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n° 11682Myhrisse03/09/07
Marion
critères:  fh init fantastiqu -contes
131256 caractères      
Auteur : Myhrisse

Marion




Marion soupira d’aise en arrivant devant chez elle, sa journée de travail venait enfin de se terminer. Elle sortit sa clef de maison de son sac à main et la tourna dans la serrure, déclenchant l’ouverture de la porte. Elle la poussa, déposa ses affaires dans l’entrée puis ôta ses chaussures. En chaussettes – elle n’aimait pas porter de chaussons – elle se rendit à son bureau et alluma son ordinateur. Elle allait s’asseoir lorsqu’elle jura entre ses dents : elle avait oublié d’aller chercher le courrier. Elle se releva donc, remit ses chaussures sans toutefois refaire les lacets, retraversa le jardin, rouvrit le portail avant de se retrouver sur le trottoir devant chez elle. Elle rendit son salut à une voisine puis inséra la clef dans la serrure de la boîte aux lettres. Comme d’habitude, plusieurs journaux publicitaires se présentaient en haut de la pile. Elle tria le courrier sur place, jetant directement à la poubelle extérieure ce qui ne l’intéressait pas.

Elle garda la facture EDF et, sous la dernière réclame, fut surprise de trouver un calendrier. Elle s’en saisit et se rendit compte qu’en réalité il y en avait deux. En carton, très simples, sans image, ils représentaient sur chacune de leurs faces six mois de l’année. Le premier était l’année en cours et le second l’année passée. Ce simple fait la surprit : si quelqu’un voulait lui vendre un calendrier, pourquoi lui proposer celui de l’année dernière, d’autant qu’en février, il était un peu tard pour ça.


Elle jeta la dernière pub et regarda les calendriers plus attentivement tout en retraversant son petit bout de terrain. Lorsqu’elle passa sa porte d’entrée, elle fronça les sourcils. Certains jours avaient en effet été marqués d’une coche, comme s’ils avaient été différents des autres. Elle retira ses chaussures d’un mouvement de ses pieds, ne voulant pas lâcher des yeux les étranges calendriers. Elle se rendit dans son bureau, posa la lettre contenant la facture EDF dans la boîte adéquate, puis s’assit devant son ordinateur allumé et fixa le calendrier de l’année passée, cherchant à savoir pourquoi certains jours avaient été cochés. Au début, ils étaient très rares, un à deux par mois, pas plus. En retournant le premier calendrier, les coches passèrent à une à deux fois par semaine. À partir de septembre, elles semblaient disposées de manière totalement aléatoire. Parfois, rien pendant une semaine, puis marqués quatre jours de suite. Elle regarda alors le second calendrier. En janvier, très peu de jours n’étaient en fait pas cochés, mais les marques ne dépassaient pas le 14 février, la veille. Là encore, elles semblaient disposées sans logique. Marion resta interloquée. Lui avait-on remis ces calendriers par erreur ? C’était fort possible. Elle les posa donc sur son bureau, décidée à ne pas s’en préoccuper. Elle surfa sur Internet, dîna, fit un peu de ménage puis regarda le film qu’elle avait été chercher au vidéoclub en sortant du travail. Enfin, elle partit se coucher. Ces évènements étaient presque devenus un rituel et pourtant, Marion aurait tout fait pour qu’ils cessent. Elle aurait bien voulu un peu plus d’imprévisible, amené par exemple par la présence d’une autre personne, d’un homme, dans la maison.


À vingt-cinq ans, Marion avait un travail qu’elle ne détestait pas mais qui ne lui amenait pas un plaisir énorme non plus. Elle tenait en effet l’épicerie qui avait auparavant été la possession de ses parents, tout comme la très belle maison dans laquelle elle vivait. De plain-pied, elle contenait pas moins de cinq chambres, dont une servait de bureau et une autre de buanderie, de deux salles de bain, d’une cuisine aménagée et d’un garage. Le jardin, petit en comparaison de la maison, n’était couvert que d’herbes car Marion n’avait ni le temps ni l’envie de s’en préoccuper. Les haies bloquant la vue depuis le trottoir étaient taillées régulièrement par un jardinier qui coûtait assez cher pour que Marion n’utilise ses services qu’une fois par an, si bien que les arbustes étaient en piteux état presque toute l’année. Marion allait au travail à pied car l’épicerie n’était qu’à une vingtaine de minutes à pied de chez elle. Elle avait tout de même une voiture, qui ne servait qu’une fois par mois, lorsque les courses étaient importantes ou lourdes.

Elle n’avait pour ainsi dire qu’un seul ami : M. Paul. M. Paul était un ancien ami de ses parents. Septuagénaire, il n’avait de cesse de répéter à la jeune femme qu’elle pourrait attirer bien plus de clients et d’hommes si elle s’habillait différemment. Marion avait beau répliquer que pour venir à pied, se tenir debout toute la journée à ranger et à nettoyer, les robes, ce n’était guère pratique, M. Paul ne lâchait pas l’affaire. Cependant, il savait aussi être drôle et les deux amis déjeunaient régulièrement ensemble au café voisin. M. Paul tenait une laverie à trois rues de là. Il parlait surtout de ses enfants, qu’il ne voyait presque jamais et de son regret qu’aucun d’eux ne veuille reprendre l’affaire. Marion aimait bien le vieux monsieur qui lui rappelait ses parents, morts dix ans plus tôt dans un accident de voiture. À part M. Paul, Marion ne parlait à personne d’autre qu’à ses clients, avec qui les discussions étaient courtes et professionnelles, car Marion n’était pas du genre bavard. Elle aurait aimé qu’un homme s’intéresse à elle mais ne faisait pas grand-chose en ce sens.



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Marion avait fini par oublier les deux calendriers, jetés négligemment dans un tiroir. Quelle ne fut donc pas sa surprise, ce jour-là, en en trouvant un autre dans sa boîte aux lettres. Cette fois-ci, il n’y en avait qu’un seul : celui de l’année en cours. Certains jours étaient cochés jusqu’au 15 mars, la date de ce jour. Ce jour-là avait donc été coché. Marion ressortit le calendrier de l’année reçu précédemment. Les jours coïncidaient jusqu’au 17 février. En fait, seul le mois suivant avait été rajouté. Se sachant incapable de se remémorer ce qui s’était passé le mois précédent, elle se concentra sur les dernières marques : il y a trois jours oui, il y a deux jours oui, hier non et aujourd’hui oui. Marion était dubitative. Que s’était-il passé de particulier ces jours-là ? Ses déjeuners avec M. Paul ? Non, aujourd’hui, elle ne l’avait pas vu et la veille non plus. Leur dernier déjeuner remontait à trois jours. Ce n’était donc pas cela. Elle regarda attentivement et remarqua que certains lundis étaient cochés et d’autre pas. Donc, cela n’avait pas de rapport avec son travail, puisqu’elle fermait ce jour-là. Elle regarda le calendrier de plus près, se demandant s’il lui avait bien été envoyé à elle. Cherchant une adresse, elle le retourna. Jusque là, elle n’avait pas regardé les six derniers mois de l’année en cours, considérant que cela était inutile. Elle sursauta donc en voyant un jour non pas marqué, mais entouré, comme s’il s’agissait d’une date vraiment importante.

Qu’allait-il donc se passer le lundi 15 octobre ? Elle regarda le calendrier mais aucun nom ni adresse n’était indiqué. Elle regarda le premier calendrier de l’année qu’elle avait reçu et sur celui-ci aussi, le 15 octobre était entouré. Elle trouva cela bien mystérieux et se demanda soudain si quelqu’un ne lui faisait pas une mauvaise blague. Elle soupira, rangea les calendriers et reprit son rituel habituel.



oooOOOooo




Elle fut à nouveau surprise en recevant le calendrier en avril, mais pas du tout en mai. Les jours, décidément, ne lui disaient rien. Elle avait beau faire des efforts, elle ne voyait pas à quoi cela pouvait correspondre. Si cela était lié à des évènements de la presse quotidienne, alors elle n’avait aucune idée de laquelle. Marion écoutait les informations à l’épicerie, une chaîne hi-fi y déversant la musique sortie d’une station de radio qui, toutes les heures, proposait un petit journal d’information, mais elle ne voyait aucune corrélation entre les évènements et les jours cochés. En juin, elle en reçut à nouveau un, puis encore en juillet. Elle ne voyait toujours pas de quoi il s’agissait mais doutait de moins en moins qu’ils fussent pour elle. Si la personne se trompait, alors elle n’était carrément pas douée !



oooOOOooo




En août, elle fut surprise de trouver deux calendriers. On lui redonnait l’année passée en plus de celle en cours. Depuis le trottoir, elle se figea en regardant les bouts de cartons. Cette fois, les jours n’étaient plus simplement marqués d’une coche, mais des inscriptions y figuraient. Parfois, il était indiqué M, parfois BG et parfois les deux. Elle secoua la tête, tentant sur le trajet de déterminer à quoi cela pouvait correspondre. Assise devant son bureau, elle ressortit les précédents calendriers. Les jours anciennement cochés correspondaient à ceux contenant une inscription en toutes lettres. Peu confiante en sa mémoire, elle se concentra à nouveau sur les derniers jours. Le lundi 13 août : M. Le 14 août : BG. Le 15 août : rien. Le 16 août, aujourd’hui, M et BG. Elle secoua la tête, plissa les yeux et tenta de se relier à des évènements pouvant correspondre et doucement, elle perdit son sourire. Non, ça ne pouvait pas être ça ! Elle devait se tromper. Comment quiconque pourrait savoir ? C’était impossible.

Elle regarda les calendriers. Janvier de l’année précédente, des M, très espacés, puis, de plus en plus nombreux. En septembre, des BG apparaissaient pour la première fois, mais de manière très rare, les M étant plus présents. Marion se leva et fouilla dans ses papiers. Tenter de retrouver une facture datant du mois de septembre de l’année passée n’allait pas être évident. Elle la trouva, mais n’en fut pas heureuse car elle aurait préféré se tromper et que les dates ne correspondent pas. Le 4 septembre, première apparition du BG. Le 4 septembre, date de réception du colis et de la facture. Elle n’en revenait pas. Elle resta sur la chaise sur laquelle elle était montée pour fouiller les caisses contenant les papiers classés en haut du meuble du bureau, haletante, tenant dans une main le calendrier et dans l’autre la facture, ne parvenant pas à y croire. Elle finit par descendre en laissant le meuble ouvert et les papiers non rangés. Elle se rassit et regarda les dates avec circonspection. À partir de novembre, les BG devenaient plus présents pour finalement, en janvier, passer à un jour sur deux. Les M se rajoutaient de manière apparemment aléatoire, parfois en même temps que les BG et parfois pas.


Marion hocha la tête. Elle ne pouvait pas se tromper. C’était depuis janvier qu’elle avait pris cette décision, qu’elle ne regrettait pas d’ailleurs. Cependant, personne d’autre qu’elle-même ne pouvait décemment le savoir. Comment une telle chose aurait-elle pu être possible ? Elle regarda autour d’elle avec appréhension. Quelqu’un l’observait-il ? Y avait-il des caméras dans la maison ? Si ce n’était pas le cas, alors comment quelqu’un pourrait-il savoir à quels moments Marion s’adonnait à un plaisir solitaire ou plaçait dans son ventre les boules de geisha reçues le 4 septembre ? Elle les sentait, en ce moment même, dans son ventre, plus fortement que d’habitude car son ventre était contracté par l’anxiété. Cette personne savait qu’elle les portait. L’avait-il vue les mettre ce matin ? Marion regarda les calendriers. Elle n’avait aucune façon de vérifier que les jours étaient véridiques, ne tenant pas elle-même un calendrier précis. Cependant, que les dates correspondent avec autant de précision l’amenait à penser que quelqu’un l’observait depuis près d’un an et demi. Cela lui donna la chair de poule. Elle secoua la tête. Non, c’était idiot. Ce n’était pas cela. Cela ne pouvait pas être ça. Son imagination lui jouait des tours et elle s’imaginait des choses. Se sentant idiote, elle rangea les calendriers, remit la facture à sa place et reprit son rituel.


La découverte la troubla cependant plus qu’elle ne voulait se l’avouer. Elle ne se donna aucun plaisir ce soir-là, et le lendemain non plus. Le surlendemain - elle n’aurait su expliquer pourquoi - elle décida de ne pas placer les boules de geisha dans son ventre. Pourtant, depuis la nouvelle année, ses habitudes à ce niveau-là avaient été très strictes, pour son plus grand plaisir. En effet, le jour de l’an, elle s’était décidée pour la première fois à porter ces rondeurs du matin au soir sans interruption. Malgré la journée longue et mouvementée, elle n’en avait pas ressenti un plaisir extraordinaire. Elle avait bien remarqué que sa culotte était trempée en se changeant ce soir-là, mais avait décidé de ne pas reconduire l’opération. Elle changea d’avis le lendemain. Son ventre n’avait de cesse de lui réclamer une présence. À chaque fois que son abdomen se contractait, elle ressentait comme un manque, un vide en elle. Elle avait donc décidé de les remettre le lendemain et sa journée avait été agréable, surtout lorsque, au hasard d’un déplacement, les objets de plaisir glissèrent doucement dans son ventre, lui envoyant une légère décharge de plaisir. Le 4 janvier, elle avait réfléchi. Allait-elle les mettre tous les jours ? Elle décida que non, appréciant autant les moments de vide à espérer le lendemain que les jours de complétude. Depuis, un jour sur deux, elle était donc légèrement alourdie et le reste du temps, elle attendait le lendemain avec impatience. Elle se rendit vite compte qu’en plus du plaisir physique, elle ressentait une certaine euphorie à l’idée que les gens qui l’entouraient, la foule anonyme, ses clients ou même M. Paul ignoraient tout de cette pratique.

Ce 18 août, elle n’aurait pas su dire pourquoi, malgré l’habitude prise depuis plus de six mois, elle ne plaça pas ses deux rondeurs au cœur de son intimité. Voulait-elle tester le prochain calendrier ? Elle n’aurait su le dire.


Elle s’habilla donc sans être passée par la case « tiroir à plaisir » où les boules de geisha l’attendaient. Elle récupéra son sac à main et se rendit dans l’entrée pour y passer ses chaussures. Son regard se posa sur la porte. Accrochée par une gomme collante, une carte pliée en deux se tenait là, prête à être saisie. Marion regarda autour d’elle. Comment ce bout de carton avait-il pu arriver là ? La porte était fermée à clef et aucune fenêtre n’était ouverte. Marion s’en saisit et le déplia. Les quelques mots écrits dans une écriture manuscrite sublime la firent sursauter :


« Tu as oublié quelque chose, il me semble… »


Elle sentit sa respiration s’accélérer. Non, c’était impossible. Non seulement on l’observait, mais en plus, cette personne se promenait à loisir chez elle. C’était bien pire que ce qu’elle imaginait. Elle trembla, regarda autour d’elle avec appréhension puis décida de sortir sans prendre en compte la note qu’elle jeta en sortant. Elle ne fut pas spécialement terrorisée par l’idée que quelqu’un pouvait ainsi aller et venir chez elle. En effet, apparemment, cette personne était présente depuis un an et demi sans lui causer le moindre souci. Elle comptait donc laisser faire et voir ce qui se passerait. Marion avait confiance en elle et en sa capacité à se défendre seule. Pendant la journée, elle sentit son ventre gronder sa désapprobation et son envie d’être comblé. Trois jours sans plaisir, de quelque manière que ce soit, c’était trop. Il n’en avait plus l’habitude et réclamait son dû. Marion fut d’une humeur massacrante toute la journée et décida d’annuler son déjeuner avec M. Paul. Elle rentra chez elle, le cœur lourd mais l’esprit et le corps en feu. Lorsqu’elle vit une autre carte trôner sur son clavier d’ordinateur, elle ne sursauta pas. Elle ne savait même pas si elle appréciait ou non. Elle la déplia, sa curiosité étant la plus forte.


« Moi, tu sais, je m’en moque. C’est pour toi. C’est ton plaisir que tu te refuses. »


Marion rougit en lisant cela. Elle regarda à nouveau autour d’elle, s’attendant à tout instant à voir apparaître quelqu’un. Cependant, rien d’anormal ne se produisit. La maison était vide, comme à son habitude. Le silence, seulement coupé par des chants d’oiseaux et des ronronnements de moteurs de voitures, laissait penser que Marion était bel et bien seule. Marion, cette fois, décida de ne pas jeter la carte. Elle ouvrit le tiroir contenant les calendriers pour l’y placer et constata que la carte du matin y était également présente. Cela la fit sourire. En effet, elle regrettait déjà de l’avoir jetée et la voir présente ici lui faisait énormément plaisir. Elle plaça cette nouvelle carte avec la première puis lança son petit rituel.


Le lendemain, elle se refusa tout plaisir et partit travailler le ventre vide et cette fois, aucune note ne le lui fit remarquer. Sa journée fut encore plus difficile que la précédente et son déjeuner avec M. Paul, qu’elle n’aurait décemment pas pu repousser deux fois, fut un calvaire car elle fit en sorte de rester calme pendant l’heure qu’il dura. En rentrant, elle s’attendit à trouver une note. Ne trouvant rien sur son clavier d’ordinateur ni sur la porte, elle regarda un peu partout mais ne trouva rien. Un peu déçue, elle reprit son rituel. Ces cartes avaient mis un peu de piment dans sa vie d’habitude si routinière. Elle se retrouva seule face à ses coutumes et décida de changer un peu. Ce soir-là, elle se commanda un repas indien et passa la soirée au cinéma. En revenant, elle fit la moue en ne trouvant aucune carte.

Elle dormit mal cette nuit-là. Les cartes et les calendriers avaient éveillé sa curiosité mais également son envie. Lorsque son réveil sonna, elle avait plus envie de plaisir que jamais. Faisant fi de ses résolutions, elle donna à son ventre ce qu’il lui réclamait depuis plusieurs jours et son plaisir fut bien meilleur que d’habitude, car elle se sentait observée et cela l’excitait énormément. Son envie enfin rassasiée, elle se leva, calme et heureuse. Elle était entièrement nue. Elle n’aimait pas dormir sans vêtements mais avait pour habitude de ne conserver qu’une culotte la nuit. Cependant, elle l’avait ôtée pour se donner du plaisir et ne portait donc plus rien. Elle regarda autour d’elle, se demandant si la personne lui envoyant ces cartes la matait. Ce fut donc avec un sourire coquin qu’elle se choisit des vêtements. Comme d’habitude, elle sortit un jean et un haut sobre et classique. La couleur du soutien-gorge n’était pas la même que celle de sa culotte mais elle s’en moquait : nul n’était censé le voir. Puis, elle pensa à son inconnu et décida, juste pour le plaisir, de mettre un ensemble très mignon, qu’elle ne mettait qu’en de rares occasions. S’il l’observait depuis un an, alors il devait le savoir et elle espéra qu’il réagirait. Ravie de son petit jeu, elle passa ses autres vêtements puis partit avaler un petit déjeuner avant de partir travailler.


Toute la journée, son ventre, que ses jeux n’avaient apparemment pas suffisamment contenté ce matin-là, réclama une présence. Elle fit abstraction de cela comme elle put et passa une journée calme et agréable. Sur le chemin du retour, elle pressa le pas, excitée à l’idée d’avoir une nouvelle carte. Sa déception fut donc totale en ne recevant rien. Son inconnu n’avait-il donc pas remarqué ce qu’elle avait fait pour lui ? Elle soupira puis secoua la tête. Elle était trop stupide. Pourquoi lui aurait-il envoyé un mot ? Il ne lui devait rien. Peut-être même était-ce une femme et se moquait-elle donc éperdument de ce qu’elle portait ! Elle se souvint que dans le second message, l’inconnu lui disait se moquer de savoir si elle portait ou non des boules de geisha. Était-ce la vérité ? Elle en douta fortement.

Ce soir-là, elle dut regarder un film à la télévision car, pressée de rentrer, elle n’était pas passée par le vidéoclub. Alors qu’un couple faisait l’amour sur son écran, elle fit passer ses doigts dans son intimité trempée, donnant à son ventre ce qu’il lui réclamait. L’orgasme la priva de la fin du film. La nuit fut agréable. C’était lundi, jour de repos. Elle allait devoir faire les courses ainsi que le ménage. Généralement, elle adorait faire cela le ventre plein, car les mouvements faisaient bouger et s’entrechoquer les deux rondeurs, maximisant le plaisir. Elle ouvrit donc le tiroir à plaisir de la table de nuit. Un sourire ravi apparut sur son visage lorsqu’elle vit une petite carte, posée sur les boules de geisha. Ainsi, l’inconnu s’attendait à ce qu’elle s’y ré-intéresse. À demi nue, elle prit la carte et la déplia avec soin.


« Me laisserais-tu les mettre pour toi ? Je te promets de ne rien te faire d’autre, juste te les mettre. Si tu es d’accord, retire ta culotte, mets le bandeau de velours noir posé derrière toi sur tes yeux, allonge-toi confortablement, écarte les jambes et attends. Sinon, mets-les toi-même ou passe-t-en, à ta convenance. »


Marion regarda autour d’elle puis se retourna. Sur le lit était posé un bandeau dont elle était certaine qu’il n’était pas là quelques secondes plus tôt. Elle s’en saisit. Il était doux. Elle chercha à nouveau la preuve d’une présence à ses côtés mais il n’y avait rien.


« Me laisserais-tu les mettre pour toi ? relit-elle. . » Elle en trembla mais elle se sentit également très excitée à cette idée.« Je te promets de ne rien te faire d’autre, juste te les mettre. »


Cela la rassura, ainsi que le fait qu’il semble lui donner totalement le choix. Par contre, mettre le bandeau était un vrai obstacle. Si en plus, il lui avait demandé d’être attachée, elle aurait refusé tout net. Là, il lui laissait sa liberté de mouvement. S’il faisait plus que prévu, elle pourrait réagir. Marion en avait vraiment assez de son petit rituel et décida de tenter le tout pour le tout. Elle retira son sous-vêtement, s’allongea en gardant d’abord les jambes serrées puis se banda elle-même les yeux, sans tricher, car elle n’en voyait pas l’intérêt. Si c’était pour tricher, autant ne pas jouer ! Elle inspira plusieurs fois avant d’écarter doucement les jambes. Elle tremblait autant de peur que d’excitation.

À peine avait-elle atteint un écartement idéal qu’elle sentit une première boule être posée sur son entrejambe. Il avait été sacrément rapide, d’autant que le jouet était encore dans le tiroir, mais également particulièrement silencieux, car elle n’avait strictement rien entendu. Les doigts qui tenaient la première rondeur ne firent qu’effleurer son intimité : agir autrement aurait été impossible. Un doigt entra afin de pousser légèrement la première boule mais ne fit rien d’inutile. La seconde rondeur entra sans difficulté tant Marion était excitée. Une fois le jouet bien en place, il n’y eut plus rien.

Elle attendit quelques secondes puis ôta son bandeau. Elle était seule. Si elle n’avait pas senti une présence dans son ventre, elle aurait cru avoir rêvé. Il n’avait pas menti. Juste les mettre, rien d’autre. Il avait tenu parole. Elle avait été offerte devant lui et il n’avait rien fait. Lui ? Pensa Marion. Oui, décidément, elle ne parvenait pas à imaginer qu’il puisse ne pas s’agir d’un homme. Marion se leva, tremblante de désir et s’habilla. Elle ne trouva aucun mot, ni dans la cuisine lorsqu’elle prit son petit déjeuner, ni sur la porte lorsqu’elle sortit faire les courses.


Les tremblements légers de la voiture et plus forts sur les cahots lui envoyèrent des décharges de plaisir dont Marion se délecta. Cela faisait longtemps que son ventre n’y avait pas eu droit et il manifestait ouvertement son plaisir. Marion sentait que sa culotte était déjà trempée, à seulement neuf heures du matin. Elle fit ses courses en souriant, sursautant au moindre mouvement dans son abdomen. Les rangements des courses puis le passage d’aspirateur et le rangement (et donc les différentes positions que cela obligeait à prendre) finirent de l’exciter. Cependant, lorsqu’elle avait le ventre plein, elle se refusait à le vider avant la fin de la journée. Si son ventre voulait plus, il devait attendre le soir et l’attente devenait un plaisir en soi. Elle déjeuna puis passa plus de trois heures à faire les comptes de la boutique. Lorsqu’elle eut terminé, elle surfa sur Internet à la recherche de nouveautés, de musique, de clips et lorsqu’elle en eut assez, il était l’heure de dîner. Une fois son estomac satisfait, elle s’affala sur sa chaise. Elle se sentait bien, reposée, calme, en paix. L’idée que quelqu’un la regardait ne la dérangeait pas. Il semblait ne rien vouloir lui faire sans son consentement et s’était jusque là contenté de mots et de gestes sobres. Elle se leva et s’étira. Elle avait besoin d’une bonne douche. Elle puait la poussière retournée pendant le ménage et elle avait besoin de changer de sous-vêtements. Elle se dévêtit dans la buanderie, de manière à déposer directement ses affaires dans le panier de linge sale. Ce fut donc dans le plus simple appareil qu’elle se rendit dans la salle de bain, où elle trouva une carte, délicatement accrochée sur la porte de la douche. Marion la saisit et sourit en lisant son contenu :


« Me laisserais-tu te les ôter ? Je te promets de ne rien te faire d’autre, juste te les enlever. Si tu es d’accord, mets le bandeau de velours noir posé sur ton lit, reviens dans la salle de bain et, tout en restant debout, écarte les jambes, mets tes mains dans ton dos et attends. Sinon, enlève-les toi-même ou garde-les, à ta convenance. »


Marion sourit au style de cette carte, quasiment identique à la précédente, comme pour bien montrer qu’il ne comptait pas changer de comportement. Marion, cette fois, n’eut pas besoin de réfléchir. Bien sûr qu’elle acceptait ! Elle se rendit dans sa chambre - sans se vêtir, pourquoi faire ? - récupéra le bandeau noir, revint dans la salle de bain, se rendit aveugle, écarta les jambes et enfin mit ses mains sur ses reins, la droite tenant le poignet de la gauche. Il fut, encore une fois, très rapide. Ce que Marion comprit moins, c’était comment il avait fait pour se trouver devant elle alors que la porte était derrière et qu’il était impossible, à priori, de se mettre là sans la frôler au passage. Elle sentit la ficelle des boules de geisha bouger mais à aucun moment une main ne l’effleura. Il tira doucement et Marion l’aida en poussant et bougeant les hanches pour accompagner le mouvement. Elle gémit à chaque fois qu’une rondeur sortit, lui envoyant une douce décharge de plaisir. Bientôt, elle fut libérée et à nouveau, il y eut le silence. Lorsqu’elle ôta le bandeau, elle était seule et le jouet avait disparu. Elle s’en préoccupa toutefois très peu et se contenta d’aller se doucher, un sourire coquin refusant de quitter son visage.

Le lendemain, elle offrit à son ventre un petit plaisir le matin mais, les ayant mises la veille, n’essaya même pas de trouver les boules de geisha. Peut-être étaient-elles simplement dans le tiroir à plaisir, et peut-être pas. Marion décida de ne pas s’en préoccuper et partit travailler. La journée fut très agréable et M. Paul insista lourdement pour connaître l’origine du sourire béat de celle qu’il considérait comme sa nièce. Marion garda obstinément le silence, sous le regard souriant de M. Paul pour qui il ne faisait aucun doute que la jeune femme avait un coquin. Marion fut à nouveau presque déçue en ne trouvant aucun message ce soir-là en rentrant. Cependant, elle avait tout de même pris le temps de passer au vidéoclub et put donc regarder un film à sa convenance au lieu des programmes navrants que proposait la télévision.



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Après avoir éteint son réveil, Marion s’assit près du lit, le regard posé sur le tiroir à plaisir, se demandant ce qu’elle allait trouver dedans. Elle en sourit d’avance et l’ouvrit. Elle écarquilla les yeux en constatant qu’il ne contenait qu’une carte. Tous les jouets -car elle n’avait pas que des boules de geisha- avaient disparu. Elle prit la carte, sa curiosité plus aiguisée que jamais.


« Me laisserais-tu te les mettre à chaque fois que tu le désires ? »


Elle sourit en constatant que, cette fois, il ne répétait pas les conditions. Elle réfléchit. Comment était-il censé savoir ce qu’elle voulait ? Mmm… évidemment, pensa-t-elle, si j’agis comme il l’a décrit dans les précédentes cartes, alors il le fera. Sinon… je ne sais pas. De toute façon, je m’en moque, je suis d’accord. Elle retira donc sa culotte, se banda les yeux et se mit en position sur le lit. Comme la fois précédente, il fut très rapide mais là, elle s’y attendait et ne sursauta donc pas. Il fut tout aussi délicat et peu invasif que deux jours auparavant et cela ravit la jeune femme. Le soir, comme elle s’y attendait, elle trouva un mot sur sa douche disant :


« Me laisserais-tu te les enlever à chaque fois que tu le désires ? »


Elle ne put réprimer un petit rire qui bientôt, parti en fou rire. Ce mot, elle l’avait attendu, désiré, espéré toute la journée. Le voir là, dans ses mains, était, elle ne sut trop dire pourquoi, très drôle. Elle dut attendre que son hilarité cesse avant de se mettre dans la position adéquate. Son ventre fut libéré aussi délicatement qu’à l’accoutumée.



oooOOOooo




Pendant un mois, un jour sur deux, elle s’offrit à cet inconnu et il lui donna ce qu’elle désirait. Marion commençait à se désespérer de trouver un nouveau mot. À quoi bon quitter une routine pour tomber dans une autre, plus excitante, certes, mais tout de même récurrente. Elle s’attendait tellement à trouver une note qu’elle fut surprise de trouver un calendrier dans sa boîte aux lettres. Sa présence quasi quotidienne à ses côtés ne l’empêchait apparemment pas de continuer à comptabiliser les jours. Ceci lui remit en tête le 15 octobre, jour entouré. Elle se redemanda ce qui allait pouvoir se passer ce jour-là. Allait-il se montrer à elle ? Se présenter ? Ou au contraire était-ce tout le temps qu’il lui laissait avant de s’en aller ? Elle espéra que ce soit la première solution puis regarda le calendrier. Les BG apparaissaient une fois tous les deux jours, avec les 17, 18 et 19 août vides. Il y avait une dizaine de M, répartis un peu n’importe quand. Marion sourit et rougit en voyant cela. En avait-elle tant besoin que cela ? Elle n’aurait jamais cru qu’il y en avait tant. Elle mit le calendrier avec les autres et reprit sa routine en désirant plus que jamais qu’elle soit rompue.

Au matin, elle laissa à l’inconnu le plaisir de la « remplir » puis se leva pour s’habiller. Quelle ne fut pas sa surprise en constatant que tous ses sous-vêtements avaient disparu. Une carte les remplaçait.


« Qu’en penses-tu ? »


Marion fit la moue. Ne pas porter de culotte sous un jean était particulièrement déplaisant. L’idée de ne pas porter de sous-vêtement la séduisait tout de même. Elle alla donc placer la carte avec les autres et mit un plus de temps que d’habitude à se trouver des vêtements. Il fallait que ce soit un pantalon, pour être pratique (et puis pas question d’avoir une jupe, qui, si elle se penchait pour ramasser quelque chose, pouvait dévoiler sa nudité). Elle fouilla longuement car les premiers pantalons fins trouvés se révélèrent être quasi transparents. Elle finit par - enfin - dénicher un pantalon de ville noir qui, en le passant, ne la dérangea absolument pas sans laisser apercevoir ce qu’il y avait – ou plus exactement n’avait pas – en dessous. Elle chercha ensuite un haut, suffisamment moulant pour maintenir sa poitrine en place. Un haut trop grand ne lui aurait pas permis de rester toute la journée à bouger sans la faire souffrir, étant donné qu’elle n’était pas habituée à ne pas porter de soutien-gorge. Lorsqu’elle en eut trouvé un, elle se regarda dans la glace et trouva qu’on voyait un peu trop qu’elle ne portait pas de soutien-gorge, à son goût. Heureusement, en cet automne froid, les pulls ou gilets étaient de rigueur. Elle passa donc un petit gilet sur le haut et se trouva parfaite.

Cela prit tellement de temps qu’elle arriva plus tard que d’habitude, et un habitué le lui fit remarquer. Marion s’excusa mais le client, très gentil, lui répondit en souriant que cela n’importait pas vraiment, en fait. Quelques minutes de retard n’étaient pas une catastrophe. Toute la journée, Marion fut à la fois gênée et extrêmement excitée. Comme d’habitude, les boules de geisha faisaient mouiller son bas-ventre sauf que, normalement, une culotte était là. Cette fois, il n’y avait que le pantalon et toute la journée, à chaque moment de calme, Marion allait aux toilettes s’essuyer et vérifier que rien n’était visible sur le bas. Cette situation l’excitait énormément, ce qui la faisait mouiller encore plus, créant ainsi un véritable cercle vicieux qui augmenta en force au fur et à mesure des heures qui passèrent. Ce soir-là, elle fut ravie de rentrer chez elle. En entrant, elle lança :



C’était la première fois qu’elle lui parlait, ou plus exactement, qu’elle parlait toute seule, car, visiblement, il n’y avait personne. Cependant, Marion en était certaine, il était là et l’écoutait. Après quelques minutes de réflexion, elle rajouta :



Elle ne sut si l’inconnu l’avait entendue et ignora sa réaction à ces mots mais elle l’imaginait facilement sourire. Marion s’en tint à son programme habituel. Ça n’a pas été sans peine mais l’orgasme qu’elle eut ce soir-là avait mérité de s’être fait prié. Le lendemain, elle ne reçut aucun mot, aucune carte. Elle sortit, habillée du même genre de vêtement que la veille, mais, son ventre étant vide, elle eut moins de soucis. En rentrant ce soir-là, elle se prélassa dans le canapé devant la télévision. Elle était très heureuse que l’inconnu ait décidé de refaire parler de lui en lui retirant ses sous-vêtements et pria pour qu’il continue à agir de la même manière et plus vite. Un changement par mois, ce n’était pas assez !



oooOOOooo




Le changement ne prit que trois jours. Mercredi matin, en ouvrant ses placards pour y prendre des vêtements, elle constata qu’ils étaient vides. Tous. Était-elle censée sortir nue ? Non, ça, ce n’était même pas envisageable. L’exhibition était une chose qu’elle abhorrait et si l’inconnu l’observait vraiment depuis plus d’un an, alors il devrait le savoir car il arrivait souvent à Marion de commenter à voix haute les films ou romans qui lui passaient sous la main. Elle regarda dans les placards et remarqua la petite carte, sur la plus haute étagère. Marion eut un sourire coquin, monta sur une chaise et attrapa la lettre. Elle avait dû offrir une vue magnifique à l’inconnu en agissant de la sorte. Elle redescendit avec prudence puis ouvrit la carte.


« Tes vêtements pour la journée se trouvent dans la salle de bain.


Curieuse, Marion s’y rendit immédiatement. Elle y trouva une robe bleue splendide. Elle l’était d’autant plus que c’était exactement ce que Marion aimait : une jupe longue tombant aux chevilles, un décolleté léger et des manches longues. Rien à voir avec une quelconque exhibition. Ce qui intrigua plus Marion fut ce qui était posé sous la robe : une paire de bas et des porte-jarretelles pour les maintenir en place. Elle n’avait jamais mis de tels vêtements mais ne se sentit pas opposée à l’idée. Elle remarqua alors qu’une petite carte dépassait des bas. Elle l’attrapa et la déplia.


« Me laisserais-tu t’habiller ? Si tu es d’accord, va mettre le bandeau et reviens dans la salle de bain (Lorsque j’aurai fini de t’habiller, compte jusqu’à cinq avant d’enlever le bandeau). Sinon, habilles-toi seule.


Marion plissa les yeux en voyant le message. Pour la première fois, il semblait lui proposer quelque chose pour son plaisir à lui et non à elle. Cependant, elle accepta. Lorsqu’elle eut mit le bandeau, elle le sentit la frôler. Lorsqu’il lui plaça les bas, la caressant forcément dans le même temps, elle ne put s’empêcher de sourire. Lorsqu’il eut fini, elle était euphorique. Elle avait adoré se faire habiller par quelqu’un d’autre, surtout des vêtements aussi coquins. L’inconnu, d’une caresse sur la joue, lui fit comprendre qu’il avait terminé. Marion compta jusqu’à cinq et se retrouva seule dans la salle de bain.


Elle passa une journée étrange. Vêtue d’une robe, sans sous-vêtement et l’intimité trempée par la présence de ses rondeurs en profondeur, elle sentait régulièrement son ventre se contracter et reçut plusieurs décharges de plaisir qu’elle réprima pour ne rien montrer devant ses clients ou M. Paul. Le lendemain, Marion n’eut à nouveau pas le droit de choisir ses vêtements et il lui offrit une nouvelle robe. Dans son placard, les anciennes robes prenaient place dans la penderie, si bien que le quatrième jour, lorsque l’inconnu ne lui proposa aucun nouveau vêtement, elle remit la robe bleue. Le lundi 24 septembre, ce fut le ventre vide qu’elle alla chercher de quoi s’habiller. Elle ne trouva rien dans ses placards. Même les robes avaient disparu. Elle se rendit donc dans la salle de bain et y trouva un nécessaire complet de rasage et d’épilation. Marion ne comprit pas. Elle s’épilait régulièrement les jambes et les aisselles. Que pouvait-il désirer de plus ? Elle prit la carte posée sur le rebord du lavabo et lut :


« Goûte au plaisir de lèvres douces et rasées. Tu ne pourras plus t’en passer. »


Il était inutile d’en rajouter. Marion regarda son entrejambe recouvert de poils et soupira. Si cela pouvait lui faire plaisir. Puis, elle relut le message. Il l’avait tourné de telle manière que c’était son plaisir à elle qui en serait amélioré. Elle sourit. Il avait le don de lui donner envie d’exécuter ses ordres. Elle obéit donc et fut bientôt aussi nue qu’une petite fille. Elle caressa son intimité et sa douceur la fit frémir. Il n’avait pas menti. C’était très agréable. Une fois nette, elle retourna devant le placard, dans lequel les robes avaient réapparues. Elle choisit la robe rouge et les bas allant avec. Elle chaussa les sandales fines, belles, mais très confortables qu’il lui avait fournies puis partit faire les courses. Pendant toute la journée, le vent sur son bas-ventre la fit sourire, de même que de se savoir ainsi offerte sans que personne ne puisse le soupçonner l’excita au plus haut point. Elle passa une agréable journée, malgré le ménage et les comptes qui, malheureusement, étaient une obligation.


Le lendemain, les robes avaient à nouveau disparu du placard. Marion fit la moue et se rasa de près. Lorsqu’elle revint, une seule robe était présente : une nouvelle. Marion grimaça en la regardant. La jupe, cette fois, s’arrêtait juste en dessous des genoux et non aux chevilles, le décolleté était plus accentué et les manches s’arrêtaient à mi-bras. Avec était fourni un gilet et des bas, afin de ne pas avoir trop froid dans cet hiver frais. Marion commençait à voir où il comptait l’emmener. Bien décidée à aller jusqu’au bout du jeu, elle passa les vêtements. En allant travailler ce jour là, elle ressentit vraiment la morsure du froid sur son intimité nue. Les contractions de cette partie de son corps lié à cette condition de température lui firent encore plus ressentir la présence des rondeurs dans son abdomen. Elle passa la journée à faire attention à s’accroupir et non à se pencher (elle ne voulait pas que les clients puissent voir quoi que ce soit), et à chaque mouvement, les rondeurs descendaient, l’obligeant à contracter ses muscles pour les faire remonter, leur faisant ainsi faire des allers et retours dans son ventre, l’électrisant à chaque passage. La journée fut donc pleine de sensations fortes, tant physiques que psychologiques.


Le lendemain matin, Marion eut la surprise de se réveiller le haut du corps non protégé par des couvertures. Ne dormant que vêtue d’une culotte, elle offrait donc à quiconque était là une vue sur sa sublime poitrine. Ce qui la surprit avant tout fut de ne pas avoir froid, elle qui était plutôt frileuse. Elle remarqua qu’il faisait vraiment chaud dans la chambre. Elle vérifia le chauffage : il était au maximum. Elle soupira. C’était évident que l’inconnu était à l’origine de cela. Elle lança :



Sur ces mots, elle partit s’habiller pour découvrir que la robe proposée était plus courte que la veille. Le lendemain matin, elle se réveilla sans aucune couverture sur elle et la chaleur dans la pièce était à la limite du supportable. Après avoir reçu ses rondeurs, elle se leva et découvrit une carte posée sur un ravissant petit coffret en bois.


« Je dois bien avouer que c’est un caprice de ma part. Si tu veux que j’arrête, il n’y a aucun souci. Si cela ne te dérange pas, comme tu sembles me l’avoir dit hier, alors tu trouveras de l’argent dans le coffret pour payer le chauffage de cette pièce. »


Marion souleva le couvercle en bois et trouva quelques billets à l’intérieur.



Marion s’habilla d’une robe plus courte que la veille et partit travailler. Les jours qui suivirent, les robes devinrent de plus en plus courtes, sous le regard coquin de Marion. Samedi, la robe n’avait plus de manches du tout, le décolleté était incendiaire et la robe arrivait à la limite du haut des bas. Le sourire M. Paul s’élargissait à chaque rencontre, alors que la quantité de tissu porté par la jeune femme diminuait. Il insistait plus fortement pour que Marion lui raconte son aventure mais Marion niait tout en bloc, prétextant qu’elle avait décidé seule de changer de mode vestimentaire, mensonge auquel M. Paul ne crut pas une seule seconde. Le dimanche, Marion eut peur de ne trouver qu’une robe plus courte encore que la précédente, mais à la place son placard contenait toutes les robes portées jusque là. Elle avait donc le choix. Elle choisit la première robe à avoir une longueur raccourcie. Ce choix était surtout dicté par la température. Avec les autres robes, elle avait froid.



oooOOOooo




Le lendemain était jour de repos et donc, de ménage et de courses. Ce matin là, elle demanda à recevoir ses boules de geisha, mais l’inconnu ne vint pas. C’était la première fois qu’il refusait. Marion en fut presque terrorisée. Elle ouvrit donc le tiroir à plaisir, se demandant s’il avait finalement décidé qu’elle devait à nouveau faire cela elle-même. Il ne contenait aucun jouet mais une carte y avait été déposée. Elle sourit, ravie.


« Cela te dirait-il de me faire confiance toute une journée ? Promenades et bons moments en perspective. En revenant, tu trouveras tes courses faites ainsi que ton ménage et tes comptes. Fais-moi confiance, si je te le propose, c’est que j’en suis capable. Si tu acceptes de te soumettre à mes désirs jusqu’au bout de la nuit, mets-toi en position pour recevoir ce que tu m’as demandé ce matin et le reste suivra. Pour refuser, déchire la carte et va dans les toilettes pendant une dizaine de minutes. Je te rendrai toutes tes affaires et tu n’entendras plus jamais parler de moi. »


Marion relut la carte à plusieurs reprises. C’était la première fois qu’il lui proposait une telle chose. Elle n’était pas tout à fait d’accord avec la proposition. Tous ses désirs ? Cela allait un peu loin. Elle aurait préféré qu’il rajoute des limites, comme dans les précédentes cartes. De plus, cette fois, le refus signifiait sa disparition. C’était un changement radical qui ne lui ressemblait pas. Marion réfléchit un bon moment puis souffla :



Elle entendit un petit bruit derrière elle et se retourna, s’attendant à voir apparaître l’inconnu. Elle soupira donc en voyant une autre carte traîner sur le lit.



Un autre bruit derrière elle la fit se taire. Elle sentit un intense désespoir s’emparer d’elle lorsqu’elle lut la carte suivante.



Marion se sentit plus désemparée que jamais. Elle ne voulait pas qu’il parte. Il avait mis du piment dans sa vie, avait rajouté ce petit rien qui faisait tout. Seulement, maintenant, elle avait peur qu’il ne s’agisse d’un fou pervers ne cherchant qu’à jouer avec elle et elle ignorait les règles complètes de ce jeu.



Un nouveau bruit attira son attention.



Il y eut un petit silence puis Marion lança d’une petite voix :



Il semblait vraiment sincère.



Marion rougit et ne put s’empêcher de hocher la tête, puis, elle s’exclama :



Un silence lourd suivit cette question. Marion regarda avec appréhension autour. Pendant quelques secondes, elle attendit un carton, qui ne vint pas. Elle eut soudain très peur qu’il soit parti.



Marion réfléchit un long moment. Finalement, elle décida que retourner à sa vie précédente était décidément trop bête. Elle adorait ce qu’il lui faisait faire et il n’avait jamais montré la moindre agressivité à son égard. Pourquoi ne pas lui faire confiance une fois de plus ? Elle se banda les yeux et s’allongea donc en position d’attente. Il fut aussi rapide qu’à l’accoutumée. Marion sursauta tout de même en sentant la première boule : ce n’était pas les mêmes que d’habitude. Celle-ci était plus petite mais également plus chaude et douce. L’inconnu la fit entrer avec l’économie de gestes et de caresses qui le caractérisait puis fit entrer la seconde rondeur. Celle-ci était aussi grosse que celles de d’habitude. Marion allait serrer les cuisses, s’attendant au départ rapide de l’inconnu mais celui-ci posa doucement ses mains sur l’intérieur de ses cuisses. Marion comprit qu’elle ne devait pas bouger et obéit. Lorsqu’elle sentit une troisième boule entrer en contact avec ses lèvres, elle comprit. Il n’y en avait pas que deux et celle-ci était beaucoup plus grosse que les précédentes. Cependant, excitée par la situation, Marion n’eut aucune difficulté à accepter le cadeau. Une quatrième, de taille moyenne, termina le chapelet.

D’une caresse rapide sur l’extérieur de ses cuisses, l’inconnu fit comprendre à Marion qu’elle pouvait resserrer les cuisses. Marion se releva et ôta son bandeau. Elle joua un peu avec les muscles de son ventre. La sensation était sublime et bien plus forte que d’habitude. Elle arrêta vite de s’amuser car il lui avait promis une journée de plaisir et elle comptait suivre son programme. Elle chercha donc une carte et la vit, accrochée à la porte close de la chambre. Pourquoi ne l’avait-il pas mise sur le lit ? Marion ne comprenait pas. Elle se leva donc et avança à la porte. À mi chemin, elle tomba à genou. Le chapelet était bien plus puissant que les rondeurs habituelles. Ces quelques pas avaient suffi à lui donner un plaisir sans nom. Elle haletait et bientôt, ne put retenir l’orgasme qui explosa. À quatre pattes, elle reprit son souffle après cette poussée de plaisir puis se releva. Elle atteint difficilement la porte, le chapelet lui caressant sublimement le ventre à chaque pas.



Marion sourit. Cette carte était totalement inutile car Marion allait de toute manière se vêtir. Il n’avait cependant pas pu résister à l’envie de lui faire comprendre que son plaisir était prévu. « Si mes activités ne t’apportent aucun plaisir, alors j’aurai également échoué » . Pour cette première, c’était une réussite totale. Elle sortit et fut étonnée de constater qu’il lui proposait de mettre la robe bleue. Elle aurait pourtant parié qu’il lui aurait demandé de mettre une robe un peu plus courte. Cependant, ce choix ne lui déplut pas. Connaissant les désirs de l’inconnu, elle commença par se raser de près avant de mettre les vêtements proposés. Désormais habituée à accrocher les bas aux porte-jarretelles, Marion fut rapidement prête. Sur la porte de la salle de bain, elle trouva une nouvelle carte.



Marion sourit. Cette façon détournée de lui donner un ordre lui plaisait beaucoup. Elle se rendit dans la cuisine où elle trouva ses mets préférés prêts à être dégustés. Elle s’assit et, sous la serviette, trouva un petit carton.



Marion hocha la tête et décroisa les jambes. Le changement de position fit vibrer le chapelet qui lui envoya une décharge de plaisir. Marion resserra les cuisses mais, désireuse d’obéir, les ré-écarta et une nouvelle décharge se fit sentir. Elle ne put réprimer l’orgasme. Elle tomba de sa chaise en douceur et cria son plaisir. Lorsque ce fut passé, elle se rassit et se restaura, le cœur battant à mille à l’heure. Il savait avec exactitude ce qu’elle aimait prendre au petit déjeuner. Le repas la calma. Lorsqu’elle eut terminé, elle chercha un carton dans la cuisine mais il n’y avait rien. Elle regarda les reliefs du petit déjeuner. Il avait dit pas de ménage aujourd’hui. Elle le prit donc au mot et le laissa ranger lui-même. Elle se rendit dans la chambre, mais il n’y avait aucun mot. Dans le bureau et dans la salle de bain non plus. Elle se lava les dents mais ensuite, ne trouva toujours rien. Elle finit par aller à l’entrée et à peine y était-elle qu’un klaxon retentit dehors. Elle regarda par la fenêtre. Un taxi attendait. Elle mit des chaussures et sortit. Le déplacement jusqu’au taxi se fit moins vite qu’elle ne l’avait prévu car le chapelet apportait vraiment plus de sensations que ses rondeurs habituelles. Elle entra tout de même sans avoir eu d’orgasme, ce qui l’aurait vraiment mise mal à l’aise devant le chauffeur. Après une quarantaine de minutes, la voiture se gara et le chauffeur lui dit :



Le conducteur lui sourit en disant cela. S’il lui disait où se rendre, c’est qu’elle l’ignorait et la situation devait beaucoup amuser le vieux bonhomme. Marion le remercia et sortit. L’endroit désigné était un salon de beauté. Marion entra et une femme d’une trentaine d’années s’avança immédiatement vers elle.



Marion lu « Christine » sur un badge portée sur son uniforme.



Il semblait avoir vraiment tout prévu et Marion en était ravie. Christine mena Marion jusqu’à une petite pièce et lui annonça :



Marion obéit et lorsqu’elle sortit, elle découvrit que l’autre pièce était un salon de massage. Christine l’attendait. Sur ses indications, elle s’installa sur le ventre. Dans cette position, le chapelet appuyait sur son ventre avec délice. Lorsque, en plus, la masseuse commença son travail, faisant légèrement vibrer le corps de Marion, la jeune femme sentit son ventre se crisper et son intimité mouiller de plus en plus. Ne tenant plus, elle finit par avoir un orgasme dans les mains de l’hôtesse.



Deuxième activité, délicieuse, pensa Marion. Christine reprit ses massages. Marion avait eu le temps d’avoir un second orgasme lorsque la masseuse annonça qu’elle pouvait se relever. Vint ensuite le bain bouillonnant. Marion eut un instant peur que l’une des hôtesses voie la ficelle qui sortait de son ventre mais aucune n’y prit garde. Dans le bain, le plaisir fut à nouveau au rendez-vous. Ce chapelet est un véritable objet de torture, pensa Marion. La moindre activité amène un orgasme. Après le bain, on lui fit un nettoyage de peau puis une séance de relaxation eut lieu dans une salle à lumière tamisée. Marion apprécia le calme, enfin, après les multiples tempêtes précédentes. Christine revint, lui proposa de se rhabiller puis la mena dans un salon de coiffure.



Adeline lui fit un shampoing puis saisit des ciseaux.



L’hôtesse sembla très surprise mais n’insista pas et se mit au travail. Marion ferma les yeux pendant toute la coiffure, désireuse de se garder la surprise pour la fin. Adeline avait dû penser que sa cliente dormait et ne tenta donc pas d’entamer la conversation avec elle, au plus grand bonheur de Marion qui détestait les discussions des coiffeuses. Lorsqu’Adeline arrêta le sèche-cheveux et lui annonça que c’était terminé, Marion ouvrit les yeux pour découvrir le résultat. C’était sublime et cela lui allait beaucoup mieux. Marion avait toujours les cheveux longs - elle avait eu peur un instant qu’il ait demandé de les lui couper mais s’était rappelée qu’il faisait tout cela dans le seul but de lui plaire. Ils ondulaient légèrement, faisant ressortir son visage fin. Sa coiffure précédente semblait fade à côté de celle-là.



La coiffeuse sembla ravie de ce compliment puis lui proposa de la suivre ailleurs. Marion pensa que cela serait fini mais apparemment, l’inconnu en avait décidé autrement. Adeline lui fit signe de passer une porte et la referma derrière elle. Une autre femme attendait.



Marion s’avança et s’assit sur le long siège. Autour d’elle se trouvait une quantité incroyable de produits de beauté en tout genre. Anne lui fit poser la tête sur le rebord prévu à cet effet et commença en lui apposant avec dextérité une crème sur le visage. Marion trouva plus prudent de fermer les yeux et laissa la maquilleuse à ses œuvres. Lorsque Marion put se voir dans le miroir, elle eut de la peine à se reconnaître. Le maquillage, très simple et sans lourdeur, la mettait judicieusement en valeur.



Pendant une vingtaine de minutes, la maquilleuse lui expliqua quels produits elle avait utilisés et pourquoi. Lorsqu’elle eut terminée, Marion avait acquis plus de notions de maquillage que dans toute sa vie. Enfin, Anne lui annonça :



Marion répéta plusieurs fois la phrase dans sa tête puis décida de s’y rendre bien que n’en ayant pas réellement besoin dans l’immédiat. Elle supposa qu’il s’agissait encore d’une requête de l’inconnu. Elle entra dans les cabinets normalement réservés au personnel et, sur le lavabo, trouva une robe noire. Marion sourit, fit d’abord ses besoins puis se changea avec précaution. Elle changea également de chaussures.



Anne lui répondit d’un geste. Marion se rendit dans la direction désignée. Son reflet lui dévoila une femme qu’en croisant dans la rue, elle aurait jalousé tant elle était belle. Jamais elle ne s’était vue ainsi. C’était fabuleux.


Et maintenant ? Pensa Marion après s’être longtemps admirée. En la voyant revenir, Anne lui proposa de sortir par le salon de coiffure. Une fois dehors, Marion était toute émoustillée. Elle ne s’était jamais sentie aussi belle. Elle resta un instant interdite sur le trottoir puis se demanda où elle était censée se rendre ensuite. À nouveau, un klaxon résonna. Un autre taxi patientait. Elle entra et le chauffeur - une femme d’une quarantaine d’années - démarra sans qu’elle n’ait besoin de lui dire où se rendre. Elle ne lui demanda rien, ne voulant pas gâcher la surprise et certaine que la conductrice ne lui répondrait pas. Le taxi s’arrêta devant un immense et magnifique restaurant. Marion regarda rapidement l’heure sur le tableau de bord. Elle n’en revenait pas : il était plus de midi ! Elle avait passé beaucoup plus de temps qu’elle n’aurait cru dans le salon de beauté.

Un groom lui tint la porte lorsqu’elle entra et un serveur la mena immédiatement à une table. Au premier étage – la montée de l’escalier la fit haleter car le chapelet vibrait délicieusement à chaque marche - au bord de la fenêtre, Marion avait une excellente vue sur la ville. Elle fit bien attention à s’asseoir comme il le lui avait demandé le matin et profita du splendide panorama. Lorsqu’on lui servit un plat sans avoir rien commandé, elle ne fut qu’à moitié surprise de même qu’elle accepta aisément l’idée qu’il s’agissait de son entrée préférée. Elle mangea et ses papilles frémirent de plaisir. Le repas fut excellent, chaque plat dévoilant un met succulent et un vin délicieux. Jusque là, mon inconnu, c’est un sans-faute, pensa Marion. Elle se replongea avec délice dans ses précédentes activités de la journée jusqu’à l’arrivée du plat suivant. Le dessert acheva le repas en apothéose. Lorsqu’un serveur lui apporta un papier sur un plateau, elle eut un instant peur de devoir payer la note. Vu le cadre et le repas, cela devait être hors de prix ! Lorsqu’elle reçut un petit carton, elle sourit. Il ne la décevait vraiment pas. Elle sortit du restaurant sans avoir ouvert la carte. Ce ne fut qu’une fois dehors qu’elle en découvrit le contenu.



Marion le remercia silencieusement de lui avoir fourni des chaussures à talons plats. Ainsi, la marche ne fut pas un calvaire pour ses pieds, mais en fut un pour son ventre qui était de plus en plus sensible et excité à chaque pas. Lorsqu’elle arriva au jardin, sa première réaction fut de se cacher derrière un arbuste pour laisser son orgasme sortir hors des yeux de la foule. Elle se releva péniblement et entreprit de profiter du cadre magnifique, mais assise, afin de limiter les spasmes abdominaux. Ce parc, principalement composé de sapins et autres arbres feuillus malgré l’hiver, offrait au marcheur l’impression de se trouver dans un petit bois très vert. Marion se reposa de sa marche quelques minutes mais, rapidement, le froid eut raison d’elle et elle se remit debout. Elle regarda alors autour d’elle, un peu perdue. Ne voyant rien venir, elle traversa le jardin et sortit par le second portail. Accroché dessus se trouvait une nouvelle carte. Marion ne put empêcher un grand sourire de barrer son visage.



Marion rougit en lisant la carte puis la rangea dans son sac à main et s’avança vers le trottoir.

Un véhicule proposant de visiter la ville. Elle imaginait un bus et sourit à l’idée d’être enfin au chaud car elle commençait à avoir un peu froid. Elle savait également que des taxis proposaient ce genre de service. Quelle ne fut donc pas sa surprise en voyant arriver une petite voiture tirée par deux chevaux. Le cocher fit stopper les montures et lui désigna la porte avec un grand sourire. Marion monta et découvrit avec bonheur que l’intérieur était chauffé. La voiture démarra et Marion comprit instantanément pourquoi l’inconnu avait choisi ce mode de transport. Sans amortisseur, l’ancien véhicule remuait et tressautait et Marion, qui suivait toujours la position assise ordonnée le matin, avait du mal à contempler le paysage, trop concentrée sur son ventre pour ça. Marion se demanda un instant duquel des deux plaisirs - visuel ou sensoriel - elle était censée « profiter », comme le disait la carte. Probablement les deux, se dit-elle en laissant venir un orgasme. Elle eut peur que le cocher n’entende ses cris mais il ne montra pas le moindre intérêt pour sa passagère. La voiture traversa des parcs, passa devant des églises et des monuments anciens, empruntant des petites routes et chemins dans lesquels un bus n’aurait pas pu mettre une roue. Elle ignora combien de temps dura la promenade mais elle lui permit de sentir son ventre exploser encore deux fois. Lorsqu’elle sortit, elle était éreintée, comme si c’était elle qui avait dû tirer la petite voiture.



À ce moment, au loin, on entendit retentir la cloche d’une église. Il était quinze heures. Le cocher lui sourit puis partit, la laissant… nulle part. Il n’y avait rien dans cette rue sinon des logements. C’était désert. Une limousine s’arrêta à sa hauteur. Le chauffeur en sortit et tendit à Marion un bandeau de velours noir. Marion sut alors avec certitude qu’il l’attendait dans la voiture. Elle s’attacha elle-même le bout de tissu autour du crâne et entra dans la voiture, guidée par le chauffeur. Elle s’assit en n’oubliant pas d’écarter légèrement les genoux et attendit.



Cette fois, c’était certain, il s’agissait bien un homme. Marion rougit puis répondit :



La voiture était également chauffée et ses amortisseurs étaient suffisamment efficaces pour éviter toute sensation puissante dans l’abdomen de la jeune femme.



Marion rit au ton particulièrement ironique de son interlocuteur.



Marion en rougit. Pouvait-il réellement savoir ce qui se passait dans la voiture à chevaux alors qu’elle était monoplace ? Y avait-il placé des caméras ? Pourtant, il lui avait juré qu’aucun enregistrement n’était effectué. Elle ravala le « Comment faites-vous cela ? » qui lui venait à la bouche, n’ayant pas du tout envie de le voir partir. C’était la première fois qu’il discutait avec elle et elle comptait bien en profiter.



Elle obéit et sentit un délice sucré lui être donné. Elle le mangea avec joie puis but avec plaisir le cocktail de fruits qu’il posa sur ses lèvres. Lorsqu’il lui proposa un second sucré, elle lui attrapa la main à l’aveugle. Elle attendit une seconde, et comme il ne disait rien, lécha et suça ses doigts légèrement recouverts de la crème entourant les douceurs. Puis, elle lui lâcha la main et il lui donna une autre gâterie, lui offrant cette fois volontairement sa main. Jamais Marion n’aurait osé agir de la sorte quelques mois auparavant et elle fut également surprise qu’il se laisse faire. Il ne semblait pas non plus vouloir lui dire quoi que ce soit. Il avait dit ne désirer que son plaisir, et apparemment, il ne comptait rien lui refuser. Le jeu dura un bon moment après quoi Marion annonça ne pouvoir malheureusement pas en avaler un de plus. Elle l’entendit rire doucement et cela la fit trembler de partout.



Marion sentit sa curiosité la reprendre.



Marion sourit et écarta les jambes afin de le laisser agir. Dès qu’elle se fut rassise, elle entendit la porte s’ouvrir et le sentit la frôler en descendant. Puis, elle entendit le chauffeur annoncer :



Elle obéit - ne fut pas étonnée de ne pas voir l’inconnu dehors - et, ne sachant trop qu’en faire, tendit le bandeau au chauffeur. Il le jeta à l’arrière de la voiture, salua brièvement Marion puis reprit sa place aux commandes et bientôt, la limousine disparut. Marion avait froid. Les ambiances chaudes l’avaient rendue encore plus sensible aux températures fraîches. Cependant, un homme lui fit immédiatement signe de rentrer dans le bâtiment se trouvant en face d’elle. Ils étaient encore en ville, mais dans un endroit dans lequel Marion n’était jamais allé. Elle passa volontiers la porte, remarquant que le panneau indiquant ce qui se trouvait à l’intérieur avait été recouvert d’un tissu de velours noir. Elle sourit de plus belle et entra à la suite de l’homme qui lui proposa d’un geste de le suivre. Au bout du couloir, une porte ouverte laissait entendre des sons de voix. Il semblait y avoir du monde dans la pièce. Lorsqu’elle entra, elle découvrit une grande salle ne comportant quasiment aucun meuble, sinon quelques chaises sur son contour, et une vingtaine d’hommes et de femmes, de tous âges et de toutes origines.



Marion ne put s’empêcher de rire doucement.



Pendant trois heures – ils eurent droit à plusieurs pauses - le professeur leur apprit des pas de danse, d’abord seuls, puis en couple. Marion était sur les genoux à la fin de la séance, mais heureuse. Cela l’avait délassée. Elle comprit pourquoi l’inconnu lui avait ôté le chapelet. Il l’aurait effectivement empêchée de profiter pleinement de ce cours. En sueur, elle sortit de la salle et constata que son guide l’attendait. Il la conduisit dehors, où la limousine attendait. Le chauffeur sortit et lui tendit à nouveau un bandeau noir. Marion s’installa avec plaisir dans le véhicule.



Marion en frissonna. Comme d’habitude, il lisait dans ses pensées.



Elle sentit qu’il lui prenait le menton.



Là, Marion sentit ses oreilles devenir brûlantes. Elle gémit et fit la moue. Elle avait l’impression d’une petite fille réprimandée pour sa gourmandise. Elle ne répondit rien mais se sentit un peu penaude. Il lui avait effectivement offert une journée merveilleuse. Elle se rassit confortablement puis réfléchit. En fait, elle en avait vraiment eu assez. Elle ne pensait qu’à une chose : pouvoir enfin se reposer.



La phrase ainsi tournée fit sourire la jeune femme.



Marion en rougit.



Marion eut l’impression que sa tête avait la couleur d’une tomate bien mûre. Elle ne put retenir un grand sourire puis souffla d’une petite voix :



Elle l’entendit rire doucement et cela la fit frissonner. Elle s’allongea sur la banquette et commença à se caresser. Elle savait qu’il la matait. Il avait déjà prouvé qu’il adorait la regarder et que ça n’était qu’un « caprice » de sa part et non une réelle volonté de lui plaire à elle. Cependant, Marion trouva cette situation très érotique et son ventre fut rapidement de nouveau trempé. Cela aurait largement suffi à permettre le retour du chapelet, mais Marion décida que, quitte à être dans cette situation, autant aller plus loin. Elle ne cessa qu’une fois son orgasme passé puis écarta les jambes et l’inconnu lui remit le chapelet.

Elle venait de s’asseoir confortablement lorsque la voix de l’inconnu s’éleva dans la voiture. Pendant tout le trajet - qui dura un assez long moment car elle n’était pas très près de chez elle - il lui lut un livre. Marion sourit souvent car il n’avait pas choisi n’importe quoi. L’histoire, hautement érotique, n’en était pas pour autant mal écrite et Marion apprécia le trajet (elle dut quand même lutter pour ne pas s’endormir et entendre la fin de l’histoire). L’inconnu avait très bien prévu son temps car le récit s’acheva à la seconde où le chauffeur gara la voiture. Marion sortit sur ordre de l’inconnu et lorsqu’elle ôta son bandeau, elle remarqua que la nuit était tombée. En hiver, elle arrivait tôt mais Marion se douta qu’il ne devait pas être loin de huit heures du soir. Elle l’entendit sortir derrière elle et se figea. Il ne lui avait pas spécialement demandé d’ôter le bout de tissu. C’était elle qui avait supposé qu’elle en avait le droit.



Marion s’exécuta.



Marion hocha la tête. Il lui prit alors délicatement le bras droit, posa une main sur ses hanches et la mena jusque chez elle. Il était très doux, comme d’habitude. Il lui ôta lui-même ses chaussures puis la guida dans la maison. Marion sut qu’il l’avait amenée dans la salle de bain.



De nouveau en mesure de voir, Marion constata qu’une tablette avait été rajoutée dans sa salle de bain. Sur celle-ci étaient disposés de nombreux produits de beauté. Marion se souvint des conseils de la maquilleuse et choisit les produits avec assurance. Marion apprécia ensuite grandement de sentir l’eau chaude couler sur elle. Ses muscles fatigués crièrent leur plaisir. Lorsqu’elle sortit de la douche, elle se sentait bien mieux. Elle mit les vêtements qui avaient remplacés la robe bleue. C’était un ensemble jupe / haut qu’elle ne connaissait pas mais qu’elle trouva très à son goût. Simple mais confortable, il lui plut énormément. Elle sortit ensuite de la salle de bain et fut immédiatement assaillie par d’excellentes odeurs de nourriture. Son estomac gargouilla et cela la fit sourire. Elle se demanda si elle était censée aller dans la cuisine. Ne trouvant aucune carte, ni bandeau, elle s’y rendit. La porte était fermée et sur la poignée était posé le bandeau.


Elle sourit et ce fut aveugle qu’elle entra dans la cuisine.



Il la prit et la fit sortir de la pièce pour l’amener dans la salle à manger. D’habitude, Marion mangeait dans la cuisine, n’ayant pas vraiment de raison de s’embêter à porter les plats. Elle apprécia ce changement de cadre, même si, les yeux bandés, elle ne pouvait rien voir. Elle s’assit avec l’aide de l’inconnu et sentit la chaleur et l’odeur de bougies.



Marion hocha la tête, totalement rassurée. Elle avait maintenant une confiance parfaite en lui.



Marion sourit à l’idée qu’il lui donne la becquée. Le dîner fut presque aussi bon que le déjeuner et Marion apprécia de ne pas savoir avant de l’avoir en bouche ce qu’elle allait manger. Ce petit jeu lui plut énormément et elle ne cacha pas son plaisir. Lorsqu’elle eut avalé une bouchée d’un merveilleux dessert, l’inconnu lui dit :



Cette journée l’avait anéantie. Il la mena à la salle de bain afin qu’elle puisse brosser les dents puis lui demanda de remettre le bandeau.



Marion se mit en position et accepta son acte avec assurance. Elle ne le craignait plus du tout. Au contraire, ce geste était devenu une routine bien ancrée. Il la mena ensuite dans la chambre et demanda :



Ça, ce n’était pas de la routine. C’était encore un caprice de sa part.



Il s’exécuta avec la douceur qui le caractérisait puis elle se coucha et il la borda avec attention.




oooOOOooo




Elle passa une excellente nuit. Malgré tout, lorsque le réveil sonna, elle aurait apprécié de dormir encore. Elle se leva, l’esprit encore un peu embrumé, mais pas suffisamment pour se rendre compte qu’il l’avait encore privée de couverture et matée toute la nuit. Elle eut le choix de ses vêtements et choisit la robe bleue. Elle voulait être à l’aise. La journée de travail fut éprouvante et M. Paul, au déjeuner, l’assaillit de questions afin de savoir d’où lui venaient cette intense fatigue et cette soudaine envie de changer de coiffure et de se maquiller. Marion lui répondit simplement qu’elle était sortie pour sa journée de repos et qu’elle en avait profité pour se faire plaisir. M. Paul voulut en savoir plus car il était très rare que Marion sorte et encore plus qu’elle prenne ainsi soin d’elle. Marion préféra ne pas mentir et garda donc le silence ce qui rendit M. Paul encore plus collant mais la jeune femme tint bon.


Lorsqu’elle rentra chez elle ce soir-là, elle dut bien avouer que son inconnu n’avait pas menti. Le frigo était plein. La maison était propre et rangée. Les comptes – qu’elle vérifia très sommairement – semblaient justes. Ensuite, elle sentit un vide immense l’emplir. La veille, il avait été presque toujours à côté d’elle. Il lui manquait. Elle ouvrit le tiroir et relut les différentes cartes. En dessous, elle trouva les calendriers et cela lui rappela que, dans une quinzaine de jours, il allait se passer quelque chose. Elle regarda le 15 octobre entouré pendant un long moment. Qu’allait-il se passer ce jour-là ? Allait-il partir et la laisser ? Allait-il, au contraire, se dévoiler à elle ? Elle n’espérait ni l’un ni l’autre.

Pendant longtemps, elle avait désiré connaître son identité mais maintenant, elle préférait l’ignorer.


Elle avait accepté ce fait et, comme il l’avait dit, c’était bien plus excitant ainsi. En plus, elle s’était habituée à l’appeler « L’inconnu » et ne se voyait pas mettre un prénom, un nom ou même un visage sur cette appellation. Quant à le voir partir, rien que d’y penser, elle sentit son cœur se serrer. Elle se rendit compte à quel point il comptait pour elle. Le perdre la ferait énormément souffrir. Elle savait que c’était inutile de lui demander ce qui arrivait le 15 octobre et d’ailleurs, elle ne voulait pas le savoir. Elle avait confiance en lui. Elle saurait tout en temps utile.


Pendant toute la semaine, la vie redevint normale et calme. Marion avait un peu craint qu’il ne lui mette le chapelet lorsqu’elle demanda les boules de geisha mais il lui inséra ses rondeurs habituelles et Marion put travailler en tout quiétude. Jeudi, elle appela de son propre chef un cours de danse et s’y inscrivit. Samedi soir avait lieu son premier cours qu’elle trouva très enrichissant et ses rondeurs ne la génèrent absolument pas.


Lundi matin, elle apprécia grandement de pouvoir faire la grasse matinée pour rattraper la longue journée de la semaine précédente. Elle se leva après dix heures, ce qui n’était pas dans ses habitudes. Elle partit faire les courses et revint juste à l’heure du déjeuner. À quatorze heures, alors qu’elle passait l’aspirateur, on frappa à la porte. Elle alla ouvrir. Un homme habillé d’un uniforme de livreur lui présenta un colis et une feuille à signer. Marion, surprise, signa puis prit le paquet. Je n’ai rien commandé, se dit-elle. Cela viendrait-il de l’inconnu ? Si c’est le cas, pourquoi ne pas me l’avoir simplement donné ? Elle se posait toutes ces questions en rentrant chez elle. Elle remarquait que la boîte, sans être lourde, pesait tout de même sur ses bras. Elle n’osa pas la remuer, de peur de briser quoi que ce soit. Il n’était pas indiqué que c’était fragile mais elle préféra prévenir que guérir. Elle posa le colis sur la table basse du salon et l’ouvrit avec délicatesse.

Lorsqu’elle vit ce qui se trouvait à l’intérieur, elle se dit qu’elle aurait pu le secouer. Le contenu ne risquait rien. Il était même fait pour être résistant. Très intriguée, elle sortit les quatre paires de menottes de la boîte. Il n’y avait aucune carte, juste les menottes. Deux paires avaient des attaches légèrement plus larges. Elles étaient donc à mettre aux chevilles. Les chaînes n’étaient pas très longues. Elles étaient froides. Pour tester, elle tira. La chaîne se tendit mais visiblement, ce n’était pas du factice. Elle chercha le mode d’ouverture et remarqua qu’il s’agissait de menottes à clef. C’était de vrais modèles, réellement utilisables pour maintenir quelqu’un. Ce n’était pas des menottes de jeu. Elle les retourna dans ses mains, un peu surprise. Elle n’avait aucun doute qu’elles lui étaient destinées mais se demanda ce qu’elle était censée en faire. Voulait-il l’attacher ? Si c’était le cas, refuserait-elle ? Probablement pas, mais elle se laisserait faire sans ça ! Elle obéissait à ses ordres, pourquoi la ligoter ? Elle resta un long moment interdite puis les mit dans le tiroir à plaisir, s’attendant presque à trouver un carton dedans. Pourtant, il était vide.


Elle termina le ménage, l’esprit entièrement rempli par les menottes. L’après-midi, elle sortit se promener dans un parc et le soir, elle alla au cours de danse. Ses cours avaient lieu tous les soirs et elle pouvait y aller quand elle le souhaitait. Elle avait payé pour trente séances et y allait au gré de ses envies.

Toute la semaine, elle se sentit de plus en plus excitée. Les menottes et le fait que le lundi suivant soit le 15 octobre lui donnèrent envie de hurler toute la journée. M. Paul ne se garda pas de lui faire remarquer qu’elle était comme une fillette hyper active. Elle bougeait en tout sens, ne tenant plus en place, de plus en plus désireuse que la semaine se termine. Chaque jour lui sembla horriblement long. Elle sautillait et regardait l’heure toutes les deux minutes, rendant l’attente encore plus insupportable.



oooOOOooo




Enfin, le lundi tant attendu arriva. Elle demanda les boules de geisha, mais, comme elle s’y attendait, il les lui refusa. Elle se leva donc, cherchant le bandeau des yeux, mais il n’était pas dans la chambre. Elle sortit et ouvrit le placard pour se trouver de quoi s’habiller. Il n’y avait plus rien, or elle était entièrement nue, ayant enlevé sa culotte pour demander ses rondeurs. Elle retourna dans la chambre afin de passer le seul vêtement qu’il lui restait.


Elle sursauta en voyant ce qui l’y attendait. La couverture sur le lit avait été retirée. Aux quatre coins du matelas avait été disposée une paire de menottes, les deux attaches ouvertes. Au niveau de la tête se trouvait le bandeau noir. C’était clair, il voulait qu’elle s’attache aux montants. Immédiatement, elle sourit. Sa confiance en lui était totale. Elle allait s’offrir à lui volontairement et elle savait qu’il ne lui ferait aucun mal et ce bien qu’elle lui soit entièrement offerte. Elle commença par attacher les menottes aux montants, puis lia ses chevilles. Elle plaça le bandeau sur ses yeux puis referma l’attache sur son poignet gauche. Le droit, elle ne pouvait pas se le lier elle-même. À peine sa main droite avait-elle été en contact avec les menottes qu’elle sentit une main saisir son poignet avec douceur et achever le travail qu’elle avait commencé. La situation commença à beaucoup plaire à la jeune femme qui sentit son ventre chauffer.



Marion enregistra l’information. Elle allait devoir demander. Que pouvait-elle désirer ? En fait, elle le savait mais avait beaucoup de mal avec ce genre de vocabulaire. En fait plutôt timide et pudique, Marion s’étonnait toujours de sa grande liberté vis-à-vis de l’inconnu mais s’imaginer lui demander quoi faire la terrorisait.



Marion soupira puis se dit : après tout, allons-y. J’ai confiance en lui. Commençons doucement. Marion était très mal à l’aise à l’idée de donner des ordres et de les voir être réalisés, surtout par un homme qu’elle considérait, effectivement, comme totalement dominant à son égard.



Elle sentit ses mains chaudes passer sur sa gorge, ses joues puis descendre sur ses côtes, évitant sa poitrine puis son ventre. Enfin, il remonta et lui caressa les seins. Ses caresses la firent gémir de plaisir. Lorsqu’il la caressait, elle sentait du tissu l’effleurer.



Pendant un instant, elle ne le sentit plus puis il reprit et la chaleur de ses bras démultiplia son plaisir, d’autant que son odeur était sublime.



Le contact l’électrisa. La bouche de l’inconnu sur sa gorge la fit frémir de bonheur. Il descendit ensuite sur son ventre et ses côtes. Elle constata alors que ses lèvres évitaient systématiquement une zone. Comprenant qu’elle allait devoir le demander, elle souffla :



Il obéit instantanément. Il savait y faire. Lorsqu’il lui téta le bout des seins, Marion sentit son corps se contracter et elle tira presque inconsciemment sur les menottes. Elle sentit le plaisir monter.



Elle sentit les doigts de l’inconnu se poser sur ses cuisses et les effleurer avec douceur et tendresse. Sa bouche n’avait pas arrêté son travail sur la poitrine de la jeune femme.



Elle haletait et cela rendait les mots difficiles à prononcer. Il ne fit rien. Il voulait qu’elle demande clairement ce qu’elle désirait et même s’il le savait parfaitement, elle allait devoir le dire.



À son oreille, elle l’entendit lui chuchoter :



Marion en rougit puis souffla :



Il obéit à merveille. Tout en lui procurant le plaisir demandé, il continua d’utiliser sa langue sur sa poitrine et son ventre. Marion ne mit pas longtemps à avoir un orgasme, le plus puissant qu’elle ait jamais eu. Il cessa de la toucher, la laissant reprendre son souffle puis demanda :



Marion sourit puis lança :



Elle réitéra les mêmes ordres que précédemment, un peu plus à l’aise. Une deuxième fois, il la fit jouir. Marion en demanda une troisième et il ne s’y opposa pas. Finalement, elle annonça :



Il lui inséra ses rondeurs puis annonça :



Il défit alors ses liens et Marion compta jusqu’à cinq avant d’ôter son bandeau. Elle apprécia beaucoup la journée. À dix-sept heures, elle avait fini de passer l’aspirateur, de changer les draps de son lit, de ranger son bureau et de faire ses comptes. D’habitude, elle allait surfer sur Internet mais elle avait une toute autre envie. Elle se demanda si elle abuserait en en demandant deux fois dans la même journée puis décida qu’il avait promis d’être là pour elle et d’être l’esclave de ses désirs. Marion trouva les menottes dans le tiroir à plaisir, avec les clefs. Elle sourit, ouvrit les attaches et les plaça sur les montants avant de se les passer sur elle. Il lui attacha la main droite dès qu’elle fut en position.



C’était étrange de commander du plaisir comme un déjeuner dans un restaurant, mais elle commença à se faire à l’idée. L’inconnu obéit et lorsqu’il finit et que Marion, après de longues minutes d’orgasmes, reprit son souffle, elle pensa qu’effectivement, ç’aurait été gâcher que de ne pas recevoir ce plaisir. En plus, elle avait complètement oublié de lui demander de lui retirer les boules de geisha et sa jouissance en avait été sublimée. Lorsqu’elle fut remise, elle lui demanda la même chose puis de revenir aux activités du matin. Là encore, il ne retira pas ses rondeurs pour le faire et Marion trouva cela absolument délicieux. Finalement, elle en eut assez mais avant de lui demander de la détacher, elle demanda :



Marion réfléchit. Lorsqu’il lui avait proposé la première fois de lui mettre les boules de geisha lui-même, elle avait été rassurée de ne pas être maintenue par des liens et n’avait accepté que parce qu’elle avait eu cette liberté. C’était un peu moins de deux mois auparavant. Lorsqu’il lui avait proposé, deux semaines plus tôt, de suivre son programme toute la journée, son assurance qu’elle pouvait arrêter à n’importe quel moment lui avait été nécessaire pour accepter. Aujourd’hui, elle s’était offerte sans qu’aucun filet de protection ne lui soit fourni. Elle avait confiance en lui, totalement.



Marion rit à cette absence totale de modestie ainsi qu’à la flatterie. Puis, elle reprit un ton sérieux et lança :



L’inconnu ne répondit rien et Marion fit la moue. Elle lui demanda alors de lui ôter les menottes et le remercia. Une fois détachée et seule, Marion se prit une longue douche chaude puis se mit devant l’ordinateur. Elle eut du mal à croire qu’il était déjà l’heure de dîner et le quitta donc pour aller se faire à manger. Elle passa une bonne nuit et le lendemain, en rentrant, ne passa pas par le vidéoclub. Elle avait une autre activité en tête. Il fut aussi brillant qu’à l’accoutumée. Lorsqu’elle en eut assez, elle lança :



Il rit doucement puis annonça :



Marion sursauta. Il semblait la réprimander.



Il ne répondit rien, se contentant de la détacher, sans qu’elle ne le lui ait demandé. Cependant, c’était effectivement ce qu’elle désirait. Lorsqu’il eut fini, elle souffla :



Marion hocha la tête et retira son bandeau après avoir dit "cinq". Elle dormit magnifiquement et alla travailler l’esprit léger. Pendant quelques jours, il ne changea pas ses habitudes mais vendredi soir, Marion sentit une différence dans son comportement. Il était venu quand elle l’avait demandé et avait obéi à son ordre de la caresser, d’abord le haut du corps, puis les seins, mais ses caresses étaient moins agréables que d’habitude. Cela étonna la jeune femme qui demanda :



Marion fut prise de cours par la question alors qu’il continuait à la caresser avec douceur. Elle se demanda ce qui avait changé puis souffla :



Marion fit la moue mais sourit en même temps.



Elle attendit un instant, laissant le plaisir venir puis souffla :



Marion sourit alors que les actions de l’inconnu, plus proches de ses désirs, faisait monter le désir avec plus de force.



Il obéit mais Marion trouva, là encore, que ce n’était pas parfait. Elle réfléchit – ce qui était difficile car l’inconnu n’avait cessé de la caresser et cela lui embrumait les neurones – puis ordonna :



Elle obtint exactement ce qu’elle voulait et ne put empêcher un petit gémissement de plaisir de monter. Elle respirait par à-coups. Chaque coup de langue la faisait sursauter et gémir, d’autant qu’il les coordonnait à merveilles avec ses caresses. Lorsque Marion en voulut plus, elle fut d’abord dans l’incapacité physique de parler, puis se reprit et annonça d’une voix haletante :



Il obéit et lorsqu’il serra doucement les dents sur ses tétons dressés, Marion ressentit une telle décharge de plaisir qu’elle s’écria :



L’inconnu la caressait, la léchait et la mordillait dans un rythme sublime, si bien que Marion eut un orgasme. Ça ne lui était jamais arrivé. Elle ne pensait même pas possible de jouir simplement avec des caresses et pourtant, cela venait d’arriver.



L’inconnu s’exécuta mais Marion en voulait plus.



Elle n’eut besoin de rien d’autre pour comprendre que cela manquait de précision. Elle rougit à l’idée d’entrer dans ces détails là.



Marion se replongea dans ses souvenirs.



La demanda fut immédiatement exécutée et Marion se sentit partir doucement.



Plus le temps passait, et plus elle donnait ses ordres avec naturel, demandant sans honte ce dont elle avait envie.



Il passa ses mains sous ses fesses – elle l’aida en se relevant – et les lui maintint relevées afin d’avoir un accès plus aisé et fit ce qu’elle avait demandé. Marion eut un nouvel orgasme. Régulièrement, elle lui demandait de lui caresser le clitoris ou de lui pétrir les seins et il obéissait avec exactitude et précision, ne faisant rien de plus que ce qu’elle avait ordonné, obligeant souvent Marion à préciser sa demande. Lorsqu’elle eut envie qu’il la masturbe, elle réfléchit avant de donner son ordre.



Elle n’avait jamais donné un ordre aussi précis et elle sentit, elle ne sut trop comment, que l’inconnu en avait été ravi. Elle l’entendit presque la féliciter, même s’il ne dit rien, se contentant d’obéir.



Il obéit.



Il s’exécuta et Marion sentit le plaisir monter de plus en plus.



Elle haletait vraiment, rendant sa voix difficilement utilisable. Il n’obéit pourtant pas à cet ordre, apparemment trop peu précis. Il ne comptait vraiment rien laisser passer.



Marion en hurla de plaisir mais l’inconnu, peu coopératif, ne semblait pas prêt à agir sans ordre.



Il rit doucement puis agit comme demandé. Le bien-être de la jeune femme augmenta encore d’un cran. Sa respiration s’accélérait de plus en plus et ses gémissements se transformaient souvent en de petits cris de plaisir. Elle se mordillait les lèvres avec douceur et tirait sur ses liens à chaque montée de contentement.



Il obéit.



Il obtempéra.



La caresse à l’endroit désiré la fit hurler de plaisir. Elle ne fut alors plus en mesure de donner le moindre ordre mais l’inconnu, bon joueur, ne lui demanda plus rien, se contentant d’agir à la perfection. Il s’arrêta lorsqu’elle lui hurla de cesser avec conviction. Elle n’en pouvait plus. Ça avait été délicieux et même lorsqu’il cessa, la jouissance ne disparut pas. Elle ignora combien de temps son corps fut encore secoué de spasmes mais elle eut l’impression que ce fut une éternité.



L’inconnu rit doucement et défit ses liens. Il venait de détacher sa première cheville lorsqu’il souffla :



Marion hocha la tête et se promit d’essayer dès le lendemain. Il termina de la détacher sans aucun mot de plus.



Les jours qui suivirent, chaque soir, elle fut de plus en plus précise et à l’aise avec ses ordres. Elle suivit le conseil de l’inconnu et ne cessa alors plus de jouer avec les muscles de son abdomen, lui amenant des sensations différentes selon si elle le contractait ou non. Le lundi suivant, après avoir été attachée, elle se sentit suffisamment à l’aise pour oser demander :



Seulement, cela demande que je sois détachée.



À ces mots, il la détacha.



Marion hocha la tête. Pendant toute la matinée, il lui montra de nombreuses positions, précisant parfois celle qui, en cas de pénétration, étaient vraiment excellentes. Il les lui fit essayer avec ses doigts et sa langue, comme demandé, et pour la première fois, fut en mesure de jouer avec l’anus de la jeune femme. Marion fut ravie et en redemanda le soir. Il ne lui proposa cependant pas une autre façon de lui demander d’être son esclave. Elle devait d’abord s’attacher, comme pour prouver sa confiance, même si elle était immédiatement déliée pour changer de position. Pendant encore deux semaines, ils continuèrent ainsi car l’inconnu avait une banque de positions plus qu’importante. Un dimanche soir, après qu’il l’eut fait jouir à de nombreuses reprises et de différentes manières, elle souffla :



Il rit et Marion l’accompagna.



Les semaines qui suivirent furent de vraies merveilles. La journée, Marion était relaxée, détendue, plaisante, riant aisément. Elle s’était totalement habituée à porter des robes sans sous-vêtements et cela ne la dérangeait plus du tout. Le soir, elle se donnait le temps d’avoir envie de faire venir l’inconnu. Certains soirs même, fatiguée, elle ne lui demandait rien. Chaque matin, elle se réveillait dénudée dans une atmosphère chaude. Il ne se lassait décidément pas d’elle. Le 23 décembre, en rentrant du travail assez tard car elle avait fermé pour quelques jours des congés de Noël, elle hurla de joie en voyant une petite carte posée sur sa table de cuisine au milieu d’un dîner tout préparé. Elle l’ouvrit en tremblant :



Marion fut un peu perplexe. C’était la première fois qu’il lui annonçait à l’avance un évènement, surtout avec autant de précision. Cependant, elle dut avouer qu’elle appréciait. Elle décommanda M. Paul qui l’avait invitée chez lui et celui-ci ne se plaignit pas, trop heureux de savoir qu’elle allait passer un peu de temps avec des gens de son âge. Il n’avait d’ailleurs pas caché sa surprise quand elle lui avait annoncé n’avoir rien de prévu à la soirée de Noël. Il l’avait bombardée de questions, lui demandant si son coquin l’avait laissé tomber et elle répéta encore une fois qu’elle n’avait pas de petit ami.



oooOOOooo




Le lendemain, elle se prépara toute la journée. À dix-huit heures trente, elle était nette et maquillée, mais elle n’avait toujours pas reçu sa tenue. Elle la trouva sur son lit. C’était une robe rouge très sexy sans être vulgaire, accompagnée de bas et, Marion en fut étonnée, on lui proposait un très joli ensemble de sous vêtements. Cela faisait plusieurs mois qu’elle n’en mettait plus. Elle les passa avec plaisir, attacha les bas, enfila la robe qui lui allait à ravir. Elle attacha ensuite les chaussures, à talon moyen, suffisamment pratiques pour permettre de marcher voir de courir sans difficulté. Marion s’admira dans le miroir. Coiffée, maquillée, et ainsi habillée, elle se trouvait superbe et en rougit.

Un klaxon retentit et cela la fit sourire, lui rappelant cette merveilleuse journée entièrement aux mains de l’inconnu. Elle sortit et entra dans la voiture qui l’attendait. C’était un coupé sport et non une limousine, mais Marion s’en contenta, se disant qu’elle avait pris des goûts de luxe avec l’inconnu. La voiture l’amena au club au-dessus duquel une enseigne lumineuse annonçait « Le chat perché ». En sortant, le chauffeur lui tendit une petite fiche cartonnée. Elle sourit, le remercia et, tandis que la voiture disparaissait au coin de la rue, elle déplia la carte.



Marion sourit à cette perspective. Il lui proposait donc clairement un plan drague. Avec le message se trouvait un carton d’invitation. Marion entra dans le club après avoir montré patte blanche au vigil et découvrit un décor sublime. Une immense piste de danse, une musique rythmée mais pas assourdissante, des tables, certaines visibles, d’autres un peu en retrait pour plus d’intimité, ainsi qu’un bar immense. Le tout était très fréquenté par des gens de toutes origines mais de manière générale avec le portefeuille bien rempli vu leurs vêtements. En regardant les siens, elle eut l’impression d’avoir un signe extérieur de pauvreté. Apparemment, l’inconnu avait fait en sorte qu’on ne la croit pas riche car il ne faisait aucun doute aux yeux de Marion qu’il aurait eu de quoi lui offrir une robe de bien meilleure qualité. Elle s’avança plus en avant. La lumière était différente selon les lieux : parfois claire, parfois tamisée. Marion se rendit compte que la salle était plus grande qu’elle ne l’aurait d’abord cru. Des plantes et des paravents judicieusement placés cachaient des salles entières aux yeux du reste du club. Une grande quantité de tables étaient occupées, parfois par des couples, parfois par des groupes d’amis. Il en restait toutefois un nombre important de libres. Des gens seuls, Marion en vit surtout au bar.


Pour se faire offrir un verre, mieux vaut aller au bar, pensa Marion. Elle s’y rendit donc et s’assit sur un haut tabouret en regardant la piste de danse. Les qualités des participants étaient multiples. Deux couples dansaient remarquablement bien, les autres ne s’en sortant pas trop mal. Le barman lui demanda ce qu’elle désirait boire et elle commanda un simple cocktail de fruits pour bien commencer la soirée. Un serveur lui proposa un plateau de petits fours. Surprise, Marion ne refusa toutefois pas et en prit volontiers. Elle remarqua alors qu’à certaines tables, des gens mangeaient une nourriture apportée par des serveurs. Cependant, il ne s’agissait pas de plats mais plutôt d’assiettes communes de légumes, de charcuteries et de fromages dans lesquels chacun se servait à volonté. Sur d’autres tables, Marion remarqua avec étonnement des plats de caviar, des toasts de foie gras et de saumon, du homard, le tout arrosé de champagne. Marion constata que les serveurs choisissaient eux-mêmes qui avait droit à quoi. Elle supposa qu’ils connaissaient les invités par cœur. Probablement que les clients n’avaient pas payé le même prix leurs invitations. Marion comprit vraiment que l’inconnu avait désiré ne pas payer trop cher. Elle se dit même qu’il y avait de fortes chances que son invitation soit dans ses moyens.


Un homme s’assit alors à côté d’elle. Il la regarda ostensiblement, la déshabilla des yeux, sortit une énorme liasse de gros billets puis souffla d’une voix qu’il voulait sûrement être sensuelle :



Tout, en lui, exprimait l’appât de l’argent. Il voulait l’acheter pour la soirée, c’était évident. Se faire offrir des verres, oui, se dit Marion, mais pas à n’importe quel prix !



Elle ne vit pas la moue haineuse sur le visage de l’homme mais la devina lorsqu’il s’éloigna d’une démarche brutale. Marion se demanda ce qu’en pensait son inconnu. Elle était censée boire des verres offerts, on le lui proposait, et elle refusait. Elle plissa alors les yeux et fixa chaque personne présente. Elle avait l’impression qu’il était là, parmi les invités. Était-ce cet homme entouré de trois femmes ? Ou bien cet autre qui enserrait amoureusement une femme ? Un autre encore qui dansait sur un rythme endiablé sur la scène ? Elle l’ignorait mais elle le sentait, l’un d’eux était son inconnu. Sachant qu’elle ne le reconnaîtrait pas, elle se rassit sans cesser d’afficher un sourire espiègle.



L’homme qui venait de lui faire cette demande affichait des signes extérieurs de richesse certains mais avait au moins la décence de ne pas lui mettre son argent sous le nez. Il était jeune, charmant, distingué, elle accepta volontiers. Il garda ses mains aux bons endroits durant toute la musique et il était bien meilleur danseur qu’elle. Il ne lui fit toutefois aucune remarque et sembla beaucoup apprécier ce moment.



Ils se rendirent au bar et Marion eut sa première boisson gratuite de la soirée. Elle était hilare à l’intérieur et faisait son possible pour ne pas exploser de rire. Un instant, elle se sentit coupable de donner des faux espoirs à cet homme. Puis, elle se dit que, vu sa richesse, ce n’était pas un verre qui allait l’appauvrir et qu’il devait s’attendre à devoir en offrir beaucoup avant d’avoir la bonne. Ils bavardèrent quelques minutes puis, l’ennui venant, il s’éloigna, comprenant qu’elle ne désirait pas une relation plus longue avec lui. Il avait en effet beau être mignon et riche, il ne lui plaisait pas. Elle n’aurait su dire exactement pourquoi, mais elle sentait que ça n’aurait pas été. Le verre suivant, elle se l’acheta elle-même et mangea encore des mets apportés par un serveur, qui, cette fois, lui proposa une assiette complète de crudités. Elle pensa que cette soirée était sympathique bien qu’un peu ennuyeuse. Elle s’amusa à regarder les guirlandes et les boules de Noël disposées un peu partout.



Marion se tourna pour découvrir un jeune homme en costume beige, de qualité moyenne. Il y avait de fortes chances pour que cet homme soit aussi riche qu’elle. Elle lui rendit son sourire et répondit :



Le jeune homme sourit mais ne fit aucune remarque. Il était un peu moins bon qu’elle mais ils s’en sortirent assez bien. Elle accepta deux danses supplémentaires, se sentant à l’aise avec lui. Finalement, tous deux éreintés, ils s’assirent à une table et un serveur arriva promptement.



Le serveur hocha la tête et amena la demande quelques minutes plus tard. Marion se sentait en phase avec le jeune homme. Les discussions furent intéressantes, plaisantes et ils n’eurent de cesse de se dévorer l’un l’autre des yeux. Marion ne vit pas le temps passer. Lorsqu’à un moment, elle lui demanda l’heure et qu’il lui répondit deux heures passées, elle ouvrit de grands yeux. Cela expliquait son état de fatigue avancé. Elle n’avait jamais passé une aussi bonne soirée.



Antoine fit mine de se lever. Marion lui toucha le bras. Il plissa le front et se rassit.



Antoine avait une expression de totale surprise.



Marion montra qu’elle s’en moquait puis finit par annoncer :



Antoine ne fit aucune remarque mais il semblait vraiment ne pas comprendre. L’inconnu devait bien rigoler mais ainsi, il ne pourrait rien lui dire : elle aurait bu trois verres offerts comme demandé ! Elle finit le cocktail rapidement, profitant en fait très peu de son goût délicieux puis se leva. Antoine fit de même et la suivit dehors. Elle frissonna en sortant et il la réchauffa de ses mains, ce qui la fit sourire. Il l’amena jusque devant chez elle mais Marion ne l’invita pas à rentrer. Avant de quitter la voiture, elle lui donna ses coordonnées et il fit de même, se donnant rendez-vous le lendemain midi dans un bar du coin. Il habitait en effet à un petit quart d’heure de chez elle. Marion s’endormit à peine couchée et ses rêves furent magnifiques. Le lendemain matin, elle avait plus envie de jouir que jamais. Elle voulut demander à l’inconnu de venir mais ne trouva pas le bandeau noir. Elle eut beau chercher, il n’était nulle part. Elle ne douta pas que l’inconnu le lui avait pris, la privant volontairement de ce plaisir. Marion fit la moue, s’y attendant à moitié. Était-il jaloux ? Pourtant, c’était lui qui lui avait demandé de se faire offrir des verres ! Refusant de s’en passer, elle se donna elle-même le plaisir désiré et se plaça ensuite les rondeurs dans son ventre. Elle eut juste le temps de se préparer lorsqu’Antoine sonna à la porte. Elle le suivit dehors et ils passèrent un excellent déjeuner.


En rentrant chez elle, Marion était trempée. Elle désirait beaucoup plus le jeune homme qu’elle ne voulait se l’avouer. Cependant, elle refusait d’aller trop vite, préférant prendre le temps de le connaître. Pendant une semaine, ils agirent de la même façon. Le dimanche 30 décembre, il l’invita à passer la soirée du lendemain avec quelques uns de ses amis. Elle accepta et l’embrassa pour la première fois à minuit ce soir-là. Marion n’aurait jamais cru vivre un jour un tel « moment magique ». Le baiser dura bien après les douze coups. Ils semblaient tous deux vouloir la même chose : ne pas aller trop vite malgré le désir certain qu’ils éprouvaient. Ils passèrent le reste de la soirée dans les bras l’un de l’autre puis Antoine la raccompagna mais Marion ne l’invita toujours pas chez elle. Antoine lui avait dit vivre dans un des immeubles de la cité proche. Son appartement était petit et à la limite de l’insalubrité. Marion en avait donc conclu que si l’un devait aller chez l’autre, ça serait plus lui qui viendrait. Il ne sembla pas gêné qu’elle ne l’invite toujours pas.

Devant chez elle, ils décidèrent de ne pas se voir le lendemain. La rencontre après la soirée de Noël leur avait appris une chose : lorsqu’on se couche à trois heures du matin, mieux vaut se reposer le lendemain. Il lui proposa donc de déjeuner ensemble le mercredi.



Marion sourit et embrassa Antoine avant de retourner chez elle et de dormir jusqu’à une heure de l’après midi. En se réveillant, elle avait le ventre en feu. Elle avait vraiment besoin de sexe. Elle ne s’était jamais sentie aussi en manque. Après des semaines de jouissance extrême avec l’inconnu, l’absence présente lui semblait insupportable.

Le lendemain, Marion partit travailler et à midi, ils déjeunèrent avec M. Paul qui s’annonça ravi de rencontrer enfin celui qui était à l’origine de son changement de look.



M. Paul comprit qu’il avait fait une boulette et s’excusa en melounant qu’il n’était qu’un vieil imbécile.



Marion aurait préféré ne pas répondre mais M. Paul s’en chargea, semblant ne pas voir le regard noir que lui lançait Marion.



Ni l’un ni l’autre n’avait jamais avoué cela à l’autre. C’était étrange de le faire maintenant, devant M. Paul qui semblait aux anges.



Il lui caressait la cuisse depuis quelques minutes, n’hésitant pas à remonter sa robe. Pour le moment, il restait sur ses bas mais semblait vouloir monter plus haut et Marion, les jambes écartées, lui laissait à priori tout le loisir de le faire. Cependant, Antoine ne comptait pas le faire malgré son désir, ne voulant pas mettre sa compagne mal à l’aise devant le vieil homme. À cette remarque, Antoine retira brusquement sa main en rougissant et le clin d’œil que lui lança M. Paul ne l’aida pas à se sentir mieux. À la fin du repas, Marion se lança et invita Antoine à venir dîner chez elle ce soir-là. Il accepta avec un grand sourire. Enfin, elle lui permettait de venir chez elle. Marion passa sa soirée à se préparer, à ranger la maison et à cuisiner. À dix-neuf heures, Antoine frappa. Il s’était changé - elle aussi - et lui tendit un magnifique bouquet de roses rouges ainsi qu’une bouteille de vin. Marion le remercia d’un baiser appuyé puis lui proposa de la suivre jusqu’au salon. Ils y prirent un apéritif léger puis passèrent dans la salle à manger. Tout le repas, ils se dévorèrent des yeux et les discussions furent banales mais plaisantes. Marion proposa un café au salon et Antoine sembla apprécier l’idée d’être assis dans un canapé moelleux à côté d’elle. À de nombreuses reprises, il avait fait des remarques sur la maison sublime et Marion lui avait expliqué que cette demeure, léguée par ses parents, était un héritage ancien qu’elle aurait bien été incapable, vu ses revenus, de se payer.

Le café fut brûlant, mais pas autant que les deux amants qui se rapprochaient de plus en plus. Antoine avait les mains de plus en plus baladeuses et Marion ne le repoussait jamais, bien au contraire, elle l’encourageait régulièrement à aller plus loin et faisait elle aussi preuve d’un bel esprit d’exploration. Finalement, ils se désintéressèrent de la boisson chaude et leurs lèvres goûtèrent d’autres mets. Antoine se révéla être un excellent amant. Ses cunni n’étaient pas aussi parfaits que ceux de l’inconnu, mais ils emmenèrent tout de même Marion au septième ciel. Ce soir-là, ils se contentèrent de cela. Le lendemain, Marion se rendit compte qu’Antoine, lui, n’avait pas joui la veille. Elle lui en parla mais cela ne sembla pas le déranger.



Marion eut à nouveau une soirée dédiée à elle et Antoine la vit jouir à de nombreuses reprises. Ses doigts et sa langue semblaient beaucoup plaire à la jeune femme qui n’avait de cesse d’en redemander. Antoine avait d’abord été surpris par le naturel de Marion. Elle savait ce qu’elle voulait et n’hésitait pas à le dire clairement. Antoine avait donc très rapidement su comment lui plaire, pour son plus grand bonheur.



Marion rougit légèrement et remercia intérieurement l’inconnu pour ses « cours ».



Les tests permirent aux deux amants de s’aimer pleinement et Antoine eut la possibilité de jouir. Il ne cacha pas sa joie en découvrant que sa partenaire semblait connaître de nombreuses positions, toutes plus sublimes les unes que les autres. Marion expérimenta le conseil de l’inconnu en contractant son ventre pendant la pénétration et les cris d’Antoine lui apprirent qu’elle avait eu raison d’agir de la sorte. Cette soirée au lit fut la meilleure que Marion ait jamais eue. Ils partirent travailler tout deux avec un grand sourire aux lèvres. Antoine avait pu jouir de nombreuses fois et Marion lui avait proposé ses fesses aussi souvent que son ventre, pour le plus grand bonheur du jeune homme. Marion sut qu’elle l’aimait et toute la journée, elle se répéta son petit discours. Elle voulait lui proposer de s’installer vraiment chez elle au lieu d’amener des affaires chaque jour. Elle se sentait prête et espéra que c’était le cas du jeune homme. Désireuse de prendre le temps de bien réfléchir, elle ferma sa boutique plus tôt et rentra chez elle. En rentrant, elle sursauta en trouvant une carte posée sur sa table de nuit. Elle s’assit sur le lit puis la déplia.


« Mes félicitations. »


Marion sentit une profonde tristesse l’envahir en lisant la carte, car, elle en était certaine, ce message était un adieu.



Un bruissement l’amena à se retourner et elle vit le bandeau. Elle le prit et se le passa. L’inconnu lui prit les mains et Marion l’enlaça. Il accepta volontiers ce contact amical. C’était la première fois qu’elle le touchait de la sorte. Sa chemise était douce, probablement en soie. Sous le tissu fin, elle sentait des muscles forts et puissants. Il était soit jeune soit particulièrement bien conservé. Elle emplit ses poumons de son odeur à laquelle elle était si habituée et qu’elle aimait tant.



Marion sentit le bandeau devenir humide et elle se mit à trembler. Bien sûr, il avait raison. Elle ne pouvait pas l’avoir lui et Antoine en même temps. D’ailleurs, depuis qu’elle avait Antoine, l’inconnu ne s’était plus montré, laissant le champ libre au jeune homme.



Il lui caressait les cheveux et son souffle réchauffait son cou. Marion s’écarta alors doucement de lui, renifla puis souffla :



Marion tremblait et pleurait de plus en plus. C’était comme si une partie de son cœur lui était arrachée. L’inconnu la reprit dans ses bras et la berça doucement.



L’inconnu ne répondit d’abord rien puis proposa :



L’inconnu la serra un peu plus.



Il se leva et Marion fit de même. Elle le sentit passer près d’elle et il souffla :



Ce titre, il le méritait depuis longtemps aux yeux de Marion mais jusque là, elle n’avait jamais osé le lui dire. Elle avait été en apprentissage. Les leçons avaient traité d’un sujet peu commun, mais il était bel et bien son maître à ses yeux. Elle lui avait enfin ouvert son cœur et ne s’était jamais sentie aussi nue devant lui. Sachant qu’il ne répondrait rien, elle compta pour la dernière fois, puis ôta le bandeau et sursauta en voyant une petite boîte soigneusement emballée sur le lit. Elle sentit son cœur bondir. Il lui faisait son premier cadeau. Marion s’agenouilla à côté du lit et prit la petite boîte dans ses mains, n’osant à peine défaire le magnifique emballage. Elle délaça le ruban qui entourait le cadeau puis déplia le papier doré avec douceur. Elle ne voulait pas le déchirer, comme si cela aurait offensé son expéditeur. Elle souleva le couvercle et sentit des larmes couler sur son visage en voyant le contenu. Elle n’osa pas toucher le chapelet. Elle ne pensait pas le mériter. Il venait de lui offrir le symbole de sa confiance offerte. Elle aurait voulu garder ses larmes mais en fut incapable. Une main serrant la boîte contenant les quatre rondeurs de tailles différentes, elle pleura longuement et chaudement. Lorsqu’elle cessa, la tristesse n’était pas moins forte mais elle se sentait déshydratée et vide. Elle resta à genou devant le cadeau pendant encore un très long moment, sans pleurer, juste à le regarder et à se rappeler tout ce que son maître lui avait offert et fait découvrir. Par-dessus tout, il l’avait libérée. Marion trouva cela étrange de se sentir libre grâce à la venue d’un maître, mais c’était ce qu’elle ressentait.


Enfin, elle referma la boîte, plaça le cadeau au fond du tiroir à plaisir et partit prendre une douche. En revenant dans la chambre, elle vit la carte « Félicitations » encore posée sur sa table de chevet. Elle la prit, la mit tout contre son cœur puis alla la mettre dans son sac à main. Elle voulait l’avoir tout le temps avec elle. Ensuite, elle choisit comment s’habiller pour Antoine et se fit belle pour lui, retenant les larmes qui auraient détruit son maquillage.

Lorsqu’Antoine arriva ce soir-là, il ne dit rien de la tristesse lisible sur le visage de sa compagne et Marion n’en fit rien non plus. En effet, elle voyait bien que son compagnon n’était pas non plus dans sa meilleure forme mais occupée par son propre vide intérieur, elle ne le lui fit pas remarquer. Cette soirée ne connut aucun éclat de rire. Ils bavardèrent avec beaucoup de calme et ni l’un ni l’autre ne montrèrent une quelconque envie de se retrouver physiquement. Finalement, au salon, alors qu’Antoine était parti vider son ventre, elle lança :



Marion fouilla le manteau dans l’entrée et en sortit l’objet de cuir. Ce faisant, elle fit tomber un bout de carton. Elle le ramassa, désireuse de le remettre en place lorsqu’elle se rendit compte qu’il s’agissait d’une petite carte ressemblant en tout point à celles que son maître lui laissait. Sur le coup, elle ne sut que penser. Vérifiant qu’Antoine ne venait pas, elle l’ouvrit. Dans une écriture sublime mais différente de celle de son maître, elle lut :


« Félicitations »


Elle relut le mot, sans parvenir à y croire. Qu’est-ce que cela signifiait ? Les lettres n’étaient vraiment pas tracées de la même manière mais la carte, elle, était bien la même. Elle resta un instant paralysée.



Il se figea, comme pris la main dans le sac puis lança :



Alors qu’il allait chercher à s’expliquer, elle le coupa d’un geste et ouvrit son propre sac avant de lui tendre sa carte.



Antoine sentit sa respiration s’accélérer puis il rougit avant d’annoncer :



Marion aussi sentit ses joues s’empourprer à cette idée. Elle l’amena dans le bureau et lui montra les calendriers et les cartes.



Marion hocha la tête et les deux amants se consolèrent de la perte de leurs maîtres respectifs dans les bras l’un de l’autre. Après un long moment, Marion chuchota :



Antoine s’éloigna d’elle, la regarda dans les yeux, et répondit :



Marion fut totalement prise de court. Antoine sortit une bague et la lui présenta. Il avait donc prévu de le lui demander, ce n’était pas juste une idée venue après cette discussion. Par contre, malgré cela, il n’avait pas changé d’idée, de même que Marion n’en avait que plus désiré qu’il vive avec elle tout le temps.



Les jours qui suivirent furent les plus chauds qui aient été. Ils décidèrent de ne jamais raconter à l’autre leur apprentissage avec leur maître respectif mais se promirent de ne rien cacher des résultats de ses leçons. Leurs ébats en furent sérieusement améliorés et Antoine apprit à Marion à faire une fellation, ce que son maître, vu ses volontés, n’avaient jamais pu lui enseigner. La jeune femme devint rapidement douée au plus grand bonheur de son compagnon. Toute leur vie, ils gardèrent en eux le souvenir de leurs maîtres, et parfois, toujours de manière inattendue, Marion reçut un petit cadeau, parfois érotique et parfois non. Ainsi, son maître lui envoya un sublime petit pyjama après la naissance de leur fils et une cravate le jour de son mariage, vingt-six ans plus tard.






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