Notation public
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n° 12106OlivierK20/12/07
Austerlitz, voie 16
critères:  fh extracon train voir exhib strip fellation cunnilingu fdanus fsodo journal lettre -journal -extraconj -train
26574 caractères      
Auteur : OlivierK

Le type était en costume et cravate. Moi, j’avais mis la mienne dans ma poche en quittant la salle de réunion. Il était indigné et criait fort.



Le cheminot n’a pas répondu. Une femme l’a fait à sa place :



Le personnage a quitté la gare en maugréant. La petite dame s’est assise sur un banc et a sorti un livre de son cartable. Je venais de téléphoner à Brigitte. Julien occupait encore sa fac, Delphine avait pris sa journée pour garder ses gosses à cause de la grève des enseignants.



Je me suis assis sur le banc de la petite dame. J’aurais aimé lui parler. Je n’avais aucunement le coeur à la bagatelle, pourtant, ma vie est bien assez encombrée comme cela. Mais c’était une femme, et j’aime les femmes. Je venais de revoir Martine. Avoir été si proches et être devenus à ce point des étrangers l’un pour l’autre ! Une amabilité de surface, Ça va, toi ? Mais oui, et toi ? Dire que j’ai failli quitter Brigitte pour elle, il y a quatre ans ! À Orléans, j’ai Chantal. Son mari doit bien s’en douter. Brigitte aussi, bien sûr, mais elle fait comme si.


Delphine a refusé de me donner son numéro de téléphone. Car elle se prénomme Delphine. Elle vient d’avoir un TGV pour Nîmes et je ne la reverrai plus jamais, à moins d’un miracle. Elle m’a dit d’être raisonnable, que c’était mieux comme ça, ses lèvres contre les miennes, son bas-ventre collé contre le mien, pour la dernière fois. Pour la dernière fois !


Je devrais avoir un train en fin de matinée. Je suis dans un bistrot en face de la gare de Lyon, j’écris pour revivre cette nuit à nulle autre pareille. Quel lyrisme ridicule ! J’en suis conscient, je me complais dans une souffrance qu’un verre de rhum suffirait à faire disparaître, mais c’est une tasse de thé qui est sur ma table, à côté de ce notebook, mon confident. Un fichier de plus, que j’écraserai un jour, comme tant d’autres, en haussant les épaules.


Delphine est en train de doucement m’oublier, dans ce train qui fonce vers le sud. Elle avait un pantalon noir et une veste grise. Une vieille serviette de cuir. Je la voyais bien institutrice, je me trompais. Elle travaille dans une banque, elle place des assurances sur la vie, ou sur la mort. Elle doit en voir, du monde. En avoir, des occasions…


Elle a refermé son livre et elle m’a regardé.



Elle avait une voix fluette et de jolies dents. Une fossette au menton. Elle est allée dans les toilettes des dames et en est revenue sans se presser, sa veste ouverte sur un chemisier blanc. J’ai pensé qu’elle devait avoir des seins plutôt petits, mais que j’aurais aimé les voir et les caresser, des mains et des lèvres. Ses cuisses écartaient les pans de sa veste. Son pantalon moulait étroitement son mont de Vénus. Quand j’ai levé les yeux vers son visage j’y ai vu comme un léger sourire d’ironie. J’ai posé la main sur son livre.



C’est à cause de ce mot-là : thèse, que j’ai pensé qu’elle était enseignante. Pour l’empêcher de s’isoler à nouveau dans sa lecture, je lui ai demandé si elle connaissait le haut plateau ardéchois. Elle m’a répondu qu’elle y passait parfois en voiture, mais qu’elle ne s’y était jamais arrêtée. Le film d’Autant-Lara ? Oui, naturellement elle l’avait vu à la télé.


C’est à ce moment-là que le jeune guichetier qu’elle avait protégé de la colère du voyageur irascible s’est approché de nous.



J’ai proposé de porter sa serviette.



Je ne voulais pas qu’elle me quitte. Boulevard Diderot, les voitures roulaient au pas. Il y avait quelques clochards à l’angle du pont d’Austerlitz, comme toujours. La Seine charriait une eau noire. Une péniche était éclairée, au loin. Et Bercy. Nous marchions côte à côte. J’aurais aimé parler, mais je ne trouvais rien à dire.


Les gares sont tristes, mais aucune ne l’est plus qu’Austerlitz. La cour intérieure était sinistre, tout était désert. Impossible de rencontrer ce Marcel. Le panneau des départs était éteint. Des affiches mensongères proclamaient que partir était simple. Il y avait un vieil homme qui sommeillait, la bouche entrouverte, le dos mal calé contre le dossier de son banc.



J’ai tenté de la faire rire et n’y ai réussi qu’à moitié. Comme elle semblait soucieuse, je lui ai demandé si quelqu’un l’attendait à Nîmes. Ma question l’a amusée :



Je lui donnais quarante ans. Des enfants déjà grands, donc, si elle en avait. Il aurait été peut-être maladroit de lui en parler. Un mari, un amant ? Je n’allais pas poser la question non plus. Nous avons parlé cinéma, puis un peu politique. Je lui ai dit que mon fils occupait sa fac.



J’ai abondé dans son sens, naturellement. Elle me plaisait bien. Elle a tenu à payer la moitié de la note, je n’ai pas osé insister pour tout régler moi-même. J’avais bu plus de vin qu’elle, mais elle avait pris un café. Elle a dit que nous étions à égalité.


Dans la gare, il y avait de la lumière dans un local situé derrière le guichet du centre d’accueil. J’ai dit à voix haute qu’il fallait nous excuser, mais que nous cherchions un certain Marcel, de la part de Thierry. Un homme barbu est sorti.



Devant mon air intrigué, il a expliqué qu’il y avait un train accueil, pour atténuer les conséquences de la grève sur les clients de l’entreprise, voie 16. Une rame chauffée et sécurisée.



Celui-ci nous a précédés dans le train et nous a conduits devant un compartiment de première classe en affirmant que nous y serions seuls.



J’aurais voulu prendre cette femme dans mes bras, tout de suite, mais ça ne se fait pas, évidemment. Sur chaque couchette il y avait, sous plastique, un oreiller et une couverture. Elle m’a dit de poser sa serviette sur la couchette supérieure, à gauche. Elle voulait donc coucher en bas. J’ai pris celle du haut, en face, pour la voir, en espérant qu’il se passerait quelque chose et que, peut-être, il me serait possible de la rejoindre dans le courant de la nuit. Mais ce devait être une femme sérieuse, elle m’intimidait.


La rame était silencieuse. J’ai pris ma trousse de toilette. Au bout du wagon, je me suis lavé les dents, j’ai passé sous mes aisselles un coin de serviette humide et je me suis nettoyé le sexe, soigneusement, à tout hasard mais sans trop y croire. Elle attendait mon retour pour me remplacer là-bas. Elle avait enlevé sa veste, elle a sorti de sa sacoche un paquet de mouchoirs en papier, mais pas de tampon. C’est déjà ça, ai-je pensé.


Quand elle est revenue, j’étais assis sur ma couchette, les bras autour de mes genoux relevés. Je ne m’étais pas déshabillé.



Elle était éclairée quand même, mais faiblement, par la veilleuse bleuâtre. Elle a enlevé son chemisier. Son soutien-gorge était blanc. Elle l’a ôté bien calmement. Mes yeux s’étant habitués à cette obscure clarté, comme dit l’autre, j’ai entrevu ses seins, pas très gros mais bien galbés, des seins de jeune fille. Elle s’est penchée pour enlever ses mocassins, s’est débarrassée de son pantalon et de ses chaussettes. Des socquettes, plutôt. Piquées à son mari ?


Elle me tournait le dos quand elle a enlevé son slip. Des fesses comme je les adore, musclées, sûrement fermes et souples à la fois. Il était clair que j’allais, moi aussi, me mettre nu. Mais allait-elle me regarder ? Et si elle le faisait, allais-je lui montrer que déjà je bandais, et solidement ? Allait-elle s’en offusquer, ou s’en montrer flattée ?


Elle a déchiré les plastiques et s’est allongée sur le dos, la couverture sur son corps nu. Pendant un instant, les yeux mi-clos, j’avais vu son triangle noir. À moi de jouer. Veste, chemise, pantalon, chaussettes, slip. Impossible de savoir si elle avait les yeux ouverts. J’ai pris mon temps pour déplier ma couverture. Je mourrais d’envie de me jeter sur cette femme mais je n’osais pas. Je me suis hissé sur ma couchette et m’y suis allongé sur le côté, les yeux fixés sur elle.


Il l’avait bien dit, le type, le train était chauffé. Nul besoin de couverture, je l’ai rejetée à mes pieds. Si cette femme se relevait, si elle voulait bien s’approcher, palper un peu, promener ses lèvres… Mentalement, je lui donnais des ordres : viens, passe une main sur ma poitrine, sur mon ventre, sur mon bas-ventre, sur ma verge incandescente. Prends-la en bouche. Et laisse-moi caresser tes seins, ton triangle sombre. Ta fente. Si j’avais cru en Dieu, j’aurais prié.


J’ai décidé de compter jusqu’à dix et de faire quelque chose, sans savoir encore quoi. Lui demander si elle n’avait pas trop chaud aurait été stupide, alors que j’avais l’intention de la rejoindre. Une envie à en crever… Elle semblait dormir, un léger sourire aux lèvres. Je me suis levé, nu, pour faire semblant de chercher un livre dans ma valise, en pensant que si elle se mettait à me parler, je lui dirais que je ne pouvais pas dormir et que je voulais lire un peu, si la lumière de la lampe située au-dessus de ma couchette ne la gênait pas.


Pas mal de femmes m’ont dit que j’avais de jolies fesses. Les regardait-elle, celle-là, couchée nue à un mètre de moi, intouchable en raison des pesanteurs sociales, des préjugés, des convenances. Et surtout de l’horrible crainte d’être repoussé, dédaigné, trouvé ridicule. Mais après tout, qui ne tente rien n’a rien. Elle n’allait quand même pas crier au viol alors que je ne la touchais même pas. Et puis elle avait bien accepté de s’enfermer avec moi dans ce compartiment, et de s’y mettre nue. Sûrement pas une allumeuse, pourtant. En pensant à ce mot, j’y ai vu un signe du destin, j’ai allumé la lampe de la couchette et je me suis retourné pour voir la réaction de ma voisine. Elle avait les yeux ouverts, elle ne pouvait que voir ma verge bandée comme jamais. Mon coeur battait follement.


…Alors, nuit blanche. Jamais, jamais autant de bonheur ! Et elle est partie pour toujours, sur un léger sourire, sans même me donner son adresse !


Le garçon tourne autour de moi, je suis ici depuis trop longtemps devant ma tasse de thé vide. Un train pour Orléans est annoncé pour bientôt. Deux jolies filles, souriantes, s’en réjouissent. Nous serons peut-être voisins, si je me débrouille bien.




Je serais de trop, entre ces deux filles, qui manifestement se suffisent à elles-mêmes. Dommage… Je relis ce que j’ai rédigé tout à l’heure. J’aurais dû insister, la convaincre. J’aurais tant aimer la revoir.


xxx


Il a pris un coup de vieux, en vingt ans, mais je l’ai reconnu tout de suite. Il téléphonait en regardant sa main droite, les doigts écartés. Il a toujours pensé qu’il avait de belles mains. Ce sont les premières à avoir caressé mes seins - et le reste ! Mon premier amour. Pour moi c’était important, je me voyais bien vieillir avec lui, lui donner des enfants, comme on dit. Je lui écrivais des poèmes qu’il lisait rapidement en cachant mal son envie de se moquer. Il m’est arrivé de l’appeler "fils d’Orion" ! J’étais bête. Il a été le premier à venir dans ma petite chambre, et en moi. J’étais folle de lui. Je ne t’en ai jamais parlé. Tu ne m’as jamais rien demandé.


Je lui appartenais, tout simplement, et je pensais que c’était réciproque. Très vite, pourtant, je ne l’ai plus guère intéressé. Il restait gentil, d’une gentillesse de surface. Sentant qu’il m’échappait, j’ai voulu le rendre jaloux. Ni chaud ni froid, l’indifférence totale. Oh, je n’étais pas la première, je le savais bien, mais on pense toujours pouvoir vous changer. Nous n’avons pas signé de contrat d’exclusivité, m’a-t-il dit. Alors, bon vent, Julien. Mais mon coeur en miettes.


Il ne risquait pas de me reconnaître, j’étais blonde en ce temps-là. La mode était aux mèches décolorées. Coiffure ratée un beau jour, alors tout à fait blonde. Enfin, pas partout. Une fausse blonde, hein, j’en étais sûr, m’a-t-il dit la première fois qu’il m’a mise nue. J’aurais préféré quelques mots d’amour. Mais il a eu, quand même, des gestes tendres.


Il est resté incapable de voir une femme sans essayer de la draguer. Ma première idée a été de le laisser s’enferrer, puis de lui dire que je le connaissais, que je ne le connaissais que trop. Dans un petit restaurant en face de la gare d’Austerlitz, il a été fort aimable, il se mettait en frais pour tenter de me plaire, j’avais un peu pitié de lui. Il m’a demandé si quelqu’un m’attendait à Nîmes. Me croyait-il vieille fille ?


Il a deux enfants. À quoi, à qui ressembleraient-ils, si nous en avions faits, lui et moi ? Je me le suis demandé. J’ai trouvé ses yeux plus gris qu’avant, en étant consciente que je me trompais peut-être. Il n’était pas rasé de très près. Il n’avait pas de montre, pas plus qu’avant. Il a toujours dit qu’il y avait des horloges partout. Et demander l’heure à une jolie fille permet d’entamer la conversation. J’ai bien failli rentrer seule dans ce compartiment qui nous été proposé par un employé non gréviste, et lui fermer la porte au nez : Non, Julien, je ne veux pas de toi. Il fallait me garder quand c’était l’heure. Mais de quoi aurais-je eu l’air, devant le jeune homme ? Pour être honnête, je dois reconnaître que je savais bien que je n’allais pas le chasser, trop curieuse que j’étais de voir comment il allait s’y prendre. Comment il s’y prenait avec une étrangère.


Sa braguette était humide quand il est revenu des toilettes, il n’avait pas perdu l’habitude de se nettoyer convenablement la verge. Il pensait donc qu’il avait une chance d’être sucé. Je suis allée moi aussi me mettre bien propre.


Des yeux suppliants de chien battu. Mais il n’osait pas. La lumière éteinte, strip-tease devant l’ampoule bleue de la veilleuse. Bien sûr, qu’il me regardait ! Il avait pris un air émerveillé quand il avait vu mes seins pour la première fois. Comme il me les tétait goulûment ! Lui tournant le dos, cette nuit, j’en ai pincé les bouts pour les faire grossir, je lui ai bien montré mes fesses en enlevant lentement ma petite culotte et je me suis retournée vers lui, mine de rien, pour qu’il voit aussi mon pubis. Je rigolais en moi même, ayant envie de chantonner, comme autrefois, en imitant la voix bêlante du Jules des Églises, à la mode à cette époque : non, je n’ai pas changé… Et je me suis couchée.


Il remuait sur sa couchette, la tête tournée vers sur moi. Je ne bougeais pas, j’attendais. J’étais certaine qu’il allait prendre l’initiative. Je le repousserais peut-être, ou pas, je ne savais pas, cela dépendrait. Il est descendu, s’est penché sur sa valise dans laquelle il a farfouillé en faisant assez de bruit pour me réveiller si j’avais dormi. Ses fesses étaient à quelques centimètres de mon visage. Il a allumé la lampe individuelle de la couchette du bas, a pris un bouquin, s’est redressé, a allumé la lampe de sa couchette, a éteint la première en se mettant de biais pour me faire voir qu’il bandait, a mis un pied sur la petite échelle mais s’est ravisé et m’a fait face.


Il bandait en effet, pas pour moi mais pour cette inconnue que j’étais. Il a pris un peu de ventre, pas beaucoup. Nous nous sommes regardés pendant quelques instants. Le coup du mépris, une petite moue et le dos tourné ? Il l’aurait bien mérité. Mais je suis restée impassible, tout simplement, alors qu’il me questionnait du regard. Il a tendu la main vers son portefeuille. Non, il n’allait quand même pas me payer ! Mon idée saugrenue m’a fait sourire, il a pris cela pour un encouragement et il a sorti un préservatif.


J’aurais pu encore mettre fin à tout cela, je ne l’ai pas fait. Il a avancé la main pour saisir ma couverture et la faire glisser vers le bas, lentement. Il a caressé mes seins et s’est penché pour y porter ses lèvres, très doucement. Puis elles ont fait le trajet que tu connais bien, ton itinéraire, sans omettre la petite escale sur le nombril, jusqu’à la fissure du bijou rouge et noir. Ces couchettes, même de première classe, se prêtent mal à une gymnastique érotique très élaborée. Pour lui faciliter la tache, il convenait que je me rapproche du bord, et même, au besoin, que je laisse pendre ma jambe droite au dehors. C’est donc ce que j’ai fait, tout benoîtement.


Vingt ans après, la langue du mousquetaire réinvestissait son domaine, et la verge allait suivre, c’était inévitable.



Tu penses bien que j’ai menti. Si j’avais dit Bénédicte, il m’aurait reconnue, les Bénédicte ne courent pas les rues, ni les trains immobiles. J’ai dit Delphine, au hasard. Cela m’a fait tout drôle, ensuite, quand il balbutiait ce prénom d’emprunt.



Non, cette phrase je l’ai pensée sans la dire. Le désir montait en moi, irrépressible. Tu as toujours été certain de ma fidélité sans faille, et tu avais raison. Je suis sage, presque prude, depuis que je te connais - et même avant, d’ailleurs, car je n’ai jamais été frivole, des tas de messieurs te le diraient. Je plaisante ! Mais tu ne me dis plus jamais que je suis encore belle, toi. Encore désirable, encore capable d’éblouir un homme.


Tu dois me trouver bien naïve. Il jouait la comédie, il se la jouait, il me la jouait. Et alors ? Si ce jeu me plaisait ? Je ne vais pas t’épargner les détails. Sa langue s’est immiscée dans mes replis les plus intimes, sa bouche happait mes petites lèvres puis les lâchait pour se coller contre, en un baiser mouillé, alors que sa langue me fouillait avant de remonter vers mon clito qui n’attendait que cela. Il se donnait du mal, Julien, j’étais nouvelle pour lui. Comme je soulevais mon bassin pour mieux accompagner ses gestes, il a glissé ses deux mains sous mes fesses. Après les avoir copieusement pétries, sans toutefois aller jusqu’à me faire mal, il aventura un doigt, en m’interrogeant du regard : devait-il aller plus loin ? J’ai fermé les yeux pour l’y autoriser. J’étais très propre, son doigt m’a gentiment pénétrée, pas bien profondément, mais d’une façon fort agréable. Il préparait le terrain pour plus tard, sans doute, c’est du moins ce que j’ai espéré. Il a relevé la tête pour tenter de mieux me voir. Ce n’est qu’alors qu’il a pris mes lèvres. Les siennes avaient le goût de ma cyprine. Nos langues se sont longuement palpées, tantôt chez moi, tantôt chez lui, en une valse rageuse. Il ne lui restait qu’à s’étendre sur moi, missionnaire en terrain converti. Quelques va-et-vient rageurs et tu devines le reste.


Affalé sur mon corps satisfait, il couvrait de baisers mon visage en sueur, et me disait que jamais, jamais il n’avait eu autant de plaisir.



Je suis incorrigible, j’aime tant jouer avec le feu !



Il était surpris, quasiment indigné. J’avais le choix. Tu connais le raisonnement des analystes en informatique : vérité ou mensonge, lui ou moi ?



Était-ce du lard ou du cochon ? Il me regarda avec une certaine inquiétude.



Nos corps étaient un peu poisseux. Il nous fallait aller dans les toilettes, au bout du wagon. Julien s’est levé, le sexe rabougri, une petite dose de sperme blanchâtre dans le réservoir de sa capote. J’ai mis mes mocassins et j’ai fait coulisser la porte du compartiment.



Le risque de rencontrer quelqu’un était faible, tout le monde dormait, sans aucun doute. Mais Julien a tenu à m’accompagner. Arrivée dans les toilettes, je ne l’ai pas laissé entrer. Quand je suis ressortie, il était là, à m’attendre, tout nu, un peu comique.



Cela m’a fait plaisir, qu’il se montre inquiet et possessif. Je n’avais pourtant pas la moindre envie de me tromper de compartiment, tu me connais, je suis une femme fidèle.


Une fois revenu, toi, tu te serais allongé sur ta couchette et bonne nuit les petits. Il m’a trouvée couchée sur le dos de tout mon long, les deux mains sous ma nuque. Il s’était nettoyé, une goutte d’eau brillait parmi les poils de son pubis. Il s’est mis à genoux, m’a becqueté le front, les paupières, les lèvres mais sans s’y attarder, les pointes de mes seins en s’y attardant. Je pensais bien qu’il finirait par les mordiller, ça n’a pas manqué. Il s’est intéressé à mes pieds, pour sucer mes gros orteils. C’était inédit, où donc avait-il appris cette caresse ? Il est remonté sur mes cuisses qu’il m’a fallu écarter pour qu’il en atteigne facilement l’intérieur, si doux, si sensible.


Mon délicieux minou, comme il a dit, l’enchantait. Et sa langue d’aller et de venir, et ses lèvres d’aspirer, il ne s’en lassait pas. Ma foi, tout cela était fort plaisant ! Il m’était difficile de faire quoique ce fut, dans cet espace restreint. Il ne manifestait d’ailleurs aucune exigence, ne cherchant qu’à me faire plaisir. L’attrait de la nouveauté ! Mais j’eus scrupule à me laisser câliner sans rien faire, d’autant plus qu’il bandait un peu mou.


La couchette du haut permettait plus de fantaisies, mais plus dure eut été la chute. J’ai pensé néanmoins que nous y serions plus près du septième ciel.



Il n’a pas compris tout de suite, il a fallu que du regard je lui montre sa couchette. J’entendais bien redécouvrir son corps, patiné par vingt années de tribulations sans moi. J’ai allumé le plafonnier. J’ai dit à Julien de monter le premier, et de se coucher sur le dos. Je l’ai rejoint. J’ai tapé sur sa main qui cherchait au passage à me toucher l’entrecuisse. Les poils de son thorax ont un peu blanchi. Il y avait un tout petit nid de coton dans son nombril, qu’il a très profond et bien ourlé. Plus bas… eh bien, plus bas il n’y avait guère de changements. Cela se développait à mesure que j’en approchais les doigts et les lèvres. C’était doux et émouvant. Les poils étaient un peu bouclés, comme autrefois. Une larme est montée à l’oeil ovale du gland. Dans ma main, la verge palpitait comme un oiseau. Ma bouche lui fit un écrin de choix. Mes fesses relevées s’appuyaient à la paroi froide du wagon.



Un soixante-neuf des familles, pourquoi pas ? Nous nous dévorâmes donc mutuellement, sachant toutefois cesser ce jeu juste avant le gaspillage, car il voulait jouir en moi, et je le voulais aussi.


Après quoi, il avait naturellement besoin de reprendre quelques forces. Voulant me montrer qu’il ne s’intéressait pas qu’à mon corps, il s’enquit de mon travail, de ma vie de tous les jours, cherchant à savoir si je t’aimais, ou si j’en aimais d’autres. J’ai copieusement menti, cela va de soi. Et je l’ai flatté :



Il en fut tout faraud, prenant cela pour un compliment, et redoubla de tendresse, vantant mes seins, mes cuisses, mon ventre, mes fesses… Il avait sans aucun doute trouvé mon délicieux minou moins étroit qu’il y a vingt ans et s’intéressa donc au petit trou dans lequel tu ne t’aventures que rarement, et qu’il avait totalement dédaigné quatre lustres auparavant.


Deux ou trois doigts, humides de mes propres secrétions, frayèrent le chemin qu’emprunta ensuite sa verge redevenue vigoureuse. Ses petites boules, qui tant de fois avaient dû se vider dans Dieu sait quels réceptacles, battirent la chamade sur mes fesses rebondies. Même pas mal ! Un pur délice, en vérité.


Après avoir repris son souffle, Julien m’affirma qu’il était amoureux comme jamais, et qu’il nous fallait impérativement nous revoir. Il retournait assez souvent à Paris, Orléans n’est pas si loin, et il pouvait même, de temps à autre, venir à Nîmes.



Il a tenu à m’accompagner sur le quai de Lyon TGV, a mendié un dernier baiser que j’aurais eu mauvaise grâce à lui refuser.


Je suis la petite Bénédicte que tu n’as pas voulu garder, il y a vingt ans de cela. Adieu, Julien.


Debout sur le marchepied, voilà ce que j’ai failli lui dire. Mais à quoi bon ? Le voyage ne m’a pas semblé long, cette fois, occupée que j’étais à pianoter ce récit sur mon notebook. Tu le liras car je sais que tu m’espionnes, je ne prends d’ailleurs pas la peine de t’en empêcher en utilisant des mots de passe sophistiqués. Je cache mes dossiers sous windows en sachant parfaitement qu’il t’est facile de les y découvrir.


Inventé, ce récit ? Mais probablement, mon chéri !




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Erotisme torride

Tendre Amour

Bon Scénario

Belle Ecriture

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