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n° 12093Mirthrandir17/12/07
Haunted House
critères:  jeunes revede massage conte fantastiqu -fantastiq
29021 caractères
Auteur : Mirthrandir

Haunted House



La petite baraque était coincée entre un tir à pipes et une énorme remorque encombrée de tout un bric-à-brac de peluches, jouets, radios portables, électroménager, bouteilles et lots divers susceptibles d’attirer les amateurs de cette sensation forte consistant à échanger son fric contre des billets de tombola en espérant gagner autre chose qu’un canif ou une boîte de crayons.

C’était juste une petite façade en bois, étroite, peinte de couleurs jadis criardes mais à présent écaillées et délavées, représentant monstres, sorcières et crapauds baveux si effrayants qu’ils auraient fait se tordre de rire le plus couard des gamins de dix ans.

Une maison à un étage censée être hantée par tous les fantômes de l’enfer et d’ailleurs, et qui portait l’inscription "Haunted House" en lettres rouges dégoulinantes au-dessus de l’entrée.



Rémi ne voulait pas, mais elle s’y attendait. Lui, il voyait cette minuscule et minable baraque foraine, comme issue d’un autre âge, et à laquelle personne ne s’intéressait. Il ne lui serait même pas venu à l’idée d’aller gaspiller son temps et quelques sous dans cet obscur taudis.

Kim voyait surtout le petit vieillard à barbichette, assis derrière la vitre, près de l’entrée, et qui avait un bref instant levé vers elle un regard triste, comme suppliant, avant de retourner à la lecture du vieux livre qu’il tenait ouvert sur la tablette du guichet, devant lui.



Rémi se demanda si son amie avait un jour pratiqué le scoutisme actif plutôt que la télévision pantouflarde.



Le petit vieillard leva à nouveau ses yeux tristes, par-dessus les lunettes rondes posées de guingois sur le bout de son nez, et regarda un instant le jeune couple immobilisé à quelques pas.



Ils s’étaient rencontrés sur le campus universitaire, quelques mois plus tôt, et avaient craqué l’un pour l’autre. Ils ne parlaient pas d’avenir à deux. Pas ouvertement, même s’ils y pensaient parfois. À vingt ans, on n’est pas pressé de se fixer. La première échéance importante était la réussite de cette année d’études. Le reste viendrait après, en son temps.



Elle déposa quelques pièces sur la tablette, et le vieil homme lui tendit deux minuscules tickets, dont il avait déchiré lui-même le talon.



Il regardait Kim en souriant et, de la main, lui indiqua l’entrée de la maison. Il avait des yeux très pâles, d’une teinte indéfinissable, et la jeune femme eut l’impression de voir au travers. Mais elle éprouva l’étrange sensation d’être observée au plus profond d’elle-même, comme si le vieillard voyait au travers des siens.

L’entrée était sombre. Kim donna les tickets à Rémi, qui les fourra distraitement en poche en regardant son amie. Elle était étrangement pâle.



Il lui tendit la main.



Elle hocha la tête, et ils s’avancèrent dans un couloir étroit, qui bifurquait à 90 degrés vers la droite. Deux ou trois pas les menèrent au centre de la petite maison, juste derrière la façade et le guichet du petit vieillard, où le couloir tournait de nouveau à angle droit, mais vers la gauche cette fois.

L’obscurité devint totale. Rémi s’arrêta.



Mais sa voix n’était pas aussi assurée qu’elle l’aurait voulu.



Il soupira.



Il avança d’un pas mais buta sur une paroi. Quelque part, très ténu, un petit rire flotta dans l’air.

Le couloir, très étroit, repartait vers la gauche. Un escalier branlant s’amorçait là. Les deux jeunes gens grimpèrent lentement les marches qui craquaient et gémissaient sous leur poids, en répandant une odeur de moisissure. Rémi sentait ses épaules frôler les parois latérales. En haut de l’escalier, une lumière éclaira soudain un squelette, derrière une vitre juste en face d’eux. Un nouveau petit rire se fit entendre.



Kim ne répondit pas. Le chemin virait à 180 degrés vers la gauche, en un couloir percé d’une fenêtre sans vitre, simple ouverture donnant sur le champ de foire, depuis le milieu de la façade de la maisonnette.

Ils restèrent là quelques secondes, humant l’air extérieur et contemplant les lumières brillantes des attractions les plus proches. Le vacarme des montagnes russes et des musiques et sonorisations leur agressa les tympans.



Rémi fronça les sourcils.



Ils reprirent la progression dans le couloir, laissant derrière eux la lueur transmise par la fenêtre. Ils trébuchèrent sur des planches articulées, s’accrochant l’un à l’autre en riant.



Ils parvinrent au bout du couloir et amorcèrent un nouveau virage à gauche à 180 degrés. L’obscurité était totale, et le plancher en pente raide. Rémi s’appuyait des deux mains aux parois du couloir, et Kim, derrière lui, s’accrochait à son blouson. À peine deux mètres, puis un sol plat. De la main, Rémi toucha un panneau, devant lui. Ils étaient cernés de parois à gauche et à droite.



On entendit soudain un petit rire. Un rire grave, lent, hoquetant. Kim sentit un frisson lui parcourir la nuque. Elle chercha et trouva la main de son compagnon. Le silence était lourd, impressionnant.



Elle s’étonna d’avoir parlé à voix basse. Rémi ricana.



Il y eut un déclic, puis un léger ronronnement. La paroi devant eux glissait latéralement. Il y eut de la lumière, provenant d’une petite pièce rectangulaire, d’à peine deux mètres de large sur quatre de long, à traverser pour atteindre une ouverture, dans le coin le plus éloigné. Kim poussa un petit cri de frayeur.



Même Rémi en fut impressionné. Le plancher de la pièce était pourri et éventré à de nombreux endroits. Des morceaux de planches manquaient, et d’en dessous filtrait une lueur d’un jaune sale, verdâtre et écœurant. Elle émanait d’une sorte de cave, sinistre et glauque, où pourrissait un monceau de cadavres d’une laideur repoussante, tous éventrés, égorgés ou aux membres arrachés, aux orbites creuses, aux langues pendantes. L’odeur de décomposition était épouvantable.

Kim et Rémi restaient immobiles, comme tétanisés par cette scène cauchemardesque.



Elle fit demi-tour, tirant Rémi derrière elle, mais le couloir en pente n’était plus là. Le plancher incliné s’était redressé verticalement, obstruant le passage.



Il revint sur ses pas.



La pièce rectangulaire était devant eux, sinistre, menaçante, horrible et pestilentielle. Le long de la paroi, le plancher était moins abîmé, laissant suffisamment de place pour y poser les pieds.



Il avança un pied, le posa sur une planche, appuya légèrement, précautionneusement, pour en éprouver la solidité.



Quelque chose n’allait pas. La planche ne répondait pas comme une planche. Rémi enleva son pied, s’accroupit et avança la main, touchant la planche.



Et il se mit à rire. Un rire nerveux, forcé, mais un rire qui soulage.



Il prit la main de Kim, l’attira vers le sol.



Rémi s’avança sur le décor.



Kim n’était pas rassurée. Rémi s’accroupit, touchant le sol des mains.



Les cadavres paraissaient vrais, à l’étage au-dessous, et l’odeur aussi.



Il tendit la main, et Kim la prit. Puis ils s’avancèrent, lentement parce que la jeune femme encore effrayée freinait la progression.

Puis, soudain, le sol bougea et la lumière disparut. Ils battirent des bras pour retrouver l’équilibre, et Kim fit un pas en arrière, lâchant la main de son compagnon en essayant de rester debout.


Une chute.

Un hurlement.

Les cadavres ! Les cadavres !

Mais il n’y a rien. Rien que l’obscurité. Un sol ferme sous ses pieds. Elle n’ose pas bouger.



Mais Rémi ne répond pas. Elle appelle. Deux fois, trois fois, de plus en plus fort. Dans l’obscurité, elle tend les bras, cherche un mur, une paroi ou son ami, mais ses doigts ne rencontrent que le vide.

Il fait chaud.

La pestilence a disparu. Un parfum étrange la remplace, subtil, envoûtant, étranger à ce qu’elle connaît.

Peu à peu, une lumière dorée l’entoure. Une sorte de fin brouillard, né de partout et de nulle part.

Et le silence.

Elle appelle à nouveau, mais à voix basse, inquiète.



Mais toujours ce silence. Elle fait un pas, et soudain hurle de frayeur. Quelque chose vient de lui frôler la tête, derrière elle. Elle pivote, mais quelque chose lui touche à nouveau les cheveux. Elle y porte les mains, pivote, regarde en haut, en bas, de tous côtés. Rien ! Rien que ses mains sur sa tête, et pourtant quelque chose l’a frôlée.

Et puis, quelque chose lui touche la cheville. Elle pousse un cri, lève le pied, mais il y a quelque chose, là, qu’elle ne voit pas. Elle se baisse, saisit sa cheville, ses doigts ne rencontrent rien que sa peau nue dans ses petites chaussures d’été. Elle se redresse. On la touche à nouveau, mais il n’y a rien. Rien ni personne.

Elle crie, veut s’enfuir dans cette lumière dorée issue de partout et de nulle part, mais ne peut accomplir plus de deux pas. Quelque chose pousse sur son ventre, sur sa poitrine, et l’empêche d’avancer. Il n’y a pourtant rien. Ses mains fendent l’air devant elle et ne rencontrent que le vide. Elle touche sa poitrine, son ventre, mais là où elle pose la main, la pression s’évanouit, se déplace ailleurs.

Quel est ce prodige ?

Elle veut avancer, mais ne le peut. Alors elle pivote, change de direction, mais deux ou trois pas plus loin, les mêmes obstacles invisibles arrêtent sa fuite.

Elle s’arrête au centre, haletante, le cœur battant jusque dans ses tempes, les narines palpitantes comme celles d’un cheval fou. Où est-elle ? Où reste donc Rémi ? Elle veut appeler, mais le cri s’étrangle dans sa gorge. La lumière dorée et le parfum étrange et inconnu l’enveloppent.

Quelque chose lui touche à nouveau la tête. Elle frémit mais reste immobile. Une main invisible lui effleure le crâne, des doigts se fraient un chemin dans ses cheveux, doucement, sans agressivité. Elle lève les mains, les pose sur sa tête, touche ses cheveux. Il n’y a rien. Rien que ses mains.

Elle se tient là, debout, les mains sur la tête, et voici qu’on lui touche les chevilles. Des mains ! Deux mains invisibles. Deux caresses sur ses jambes, des chevilles aux genoux et des genoux aux chevilles. Rien de bien méchant, mais Kim sent néanmoins les larmes baigner ses yeux.



Mais seul le silence lui répond. Sa voix s’étouffe comme dans de l’ouate.

À présent, les mains se posent partout sur elle. Des dizaines de mains qui la touchent mais qu’elle ne peut toucher, car là où ses paumes se posent, il n’y a rien que ses vêtements sur son corps, rien que ses cheveux, ses jambes…

Elle s’assied sur le sol, un sol doré, velouté mais ferme, et s’y roule en boule pour se protéger de l’inquiétant phénomène.

Les mains sont sur elle, nombreuses, caressantes, amicales et effrayantes tout à la fois.

Kim sent son corps qui se soulève, porté par les mains, alors elle se détend comme un ressort, se débat et retombe sur le sol dur, le cœur battant, le souffle court. Elle s’assied, essaie de comprendre, trouve la force d’implorer.



Mais les mains n’ont pas d’oreilles. Des doigts se posent sur sa tête, caressent ses cheveux. Kim se raidit. Cache son visage dans ses paumes, ne bouge plus.

Les doigts lui massent doucement le cuir chevelu, les tempes, la nuque. C’est doux, amical, agréable. Alors, elle découvre son visage, ravale ses larmes.



Les mains reviennent sur elle, gentilles, complices, massant sa nuque et ses épaules raidies. Alors elle se détend, se décrispe, se dit qu’elle rêve, qu’elle va s’éveiller dans son lit et que tout cela sera fini.

Le parfum est suave, la lumière chaude et apaisante, les mains amicales…

Elle ouvre les yeux, pose ses paumes au sol derrière elle et regarde ses légères chaussures quitter ses pieds et disparaître dans la lumière dorée. Des doigts pétrissent la chair, sur la plante, là où ça fait du bien. Elle aime les massages des pieds, et ces mains sont parfaites. Elles lui font ce qu’elle aime, comme elle aime, sur les pieds, la nuque et la tête.

Lui masseront-elles le dos également ? Elle y pense un instant, et des mains se posent dans son dos, près des omoplates, le long de la colonne. Quelques pressions du pouce, du bout des doigts, exactement comme elle l’imaginait quelques secondes auparavant.

Où est-elle donc ? Quel est ce prodige ?

La petite maison hantée semble si loin déjà.

Elle se laisse aller, alors les mains glissent le long de sa nuque, repoussent sa légère veste fuchsia le long de ses bras, puis se posent dans son dos comme pour lui faire un fauteuil moelleux.

Kim sent son corps se soulever lentement, quitter le sol, porté par les mains dans son dos, sous sa nuque et ses fesses, sous ses jambes nues jusqu’au haut du genou, là où s’arrête sa jupe assortie à la veste. Elle a un léger sursaut, sans plus, et évite de se débattre. Elle ne veut pas tomber et se faire mal. Sa veste s’en est allée déjà dans la lumière dorée.

Kim est à demi allongée, comme sur une chaise longue, à plus d’un mètre au-dessus du sol. Les mains la soutiennent et d’autres lui massent le dos, les pieds, la tête et les épaules, entourent ses genoux, pétrissent ses mollets. D’innombrables mains invisibles, chaudes et douces, bienfaisantes. Elle ferme les yeux, se détend et reprend peu à peu un rythme respiratoire régulier.

Des doigts se glissent sous les boutonnières de son chemisier. Les boutons se défont, l’un après l’autre, depuis l’encolure jusqu’à la taille. Kim ouvre les yeux et voit l’étoffe qui s’écarte et finit par retomber sur les côtés, pendant dans le vide mais encore collée contre son dos par les paumes qui la soutiennent. Elle voit à présent la dentelle noire de son soutien-gorge, et son ventre qui se soulève et s’abaisse au rythme de sa respiration qui s’est à nouveau accélérée.

Des doigts courent sur sa peau, effleurent son nombril, atteignent la jupe fuchsia, glissent par-dessus.

Kim voit les vaguelettes sur le tissu qui ploie souplement sous la pression des mains invisibles, puis reprend sa forme. Le phénomène la fascine. Elle devrait être effrayée, mais ne l’est plus. Elle flotte comme dans un songe. Tout cela est irréel. Irréel et excitant.

Irréel comme ces mains qu’elle ne peut voir.

Excitant comme ces doigts qui jouent sur sa peau, longeant l’ourlet de la jupe sur ses cuisses, et la ceinture sur son ventre.

Elle ne sait si elle doit serrer les jambes, tant l’envie inverse la tenaille.

Des paumes se posent sur les bonnets de son soutien-gorge, en un lent effleurement qui fait dresser les pointes de ses seins. Elles sont là, tendues et orgueilleuses, sous la fine dentelle noire, offertes à la caresse.

Des doigts longent la ceinture de la jupe, pressent légèrement la peau, et Kim se surprend à contracter le ventre pour créer entre chair et tissu ce mince espace qui permettrait aux mains de s’immiscer par-dessous. Mais elles s’éloignent, reviennent sur l’étoffe, qu’elles froissent à nouveau.

La jupe remonte sous l’action des paumes invisibles qui glissent sur les jambes de Kim. Les cuisses se dénudent, blanches sous la teinte vive du vêtement.

Le slip apparaît, fait de la même dentelle noire que le soutien-gorge.

Kim frissonne. Il fait chaud, pourtant.

Un frisson de désir et d’émotion.

Elle baisse les paupières, et la lumière dorée s’atténue, rougit à travers la fine peau.

Elle rouvre bientôt les yeux car elle veut voir autant qu’elle désire s’abandonner aux sensations de plaisir qui parcourent son corps.

Les mains caressent ses jambes, ses cuisses et sa poitrine, jouant avec le tissu de la jupe remontée sur son ventre et avec la dentelle du soutien-gorge. Des doigts dégrafent le sous-vêtement dans son dos, et sa légère pression sur sa poitrine disparaît presque entièrement.

Kim voit les bonnets de dentelle, à présent desserrés, onduler et glisser doucement dans un sens puis dans l’autre, au gré des mouvements des doigts qui lui caressent les seins au travers du tissu, pendant que d’autres jouent, plus bas, avec l’élastique de la culotte le long de son ventre.

Combien sont-elles ? Jamais autant de mains à la fois n’ont effleuré son corps !

Les caresses sont expertes, sensuelles, douces et chaudes. Elles s’attardent autour des zones les plus sensibles sans vraiment s’y poser, repartent ailleurs, alors que Kim implore peu à peu mentalement leur retour sur les points névralgiques.

Des doigts glissent le long des élastiques du slip, à la taille et aux cuisses et, soutenue par les mains, Kim écarte peu à peu les jambes. Elle voudrait que les doigts se fraient un passage sous la dentelle, contre sa peau enfiévrée, mais ils se contentent de jouer avec l’étoffe, accentuant son excitation et son impatience.

Les caresses sur ses seins se font plus précises, plus insistantes, froissant les bonnets du soutien-gorge, puis les mains s’éloignent, descendent vers sa taille, qu’elles caressent au travers de la jupe retroussée. D’autres mains lui caressent le cou et les épaules, les dégageant du chemisier, puis descendent vers la poitrine et prennent le relais de la caresse au travers de la fine dentelle.

Kim sent sa respiration s’accélérer en un rythme irrégulier, tandis que ses seins durcissent et que les mamelons se tendent sous la caresse. Elle ferme les yeux pour mieux se concentrer sur les sensations qui envahissent son corps et la font frémir de la tête aux pieds, mais les rouvre aussitôt, tant la vue de sa chair pétrie par ces mains invisibles et les mouvements des fibres textiles la fascinent.

On soulève sa jupe, bouton et tirette se relâchent, et le tissu glisse le long de ses jambes, tiré de partout. Le vêtement fuchsia disparaît à son tour dans le brouillard doré, tandis que les mains s’affairent à nouveau sur son corps.

Kim en voudrait davantage encore, alors elle cambre les reins pour mieux offrir son pubis à la caresse. Des doigts soulèvent légèrement les élastiques, se glissent par-dessous et longent les bords du slip, à la taille et aux jambes. C’est doux, sensuel et hallucinant. Est-elle en train de rêver ? Tout cela sort-il de son seul imaginaire ? Est-ce l’expression d’un fantasme absurde qui voudrait que son corps soit touché par tant de mains ?

Kim lève une main et la porte vers sa poitrine. Elle soulève elle-même la base de son soutien-gorge et remonte les bonnets par-dessus ses seins, qui sont maintenant nus et entièrement offerts.

Les doigts s’insinuent de manière plus insistante sous la dentelle noire de sa petite culotte, qu’elle voit se soulever sur son ventre. Elle redresse la tête pour mieux regarder, alors les mains la soutiennent derrière la nuque et dans le dos, l’installant à demi couchée comme dans un fauteuil relax.

Les caresses insistent sur son ventre et ses seins, pétrissant la chair, caressant les tétons gonflés.

Des doigts touchent à présent son pubis, jouent avec les poils sous le slip qui se soulève au gré des mouvements de ces membres invisibles, tandis que d’autres longent les élastiques de l’entrejambes, passant tour à tour dessous et dessus, écartant l’étoffe et la dentelle ou la repoussant sur la peau.

Kim voudrait voir disparaître les sous-vêtements et le chemisier ouvert qui la séparent encore du contact franc et total, mais ces choses qui l’assaillent avec tant de sensuelle douceur retardent sans cesse cette brûlante échéance. Elle pense avec force à la fièvre qui l’envahit, essayant de communiquer ses désirs les plus torrides, de diriger ces mains là où elle voudrait sentir leur contact.

Des doigts écartent le mince vêtement le long de l’entrejambes, dégagent les lèvres humides et les frôlent un instant, arrachant à la jeune femme un frisson de plaisir et de désir. Puis le vêtement reprend sa place, et les doigts courent sur le corps de Kim.

Elle a renoncé à compter les mains. Il en vient de partout, douces et aimantes, attentionnées et sensuelles.

Une odeur chaude et épicée atteint soudain les narines de Kim. Son parfum de femme, véhiculé par les doigts qui se sont aventurés aux abords de son sexe humide, et qui lui touchent à présent le visage, tandis que d’autres prennent le relais sur ses seins dénudés ou dans la région pubienne.

Enfin, le slip glisse doucement sur les cuisses tremblantes de la jeune femme, atteint ses genoux, puis ses chevilles, tiré de mains en mains jusqu’à disparaître bientôt au-delà du brouillard doré, après un ultime frôlement sur les orteils aux ongles vernis.

Un déluge de sensations s’empare alors du corps offert à la magie de ces mains sans bras, sans corps, sans rien, qui massent le cuir chevelu, pétrissent les chairs, caressent la peau.

L’odeur corporelle se fait plus nette, plus prenante, à mesure que les doigts glissent et courent sur et autour du sexe en feu, s’imprégnant de la mouille de plus en plus abondante qui commence à s’en échapper et à humidifier la raie des fesses, se mêlant à la sueur suintant ici et là.

Kim finit par fermer les yeux, toute à l’intensité de ce qu’elle ressent.

Des mains sont autour de sa taille, de ses seins, de ses cuisses. Des doigts se sont frayé un chemin dans son intimité, cherchant les zones les plus sensibles dans de petits bruits mouillés, taquinant au passage le bourgeon gorgé de sang, tandis que d’autres caressent ses lèvres entrouvertes, s’insinuent dans sa bouche pour se laisser mordiller par des incisives de plus en plus gourmandes.

Kim pose une main sur son ventre, et la sensation à cet endroit disparaît, remplacée par une autre, née de sa paume sur sa propre chair. Ce n’est pas la même chose, alors vite elle l’enlève. Elle se laisse aller.

Elle cambre les reins, gémit, se laisse écarteler par ces multiples mains invisibles qui lui procurent un plaisir comme elle n’en a jamais connu.

La tête renversée vers l’arrière, la bouche ouverte sur des cris de plaisir mêlés de halètements rauques, Kim sent en elle monter l’orgasme.

De la tête aux pieds, du bout des seins au plus profond de son ventre, son corps n’est plus qu’une immense jouissance. Alors elle se tord, crie, hurle son plaisir, tandis que des spasmes électrisent sa chair, que de longues pulsations parcourent chacune de ses fibres, intenses, interminables.

Quand enfin l’ouragan s’éloigne, quand son souffle rauque s’apaise, Kim sent encore sur elle la douce caresse de ces multiples mains. Un massage lent et relaxant, qui aide son corps à se détendre.

Peu à peu, la lumière dorée s’atténue.

On lui remet ses vêtements, ses chaussures.

Les mains la soutiennent, la redressent, ses pieds se posent sur le sol.

À ce moment, la lumière s’éteint brutalement et les mains retournent au néant.

Kim hurle, bat des bras en tentant de conserver son équilibre, mais se retrouve les fesses au sol, une main appuyée derrière elle.

On accroche son poignet.



On l’aide à se redresser. Elle est debout, criant toujours.



Rémi serra Kim dans ses bras, pour l’apaiser.



Kim n’en croyait pas ses oreilles !



Kim frémit. Elle sentait encore rétrospectivement sur sa peau la caresse des multiples mains. Oui, c’était inimaginable.



Kim ne répondit pas. Elle tremblait dans les bras de son ami. Avait-elle rêvé ? Fallait-il appeler ça un rêve ou un cauchemar ? Une hallucination, peut-être ?



Il n’en avança pas moins prudemment dans le couloir qui s’amorçait au fond de la pièce truquée, en tournant à 180°. Le sol était parsemé de dalles branlantes, aux bords phosphorescents.

Kim suivait son ami en lui serrant le bras et la main. Elle se taisait.

Le couloir décrivit encore deux tournants à droite et à gauche, et ils atteignirent une porte, derrière laquelle leur parvenaient les bruits de la kermesse. Sous le battant s’insinuait un pinceau de lumière artificielle.

Rémi poussa le battant, et ils sortirent de la maison.

L’air frais du dehors, la musique et le bruit leur parurent un havre de paix.

Derrière eux, la porte se referma avec un claquement.

Ils restèrent là quelques secondes, hagards et tremblants, serrés l’un contre l’autre.

Des gens passaient sans les regarder, parlant et riant, et l’air charriait une odeur de beignets aux pommes.

Ils regardèrent derrière eux.

Aucune lumière ne brillait sur et dans la "Haunted House" minable. Le guichet était sombre et vide, la porte de sortie, à droite, s’était refermée derrière eux et ne portait pas de poignée. À gauche, le panneau permettant de fermer l’entrée avait été rabattu et fermé à l’aide de deux cadenas.

Le petit vieillard brillait par son absence.



Kim ne disait rien. Elle était pâle et tremblante, et son ami s’en aperçut.



Il passa affectueusement le bras autour des épaules de Kim.



Elle hocha la tête. Elle revivait mentalement ce qui s’était passé, et son corps était parcouru de frémissements.

« Deux ou trois secondes », avait dit Rémi.

Kim savait que les rêves paraissent généralement longs en regard de leur durée réelle, mais ce qu’elle avait vécu et ressenti en quelques secondes dépassait l’entendement.

Elle se mit en marche, tenant Rémi par la taille, en essayant de maîtriser les frissons qui lui parcouraient le corps, exactement comme si elle venait tout juste de jouir violemment. Son cœur battait toujours de manière désordonnée, et elle peinait à reprendre un rythme respiratoire normal.

Et soudain, elle se raidit, en proie à un émoi incontrôlable.

Dans la fraîcheur de l’air du soir, elle venait de faire une troublante constatation : elle ne portait plus de petite culotte.





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