Notation public
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n° 12105Alphecar19/12/07
À nos corps défendants
critères:  fh complexe pénétratio -humour
24118 caractères      
Auteur : Alphecar



À cela je n’ai pas grand-chose à répondre. C’est vrai que nous nous sommes vus pour la première fois dans un parc quelques jours auparavant et une autre fois chez moi, une semaine plus tard, lorsque je l’ai invitée à dîner. Cet après-midi, quand elle m’a appelé, je m’attendais à ce qu’elle me propose d’aller voir un film ensemble, mais elle m’a juste dit :



La première soirée passée ensemble, l’autre jour, n’a pas été un succès éclatant. Évidemment, le résultat se juge sur les objectifs qu’on s’est fixés, et à cette aune, ça n’avait pas été une catastrophe, car je n’avais pas spécialement envie de sauter sur Isabelle ce soir-là.

Lors de notre premier rendez-vous à l’extérieur, après quelques mails échangés, je suis rapidement passé devant cette femme d’apparence plutôt insignifiante, encore jeune, engoncée dans un gros manteau à capuche, qui attendait à l’entrée du parc. J’avais l’impression qu’elle était là pour contrôler les billets. Après quelques minutes je me suis rendu à l’évidence : nous étions deux à attendre, la gardienne du parc et moi. Il fallait que ce soit elle, Isabelle, ou bien qu’Isabelle m’ait posé un lapin.


C’était bien elle. Donc pas de lapin, c’était déjà ça.


Nous avons discuté à bâtons rompus pendant près de deux heures, avant de nous séparer en nous promettant de nous revoir rapidement et en me promettant pour ma part, en mon for intérieur, de ne jamais mettre ce projet à exécution.


Des yeux très clairs qui ne suffisent pas à animer un visage banal, sous des cheveux clairs ramenés en une petite couette sous la nuque. Une taille moyenne, une silhouette ordinaire, avec des fesses plutôt basses et une poitrine à peine marquée… Elle ne doit pas laisser aux hommes une forte impression dans son sillage. Tout dans son comportement, dans le choix de ses habits, dans le soin (minimal) apporté à se maquiller laisse par ailleurs soupçonner qu’elle a baissé les bras et renoncé à séduire.


Cette femme, à mon avis, n’a pas fait l’amour depuis que son mari, il y a quelques années, l’a quittée. Et, toujours à mon humble avis, ça ne lui manque pas du tout.


Je suis pourtant surpris de ce qu’elle vient de m’annoncer, car ce refus de m’accueillir chez elle, quand je ne lui ai rien demandé, est entre nous le premier échange à caractère un tant soit peu sexuel, si j’ose dire. Ses propos laissent en effet supposer qu’elle a détecté chez moi un potentiel libidineux qui, pourtant, en ce qui la concerne, affiche un bon zéro volt au multimètre. Comme je suis un gentil garçon, je ne me formalise pas.



On l’a déjà fait, et comme je l’ai déjà dit, ça s’est bien passé – et même très bien du point de vue d’une femme qui craint par-dessus tout qu’on lui fasse subir les derniers outrages, puisque je n’ai même pas fait mine de lui toucher la main et que je n’ai pas eu à lutter contre d’irrépressibles pulsions pour bien me tenir.



Je commence à ce stade à sentir une légère migraine me picoter les tempes. La cohérence est une qualité que je sais reconnaître et que j’apprécie.



Je me retiens de faire une remarque sur le romantisme de la proposition, jugeant qu’il est un peu tôt pour faire étalage de mes dispositions caustiques, et j’acquiesce. Nous nous donnons rendez-vous pour une heure plus tard, soit à 20 h 30.


*****


À cette heure-ci, le parking est désert et l’ambiance de cette soirée d’hiver est plutôt sinistre. Isabelle est dans ma voiture, à mes côtés, et nous sommes tous les deux songeurs. Elle est d’humeur moins loquace que l’autre fois. Moi, je suis exactement de la même humeur, c’est-à-dire peu loquace. Je suis en train de me demander (sans crainte, juste avec une pointe de curiosité) comment vont bien pouvoir tourner les événements car, bon sang, si je devais faire un pronostic et parier toute ma fortune (c’est-à-dire mon unique costume Armani) dessus, je serais bien en peine de choisir : est-ce que nous nous embrasserons ce soir ou bien est-ce que nous nous quitterons sans aucun autre attouchement que la bonne vieille double bise sur la joue asexuée qu’on s’est faite au début de chacune de nos rencontres (et même pas à l’issue, d’ailleurs) ?


Isabelle a déployé tellement d’efforts pour m’expliquer pourquoi elle ne me fait pas rentrer chez elle, alors que je n’ai même énoncé aucun regret qu’elle ne m’y invite pas, que je commence à me demander si elle ne voudrait pas, par hasard, que j’insiste quand même, ne serait-ce que pour la forme.



Et pour lui montrer que je ne lui tiens pas rigueur de sa rigueur, je lui prends la main, pour la première fois. J’ai peur un instant qu’elle la reprenne, parce qu’elle a tressauté légèrement, mais elle me la laisse. Elle ne dit plus rien, et je lui presse doucement les doigts dans ma paume. Je la sens un peu émue et je voudrais juste lui dire que je l’aime bien avant de la raccompagner devant chez elle et de la laisser, mais à son tour, elle glisse ses doigts entre les miens. Sa main est douce et chaude, je suis agréablement surpris.



On a l’impression qu’elle m’octroie une faveur pour laquelle je l’aurais suppliée. C’est peut-être ainsi qu’elle a traduit mon pressage et caressage de main, après tout ? La séquence des événements le laisse supposer, mais je n’en suis pas si certain. Peut-être a-t-elle plutôt attendu de voir si j’accueillais sereinement sa rebuffade et a-t-elle interprété favorablement mon équanimité. C’est vrai que je suis équanime, d’ailleurs on me le dit souvent (« Toi, tu es drôlement équanime ».)



Je ne sais pas si elle est sûre pour pas longtemps ou bien si elle me renouvelle sa mise en garde. J’opte pour la deuxième solution en me disant que je dois avoir l’air plus lubrique que je ne le soupçonnais, et je démarre.


*****


Elle habitait juste à côté, toute seule dans une grande maison un peu triste qui, on est désolé de devoir le dire, lui ressemble un peu.

Nous sommes dans le canapé du séjour et a priori nous n’y sommes que pour 10 minutes. Elles vont me paraître longues car, après quelques commentaires sur son intérieur et quelques réponses rapides à mes questions polies, Isabelle a maintenant tout à fait perdu sa langue et se contente de regarder nos mains. Je lui ai pris à nouveau la sienne car, ma foi, il faut bien s’occuper.


Je suis embarrassé, car je ne sais décidément pas quoi faire. Elle a l’air susceptible, donc je suis plutôt enclin à rester sage, mais d’un autre côté, ne risque-t-elle pas de se formaliser de ce que je n’exprime aucun désir pour elle ? Parce qu’après tout, quand deux personnes de sexe opposé font connaissance sur un site de rencontres hétéro et finissent par se rencontrer, le batifolage n’est-il pas une issue prévisible et souhaitable du point de vue des deux partenaires, avant davantage si affinités décisives ?


Ce sont ces réflexions qui me traversent l’esprit tandis que j’examine le corps d’Isabelle à la dérobée. Rien n’est repoussant chez elle, mais rien n’est spécialement attrayant non plus. Peut-être un peu, tout de même, cette réticence à s’abandonner… Serait-ce un calcul ? Ses pieds sont trop larges pour une femme, je l’ai vu tout de suite. Ses mains aussi sont un peu larges, comme ses épaules d’ailleurs. Pour le reste, elle est plutôt frêle, si ce n’est au niveau du bassin, lui aussi un peu trop large, et du fessier, un peu bas comme je l’ai déjà souligné, et que deux maternités ont un peu épanoui, sans excès toutefois.


Je ne peux m’empêcher de me demander comment ce serait de faire l’amour avec elle, si elle est démonstrative, si elle parle, si elle est directive, si elle a l’air sérieuse (pour ce dernier point, j’en suis sûr, à la réflexion).


J’hésite à l’embrasser, car je ne parviens pas à prévisualiser la situation, tellement Isabelle me semble faire partie de cette catégorie de femmes qui n’embrassent pas les hommes et que les hommes, d’ailleurs, n’embrassent pas. Mais c’est justement cette particularité qui rend ma curiosité mordante et, m’approchant encore un peu d’elle, je glisse une main sur son épaule et j’approche mon visage du sien.


Si elle fait un mouvement de recul, j’arrête tout immédiatement.


Mais rien de tel ne se produit, et c’est tout naturellement que nos lèvres finissent par se toucher, comme si elle n’avait attendu que ça (j’en doute cependant, et je crois au contraire que je viens de la renforcer dans ses convictions que les hommes n’en ont qu’après la vertu des femmes). Ne voulant pas pousser mon avantage à l’excès, je l’embrasse dans le cou, et la serre dans mes bras. Si elle le souhaite, tout ça peut n’être, encore, qu’un petit accès de tendresse, avant de se séparer.


Sans délirer d’enthousiasme, elle ne semble pas pressée de mettre un terme à la tendresse, cependant, et finalement, moi non plus. J’ai bien aimé le contact souple de ses lèvres et je voudrais le sentir de nouveau. Je sens son nez me caresser le cou, c’est agréable et plutôt inattendu, car nous sortons là du registre de la tendresse pure pour commencer à toucher aux limites du coquin. Je dépose de délicats baisers dans son cou puis sur sa joue, pour revenir enfin à ses lèvres. J’espère que cette fois-ci elles vont pouvoir s’ouvrir. Pour l’encourager à le faire, je prends sa lèvre supérieure entre les miennes et je glisse une langue contre ses lèvres. J’ai la très agréable surprise de sentir qu’aussitôt celles-ci s’ouvrent et laissent une langue douce et agile venir à la rencontre de la mienne.


Je suis en train d’embrasser une femme pour laquelle je n’avais aucun désir il y a encore quelques minutes et je m’en étonne moi-même. Ce qui rend la chose particulièrement excitante, c’est qu’Isabelle n’est visiblement pas dans son élément. Non qu’elle embrasse mal - ça non, car elle semble y mettre son cœur et y trouver beaucoup de plaisir, si j’en juge à l’activité de sa langue contre la mienne, désormais – mais elle a l’air très empruntée, jusque dans sa façon d’ôter ses lunettes, ne sachant pas quels gestes faire, quelle position adopter et ne sachant plus trop quoi dire.


Au bout de cinq minutes très agréables (j’ai du mal à me faire à cette idée, tellement le concept même de plaisir et cette femme ont l’air éloignés l’un de l’autre, mais je dois me rendre à l’évidence – à sa façon, elle est terriblement sexy), je lui annonce que les dix minutes octroyées étant écoulées, je vais devoir bientôt partir.


Elle me répond que oui. Si j’avais espéré que nos baisers presque fougueux l’aient fait changer d’avis, j’en suis pour mes frais.


Je la serre à nouveau dans mes bras, en me disant que c’est peut-être la dernière fois, car des phénomènes aussi étranges que cette fille en train de tourner sa langue contre la mienne – ou contre celle de qui que ce soit, au demeurant - m’ont l’air du même ordre que celui d’une éclipse de soleil totale : plutôt exceptionnels.


Quelque chose d’encore plus curieux se produit alors : je sens ses mains se faire plus audacieuses et parcourir ma poitrine. Du coup, je laisse les miennes s’aventurer un peu plus. Sur son dos, puis sur ses reins. Sur ses épaules, puis, de ses épaules, sur sa poitrine. Dans l’échancrure de son chemisier par laquelle je jette un regard, je ne vois encore rien. Lorsque ma main glisse sur son sein, elle dit doucement « Non » et je n’insiste pas. Je ne suis pas contrarié car elle l’a dit avec beaucoup de douceur, presque comme à regret, et comme elle s’exprime d’ordinaire de façon plutôt abrupte, je me dis que j’y reviendrai un peu plus tard.



Que sont devenues les dix minutes un peu plus tôt mentionnées ? Je préfère ne pas être celui qui prendra la responsabilité d’évoquer de nouveau ce sujet le premier, alors je fais mine d’avoir oublié ce que j’ai dit à peine deux minutes plus tôt.



Cette réponse alambiquée ne la satisfait qu’à moitié, je le sens, et ce n’est pas qu’à cause de la syntaxe bancale.



Je choisis le mensonge effronté, avec tout l’aplomb dont je suis capable (bien que piètre menteur, j’en suis capable quand les circonstances l’exigent et qu’il n’y a pas trop de lumière.)



Je suis en train de penser, au contraire, au moyen de faire en sorte qu’elle enlève son chemisier et son soutien-gorge, car il commence à me tarder de découvrir ses petits seins.


Pour effacer l’impression plutôt fraîche laissée entre nous par ses propos les plus récents, je l’embrasse à nouveau et je la sens participer bien volontiers au baiser. Ses mains remontent maintenant dans mes cheveux et les miennes viennent envelopper ses joues. Elle n’ose pas trop longtemps laisser son regard s’attarder et se perdre dans le mien, comme si elle avait honte de ce qui était en train de se passer.


Et puis, tout à coup, elle s’empare de mon index et le glisse dans sa bouche. Elle y applique sa langue et le suce avec lenteur et application. C’est tellement improbable et tellement osé de sa part, que j’en ai comme un léger vertige d’excitation et que je commence à sentir une gêne au niveau supérieur de mon pantalon.


Tout aussi improbable, elle défait maintenant les premiers boutons de ma chemise. Je lui défais en retour les siens et vois enfin son soutien-gorge et sa poitrine. Elle est petite et je crois que c’est pour cela qu’elle ne voulait pas que je laisse trop longtemps mes mains dessus, il y a quelques instants à peine. Elle doit croire que ça me déplaît – et elle a tort.


Tous les boutons de nos chemises sont désormais ôtés et Isabelle me caresse la poitrine, avant de déposer ses lèvres dessus. Lorsqu’elle me prend par la main et me dit : « Viens, on sera mieux dans la chambre », je commence à me dire que rarement il m’aura été donné de constater, dans mes relations avec l’autre sexe, un aussi cinglant démenti infligé par les actes au discours.


*****


La chambre est très soignée, j’ai eu le temps de le remarquer avant de me glisser sous les draps avec Isabelle. Réglant mon comportement sur le sien, j’ai enlevé chaussures, chaussettes et pantalon, mais gardé tout le reste, y compris la chemise déboutonnée.


L’un contre l’autre, sur le côté, nous nous embrassons. Elle me fait comprendre par ses efforts que je dois enlever ma chemise et ses mains caressent maintenant tout le haut de mon corps, activement, mais avec légèreté, sans précipitation. Je lui demande d’enlever son chemisier, ce qu’elle fait. Je passe les mains dans son dos pour dégrafer au jugé son soutien-gorge mais elle m’arrête, avant d’éteindre la lampe de chevet. Aussitôt, elle enlève elle-même le dernier tissu qui protégeait ses seins de mes regards. Mais la pénombre les protège encore, en tout cas, jusqu’à ce que mes yeux s’habituent. Ses seins sont en effet petits, mais je vois que les mamelons sont tendus. La situation est complètement surréaliste : j’ai l’impression de redevenir tout petit et de découvrir mon institutrice nue. C’est comme l’assouvissement d’un plaisir défendu.


Isabelle ne prononce toujours pas un mot et je commence à me demander jusqu’où peut aller ma tendresse. J’ai maintenant envie de lui laisser exprimer toute sa créativité, mais je voudrais bien connaître les intentions de ma partenaire. Pour en avoir le cœur un peu plus net, je commence à embrasser différents endroits de son corps, en commençant par les épaules et en essayant de m’approcher des seins, qui ont l’air d’une zone interdite.


N’y tenant plus, je soulève l’un d’entre eux avec la main et je l’attire à mes lèvres. Son premier mouvement est pour refuser et je l’entends dire un non très faible, mais sans plus de résistance, elle laisse son mamelon aux caresses de mes doigts et, très vite, à celles de ma bouche. C’est alors que, pour la première fois de la soirée, tout bas, elle fait part oralement de sa satisfaction.



Je me sens encouragé, et lui dis, car c’est un sentiment que j’aime bien partager, que j’ai envie d’elle. Elle m’embrasse à nouveau, sans rien dire, ce qui fait que je ne sais plus trop sur quel pied danser. Après un bref instant de ce qui a dû être de la réflexion, elle s’écarte un peu et je l’entends, plus que je ne la vois, enlever sa culotte.


Je vais sans doute voir son sexe et j’ai du mal à y croire. Je l’imagine avec une chatte assez bien pourvue sur le plan pileux, vu qu’elle n’est pas du genre à l’avoir rasée en prévision d’une nuit avec un homme. Mais après ce geste prometteur, elle m’annonce :



Nonobstant le fait qu’il ne s’agit pas du premier soir (mais je ne suis pas d’humeur ergoteuse, de toute façon), je trouve un peu inconsidéré de sa part de nous avoir entraîné là où nous sommes pour me faire maintenant cette tendre et émouvante, quoiqu’un peu tardive, déclaration, mais je me garde bien de le lui dire et lui promets, une nouvelle fois, que tout se passera ainsi qu’elle le souhaite.


Nous reprenons nos caresses, mais je choisis de garder mon slip, car je me dis que finalement, elle ne préfère pas que nous allions plus loin. Encore une fois je me trompe car, nouvelle surprise, je sens bientôt ses mains glisser sur mes hanches et pousser l’élastique de ma petite culotte vers le bas. Elle la baisse jusqu’à mes genoux et me laisse me charger du reste, ce qui est plus simple pour tout le monde.


Nous sommes maintenant nus l’un face à l’autre et nous n’allons donc pas, conformément au choix d’Isabelle, faire l’amour. Elle doit sentir mon sexe contre son ventre et je sens en tout cas pour ma part très bien les poils de sa chatte à un endroit où il m’est particulièrement agréable de les sentir.



Je me demande si ça l’est pour elle.



Enfin… Je crois savoir. Je trouve ça déconcertant, pour le moins, mais j’essaie d’imaginer.



Et aussitôt elle joint le geste à la parole en saisissant timidement mon sexe entre deux de ses doigts, puis très rapidement, dans sa paume entière. Elle est plus gentille et douce que je ne le pensais, finalement. Et généreuse, aussi.



Moi aussi, je peux être ferme, et je veux le lui montrer. De surcroît, ce n’est pas ce que j’ai envie que nous fassions.


Pour la peine, je m’autorise à lui embrasser les seins, constatant à nouveau combien cet endroit de son corps est sensible. Par des petits coups de langue sur les mamelons, je lui arrache quelques sons presque inaudibles comme « Chhhhh… » puis « Non », puis, en un peu plus prolongé :



J’ai maintenant envie de descendre plus bas, mais je me demande si l’opération s’inscrit dans ce qu’il convient d’appeler, à ses yeux, « faire l’amour ». Dans ce cas, il vaudrait mieux que je m’abstienne. De fait, alors que ma bouche est parvenue à la hauteur de son nombril, où j’ai pu glisser ma langue, ses mains me pressent de remonter, et elle me dit à nouveau « Non ». C’est un mot qu’elle affectionne, manifestement, et je commence à m’interroger sur son sens profond, car j’aime aller au fond des choses. D’habitude, les négations me congèlent, mais là, l’effet semble inverse, sans que j’aie pu encore en analyser la raison.


Peut-être, après tout, est-il temps de se laisser aller à la tendresse. D’ailleurs Isabelle se met sur le côté, me tourne le dos tout en se pressant contre moi. Je la serre doucement sur mon ventre, ma main gauche reposant sur sa poitrine. Je sens la raie de ses fesses contre mon sexe et je commence à être terriblement excité, mais je ne bouge pas. Je les sens pourtant, maintenant, monter et descendre, et se frotter à mon pénis furieusement dressé. Je m’empresse de faire savoir à Isabelle que je sens bien ce qu’elle est en train de faire et que, pour autant que j’apprécie l’effort, il ne contribue pas décisivement à faire baisser la température ambiante.



Je n’ai pas le temps de finir ma phrase que ses fesses remontent un peu, se pressent un peu plus contre mon abdomen et puis, aussitôt, redescendent sur mon sexe. Je sens au bout de celui-ci une région un peu plus humide, frisée et chaude… et je m’enfonce très légèrement. Isabelle émet un gémissement presque inaudible, avant de dire non une vingtième fois, et de se retourner vers moi.



Je dois avoir l’air un peu dépité, alors elle me fait un baiser plus passionné que les précédents et se serre contre moi. Nous ne bougeons plus pendant quelques instants et je finis par apprécier la tendresse, tout bien considéré.


Et puis, alors que je ne m’y attendais pas du tout, d’un mouvement énergique, elle roule sur le dos et m’attire sur elle. Je sens ses cuisses s’écarter et ses genoux remonter. Ses cuisses sont un peu fortes à mon goût, mais très douces. Et je sais parfaitement comment interpréter leur nouvelle position.



J’hésite encore un peu et, le cœur battant à 120 pulsations/minute, je descends un peu de façon à ce que l’extrémité de ma queue soit en contact avec la vulve d’Isabelle, que je sens bien lubrifiée et dans laquelle je vais très bientôt m’enfoncer.



Alors, très doucement, je la pénètre.



Mon sexe coulisse sans peine, dans un milieu délicieusement inconnu et nouveau, très agréablement étroit. Une ride de concentration traverse le front d’Isabelle, dont les yeux sont maintenant fermés et la bouche au contraire légèrement ouverte. Je me revois en début de soirée, dans la voiture, en train de me dire que nous allons nous dire au revoir sans nous être dit rien d’important, et l’abîme entre cette réflexion d’alors et ce qui est en train de se passer maintenant me semble vertigineux.


De mes mains passées sous ses fesses et de mes épaules, j’encourage Isabelle à monter encore un peu plus ses genoux pour que je puisse la pénétrer plus profondément.


Et puis je commence à m’activer, doucement, régulièrement, puis avec quelques changements de rythme aléatoires, en essayant de rester attentif à ses petits gémissements, plutôt rares, mais qui me donnent de bonnes indications.


Je pense qu’elle n’a pas dû connaître d’orgasme depuis très longtemps, mais ce soir, je vais tout mettre en œuvre pour la faire jouir, d’abord parce qu’elle le mérite, ensuite parce que j’ai le pressentiment qu’elle me fera connaître alors un plaisir au départ insoupçonnable. J’ai tout mon temps. Et tandis que je l’observe, tandis que j’essaie de me concentrer sur la sensation merveilleuse de ses lèvres vaginales en train de happer et d’enserrer mon sexe, de mon bassin qui heurte ses fesses généreuses avec un petit bruit flasque, tout en me disant qu’avec Isabelle, nous sommes en train de baiser sévèrement et que c’est extraordinaire, je réalise à quel point ce que je suis en train de faire était, ce matin seulement, hors de portée de toute prévision raisonnable.


En tout cas, de ma part. De la sienne, après tout… Je l’ignore.






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Erotisme torride

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