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n° 12732Aline Marquis19/07/08
Pulsion passion
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82193 caractères
Auteur : Aline Marquis

Préface


Aussi loin que remontent mes souvenirs, les personnes d’autorité ont exercé une certaine fascination sur moi.


Petite fille, j’étais amoureuse de la grosse voix d’un oncle à qui je jouais des tours, simplement pour attirer sur moi ses colères. Adolescente, je n’aimais pas les gentils professeurs et je me masturbais en fantasmant sur les méchants. Punitions, fessées et autres corrections bien méritées, combien en ai-je subi ; mais surtout, combien en ai-je provoqué ?


Plutôt jolie fille, j’étais persuadée que je n’aurais aucune difficulté à rencontrer l’âme sœur en la personne d’un policier, d’un soldat ou d’un maître d’école intransigeant. Mais la vie en a décidé autrement et à 21 ans, je me suis retrouvée mariée avec un petit comptable qui n’est même pas capable de me faire des enfants. Le stéréotype parfait de la fille qui rêve du prince charmant, grand brun aux yeux de braise, et qui se retrouve au lit pour la vie avec un petit blond maigrichon.


Alex est très gentil. Trop gentil. Toujours attentif et prévenant à mon égard, poli, respectueux. Jamais je ne l’ai vu se fâcher pour quoi que ce soit. Une vie sexuelle plutôt médiocre avec un homme sans voix. Qu’avais-je donc fait pour en arriver là ? L’amour, bien sûr ! L’amour a ses raisons, dit-on. J’étais tombée amoureuse de celui qui n’avait rien pour me rendre heureuse et me combler.


Je m’étais fait une raison. Mon soi-disant besoin de virilité était là uniquement pour alimenter mes fantasmes secrets. Je compensais à la force du poignet le quatre-vingt-dix pour cent de sexualité qu’il me manquait, commettant mentalement l’adultère avec le salaud qui m’avait dressé un PV dans la journée ou avec le concierge de l’immeuble qui m’avait traitée de conne parce que j’étais stationnée devant sa porte. Ces rendez-vous imaginaires que je m’offrais en compagnie de personnages odieux étaient délicieux. Lorsque j’étais parvenue à apaiser mes sens et que le calme revenait dans mon corps et mes pensées, je retrouvais ma lucidité.


Je m’efforçais alors de me convaincre que cet étrange besoin était immoral et contre nature. J’avais honte de m’être laissée entraîner par ma propre imagination, de l’avoir laissée dériver vers des pensées que la morale publique réprouve et condamne. Il m’est arrivé de vivre des instants désagréables en étant confrontée à des situations qui faisaient resurgir mes petits vices secrets.



Ou encore ma sœur, qui racontait à mon mari qu’elle venait de lire un roman horrible qui se passait dans un pays où les maris avaient le droit de punir physiquement leur femme. Sans parler du trouble qui m’envahit lorsque nous regardons un film télévisé et qu’un vilain macho s’en prend à une pauvrette. Comment endiguer ces sentiments qui se réveillent soudain au plus profond de mon être ? Sentiment de culpabilité, même si je suis sécurisée par l’idée que mon amie ne se doute pas que j’aurais envie de connaître l’adresse du salaud pour aller à mon tour cogner sa portière. Sentiment de honte, même si je regrette un peu que ma sœur n’ait pas donné le titre et l’auteur du livre en question. Sentiment de regret que mon mari ne soit pas encore endormi devant l’écran, me laissant ainsi le loisir de serrer les cuisses sur mon trouble.


Deux années de mariage se sont écoulées. À force de raisonnement, je suis parvenue à museler ce vice si profondément ancré en moi. Je me suis convaincue qu’il me suffirait de vivre rien qu’une seule fois la réalité de l’un de mes fantasmes, pour en être définitivement exorcisée. Je préférais rester sur mes illusions. J’ai décidé d’ignorer à jamais l’appel vicieux de mes entrailles. Cette voix qui me disait que je devais trouver un autre homme pour partager ma vie. De me contenter de me servir secrètement de mon fantasme pour me mettre en condition lors de nos piètres étreintes conjugales.


Mais chassez le naturel et il revient au galop.


Durant quelques semaines, j’ai eu un emploi à temps partiel dans la société où travaille mon mari. Un jour, par distraction, j’ai commis une erreur professionnelle qui aurait pu coûter cher à notre employeur, si mon mari n’avait pas rétabli la situation par son intervention en tant qu’expert financier. Malgré cela, j’ai reçu une convocation de la direction. Mon erreur était assez grave pour que le boss en personne prenne les choses en mains. Le grand patron est espagnol. Il ne vient pas très souvent nous visiter et je ne l’avais personnellement jamais rencontré. Je n’étais bien sûr pas du tout à mon aise lorsque j’ai franchi la porte de son bureau, mais ce que j’ai ressenti en découvrant la physionomie de celui qui m’attendait a fini de m’anéantir : grand brun aux yeux de braise.


Il ne m’a pas saluée, n’a même pas porté son regard sur moi. Il savait pourtant que j’étais là, puisque sa secrétaire lui avait annoncé mon arrivée par l’interphone. Il était debout près de la fenêtre et lisait un rapport. Sans doute celui qui dénonçait ma faute professionnelle. L’attente a été interminable. Lourd silence entrecoupé par le froissement des feuillets du rapport. Lourd silence enfin rompu par une voix de ténor.



J’étais immobile comme une statue de sel et la voix qui me parvenait m’envoûtait totalement. À ce moment, je le sais avec conviction, cet homme aurait pu faire de moi ce qu’il voulait.



C’est avec difficulté que je suis parvenue à arracher un « oui » de ma gorge desséchée. J’avais envie de lui dire que j’étais prête à payer pour réparer, mais aucun son ne sortait. Je devais être pitoyable à ses yeux. Il m’a souri largement et a dit :



Je suis ressortie de son bureau frustrée, mais surtout amoureuse comme jamais je ne l’avais été. Comment était-il possible qu’un homme puisse avoir un tel pouvoir sur une femme ? Cet homme que je n’ai rencontré que quelques minutes venait sans le savoir de faire de moi sa chose.


J’ai compris plus tard que j’étais la seule responsable de l’état dans lequel je m’étais retrouvée ce jour-là et les mois qui ont suivi cette brève entrevue. Deux ans auparavant, j’avais érigé un barrage sur le torrent de mes sens. Grand, brun au regard de braise. Deux phrases avaient eu raison du barrage et je me suis fait emporter par les flots.


Les mois qui ont suivi ont été horribles. J’avais l’impression de devenir folle et personne autour de moi ne pouvait comprendre ce qui m’arrivait. J’étais envoûtée par un être qui n’existait pas, ou si peu dans ma vie. Comment lui faire savoir qu’il avait laissé derrière lui une femme qui lui appartenait totalement ? La masturbation est très vite devenue une thérapie efficace pour ne pas sombrer dans la dépression. Je supportais de moins en moins le sexe avec mon mari. Seules mon imagination et des séances d’auto-plaisir de plus en plus fréquentes étaient capables de m’apporter satisfaction et soulagement.


Comme lorsque j’étais petite, je provoquais volontairement la colère autour de moi et m’en nourrissais honteusement. Un jour, j’ai poussé cette provocation jusqu’à voler un article dans un supermarché, en m’arrangeant pour être prise. J’ignorais que de nos jours, ce délit est pris très au sérieux. Il s’en est fallu de peu pour que je finisse au poste de police. Je m’en suis tirée mieux que prévu grâce à la compréhension du directeur qui m’a laissée m’en aller après m’avoir passé un savon. Cette aventure a alimenté mes extases secrètes durant plusieurs jours.


Toujours très attentif à moi et ressentant sans le comprendre mon trouble évident, Alex se faisait de plus en plus prévenant et gentil, creusant ainsi, sans le savoir, le fossé qui nous séparait. J’avais envie de le tromper. Besoin de le tromper pour ne pas le haïr totalement.


Contrairement à ce que l’on lit parfois dans les revues spécialisées, il n’est pas si facile pour une femme mariée de s’offrir une aventure. Timide et un peu renfermée, je ne suis pas assez bavarde pour attirer l’attention d’un mâle. J’ai beaucoup de goût ; je sais m’habiller et plaire en toute circonstance mais mes efforts vestimentaires manquent d’audace. Paradoxalement, dramatiquement dans mon cas, je suis une jolie femme qui attise la convoitise, tout en poussant au respect. J’attire beaucoup de regards, mais ces regards fuient lorsque je les soutiens.


Je n’ai jamais été bonne courtisane, mais à force de me promener dans la vallée des loups, je suis quand même parvenue à en faire sortir quelques-uns de leur tanière. Loups de roman de la série rose, qui à chaque fois se sentaient obligés d’enrober leur besoin de copuler par de belles paroles romantiques ou des gerbes de fleurs que je ne pouvais de toute façon pas ramener à la maison. Un soir de griserie, je me suis laissée allonger par l’un d’entre eux.


Étreinte banale et décevante consommée dans la puanteur d’un motel de banlieue. Étreinte qui ne m’a rien apporté, si ce n’est le goût du remords ou celui de la crainte de la maladie. C’est encore à la force du poignet que je suis parvenue à soutirer un peu de plaisir de cet adultère insignifiant. Non pas grâce à cet amant de passage, mais grâce à l’imagination qui m’offrait l’avantage de pouvoir me traiter moi-même de salope qui souille son mariage sur des draps tachés. Qui donc aurait assez de cran pour me faire entendre les paroles dont j’avais besoin ? Me saisir par les cheveux et me jeter à terre ? Où sont les vrais machos, phallocrates et autres misogynes ? Moi, je ne vois que ces hommes gentils que je déteste.


C’est bien par peur d’y laisser ma peau que je ne me suis jamais aventurée la nuit dans un quartier sombre, narguer les bandes de rue. Il était déprimant de penser que seule la masturbation était en mesure de m’apporter l’apaisement provisoire de mes sens en folie. À force de m’acharner sur mon clitoris, je me suis irritée. J’avais lu dans une revue les vertus de certains appareils vibrants pour les massages. Je connaissais, bien sûr, l’existence des godemichés et autres phallus artificiels, mais j’étais trop fière pour admettre qu’une femme comme moi puisse avoir recours à ces artifices. Un appareil vibrant pour les massages constituait un bon compromis et j’ai passé commande par l’intermédiaire du catalogue de la Redoute.


La première fois que je me suis fébrilement enfermée dans la salle de bain avec cet instrument, j’ai bien cru que je n’en ressortirais pas. Je n’ai pas atteint l’orgasme, j’ai littéralement été projetée dans un orgasme phénoménal et interminable. Il faut avoir le cœur bien accroché. Un amant merveilleux et toujours disponible qui m’attendait sagement dans le placard de la salle de bain. Amant insoupçonné aux yeux de mon mari puisque facile à justifier lorsque l’on commence à laisser paraître les toutes premières et très légères traces de cellulite. Mon petit comptable de mari ne saurait jamais qu’il se rase tous les matins aux côtés de l’amant de sa femme. Jamais ? À moins qu’il ne nous attrape sur le fait.


Et c’est pourtant ce qui est arrivé un jour.


L’histoire banale du mari qui rentre plus tôt que prévu de son travail. Une maladresse sur la route durant l’après-midi m’avait gratifiée d’un savon passé par un ouvrier de la voirie. Il n’en fallait pas plus pour que, dès le retour, je me précipite dans la salle de bain. Lorsque Alex a ouvert la porte que j’avais oublié de verrouiller, il était inutile de tenter de dissimuler l’activité honteuse à laquelle je me livrais. Debout, le pantalon ouvert, les deux mains agrippées sur le manche de cet appareil vrombissant que je plaquais au bon endroit.


Me faire surprendre par mon mari dans une chambre de motel en compagnie d’un amant eût été plus noble. Là, je me sentais aussi ridicule qu’une écolière qui se fait prendre dans les toilettes du lycée.



C’est tout ce qu’il a dit avant de refermer la porte.


Combien de temps suis-je restée seule, balancée comme une feuille morte d’un sentiment à l’autre. Ne sachant quelle attitude adopter lorsque je sortirais de ma tanière. Lui faire une scène ? Lui faire porter la responsabilité de mes actes en clamant sa médiocrité ? Un comportement très féminin que je me refusais d’adopter. Bien sûr, le connaissant, il se serait facilement culpabilisé, mais je ne pouvais tout de même pas être aussi injuste, simplement parce que mes fantasmes sont un peu étranges. Tout lui dire ? Lui avouer mes penchants, mes réactions émotives et physiques face à certaines situations ? Lui avouer mes adultères aussi ? Non, peut-être pas. Ce serait lui faire de la peine gratuitement. Le rendre encore plus petit dans un rôle de mari cocu.


Après quelques bonnes respirations, je suis allé le rejoindre. Il était dans son bureau et s’affairait dans son courrier. Ce qu’il m’a dit, lorsqu’il m’a vu arriver, m’a totalement désarmée :



Se foutait-il de moi ? N’avait-il vraiment pas découvert mon manège ?



Quel con ! J’avais envie de rire. L’expression que j’avais lorsqu’il est entré était celle d’une femme sur le point de s’envoyer en l’air.



À cet instant, mon corps entier s’est mis à trembler. J’ignore encore comment je suis parvenue à retrouver mes esprits et à être prête à temps pour sortir. Sous la douche, l’idée m’est venue de me soulager du poids de cet orgasme avorté qui n’arrangeait en rien mon état de nervosité, mais je n’en ai eu ni le temps, ni l’intimité.


J’ai été très surprise de constater que mon mari entretenait une relation beaucoup plus privilégiée que je ne le supposais avec Jim, son patron. Jamais je ne m’étais imaginée qu’ils s’appelaient par leur prénom et utilisaient le tutoiement entre eux. Il faut dire que le peu de dialogue que nous entretenions à la maison ne portait pas sur son emploi.


Étrange sentiment que celui d’être attablé en face d’un homme avec qui j’avais commis les pires obscénités, sans même qu’il le sache. Se souvenait-il de notre première rencontre dans son bureau ?



Cette voix était celle que j’entendais dans mes rêves immoraux, mais les phrases civilisées et mondaines étaient en train de détruire mon personnage.



Avais-je eu raison d’accepter cette rencontre inespérée ? Mon mari n’aurait jamais dû me parler de ce dîner. J’aurais remis de l’ordre dans mes sens en pagaille. J’aurais retrouvé mes amants. Celui qui se trouve dans le placard de la salle de bain et les autres ; l’ouvrier de l’après-midi et le grand brun aux yeux de braise. Oui, Alex était encore une fois le fautif.


Contrairement à ce que j’attendais, la discussion des deux hommes ne s’est pas orientée vers le monde des chiffres et des affaires. Les yeux de braise se sont posés sur moi et la question de Jim m’a clouée sur ma chaise.



J’ai eu soudain l’impression que mon visage prenait feu. Mon regard affolé a quitté mon patron pour se poser sur le maître d’hôtel en train de nous servir avant de se figer sur mon mari qui souriait gentiment.



La proximité immédiate des autres clients du restaurant n’avait pas l’air de le déranger. Quant à moi, il ne m’était plus possible de sortir le moindre son de ma gorge nouée.



Le silence est retombé sur notre table. Je ne comprenais rien à ce qui m’arrivait. J’étais totalement affolée. Tout en contemplant l’assiette que je n’étais pas capable de toucher, j’essayais de rassembler mes esprits dispersés par l’explosion de cette révélation. Que voulait dire cette mise en scène ? J’avais toujours été convaincue de la naïveté de mon mari mais en réalité, cette naïveté n’était-elle pas un jeu ? Que savait-il d’autre sur moi ? Je me sentais violée dans mon intimité. Où voulaient-ils en venir ? Une sourde révolte grondait en moi.


Le repas s’est poursuivi sans autre incident. Les deux hommes ont parlé de chiffres sans se préoccuper de mon manque d’appétit. Me laissant doucement macérer dans mes pensées. Lorsqu’ils ont eu terminé, Jim s’est adressé à moi.



Il s’est offert une gorgée de vin avant de poursuivre :



Et puis, baissant le ton :



J’ai regardé mon mari qui souriait, puis les gens autour de nous. Je me sentais épiée de tous et j’avais l’impression d’être toute nue sur ma chaise.



J’étais entrée dans le restaurant en compagnie de mon mari et j’avais l’impression d’en ressortir seule avec deux étrangers. Je me sentais seule et démunie. Totalement à leur merci. Qu’allait-il m’arriver dans cette chambre d’hôtel ?


En arrivant dans la suite, Jim s’est affalé sur un sofa pendant que mon mari me débarrassait de mon pardessus.



Furieuse, je me suis retournée pour m’enfuir.



Cette voix forte, que j’avais si souvent entendue résonner dans mes fantasmes, m’a figée. Lentement, je me suis retournée vers lui. Mon mari s’est assis dans l’autre sofa et s’est servi un drink. Il avait l’air de s’amuser follement.



J’ai baissé les yeux, résignée.



Malgré moi et malgré la situation, son discours agissait fortement sur mes sens. L’excitation montait en moi comme la lave d’un cratère. Néanmoins, la présence d’Alex me dérangeait fortement et entretenait mon agacement.



Le salaud n’avait donc pas terminé de me mettre à nu. Il procédait lentement, méthodiquement, pétale par pétale.



Jim s’est allumé une cigarette et en a expulsé la fumée bleue dans ma direction avant de poursuivre calmement.



Il s’est offert quelques secondes de réflexion avant de poursuivre.



Il ne m’a pas laissé le temps de l’interrompre avec une question idiote et a continué.



J’ai regardé mon mari. Jim était en train de lui révéler ce secret que je lui avais toujours caché.



Mon regard affolé passait de Jim à Alex. Mon mari m’observait toujours en souriant, visiblement amusé par la situation.



Le patron a écrasé sa cigarette dans un cendrier et s’est penché un peu plus vers moi.



Je sentais mon sang battre à mes tempes. Comme une automate, j’ai pudiquement relevé le pan de ma robe. Le vêtement que je portais était assez ample et me permettait d’obtempérer sans dévoiler beaucoup plus que le milieu de mes cuisses. Dans le fond, à quoi bon le faire, alors que je savais déjà ce que mes doigts allaient découvrir. J’étais trempée.



Je me suis contentée de répondre affirmativement d’un mouvement de tête. Il s’est tourné vers mon mari avec des airs de triomphe :



Mon mari s’amusait toujours autant de la situation. J’avais l’impression qu’il jouait dans une pièce de théâtre.



Alex s’est contenté de donner son accord d’un signe de la main. Son patron s’est alors installé confortablement dans le fond du sofa avant de m’interpeller à nouveau.



Encore une fois, il ne m’a pas laissé le temps de manifester avant de continuer :



Que m’arrivait-il ? Je faisais « non » de la tête, mais en même temps, je m’avançais vers lui. Docilement, je me suis mise à genoux entre ses jambes et j’ai commencé à m’attaquer à la fermeture de son pantalon. C’est à ce moment qu’une main puissante s’est saisie de mon poignet. Il m’a forcée à me relever en déclarant :



Alex souriait toujours. Nullement dérangé par la démonstration de trahison que je venais d’effectuer devant lui. J’étais honteuse et mal à l’aise de tant de vulnérabilité. Debout devant eux, je gardais maintenant les yeux baissés. Tous mes remparts étaient tombés. Les deux hommes se sont offert une coupe de champagne en ayant la délicatesse de m’en proposer. J’ai refusé, étant persuadée que je n’étais pas capable d’avaler le moindre liquide, malgré ma soif.



Il but une gorgée de champagne avant de continuer.



J’ai senti mes joues s’empourprer légèrement.



Alex est enfin sorti de son mutisme :



Je le regardais éberluée.



Il s’est levé et s’est approché de moi. Levant sa coupe de champagne, il a déclaré :



À moins d’une sérieuse métamorphose, j’imaginais mal mon mari prendre la place de ceux qui peuplent mes fantasmes. Jim a dû deviner ma pensée car il a dit :



Sa main puissante s’est emparée du bas de mon visage.



Je ne savais plus comment je devais réagir.



Jim s’est levé et m’a fait comprendre que l’entrevue était terminée. Je suis sortie de la chambre sans rien dire, un peu étourdie par toutes les émotions qui venaient de s’enchaîner. Alex m’a rejoint après avoir pris congé de son patron. Nous sommes restés silencieux jusqu’à notre retour à la maison. Il était très tard et nous étions trop fatigués pour parler.


Au petit matin, Alex et moi nous sommes retrouvés et nous avons fait l’amour comme il avait l’habitude de me faire l’amour. Doucement, tendrement. C’était bon. Sans comprendre vraiment comment, je venais de retrouver mon mari.


Le premier rendez-vous a eu lieu trois jours plus tard avec mon accord. Alex et Jim avaient tout organisé. Son patron est venu nous prendre devant la maison avec limousine et chauffeur. Une superbe Bentley aux vitres foncées. Lorsque je l’ai vue arriver, j’étais fébrile et à la fois tremblante de peur. Le cocktail habituel qui mettait le feu à mes sens. Alex a ouvert la portière arrière du véhicule, m’invitant à y monter. Il est ensuite allé prendre place à côté du chauffeur et la voiture s’est mise en marche silencieusement. La luxueuse limousine était très vaste et équipée de sièges vis-à-vis. Jim était installé tout à l’arrière, dans le sens de la marche.



Nous avons roulé durant une quinzaine de minutes dans un silence à peine troublé par le bruit feutré de la voiture. Jim me regardait avec attention, sans laisser paraître la moindre expression sur son visage. Soudain, sa voix m’a fait sursauter.



Puis, se penchant un peu plus vers moi.



Puis, retrouvant le ton tranchant :



L’interrogatoire avait commencé.


Gênant, humiliant même. J’ai dû lui avouer dans les moindres détails ces choses que je gardais prisonnières dans ma plus profonde intimité. Me souvenir des pensées lubriques qui me harcelaient après cette visite. Décrire méticuleusement les scènes projetées par mon imagination en dérive, lorsque je tentais de calmer l’incendie de mes sens en m’acharnant sur mon clitoris. Décrire la toute première et désespérée séance de masturbation perpétrée dans les toilettes même de la société, peu après être ressortie de son bureau. J’étais pressée de questions intermédiaires, énoncées sur un ton glacial.



Certaines questions m’embarrassaient fortement, vu la présence de mon mari qui, bien entendu, écoutait avec attention chaque détail.



Chacune de ses questions avait un effet ravageur sur mes sens. Mon excitation en devenait presque douloureuse. Je souhaitais secrètement qu’il m’oblige à lui faire une démonstration d’auto-plaisir, afin de s’assurer de mes dires. Jim devinait tout en moi.



J’ai baissé les yeux, vexée. Le dialogue prit alors le ton de l’engueulade pure et simple.



S’en est suivi une longue période de réprimandes, énoncées sur un ton de plus en plus sévère. J’étais bafouée et insultée comme jamais je ne l’avais été auparavant. Jim s’est mis dans un état terrifiant, emporté par son propre jeu. Et puis, ce furent les sanctions, précédées de quelques minutes de silence. Le patron m’a saisi le poignet et m’a basculée sur ses genoux. Je suis restée haletante, à attendre l’inévitable. D’un geste vif, il a rabattu le pan de ma robe et une première claque s’est écrasée sur mon derrière. Son geste était modéré, mais sûr. Après une dizaine de coups assenés sur ma culotte, il me l’a brutalement tirée vers les genoux et je me suis retrouvée fesses nues. La correction a été cuisante. Je n’ai pas vraiment souffert physiquement car, en bon fesseur, Jim savait doser les coups de la première séance.


Lorsque mon cul a été bien rouge, il m’a relâchée et m’a obligée à me mettre quatre pattes sur le sol, fesses à l’air, jusqu’à notre retour à la maison. La limousine s’est immobilisée près de notre entrée et mon mari est sorti pour ouvrir la portière arrière. Jim m’a assené un coup de pied dans les fesses pour me pousser vers l’extérieur.



Par chance, personne ne passait par là au moment où je suis sortie du véhicule. Alex m’a tendu la main pour m’aider à me relever pendant que je rajustais promptement le pan de ma robe. Humiliée et honteuse de mon état, je n’osais me risquer à croiser son regard. Accrochée à son bras, j’ai parcouru en trottinant la centaine de mètres qui nous séparait de notre domicile. Je sentais glisser ma culotte que je n’avais pas eu le temps de remonter. De mémoire de femme, je pense ne jamais avoir été aussi excitée.



Sitôt la porte refermée derrière nous, Alex et moi nous sommes enlacés. Ses mains malaxaient fébrilement mes fesses brûlantes, fouillaient mon intimité. Je me suis immédiatement affalée dans un orgasme démentiel, étouffant mes hurlements de plaisir sur son épaule. Mes jambes ne me supportaient plus. Alex m’a portée vers la chambre à coucher. C’était la première fois que ses bras frêles me soulevaient. Il m’a déshabillée et longuement caressé les fesses. Je reprenais lentement conscience, doucement balancée par les images de cette soirée insensée. Mais mon ventre n’était pas rassasié.



Alex s’est déshabillé à son tour. Son sexe était dressé et dur comme je ne l’avais jamais vu. Nous avons fait l’amour très souvent au cours de cette nuit de folie. Épuisés l’un et l’autre, nous étions à chaque fois arrachés à notre sommeil par l’excitation.


Les jours suivants sont un merveilleux souvenir. J’avais l’impression de vivre une nouvelle vie. J’ai très vite retrouvé mon équilibre, ma joie de vivre, sans pour autant avoir besoin de me précipiter dans la salle de bain comme une toxicomane sur une seringue. Bien sûr, il m’arrivait encore souvent de retrouver cet amant qui vibrait si bien pour moi, mais je le faisais avec plus de méthode et je ne verrouillais plus la porte.


J’aimais mon mari comme aux premiers jours. Un mari qui, en fin de compte, a tout ce qu’il faut pour me rendre heureuse et me combler.


Je n’ai pas attendu longtemps avant de manifester mon désir de poursuivre ma confession et la belle limousine nous a emportés à nouveau, Alex et moi. Pendant longtemps, il ne s’est pas passé une semaine sans que la limousine ne nous emporte. Parfois, elle venait même deux fois par semaine, toujours en respectant mes propres désirs. Elle venait souvent car j’avais beaucoup de retard dans mes confessions. J’ai dû réciter dans ses plus petits détails tout ce qui s’était passé, sans oublier mon médiocre adultère.


Aujourd’hui, les promenades sont plus espacées, mais toujours aussi passionnées. C’est toujours la même chose. Je me confesse, il me réprimande sévèrement et me punit. Je suis devenue très organisée avec mes confessions. Je note soigneusement dans un calepin mes moindres actes répréhensibles, mes moindres pensées frivoles. J’ai la permission de consulter mes notes lors des interrogatoires. Les réprimandes et les humiliations verbales me font toujours autant d’effet. Plus je rougis, plus cela se ressent au creux de mon ventre en folie. Il lui est arrivé quelquefois de m’autoriser à me masturber en récitant mes fautes.


Jim frappe maintenant sans aucune retenue sur mes fesses, m’arrachant parfois quelques cris de douleur subtile mêlée de plaisir divin. Aussi étrange que cela puisse paraître, mes contacts avec Jim ne sont jamais allés plus loin que la fessée et les caresses de soulagement qui s’ensuivent parfois. Pourtant, combien de fois ai-je espéré plus d’audace de sa part ? Avec lui, je serai toujours prête à n’importe quoi. Pensées que je lui avoue spontanément, bien sûr, à la séance suivante, sans pour autant le faire changer d’avis. S’il n’y avait pas cette virilité que je sens frémir sous mon ventre lorsque je suis en travers de ses genoux, je l’aurais déjà soupçonné d’impuissance.


Il m’est pourtant arrivé de céder à la force de l’excitation et de jouir sous les coups. Ces orgasmes aussi subits que violents et difficiles à camoufler décuplent sa colère. Il redouble alors de violence et frappe avec démence :





Chapitre premier




Cette conversation de mecs s’interrompt pile au moment où je fais mon entrée dans le living.



Alex et Jim sont installés devant un apéritif.



Je me débarrasse de mon pardessus, un peu contrariée de n’avoir pas eu le temps de me faire plus belle pour notre invité. Alex devine ma pensée.



« Nous parlions chiffres. » Le petit mensonge d’Alex me froisse un peu et, malgré mon envie d’en savoir plus sur cette… Liliane, je m’efforce de garder ma bonne humeur. Ils ne se doutent pas que je sais parfaitement qu’ils ne parlaient pas chiffres, comme le prétend mon mari.


Je ressens la morsure de la jalousie mais, curieusement, je suis plus dérangée par les propos de Jim « Je me la suis tapée sur mon bureau » que par les insinuations qui ont été faites concernant cette femme, certainement une collègue, qui semble attirer Alex.


« Elle se maquille comme une pute, s’habille comme une pute… » Je suis un peu furieuse en prenant ma douche. Des mois que je lui tends mon cul et ce salaud en baise une autre… Et comme si ça ne lui suffisait pas d’entretenir cette frustration, le voilà qui entraîne mon mari. Ma révolte va en s’amplifiant. Je suis vraiment conne de me mettre à genoux devant ce type. « Maquillée et habillée comme une pute… Tu vas voir ! »



Je suis très satisfaite de l’effet que je produis en entrant dans le living. J’ai mis la jupe la plus courte que je possède. Celle que j’ai un jour achetée sur un coup de tête et qui n’est jamais sortie de ma garde-robe. Bas noirs et porte-jarretelles. Chemisier blanc très transparent sur un soutien-gorge noir à dentelles. Chaussures à talons. Maquillage plus lourd que d’habitude. Jim a un sifflement d’admiration.



Le regard des deux hommes m’indispose quelque peu. Je fais un tour rapide sur moi-même.



Mais j’ignore l’invitation de mon mari et me dirige vers la cuisine.



Comme d’habitude, la voix sèche de Jim me liquéfie. Je reviens lentement sur mes pas.



Je suis sur le point d’avouer mon accidentelle indiscrétion concernant leur discussion de mec, mais Jim poursuit :



Jim s’est levé et s’est approché de moi. Son visage est près du mien. Son parfum un peu poivré m’enivre. Comme toujours, Alex s’amuse de la scène qui lui est offerte. Il fait teinter les glaçons dans son verre en souriant. Je sais que je n’ai aucun secours à attendre de lui. Je tressaille. Jim vient de poser une main sur mes fesses. Mises à part les corrections qu’il m’inflige, c’est la première fois qu’il me touche. Je triomphe secrètement d’avoir peut-être mis à jour l’une de ses faiblesses en choisissant cette tenue provocante. « Liliane se maquille comme une pute, s’habille comme une pute… Je me la suis tapée sur mon bureau… »



Mais déjà il s’éloigne de moi. Son geste n’a duré que le temps de sa question, mais tout mon corps s’est liquéfié.



Je le remercie en rougissant un peu.



Comme d’habitude, j’ai attendu l’approbation du patron de mon mari pour me plier aux exigences. J’en suis un peu gênée. Parviendrai-je un jour à me défaire de ce mauvais pli ?


Mon chemisier ne cache absolument rien de ma poitrine, et surtout pas la turgescence de la pointe de mes seins qui trahit mon état d’excitation. Jim contemple ma poitrine qu’il découvre pour la première fois. Instinctivement, je ramène mes avant-bras devant moi.



J’implore Alex du regard, mais le salaud me sourit et se détourne.



Les deux hommes sont déjà sur le perron. Je le regarde, incrédule :



Jim me saisit fermement par le bras et me tire hors de la maison.



Il sort son portefeuille et glisse trois billets de 100 € dans mon chemisier.



L’effet est immédiat. Le ton seul me rappelle à l’ordre et je rejoins mon mari en trottinant docilement. Le billet de banque n’a pour effet que de réduire en cendre ce qu’il reste de mon orgueil.


Un signe et la limousine sort de l’ombre.



Il donne ses ordres au chauffeur. Nous roulons silencieusement vers le centre-ville. Alex est assis en face de moi. Son regard est fixé sur mes jambes croisées que l’éclairage public dévoile par intermittence. Je le sens excité par la situation. Malgré moi, je repense au dialogue que j’ai surpris :


« J’aime assez son style, mais de là à faire le pas… »


De qui parlait-il ? Nourrit-il secrètement le dessein de me tromper ? Jim a-t-il l’intention de l’influencer à ce point ? La voix de Jim me sort de mes réflexions un peu douloureuses.



Le "ça" me pique au vif. Surtout sorti de la bouche de mon mari. Jim a sans aucun doute perçu qu’une certaine irritation flottait dans l’air et s’empresse d’en rajouter.



Puis Jim s’adresse à son chauffeur.



Le chauffeur règle son rétroviseur afin de pouvoir mieux m’apprécier, tout en gardant un œil sur la route.



Max a un sifflement d’admiration.



À ce moment, notre lourd véhicule s’immobilise sur le périphérique.



Un réverbère baigne l’habitacle d’une clarté jaunâtre. Les hommes m’observent avec un sourire étrange. Alex reprend la parole.



J’obtempère après une seconde d’hésitation, en gardant toutefois les jambes serrées, dérangée par le regard insistant de Max dans le rétroviseur.



Ce signe d’impatience est sorti d’entre les lèvres de Jim. Je le regarde à la dérobée et mes jambes s’ouvrent presque sans mon consentement. Par chance, le trafic a bougé de quelques mètres, me sortant ainsi du rayonnement de l’éclairage public. Un clic se fait entendre et mes yeux se plissent. Jim vient d’allumer une torche électrique qu’il tend à son ami et complice.



Alex dirige aussitôt le faisceau entre mes cuisses.



Les hommes rient et mon mari poursuit sa "visite".



Avant la fin de la phrase, mes doigts ont déjà fait sauter les boutons de ma blouse. Étrangement, j’éprouve de la gêne à m’exhiber ainsi devant mon propre époux. Celui-ci promène le rai de lumière d’une partie intime à l’autre, au grand plaisir de Max qui n’en perd pas une miette.



Il ne faut pas beaucoup de temps à Alex pour interpréter le sourire entendu de son patron.



Je tourne la tête vers Jim afin de vérifier si c’est bien ce qu’il désire, mais c’en est trop pour lui et sa colère explose. Il me saisit par les cheveux et me jette en bas du siège.



Un peu hébétée, je veux me relever mais il me repousse du pied.



Cette nouvelle tournure fait tomber toute forme de résistance face à cette image que je cherche sottement mais malgré moi à conserver, surtout face à mon mari. En quelques secondes à peine, me voici telle que je suis.



Du pied, il rabat sur mon dos la jupe qui dissimulait déjà si mal mes fesses. Le bout de son mocassin tapote ma vulve sans trop de ménagement.



Mon mari braque la torche sur mon sexe.



Puis, se penchant sur moi.



Son pied frappe alors plus violemment ma croupe tendue. Sous le choc, ma tête heurte le capitonnage de la portière.



L’ordre est ponctué d’un nouveau coup de pied qui me projette contre le flanc du véhicule. Geste bien plus humiliant que douloureux. Je me sens devenir folle d’excitation : « J’ai besoin… J’ai envie de ce mâle qui me traîne à ses pieds… » Alex braque sans relâche le faisceau de la torche sur mon intimité.



Un troisième coup de pied dans mon derrière n’arrange pas mon état d’excitation.



Jim retire sa veste et ses chaussures. Mon cœur bat. Ce soir, va-t-il enfin se décider à me posséder ? Je rêve de cet instant depuis le jour où je me trouvais dans son bureau. Mon corps entier frémit de plaisir à cette idée. J’ai l’impression qu’il s’ouvre comme un fruit mûr. Alex, qui scrute inlassablement ma chatte à l’aide de la torche électrique doit s’en apercevoir car je perçois un léger sifflement admiratif. Un peu excédée par sa présence, je le laisse à sa vicieuse contemplation et retrouve mes pensées secrètes : «C’est donc bien ça… Jim aime les prostituées. Les maquillages aguicheurs et les tenues provocantes. C’est son point faible. La fissure dans la muraille. Un jour, je découvrirai d’autres fissures, mais pour l’instant, je vais agrandir celle-ci… » Le monde des prostituées ne m’a jamais attirée. Pourtant, en ce moment même, je me sens métamorphosée. J’ai l’impression que mon corps est celui de la plus grande des putains.


Le pied nu et un peu froid de Jim s’engage dans une méticuleuse exploration de mon corps. Avec des gestes un peu malhabiles, il fait remonter ma blouse très haut et se met à jouer avec mes seins dénudés.



Je commence à bouger d’avant en arrière, mimant le mouvement de mon corps pendant le coït.



J’augmente le rythme et très vite, l’excitation me pousse à une certaine frénésie.



Je me trémousse, oubliant la présence du chauffeur et de mon mari. Une pression du pied de Jim sur ma nuque me fait déposer ma joue sur le sol. Mes seins s’immobilisent au contact rugueux du tapis. Toujours à l’aide de son pied, il caresse doucement mon visage. Lorsque ses orteils s’approchent de ma bouche, ma langue sort instinctivement. Jim reste silencieux. Je devine très vite que cette attention le touche. Je m’enhardis ; je lèche ; je suce avec avidité. Des voix et l’éclairage bleuté des gyrophares me ramènent à la réalité.



Nous reprenons de la vitesse sur le périphérique. Jim retire son pied.



Un peu confuse, je reprends ma place sur le siège et remets de l’ordre dans mon chemisier. Je me sens rougir en croisant le regard d’Alex. À quoi peut penser un homme qui vient de voir son épouse se prosterner fesses nues devant un homme et lui lécher les pieds ? Encore une fois, je suis dérangée par sa présence.


La limousine s’immobilise à l’angle d’une rue.



La portière s’ouvre et les deux hommes sortent. Je suis soudain paniquée à l’idée de me retrouver pratiquement nue au milieu de la foule. Je peste mentalement contre ces deux salauds qui déjà disparaissent dans la foule, laissant la porte de la voiture ouverte.



Je cherche mon pardessus, mais je l’aperçois au loin, sur le bras de mon mari. Je n’ai que le choix de sortir dans la tenue où je me trouve.


Étonnamment, personne ne semble me prêter attention. Nous sommes dans le quartier le plus chaud de la ville. Bien d’autres filles arpentent le trottoir dans des tenues provocantes. Mon malaise est pourtant à son paroxysme. En tirant sur ma jupe, je trottine pour rattraper Jim et Alex. Mes chaussures trop hautes tordent mes chevilles. Malgré mes bras en croix devant ma poitrine, mes seins dodelinent ridiculement sous ma blouse. J’ai honte. Je me sens non seulement dénudée, mais totalement gourde. Un homme tente de m’interpeller, sans doute pour me faire des propositions. Je m’en défais en l’ignorant.


Je rejoins les hommes au moment où ils pénètrent dans le restaurant. L’endroit est sélect et la décoration est de bon goût. Jim semble être un habitué de cet endroit. Le portier l’appelle par son nom en le saluant et coule vers moi un regard qui en dit long. « Combien de putains Jim a-t-il amenées ici jusqu’à ce jour ? » Ma gorge se noue. Je suis furieuse. Tout simplement jalouse.


Nous sommes conduits vers notre table par une charmante hôtesse. Elle porte une robe longue, fendue jusqu’aux hanches. Je me sens de plus en plus godiche, vêtue comme une putain de trottoir. Le restaurant est presque plein, essentiellement occupé par des couples. La plupart des hommes sont de bonne mise mais dépassent presque tous la cinquantaine. Les filles sont toutes belles et parfois très jeunes. Sans aucun doute toutes des professionnelles. Un vieux pianiste voyeur joue un jazz mélancolique en scrutant les moindres gestes des couples illicites qui sont à la portée de sa vue.


Au moment de s’asseoir, Alex tente un geste d’affection, mais je me dégage d’un geste excédé. Ma nervosité provient sans doute du fait que je me retrouve, malgré moi, dans un milieu qui m’est hostile. Je suis certes excitée mais, par sa présence, mon mari m’empêche d’accepter le rôle que je devrais jouer. Confusément ballottée entre un rôle de prostituée que l’on cherche à m’imposer et celui d’épouse honnête que je suis.


Je me réfugie momentanément derrière la carte des mets. Je tente de calmer cette mauvaise humeur qui me submerge en parcourant les différents plats qui nous sont proposés. J’opte pour une omelette aux morilles sans prendre d’entrée. Les hommes se commandent un repas complet. Ma mauvaise humeur ne fait qu’augmenter en surprenant les regards de convoitise qu’ils jettent en direction de la serveuse. Et, pour ne rien arranger, Jim semble s’en amuser.



Il balaye mes arguments d’un geste d’impatience.



Je baisse les yeux.



Puis, il chuchote.



Je me risque à le toiser.



Jim a un rire sarcastique.



Je me sens désarmée et tente de me défendre. Mais Jim reste intraitable.



Et je me retrouve à nouveau totalement à sa merci.



Il est interrompu par le personnel qui apporte à cet instant les différents repas commandés. Pendant que nous mangeons, les hommes devisent sur différents sujets de l’actualité. À l’heure des digestifs, Jim s’adresse à nouveau à moi.



Je le regarde sans comprendre où il veut en venir.



Il souffle sur son café chaud avant de poursuivre.



Jim interrompt son récit et me regarde avec un sourire mystérieux.



Jim commande un nouveau Calva avant de continuer son récit.



Alex écoute distraitement. Sans doute connaît-il déjà l’histoire de son patron.



Jim s’avance vers moi et poursuit en baissant la voix.



Il s’approche encore. Ses lèvres effleurent presque les miennes. Je crois qu’il va m’embrasser, mais il me chuchote.



Je me détourne malgré moi. Son haleine m’indispose plus encore que ses propos. Un coup d’œil sur la bouteille de Calvados me renseigne sur la situation.



Un peu effrayée, je regarde autour de moi, à la dérobée. Par chance, les autres clients ne semblent pas nous entendre. Quant à Alex, cet idiot qui n’a jamais supporté les alcools forts somnole dans son coin. Jim reprend son récit.



Je suis resté très calme et, comme c’est souvent le cas dans ce genre de situation, c’est elle qui s’est mise en colère. Poussée aux aveux par sa propre fureur, j’ai tout appris sur elle. L’honnête femme avec qui je partageais ma vie se prostituait depuis l’âge de 13 ans. Issue d’une famille aisée, elle ne le faisait que par pur vice. Et, comme si cela ne suffisait pas, je devais apprendre également que le sang qui circulait dans les veines de mon fils n’était point le mien, mais celui de mon propre frère.


La voix de Jim trahit une grande émotion. Je me risque à poser ma main sur la sienne, mais il se dérobe. Il se redresse sur sa chaise et dit dans un soupir.



Les yeux de Jim expriment une grande tristesse. Par respect, je détourne les yeux. Le restaurant est presque vide. Quelques tables plus loin, un quinquagénaire s’apprête à quitter la salle. Une femme de mon âge l’accompagne. Sa tenue n’est pas provocante. Elle me ressemble un peu, porte le même genre de vêtement que moi dans la vie de tous les jours. Elle n’a pas l’air d’une prostituée et pourtant, je suis persuadée qu’elle est là pour… Est-ce par besoin matériel ou par vice, comme l’épouse de Jim ? Où va-t-il l’emmener ? Que va-t-il lui faire ? Est-elle mariée ? Cet homme va-t-il accomplir avec elle ces choses que sa femme lui refuse depuis toujours ? Et elle, va-t-elle accorder à cet homme ce qu’elle refuse à son mari ? Le type n’est même pas beau et il a un regard vicieux. Je voudrais les suivre discrètement… Les regarder accomplir l’interdit. Je me sens voyeuse. Le vin, la moiteur de l’endroit et la situation attisent mon excitation. La voix de Jim m’arrache à mes pensées perverses.



Un sourire narquois illumine son visage.



Un rapide coup d’œil dans la direction de mon mari m’encourage. Il dort.



Il me dévisage avec un sourire de convoitise, s’attardant sur ma poitrine.



Je baisse la tête, incapable de soutenir son regard.



Il me considère avec étonnement.



Je m’efforce de me contrôler. De ne pas me laisser emporter.


L’alcool semble être un bon allié. La carapace de cet homme blessé n’est donc pas insurmontable. Je me sens pousser des ailes de séductrice. Je veux être la putain qu’il convoite secrètement. Faire taire la femme honnête. Réveiller la salope.



D’un air songeur, Jim contemple mon mari qui dort, la tête inclinée sur sa poitrine. Je profite de cet instant d’hésitation pour consolider ma position.



Jim joue distraitement avec son rond de serviette.



Je l’interroge du regard.



Sa voix devient mystérieuse.



J’ai un moment d’hésitation, surprise par cette forme de marché. Mais l’envie l’emporte rapidement sur les sentiments de jalousie.



Jim saisit ma main et dépose un léger baiser sur mes doigts.



Je le regarde avec une certaine admiration.



Jim me sourit.



Jim fait comprendre à notre serveuse qu’il souhaite régler la note.



Alex revient à lui tranquillement.



Habile, Jim s’empresse de sauter sur cette occasion.



Alors Jim s’adresse à elle.



Le visage de la serveuse s’illumine d’un sourire radieux.



Alex, qui croyait jusque-là à une plaisanterie de la part de son ami, se sent un peu désemparé. Il me regarde, soucieux de ma réaction. Je le rassure d’un sourire. Pourvu qu’il ne fasse pas le con et ne laisse pas passer cette opportunité par seul souci de ne pas me froisser. Jim sauve la situation.



Un peu gêné par la situation, Alex ne sait trop quelle attitude adopter.



Jim se met à rire.



Je me saisis de son verre laissé à moitié vide devant lui et y trempe les lèvres.



Mais Alex est déjà captivé par Sophie qui revient le chercher.



J’éprouve quand même un pincement en voyant mon mari s’éloigner avec cette fille. Mais mon excitation est à un point de non-retour. C’est le prix que je dois payer pour réaliser ce dont je rêve depuis des semaines.



Je ne sais quel comportement adopter devant cet homme qui me dévisage avec un sourire étrange.



Je baisse les yeux en rougissant. Cette réflexion hors de propos me met mal à l’aise.



Il s’approche un peu de moi par-dessus la table.



Mes mains tremblent un peu, d’excitation que la situation porte à ébullition, mais également d’angoisse. Si je m’en réfère à ses insinuations, Jim cherche à ce que je lui offre cette partie de moi qui est encore vierge. Jim se saisit de son portable.



Il raccroche et me sourit.



Je souris en baissant les yeux. Je pense à mon mari. Pourvu qu’il ne termine pas trop tôt ses basses besognes avec l’autre salope. Je suis parvenue à mes fins. Son patron va m’emmener quelque part et me posséder enfin. Je ne veux pas que sa présence gâche mon plaisir.



Je reste silencieuse mais les provocations verbales de Jim ne font qu’augmenter mon état d’excitation.



Jim a une mimique de satisfaction.



J’obéis, non sans avoir jeté un coup d’œil furtif autour de moi. Il ne reste dans la salle à manger que le vieux pianiste, et il nous tourne le dos.



Je me mords la lèvre, un peu honteuse de cette proposition déplacée.



Je le regarde griffonner quelques mots sur un bout de papier qu’il a sorti de sa poche.



Je me lève sans trop comprendre où il veut en venir et me dirige vers le vieux type. Lorsque je suis à sa hauteur, il se tourne vers moi. Son regard s’attarde sur mes jambes et remonte lentement vers mon visage. Il me sourit. Je lui tends le papier. Il cesse de jouer, lit et me le redonne. Je ne peux m’empêcher de lire à mon tour.



Veuillez, je vous prie, vérifier par le toucher si la jeune personne que je vous envoie est excitée et me rendre réponse.



Incrédule, le vieil homme jette un regard en direction de notre table. Jim lui fait signe. Je sursaute au contact d’une main froide qui s’est posée sur ma jambe, juste au-dessus du genou. Elle remonte doucement entre mes cuisses que je resserre instinctivement.



Docile, je desserre les genoux. Les doigts tremblants de désir reprennent leur ascension. Lorsqu’ils entrent en contact avec mon intimité, mon corps est envahi par un frisson incontrôlable. L’individu aux cheveux gris ricane. Je ferme les yeux, incapable de soutenir son regard vicieux. Il me touche, palpe ma vulve gonflée avec frénésie. Ses doigts s’insinuent entre mes lèvres, cherchent à s’introduire en moi. Je veux à nouveau resserrer mes cuisses, mais Jim intervient encore depuis notre table. Je n’ai d’autre choix que de me laisser faire. Plusieurs doigts me pénètrent profondément. Son pouce écrase mon clitoris. Des éclats de voix me font sursauter. J’ouvre les yeux et j’aperçois mon mari qui s’approche. Sophie est pendue à son bras et ils rient de bon cœur. Je lance un regard paniqué en direction de Jim, mais l’arrivée impromptue d’Alex ne semble pas le troubler.



Une fois encore, la présence de mon époux me contrarie. Ne pouvait-il pas rester entre les fesses de cette poufiasse ! Maintenant il est là à me regarder en train de me faire tripoter par un vieux porc sans dire un mot. Je laisse soudain échapper un cri. Le salaud de vieux me masturbe sans aucune gêne et personne n’intervient pour l’en empêcher. Je me tortille pour tenter d’échapper à la caresse perverse. Le type ricane de plaisir. Je me mets à jouir malgré moi. Mon corps tremble, mes jambes ne me portent plus. Je fléchis les genoux et le vieux en profite pour plaquer son visage sur mon bas-ventre.



L’homme se ravise et s’excuse. Jim me rejoint et me saisit fermement par le bras.



Il se saisit de mon pardessus et me le jette.



Sophie ricane et veut prendre congé, mais Jim l’interpelle.



Nous sortons du restaurant. Les gens se pressent sur le trottoir. Je resserre les pans de mon pardessus. Jim tient toujours mon bras et nous marchons d’un pas déterminé en direction de la limousine qui attend sur le coin de la rue. Max ouvre la portière.



Jim me jette sur la banquette et Sophie prend place à côté de moi. Je déteste cette fille à qui Alex coule des œillades amoureuses. Le lourd véhicule se met en mouvement. Tout en me dévisageant, Jim s’adresse au chauffeur.



Jim allume la lumière du plafonnier. Il se penche et me saisit par les cheveux, me forçant à me tenir dans le champ de vision de son chauffeur.



Max m’observe à la dérobée dans son rétroviseur.



Jim me saisit par les coudes qu’il ramène en arrière, me forçant à bomber la poitrine.



En quelques gestes rapides, il a retiré mon chemisier et je me retrouve seins nus. Avec des gestes vulgaires, il soupèse ma poitrine. Max a un sifflement d’admiration.



Mon sang ne fait qu’un tour. Je regarde Jim avec incrédulité.



Je cherche le regard de mon mari, m’attendant à ce qu’il intervienne. Mais ce salaud est trop occupé à tripoter les seins de Sophie qui s’est lovée contre lui. Notre véhicule pénètre dans un stationnement souterrain privé et s’immobilise près d’une voiture blanche. Max descend et vient ouvrir la portière. Jim m’oblige à sortir et m’administre une claque sonnante sur le derrière.



La portière se referme sur eux. Je suis dans un état second et ne suis pas même capable de me mettre en colère. Je suis là, comme une idiote, les bras ballants, la poitrine nue dans un stationnement. J’étais persuadée que, ce soir, je réaliserai enfin le fantasme qui me tient depuis des semaines avec cet homme qui me rend folle d’excitation.



Max est un personnage très courtois. Il me tend mon pardessus et m’aide à le mettre.



Alors la rage monte soudain en moi. Ces salauds s’imaginent peut-être que je vais me dérober ?



Je me couche avec détermination sur le capot du véhicule voisin.



Déjà très excité, Max ne perd pas de temps. Il sort son sexe déjà bandé, le recouvre d’un préservatif et vient se placer entre mes jambes. D’un coup de rein puissant, il me pénètre entièrement. Je pousse un cri, surprise par le plaisir que cela me procure. Malgré le fait que la situation ne soit pas du tout telle que je l’espérais, je suis terriblement excitée. Le chauffeur me baise sur un rythme régulier et soutenu. Je tourne le visage en direction de la limousine et je croise le regard d’Alex à travers la vitre. La situation est démente. Je suis là, sous ses yeux, en train de me faire prendre par un autre homme, comme une putain. La présence de mon mari devrait m’irriter, comme cela a été le cas durant toute la soirée. Au contraire, j’ai l’impression que ça m’excite.


Derrière mon mari, j’aperçois Sophie. Elle est entièrement nue, dans la position où je me trouvais en nous rendant au restaurant. Prosternée, les fesses remontées très haut. Jim la maintient par les hanches et la besogne avec fureur. Je me sens soudain aussi salope qu’elle. Je remonte mes jambes très haut. Max accélère encore son allure et c’est alors qu’un orgasme d’une rare violence me submerge. Je hurle mon plaisir sans aucune retenue, entraînant mon amant dans mon extase.


Après avoir raccompagné Sophie à son domicile, Max nous ramène à la maison. Je suis totalement épuisée. Jim me contemple dans la pâle clarté de l’habitacle.




À suivre… (peut-être)



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