de concert nos chairs au sommet du désir, désir que nous satisfîmes quelques minutes après en hurlant notre jouissance.


Je dormis chez elle, et nous vécûmes dès lors, de longues semaines durant, une passion sans nuages. Jamais nous ne reparlâmes clairement de notre expérience. Mais malgré cela, je ne cessais d’y penser. Je ne cessais de me répéter que ç’avait tout de même été un succès, bien que très léger. Et j’avais très envie de réessayer, de recommencer. Pendant plus d’un mois, je me cantonnai, lorsque je le pouvais, à injecter mes solutions de plus en plus perfectionnées dans les corps de petits rongeurs que je parvenais à chaparder aux équipes d’immunologie de l’hôpital. Et les résultats étaient de plus en plus satisfaisants. Plusieurs petits rats se « réveillèrent » clairement. Quelques-uns crièrent, et l’un d’entre eux se remit même sur ses pattes, et entama quelques pas avant de s’effondrer. C’était très encourageant.


Mais quand au bout d’un mois et demi, je me décidai à reparler à Hanna de mes expériences, je vis son visage s’assombrir. Elle avait été très marquée par cette nuit que nous avions passée ensemble dans le bloc d’autopsie. Je parvins cependant à la décider à m’aider une nouvelle fois, pour une nouvelle expérience. Je lui assurai que l’on ne craignait rien, je lui promis de me munir d’un fusil, même, au cas où… Elle me donna finalement son accord, et m’assura qu’elle essaierait de m’obtenir un nouveau corps, le plus frais possible, dès qu’elle en aurait l’occasion.


J’attendis près d’une semaine avant qu’elle ne me téléphone, un matin, au service de cardiologie. Elle avait une voix mi-craintive mi-excitée et me signala qu’on venait de lui apporter le corps d’un homme d’une quarantaine d’années, en très bon état selon mes critères. Je bâclai mes dernières consultations de la matinée et la rejoignis à la morgue, après être passé acheter deux sandwiches et chercher mon fusil à la maison.


Le cadavre était en effet très frais, mais Hanna elle-même ne paraissait pas certaine de la cause de la mort de cet homme. Probablement un arrêt cardiaque pur et simple, me dit-elle. Je l’embrassai, la bénissant du fond de mon cœur, et la remerciant pour sa participation à mes recherches. Mais je la devinai relativement effrayée. Elle savait que mes solutions s’étaient perfectionnées, et je lui avais quelque peu parlé des résultats que j’avais obtenus sur des rats. Nous préparâmes la pièce, le brancard et le cadavre sans échanger le moindre mot. J’étais moi aussi extrêmement stressé.


Et quand tout fut prêt, j’eus une irrésistible envie de faire l’amour avec Hanna. Elle était vraiment une femme merveilleuse, je crois que je l’aimais énormément. Cela allait me détendre, nous détendre tous les deux. Tout en l’embrassant sauvagement et passionnément, je l’entraînai à ma suite dans une autre salle, à l’écart de cette macabre mise en scène, et nous nous enlaçâmes tendrement, nous abandonnant l’un à l’autre sans aucune autre pensée que de nous procurer plaisir et amour.


Nous revînmes dans la « salle d’opération », comme on l’appelait, le cœur et le corps légers et apaisés. Nous nous préparâmes une dernière fois, répétant les gestes que l’on devait effectuer. Je laissai le fusil à portée de main, accessible en cas de danger. Au bout d’une dizaine de minutes, nous fûmes prêts. Prêts à tenter une nouvelle fois la plus affreuse des expériences. Hanna tremblait ; et moi, je sentais mon cœur battre plus vite que jamais. J’espérais vraiment des résultats, cette fois-ci.


J’injectai bientôt une grande seringue entière de solution dans la veine du bras droit du cadavre. Je savais par expérience que j’avais quelques minutes devant moi, avant que quoi que ce soit n’arrive. Je décidai de tenter d’injecter également une grande quantité de mon liquide dans la veine du bras gauche, pensant ainsi multiplier les chances de résultats positifs. Hanna restait en retrait, soucieuse, mais apparemment curieuse également. Nous attendîmes quelques minutes, durant lesquelles j’appliquais régulièrement mon stéthoscope le long du cou ou près du cœur du cadavre. Aucun signe ne se produisit. Je gardais mon regard fixé sur les yeux du mort, espérant comme la dernière fois deviner au moins un tressaillement des paupières. L’attente fut encore très difficile. De temps en temps, je jetais un coup d’œil vers ma tendre Hanna, mais celle-ci restait livide et gardait les yeux fixés sur le corps inerte.


Ce fut encore une fois son cri qui m’alerta ; c’était peut-être cette fois-là moins un cri d’épouvante qu’un simple cri d’alerte. Je tournai à toute vitesse la tête vers elle ; elle tremblait et pointait sa main tendue en direction du cadavre. Je retournai la tête, mais ne vis rien de particulier. Je pressai Hanna de questions :



Je regardai précisément les deux mains. Aucune ne bougeait, et il ne me semblait pas que leur position eût changé.



J’appliquai de nouveau mon stéthoscope au niveau du cœur ; mais je sursautai soudain violemment, me jetant en arrière. Je venais d’entendre quelque chose. Quelque chose de très léger, certes, mais quelque chose quand même. Un battement, au moins. À mon tour, je tremblais. Je n’osais plus m’approcher du corps, et je gardais les yeux fixés sur lui. Je me reculai encore légèrement, et cherchai à tâtons le fusil derrière moi. Je m’en saisis, et l’armai. Nous étions, Hanna et moi, blottis l’un contre l’autre et collés à la porte de la petite pièce, le plus loin possible du brancard. On attendait. Et il fut bientôt clair que ma solution avait fait effet, la main droite du cadavre tressaillit, comme si elle eût été agitée d’un léger spasme. Je braquai le fusil dans la direction du corps, prêt à faire feu. J’étais extrêmement apeuré, mais parvins tout de même à me maîtriser suffisamment pour reprendre pleinement contrôle de moi-même.


Mais ce n’était pas le cas d’Hanna. Les yeux s’ouvrirent soudain, et elle poussa un nouveau hurlement. Je restai bouche bée, attentif au moindre geste de mon cobaye. Mais ma compagne me supplia :



Je tentai de la rassurer, mais elle dut sentir que je n’étais moi-même que peu convaincu par mes propres paroles. Le corps entier du cadavre se mit soudain à sursauter, puis à remuer lentement, très lentement, comme s’il tentait de se redresser. Hanna n’en pouvait plus, elle se mit à pleurer, tout en me suppliant encore et encore de tirer. Mais pour ma part, c’était l’excitation et la curiosité scientifique qui l’emportaient sur l’effroi. Je regardai, émerveillé, bouger celui qui était mort quelques minutes à peine auparavant. Il me sembla même entendre, au milieu des sanglots de ma compagne, comme des grognements ou ahanements d’effort. Je serrai Hanna contre moi, gardant tout de même le fusil à la main, prêt à réagir.



Je commençais à me sentir mieux, moins effrayé.



Je la secouai légèrement.



Il continuait de bouger quelque peu, mais ses mouvements restaient désordonnés, et sans aboutissement. Je me rapprochai quelque peu, abandonnant momentanément Hanna, qui resta tétanisée, agenouillée et recroquevillée près de la porte.



J’eus en guise de réponse un grognement sourd et long, plus semblable à celui d’une bête que d’un homme. « Il m’entend », pensai-je, « il peut même peut-être réagir. »



Il tressauta une nouvelle fois et se mit à bouger plus vivement qu’auparavant, tentant de s’appuyer sur ses coudes pour sans doute se redresser. Je me reculai légèrement, de nouveau empreint de frayeur, tout en pensant : « Mon dieu, on dirait qu’il m’obéit ! » Et il parvint à se hisser en grognant toujours. Je braquai vers lui le fusil. Il tenta de pivoter, cherchant sans doute à s’arracher à cette position horizontale dans laquelle nous l’avions installé. Il pivota très lentement sur lui-même. Je reculai encore. Hanna hurlait de plus en plus fort, mais elle reprit suffisamment de self-control pour sortir de la pièce en hurlant que j’étais fou et claquer la porte. Je reportai ensuite toute mon attention sur Karl. Brusquement, il pivota complètement, tournant sur lui-même comme pour se lever de la civière, mais il s’effondra comme une roche juste à côté de celle-ci, tombant lourdement sur le sol, face contre terre.


J’attendis encore, cherchant à deviner s’il allait de nouveau tenter de se relever ou non. Mais il ne bougeait plus. Et plus aucun bruit. Je n’entendais plus que deux choses : mon souffle, rapide et saccadé, et Hanna qui sanglotait encore derrière la porte. Quelques minutes passèrent encore, et le cadavre ne bougeait plus du tout, pas la moindre petite secousse de vie. Je me maudissais intérieurement de ne pas l’avoir installé directement sur le sol ; il avait dû s’esquinter en tombant, pensai-je. J’attendis encore, et prononçai encore une fois son nom d’une voix forte. Mais la seule réponse que j’obtins fut de nouveaux sanglots d’Hanna. Je m’approchai avec méfiance du cadavre de Karl, finalement décidé à tenter de l’examiner au stéthoscope, mais non sans garder le fusil dans l’autre main. J’écoutai partout le long de son corps, à la recherche du moindre petit signe d’animation. Mais non, rien. C’était fini.


Dans un sens, je me sentis rassuré. La tension démesurée dans laquelle je me trouvais depuis une vingtaine de minutes retomba soudain. Je respirai un grand coup et me détendis quelque peu, me massant doucement les épaules et le cou. Je reposai le fusil et mon stéthoscope. Je regardai encore quelques longues secondes vers ce corps, qui avait été animé quelques instants. Je me sentais également heureux. Heureux de voir que cette expérience avait donné des résultats très significatifs. À vrai dire, je pensais même à ce que je devrais corriger pour les prochaines. Pas de brancard pour la prochaine. Le cadavre à même le sol.


Je m’allumai une cigarette, et me détendis encore un peu. J’écoutai attentivement, cherchant à deviner si Hanna était toujours là. Je ne l’entendais plus. Je ne voulais pas encore sortir, espérant au fin fond de moi que Karl se remettrait à bouger. Mais je savais que c’était presque impossible. Il avait dû se rompre le cou en tombant, sa tête avait touché le sol en premier. J’appelai :



Sa voix me parvenait de derrière la porte.



La porte s’ouvrit timidement. Le visage d’Hanna était plus calme, mais je la sentais encore inquiète. Elle regarda longuement le cadavre, sans un mot. Puis tourna ses yeux vers moi :



Je mourais d’envie pour ma part de recommencer, mais je décidai que je ne mêlerais plus Hanna à toutes ces expériences.


Je ne m’en suis probablement pas vraiment rendu compte sur le moment, mais c’est là qu’Hanna a sans doute commencé à doucement s’éloigner de moi. Ou devrais-je dire que je me suis éloigné d’elle ? Quoi qu’il en soit, et bien que nous ayons continué à vivre ensemble, nous n’étions certainement plus aussi proches l’un de l’autre, plus aussi complices. Hanna partait travailler le matin de son côté, et moi du mien. Et le soir, nous ne parlions plus que de choses bêtement communes. Et quand nous nous couchions ensemble, c’était pour lire, le plus souvent.


Je crois, avec du recul, qu’elle s’était mise à avoir peur de moi. Qu’elle commençait à n’éprouver plus qu’une sorte de dégoût abject de ce que j’étais devenu à ses yeux : un être horrible, qui la fascinait et la terrifiait à la fois. Car elle m’aimait encore, je crois, mais d’un amour empreint de répulsion morbide. Elle ne pouvait s’empêcher de penser à ces choses que nous avions faites ensemble.


Cela devint réellement frappant quand, un après-midi, elle rentra quelque peu en avance de l’hôpital, et je me trouvais déjà moi aussi à la maison. Cela faisait environ dix jours que le plus sensuel échange que nous ayons eu devait être un pâle baiser formel et routinier. Dès qu’elle entra dans le salon, je l’enserrai et l’embrassai pour la saluer. Et notre étreinte fut légèrement plus forte que d’habitude. Elle ne se dégagea pas aussi vite que d’ordinaire. Elle resta suffisamment longtemps collée à moi pour que je me mette à ressentir un intense désir de son corps. Elle-même semblait avoir envie de moi. Mais était-ce de l’autre qu’on avait envie, ou bien juste d’un autre ?


Elle me pressa de plus en plus fort contre elle, et sans dire un mot, tout en continuant de nous embrasser, nous glissâmes lentement jusqu’au canapé. Je m’y assis et la tirai contre moi, presque sauvagement. Elle s’installa à califourchon sur moi, un genou de chaque côté de mes jambes, et nous nous embrassâmes et nous caressâmes ainsi de longues minutes, toujours sans la moindre parole, jusqu’à ce que l’envie prenne le dessus sur tout le reste.


Et quand Hanna se sentit prête, elle se releva quelque peu, suffisamment pour ôter toutes les barrières entre son sexe et le mien, puis elle se rassit, s’empalant sur ma verge qu’elle maintenait serrée dans sa main, la dirigeant vers son corps avide. Elle imprima à tout son corps un rapide mouvement de balancier de haut en bas, que j’accompagnai de gestes secs de mon bassin. Je la pénétrai ainsi quelques minutes, durant lesquelles tant Hanna que moi savourâmes un intense plaisir. Mais nous ne laissions rien transparaître, nous ne gémissions presque pas, peut-être pour ne rien laisser espérer à l’autre ? Seuls quelques vagues soupirs étouffés, légèrement plus forts que les autres, nous montrèrent finalement que nous avions tous deux eu plaisir à cela. Mais était-ce plaisir plus que besoin ?


Et je ne me rendais toujours compte de rien, je me disais que ce n’était que momentané, que notre passion allait reprendre comme au premier jour. Candide, et inattentif à ses attentes, à ses peurs, à ses désillusions. Et je continuais en cachette à travailler, à rechercher sur le sujet qui me passionnait tant.


J’avais trouvé un genre de petit local, un soubassement quelconque d’une vieille maison en ruine, que je louai sous un faux nom, et que j’avais plus ou moins aménagé de façon à pouvoir continuer à tenter de ranimer divers êtres en état de mort médicale. Plusieurs mois durant, je ne pus m’exercer que sur des rongeurs ou au mieux de petits mammifères. N’ayant plus accès à la morgue de l’hôpital, j’avais beaucoup de difficultés à obtenir des pistes pour trouver des corps humains en état de mort relativement fraîche. J’avais même « embauché un rabatteur », un type plus ou moins louche qui était censé me fournir. Mais de longues semaines durant, il ne m’apporta que des cadavres pas frais, ou bien trop abîmés.


Mais un beau jour, cet homme se présenta avec une « fourniture » très intéressante, le corps d’une femme d’une quarantaine d’années, frais et en bon état. Je le pressai de questions quant à l’origine du corps, mais il éluda et je dus me satisfaire de ses explications vaseuses. Mais tant pis, j’étais enchanté à l’idée d’une nouvelle expérience. Je répétai les mêmes gestes que lorsque j’avais fait cela avec Hanna, et cette fois-ci, cela fut encore plus concluant. Après quelques secondes seulement d’une attente éprouvante, le corps ranimé de la femme, obéissant à mes directives, se releva et fit même quelques pas avant de s’effondrer lourdement en tentant de s’asseoir sur un fauteuil. J’avais encore eu très peur, et j’avais tout le temps de l’expérience gardé à la main ce fusil duquel je ne me séparais presque plus.


Je rentrai presque enchanté à la maison, ayant pris de nombreuses notes, et espérant plus que jamais pouvoir rééditer cela rapidement. Mais mon attitude dut me trahir. Je me fis sans doute un peu trop pressant envers Hanna. Elle me demanda d’où j’arrivais, et pourquoi j’étais si joyeux, pressentant sans doute quelle serait ma réponse. Je tentais quelques instants de lui cacher la vérité, essayant de détourner la conversation, ou lui expliquant que j’avais simplement retrouvé un ami que je n’avais pas vu depuis longtemps. Mais devant sa détermination et les réponses de plus en plus précises qu’elle exigeait, je décidai de tout lui avouer.


Cela fit l’effet d’une bombe. Elle me traita de fou, de malade mental, d’obsédé, de mégalomane et jura qu’elle allait me quitter. Et elle avait raison, c’était vrai, j’étais tout cela. Elle me dit qu’il était hors de question qu’elle reste le moindre jour de plus avec moi, à partager mon lit. Je tentai de la rassurer, de lui dire que tout allait bien, que c’était une recherche scientifique et médicale, que tout était fait sous la couverture des doyens de la faculté de médecine. Je ne sais plus bien comment, mais je parvins à la calmer et à lui promettre que plus rien ne se produirait. Elle me dit en retour qu’à la moindre incartade à ce serment, je ne la reverrais plus jamais.


J’allégeai donc mes absences, repensant à la promesse que j’avais faite à ma compagne. Mais malgré cela, nous nous éloignâmes encore quelque peu, ne nous parlant plus que pour demander le sel ou commenter tel ou tel titre des informations. Et un beau jour, je craquai à nouveau : le type, mon rabatteur, me ramena un corps très frais, et j’eus l’occasion de retenter une nouvelle fois l’expérience, qui s’avéra être encore plus positive que toutes les précédentes . J’avais de nouvelles pistes pour mes travaux, déterminant à chaque fois plus précisément, en fonction des réponses de mes cobayes, quel ou quel composant il me fallait ajouter ou retirer.


Et l’après-midi même de cette dernière expérience, ne souhaitant pas le moins du monde retourner travailler pour à peine une heure, je décidai de rentrer quelque peu en avance à la maison. Je me jurai de ne pas en dire un mot à Hanna, mais comme voulant assouplir ma conscience, je décidai de lui acheter quelques fleurs.

En rentrant chez moi, à peine la porte ouverte, j’entendis de violents cris de plaisir s’élever de notre chambre. Une voix d’homme venait couvrir les hurlements bestiaux que poussait Hanna. Tout s’effondra soudain, en une fraction de seconde. Jamais je ne m’étais imaginé, même au plus mal de nos disputes, qu’elle eût pu avoir un amant.


Je restai quelques secondes inanimé, livide sans doute, sans réagir, à écouter et tenter de me convaincre que j’étais victime d’une hallucination. Puis reprenant mes esprits, et la colère commençant à prendre le dessus sur tous mes autres sentiments, je m’approchai à pas de loup de la porte du couple adultère, et restai à espionner, écoutant discrètement.


Elle hurlait son bonheur à cet homme, lui offrant tout son corps, et même apparemment plus qu’elle ne m’avait jamais offert à moi. « Oh oui, Klaus, vas-y, ouiii ! » Et lui, en retour, l’insultait et la traitait de divers noms dégradants, tout en la fourrant de toutes ses forces. Et elle hurlait, elle criait, elle jouissait, plus fort que jamais avec moi, ou plus fort en tout cas que tout ce dont je me souvenais.


C’était horrible, j’avais vraiment envie de les tuer tous les deux. La colère s’emparait de moi tout entier. Je préparais mon plan, en les entendant continuer : j’allais les tuer tous les deux, deux balles de mon fusil, et l’affaire serait réglée. J’attrapai mon arme, et me postai à nouveau derrière la porte, prêt à l’enfoncer et à tirer deux coups de suite sur ces deux salauds. Dans un accès de générosité condescendante, je décidai de les laisser terminer ce qu’ils étaient en train de faire, afin que tout soit consommé.


Et quand j’entendis l’homme brailler plus puissamment que jamais, et ordonner à son esclave rampante de venir « avaler tout son jus », ce fut plus fort que moi ; je hurlai à mon tour, et entrai dans la chambre comme une bombe, en explosant la porte avant d’armer mon fusil. L’homme était agenouillé sur le lit en train d’éjaculer à grands jets sur le visage d’Hanna, qui ne se faisait apparemment pas prier pour lécher ce qu’elle pouvait. Ils sursautèrent en me voyant et se redressèrent vaguement, dans un mouvement de recul, tentant sans doute de se protéger. Toujours avançant en trombe, je pointai d’abord mon arme vers le type, qui continuait de se vider quelque peu. Il était ridicule, et ça me faisait plaisir qu’il crève dans cet état. Mais me voyant prêt à faire feu, Hanna hurla :



Ben voyons ! C’était la parole de trop ; je modifiai quelque peu ma course, fonçant vers elle pour lui asséner sur la tête un grand coup du manche de mon arme Elle s’écroula net, sans un mot. Je me tournai alors vers le mec, qui s’était recroquevillé dans un coin de la chambre, agenouillé et replié sur lui-même, et s’était mis à pleurer comme une fillette. Je souris en lui disant que j’allais lui faire éclater la cervelle. Il me suppliait, me priait de pitié, gémissant qu’il était désolé, qu’il ne savait pas qu’Hanna avait quelqu’un. Ce qui eut pour effet de me faire rire encore plus.


Et soudain, j’eus une idée. Une idée horrible. J’avais trouvé la juste mort pour cet homme. Je m’avançai vers lui, et lui dis avec un sourire morbide que son corps pouvait sans doute être utile à l’avancée de mes recherches. Il se mit à pleurer plus encore, et pourtant, il était sans doute loin de s’imaginer la vérité. J’ajoutai que j’avais cependant pour cela besoin qu’il meure. Et dans une rage incroyable, dans une furie jamais envisagée, je lui assenai plusieurs violents coups de la crosse de mon fusil. Il hurlait à chaque coup. Il tenta de se débattre, mais rien n’y fit, j’étais comme convulsé de violence, rien ne pouvait m’arrêter. Il s’effondra bientôt à son tour, simplement assommé, et c’était bien ce que je voulais, j’avais besoin qu’aucun tissu vital ne soit ni déchiré ni enfoncé.


Mes deux victimes gisaient là, nues, et bêtement étendues sur le sol de la chambre. Je me détendis quelques secondes, contemplant le spectacle de cette violence inouïe qui s’était emparée de moi. Je recouvrai lentement ma respiration, mais pas encore la raison. Je réfléchis rapidement, puis fouinai en hâte à travers le pavillon, à la recherche de cordelettes, de ficelles et de bâillons. J’attachai Hanna, lui liant mains et pieds de façon qu’elle ne puisse qu’à peine bouger si elle venait à se réveiller. Puis j’emportai le corps de son amant jusqu’à la cave, où je l’étendis à même le sol, lui liant ensuite de même pieds et poings. Peu après, je rapatriai également le corps pour l’instant encore inanimé de ma compagne, et l’étendis à côté de celui de l’homme.


L’expérience allait pouvoir commencer. Mais j’avais besoin de mes solutions et de mes produits, que j’avais laissés dans mon petit laboratoire improvisé que je louais en ville. Je vérifiai les liens de mes deux victimes, puis fonçai jusqu’à ce labo, récupérai tous mes flacons et mes seringues, et revins chez moi. Cela n’avait pris qu’à peine un quart d’heure, mais quand je revins, Hanna avait repris conscience, car en descendant à la cave, j’entendis sa voix appeler désespérément au secours.


Et ce fut avec un sourire que je me présentais alors à elle. Un sourire plein d’horreur et sans la moindre trace de compassion. Elle tenta de parler, de me supplier, de se blâmer, de me demander pardon, mais je ne l’écoutai pas le moins du monde, lui disant simplement une fois qu’elle allait pouvoir goûter à toute la démesure de ma vengeance. Elle était de plus en plus blanche à mesure que je sortis et préparai tous mes flacons et mes seringues, tentant alors d’en appeler à ma pitié. Mais je n’avais pas la moindre pitié pour elle.


Son amant, pour sa part, ne s’était pas encore réveillé et c’était aussi bien ainsi, il n’en serait que plus facile à tuer. J’allais l’étouffer, tout simplement. Pendant qu’il dormait, évanoui. Un bâillon sur le nez et sur la bouche. Et dès qu’il ne bougerait plus, je lui injecterais ma substance. Ce fut ainsi que cela se passa, je lui maintins le bâillon sur le visage, devant la bouche pendant quelques secondes, et il se secoua bientôt brutalement, agité de tremblements et de convulsions instinctifs, mais je serrai fort, et il s’arrêta totalement de bouger après environ une minute.


Hanna était affreusement effrayée, et c’était cette terreur qui me donnait des forces. Je m’adressai à elle, au milieu de ses hurlements d’horreur :



Elle tentait de détourner son regard maculé de larmes, et cela m’était bien égal. Mais elle regarda quand même quand j’injectai ma solution dans les veines du bras du cadavre de son amant, et elle hurla comme si c’était son corps que l’aiguille transperçait. Et au bout d’à peine quelques secondes, le résultat se fit sentir.



Le corps de l’homme se mit à bouger, très légèrement, à tressaillir, puis à tenter des mouvements plus amples. Je repris et réarmai mon fusil, puis d’un coup de couteau, détachai les cordelettes qui maintenaient encore liés les pieds et les poings de l’homme. Celui-ci eut désormais des mouvements plus importants, arrachant à Hanna de nouveaux hurlements et de nouvelles larmes d’effroi. Je m’adressai alors à mon cobaye, d’une voix claire et directive :



Je le maintins en joue, tandis qu’il se relevait péniblement, prêt à parer à toute réaction inattendue. Il resta debout, comme un pantin, les yeux hagards, vides, attendant sans doute que je dise quelque chose. J’étais excité comme jamais, c’était la première fois que je pouvais disposer d’un corps si frais. Je me tournai vers Hanna, qui était sur le point de défaillir de terreur, et l’observai un moment, me repaissant de cette horreur que je lui inspirais. Et je m’adressai de nouveau à elle :



Elle hurla plus que jamais en devinant mes pensées. Puis je me tournai vers le mort-vivant, et lui fis :



Le corps de l’homme eut un léger soubresaut tandis qu’un éclair passait dans ses yeux pourtant presque morts et tout à fait vides et inexpressifs. Il se dirigea cependant lentement vers le corps étendu d’Hanna qui tentait de se détacher des liens qui la maintenaient au sol. Et tout en s’approchant d’elle, il se mit à caresser doucement son sexe ballant. Cela m’amusait énormément, j’étais vraiment devenu fou. Mais Hanna ne résista pas, et défaillit bientôt, perdant sans doute à son tour la raison. Et devinant qu’elle s’était évanouie, ce qui avait été Klaus s’arrêta et resta bêtement hésitant, attendant sans doute un nouvel ordre de ma part. J’étais presque déçu. Alors, je pris ma décision :



La chose émit un grognement.



J’exultai tandis que le cadavre de Klaus étendait les mains, enserrant le cou inerte d’Hanna. Il se mit à serrer, serrer, et serrer encore. Et comme lui précédemment, elle eut bientôt une réaction sans doute d’instinct, elle se mit à se secouer en tous sens, tentant de s’arracher brutalement à l’étreinte de ce qui fut son amant. Mais celui-ci fut plus fort, et bientôt, le corps de ma compagne retomba, totalement inerte, ne bougeant plus d’un poil. Klaus la relâcha et se releva doucement et avec bien du mal.


Il releva vers moi son regard, mais celui-ci n’était plus vide. J’eus l’impression d’y lire de la détermination, de la haine, de la rage. Il se mit à se diriger lentement vers moi, en grognant plus que d’habitude. Voyant cela, sans chercher à comprendre, je pointai vers lui le canon du fusil que je n’avais toujours pas lâché. Il s’avança encore, quelques pas. Boum ! Une balle en pleine poitrine, qui lui fit sans doute exploser le cœur, et il s’effondra sur le sol, remuant encore vaguement quelques secondes avant de s’éteindre définitivement dans un râle agonisant.


Mais je n’avais toujours pas fini de jouer. Il me restait un corps bien frais, à peine mort, celui d’Hanna. Je préparai cette fois-ci dans le plus grand silence une nouvelle dose de ma solution, et l’injectai bientôt dans la veine de son bras. Mais au moment où je m’apprêtais à faire une ligature, en appuyant fermement ma main contre le creux de son bras, je m’aperçus avec horreur qu’Hanna n’était pas morte. Son pouls battait encore très faiblement. Et moi, j’avais tout injecté sans me poser la moindre question, persuadé que Klaus l’avait achevée.


J’eus alors un mouvement de recul, et fus légèrement effrayé de la réaction que cela pouvait provoquer. Je n’avais jamais injecté cela sur des êtres vivants, et si je devinais que cela entraînerait très certainement la mort, je savais au fond de moi que cela pourrait s’accompagner sans aucun doute de réactions d’une extrême violence.


Je fis quelques pas en arrière, et me préparai à tirer une nouvelle fois. Je n’eus pas attendre longtemps, quelques secondes à peine, et le corps d’Hanna fut secoué de brutales convulsions. Elle se mit à se tordre en de violents spasmes, accompagnés d’immondes hurlements de rage. Je reculai encore quelque peu. Elle ne contrôlait apparemment plus rien, et une nouvelle secousse affolée l’aida à se débarrasser de ses liens. Elle se releva d’un bond en hurlant encore et en dardant vers moi ses yeux cramoisis d’une fureur inimaginable.


En un instant, elle fut presque à ma hauteur. Bang ! Une deuxième balle sortit du canon de mon arme. Je touchai Hanna au niveau de l’épaule droite, qui lui fut presque arrachée. Elle partit légèrement à la renverse, mais ne tomba pas, et revint rapidement à la charge, son bras droit pendant mort à son côté. Je tentai de recharger rapidement mon fusil, mais en une seconde il me fut brusquement arraché des mains, et avec une force inouïe Hanna me sauta à la gorge, me maintenant à terre de sa seule main valide.


Je tentai de me dégager en donnant de grands coups de reins de côté, mais sa prise était forte et puissante. Et le sang qui giclait de la plaie béante de son épaule m’inondait le visage, coulant, chaud, le long de mes joues. Elle hurlait, grognait même ; elle n’était plus qu’une bête sauvage. Je parvins au troisième essai à la faire basculer de côté. Je me relevai en hâte, et gagnai à toute vitesse les escaliers qui remontaient au rez-de-chaussée. Il fallait que je l’enferme à la cave. Je n’aurais plus alors qu’à attendre qu’elle s’écroule, terrassée par la puissance du produit que je lui avais injecté.


En montant les marches, j’entendais quelques mètres à peine derrière moi se rapprocher les grognements de plus en plus bestiaux que poussait Hanna. Elle débordait d’une vitalité et d’une force dangereusement extrêmes. Mais je parvins tout de même à passer le seuil de la cave avant qu’elle ne me rattrapât. Je claquai la porte derrière moi et la fermai d’un double tour de la clef, en tentant de reprendre quelque peu ma respiration, tandis que ce qui avait été ma compagne donnait de grands et puissants coups sourds sur la porte qui nous séparait maintenant.


Je repensais à cette lamentable erreur que j’avais commise, et essayais de déterminer ce qu’il était préférable que je fasse maintenant. Mais au bout d’à peine trente secondes, la serrure vola d’un seul coup en éclats, et la porte s’ouvrit brutalement, me projetant à quelques pas en arrière dans le corridor. Tout en me relevant et en me préparant à courir, j’aperçus Hanna qui sortait de l’escalier de la cave. Elle avait l’air plus furieuse que jamais, et ses yeux étaient à présent presque rouges, presque exorbités. Elle hurla encore à mon encontre et se lança à ma poursuite.


Et c’est là que je commis la seconde erreur : au lieu de sortir tout simplement de la maison, je me précipitai dans l’escalier et montai, sans réfléchir dans ma course folle, directement tout en haut de la maison, au deuxième étage. Je m’enfermai dans la première pièce qui se présenta, une chambre d’ami qui servait de débarras. Je verrouillai aussi cette porte à double tour, et j’eus encore le temps de pousser devant celle-ci la grosse armoire qui ornait la pièce. Et c’est alors que se mirent à résonner les coups sourds. De plus en plus sourds et pourtant semblant de plus en plus proches, et de plus en plus effrayants. Et les hurlements qui les accompagnaient se firent également de plus en plus terrifiants.


Et les coups durèrent, et durèrent encore. Mais la porte résista. Cela dura facilement un quart d’heure, et cessa soudain. Et aussi incroyable que cela puisse paraître, c’est à cet instant que ma frayeur atteignit son comble.


Je n’ai toujours pas osé sortir. J’ai bien sûr pensé à la fenêtre, mais il y a plus de six mètres, c’est trop haut pour moi. Et je sais qu’elle est là, quelque part, dehors, à m’attendre. J’ai pensé me calmer un peu en tentant d’écrire toute mon histoire. Je suis presque sûr de toute façon qu’elle a fini par trépasser. Mais comment en être certain ?


Une demi-heure encore a passé depuis que j’ai fini d’écrire. Je tends l’oreille, il me semble entendre un bruit, léger, comme de raclement ou de grattement. Mon dieu, ce que j’ai p









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