Notation public
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n° 12734Hélène et Marc21/07/08
La reine des fourmis
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147595 caractères      
Auteur : Ln007

Dimanche 24 juillet, 23 heures



Il a une flûte de champagne à la main et un sourire las. Il a délaissé le Bloody-Mary, sa boisson de prédilection, au profit de quelques bulles dont il ne raffole pas spécialement. Trop pétillant, trop acide. Mais il a pour habitude de sacrifier à cette petite tradition solitaire.


Il se tourne vers le miroir et lève son verre.



Il a dit ça un peu trop jovialement, en forçant sur le clin d’œil. Quarante printemps, mais il a l’impression de rentrer dans l’automne. Depuis longtemps, il fête son anniversaire en misanthrope, trouvant étrange que les gens donnent des fêtes à cette occasion. Pour lui, il n’y a que les enfants qui en valent la peine.


Puisqu’il est devant sa glace, il en profite pour faire son autocritique, sans dureté excessive mais sans complaisance. Il n’est pas franchement beau, mais son visage a du caractère : les traits fins et réguliers, une chevelure encore abondante, les tempes grisonnantes comme il se doit, et surtout un regard acéré même si ses paupières se sont légèrement alourdies, lui prêtant une expression qui dérange les hommes et captive les femmes. Son fameux regard qui lui a valu tant de succès. C’est aussi à cause de lui que ses conquêtes furent aussi éphémères que nombreuses. Il a toujours été emporté par son esprit décidément trop libertin. Il en a trop joué. Aujourd’hui, il en a marre. Et demain peut-être encore plus.


Il s’assoit lourdement sur son vieux fauteuil en cuir râpé, dont il ne se séparerait pour rien au monde. Sur ce fauteuil, il se retrouve. C’est un peu comme une machine à remonter le temps. Tantôt pour se remémorer son enfance, tantôt pour faire le bilan sur sa vie d’adulte.


La disparition de son père, lorsqu’il avait huit ans, créa un séisme. Sa mère, qui était très jolie femme, mit peu de temps à faire son deuil, ayant décidé qu’à 35 ans il était encore temps de refaire sa vie. De fait, elle apparut très vite sous un nouveau jour. Elle était toujours aimante envers ses enfants mais il devint clair qu’ils ne seraient plus le centre de son existence. À sa silhouette plantureuse, elle ajoutait désormais une coquetterie qui lui semblait un peu déplacée. Le chemisier fermé laissait place à des décolletés qui dévoilaient sa poitrine abondante, les robes sages s’effaçaient devant des fourreaux moulants, les jupes classiques étaient supplantées par des concurrentes ne cachant rien des cuisses, les cheveux châtains clairs avaient pris une blondeur décolorée, aux chaussures basses succédaient des escarpins montés sur des talons aiguilles… Bref, la mère de famille s’était muée en un succédané pulpeux de Marylin Monroe et Jane Mansfield réunies. Force était de reconnaître que cette métamorphose, aussi tapageuse fut-elle au regard des voisins prompts aux commentaires, lui allait comme un gant. Elle pouvait rivaliser sans honte avec les stars hollywoodiennes de l’époque.


Naturellement, son mode de vie s’accorda à ce nouveau plumage. Elle recevait peu à cause des enfants mais ne manquait jamais une occasion de sortir, rentrant à des heures de plus en plus tardives. Souvent, la voiture qui la déposait devant la maison n’était pas la même mais c’était toujours un homme qui la conduisait. Au fil du temps, il apparut au petit garçon que sa mère était aussi – et peut-être davantage – une femme autonome qui ne se privait pas des plaisirs que la vie et les hommes lui offraient grâce à son physique avantageux. Sa perception de la féminité en fut précocement modifiée.


À l’âge de l’adolescence, il devint plutôt beau garçon et sa mère, pas peu fière de lui, en conclut que ce serait forcément un homme à femmes, comme elle-même était devenue une croqueuse d’hommes. Elle lui prodiguait d’un ton léger maints conseils sur l’art et la manière d’approcher une femme, d’accrocher son regard, quel que soit le résultat escompté, simple flirt ou romance. Elle lui apprit aussi cette règle d’or :



Son premier émoi sexuel remonte à l’âge de 13 ans. Attachée de presse dans une boite de communication, sa mère était partie à un vernissage. Pressée par l’heure, elle avait laissé sa chambre en chantier et laissé la porte ouverte. Il se risqua d’abord à jeter un coup d’œil dans ce sanctuaire puis entreprit de fouiller ses armoires. Ce qu’il découvrit alors le stupéfia. Elle possédait, outre une pléthore de lingerie fine éminemment suggestive, un armada d’articles bien plus sulfureux : chemisiers transparents, collants ouverts sur les fesses, culottes fendues, soutien-gorges dépourvus de bonnets, robes fendues ouvertes jusqu’à mi-fesses, minijupes ultra-courtes, harnais, lanières, cuissardes, loups, colliers, bracelets, fouets, martinets… Le feu aux joues, il porta ces oripeaux interdits à ses lèvres, cherchant l’odeur intime de sa mère. Ce jour-là, il eut sa première érection et quitta précipitamment la chambre après avoir rangé maladroitement les affaires.


Lorsqu’il vit sa mère le lendemain matin, il la trouva tellement belle et épanouie qu’il pensa que c’était en partie grâce à ce qu’il avait découvert. Il en tira la conclusion que le sexe comptait beaucoup dans une vie. Elle s’était assise à la table de la cuisine et l’avait regardé avec un regard un peu réprobateur, le sourire en coin. Il comprit qu’elle avait découvert son intrusion mais elle n’en dit jamais mot. Un pacte s’était tacitement installé entre eux.


Depuis ce jour, il voyait sa mère autrement. Sans arrière-pensée incestueuse, mais comme une femme désirable qu’il observait avec attention et qui le guidait en filigrane dans son initiation sexuelle. Sa sœur n’était d’ailleurs pas en reste. Elle n’avait pas l’aura de sa mère mais elle avait hérité de ses formes appétissantes et d’une sensualité éclatante qu’elle ne se privait pas d’offrir aux convoitises masculines.


Ainsi entouré de ces deux femmes assumant la liberté de leur corps et de leur esprit, il était naturellement prédisposé à faire ses preuves, mais il était déçu par la manière dont se comportaient ses premiers flirts. Trop timorées à son goût, faisant les mijaurées, serrant les cuisses, alors que lui, certain que les choses pouvaient merveilleusement se passer, était obligé de freiner ses ardeurs et son imagination. Il en était frustré et n’imaginait pas un seul instant qu’il puisse tomber amoureux d’une fille sans ébat sexuel digne de ce nom. Il n’avait que des bonnes copines, un peu effrayées par son audace.


Il s’en ouvrit à sa mère, laquelle comprit fort bien son sentiment. Puisqu’il en était ainsi, il était inutile qu’il ronge indéfiniment son frein avec des filles de son âge. Il était précoce, il fallait donc lui trouver chaussure à son pied. Il aurait bien le temps plus tard de s’assagir.


Elle sut faire les choses. Elle amena un beau jour d’été une amie à la maison, qu’elle lui présenta comme une collègue. Il soupçonnait qu’il s’agisse en réalité d’une compagne de jeux. Elle était plus jeune que sa mère, 30 ans environ, et représentait l’archétype parfait de la pin-up sur papier glacé : blonde, les dents d’une blancheur éclatante, le visage ovale, une bouche charnue sur un sourire mutin, des formes rondes et généreuses. Sa mère prétexta une course à faire et s’éclipsa avec un clin d’œil furtif en lui suggérant de faire les honneurs du jardin à la charmante demoiselle par cet après-midi de chaleur. La jeune femme, pas farouche, se mit immédiatement à l’aise. Elle se défrusqua et s’allongea sur un transat, vêtue d’un bikini. Ils se parlèrent très peu, mais elle était autant attirée par son regard de prédateur en herbe, que lui par sa plastique irréprochable. Alanguie, elle déclara qu’il faisait décidément très chaud, n’est-ce pas, et que si elle osait, elle enlèverait son maillot, d’autant plus que le jardin était à l’abri du regard des voisins. Sans attendre sa réponse, elle se dévêtit prestement. Le maillot d’abord, puis la culotte. Elle vit qu’il bandait, et les choses allèrent très vite.


Elle s’approcha de lui et commença par lui offrir sa bouche. Comme elle était goulue, il jouit rapidement. Elle ne se formalisa pas et le déshabilla à son tour, l’embrassa sans vergogne, lui apprenant l’art de rouler une pelle, le lécha partout, le branla pour que sa queue retrouve sa vigueur. Il banda à nouveau, alors elle entreprit de lui apprendre les rudiments de l’amour. Elle s’empala sur lui, à califourchon, en ondoyant bien du cul, prenant ses mains pour qu’il lui caresse les seins, l’engageant à profiter d’elle sans limite. Puis elle l’initia à la levrette, lui rappelant que les femmes, sous des airs de pudeur, adorent être prises comme des chiennes et que, s’il avait envie de lui claquer les fesses en même temps, ça ne faisait que rajouter au plaisir puisque c’était le but recherché. Du plaisir, elle en prenait autant que lui parce qu’il était remarquablement doué pour un débutant de 15 ans. Elle lui dit d’ailleurs :



Il la besognait sans fébrilité mais avec l’assurance de quelqu’un qui sait qu’il est naturellement fait pour ça. C’est lui qui eut l’idée de la prendre sur la table du jardin. Les cuisses relevées jusqu’aux épaules, elle abandonna sa pédagogie et l’exhorta à la bourrer sans ménagement. Ils jouirent en même temps. Après cela, elle passa sa langue sur sa queue, manière de lui dire qu’après l’acte, il ne faut pas détaler comme un lapin. Puis elle partit, l’assurant qu’il était bon élève mais que le sexe recelait bien d’autres ressources. Toujours est-il qu’il en apprit bien plus en cette séance que d’autres hommes pendant toute leur existence.


La main sur le menton, il se souvient de tout cela. Les accessoires indécents de sa mère et cette marraine venue le dépuceler. Deux évènements majeurs qui ont conditionné son destin et façonné irrémédiablement son esprit libertin, son besoin impérieux de sexe, sous toutes ses formes. Jamais au cours de sa vie, il n’a pu s’en passer. Ses velléités de mener une vie normale ont fait long feu, que ce soit à l’occasion d’un mariage aussi bref que calamiteux ou de quelques retraites à l’abri des tentations. Pour autant, il n’a pas sacrifié sa carrière professionnelle. Cinéaste de seconde zone, le milieu artistique dans lequel il évolue se prête bien à ces débordements. Pour le meilleur et pour le pire.


Introduit dans le cercle des initiés grâce à une réputation qui s’est répandue comme une traînée de poudre, il n’a eu aucun mal à assouvir nombre de fantasmes, y compris les plus interdits, y compris avec des femmes auxquelles on aurait donné le Bon Dieu sans confession. Il tire toute sa force de persuasion dans son regard hypnotique et quelques mots bien placés. Pas plus tard que la semaine dernière, il a gagné son pari engagé avec ses amis de débauche : baiser debout, à l’arrière du bar, une bourgeoise désœuvrée qu’il a emmenée dans une boîte de nuit défraîchie où se côtoient des quinquagénaires en goguette débarqués de leur autocar. Un terrain d’aventure très excitant pour un vieux routier comme lui après le détour obligé par le restaurant. Il lui aura fallu seulement deux heures pour arriver à ses fins. La sainte nitouche, ou l’oie blanche c’est selon, a succombé, la culotte sur les chevilles, à son « amicale pression » sous les yeux ravis du barman complice et de quelques témoins oculaires en feignant d’ignorer que les coups de boutoir qu’elle recevait, cambrée contre le comptoir, ne pouvaient échapper aux regards avertis, quand bien même elle était dans la pénombre et essayait de garder une contenance. Il se souvient qu’après cette sérénade, elle a quitté précipitamment les lieux, mortifiée, se jurant qu’on ne l’y reprendrait plus.


Ce qui est faux, bien sûr. Depuis longtemps il a appris à explorer la face cachée des femmes et il sait reconnaître, par un faisceau d’indices, celles qui sont prêtes, en dépit des apparences, à se livrer au stupre. Il sait par expérience qu’une femme a priori choquée par ses propositions indécentes aura plus de chances de tomber dans ses rets qu’une autre qui ponctuera d’éclats de rire son air entendu. Qu’un froncement de sourcils désapprobateur promet davantage qu’un regard complaisant. Qu’une femme qui réfléchit à ce qu’on lui dit est mieux disposée que celle qui parle plus qu’elle n’écoute. Que certains silences, à l’instar des regards qui les accompagnent, sont éloquents.


Depuis quelques temps, il privilégie l’action solitaire aux terrains de chasse balisés. Il a eu sa dose des boîtes dites échangistes, même s’il en garde quelques souvenirs mémorables, comme cette soirée où une créature sculpturale sortie tout droit d’un univers fantasmagorique, vague imitation de Cruella, chaussée de cuissardes noires, dotée d’une poitrine énorme et d’un cul moulé comme un violoncelle, exigeait, entièrement nue et à quatre pattes, que ceux qui l’enculent fassent la queue derrière elle pendant qu’elle suçait les autres assis en rang d’oignons. Il y avait bien plus d’hommes que de femmes ce soir-là. Elle avait œuvré ainsi une partie de la nuit sans discontinuer. Sur la fin, toujours directive et éminemment salope, elle demanda à ceux qui étaient restés en carafe de lui gicler dessus, de préférence sur le cul et si possible dans la raie. Ils furent une bonne dizaine à se ramasser autour d’elle et ce fut une pluie de sperme qui s’abattit sur son corps laiteux. L’assistance était à la fois médusée et admirative. Çà et là, il y eut quand même quelques regards écœurés. Maculée de la tête aux pieds, elle ramassa ses affaires et alla tranquillement se laver, puis elle revint et se jucha sur un tabouret au bar pour s’offrir un verre, comme si de rien n’était, tous sourires dehors.


Mais ce qui l’excitait le plus dans ces boîtes, c’était les femmes qui y accompagnaient leur mari ou leur compagnon pour la première fois. Il les repérait très vite à leur air pincé et vaguement contraint. Les pantalons étant proscrits dans ces établissements, elles n’avaient d’autre choix que d’être vêtues de façon affriolante, en essayant de ne pas être attifées comme des putes. Elles savaient qu’elles ne pouvaient rester trop longtemps statiques, tout en redoutant l’assaut de la gent masculine, et restaient aux côtés de leurs protecteurs. Mais la plupart du temps, un buffet à volonté était offert et elles profitaient de ce prélude pour se détendre, alcool aidant. Il ne s’attardait pas sur les couples qui se cherchaient des yeux et n’étaient disposés qu’à baiser entre eux. Ça ne présentait pas le moindre intérêt. En revanche, il était attiré par les femmes qui finissaient par oublier leur comparse et promenaient sur l’assistance un certain regard, guettant l’approche.


Il se souvient bien de l’une d’elle. Elle était jeune et ressemblait à une madone avec ses cheveux noirs tirés en arrière, ses yeux cernés de khôl et sa bouche charnue d’un rouge vermeil. Elle était presque trop belle pour ce genre d’endroit, au point qu’il se demandait ce qu’elle faisait là. Lovée dans un fauteuil, accompagnée d’un vieux briscard qui avait le bon goût de ne pas l’accaparer, il l’avait vue décliner plusieurs invitations d’un sourire poli mais ferme. C’était le genre de femme qu’il lui fallait : apparemment inaccessible mais qui ne pouvait être là par hasard. Cela se voyait à sa tranquille assurance.


Il l’avait abordée d’une manière on ne peut plus banale, en lui demandant du feu. Elle lui avait tendu négligemment son briquet. Il avait alors allumé sa cigarette en la regardant droit dans les yeux. Elle fut saisie par son regard lycanthrope à la lueur de la flamme. Elle eut une expression d’heureuse surprise et lui accorda, les yeux mi-clos et le menton en avant, un sourire de connivence. Sans un mot, il écrasa sa clope et l’entraîna vers lui en lui prenant la main. Elle le regarda fixement et lui dit sans ambages qu’elle n’aimait pas s’embarrasser de préliminaires. Ce qui suivit fut au-delà de ses espérances. Elle le fit asseoir sur le fauteuil et le chevaucha sans façon. Sa robe moulante était fendue à l’arrière jusqu’aux fesses et elle n’eut aucun mal à la relever sur le devant. Elle ne portait pas de culotte et son sexe était lisse comme un abricot. Elle passa ses jambes par-dessus les accoudoirs, sortit sa bite avec dextérité et s’empala directement. Elle prit sa tête et l’embrassa profondément, sa langue s’insinuant partout. Elle lui dit qu’elle mouillait déjà du con et de la bouche et c’était vrai. Elle lui dit surtout qu’elle adorait par-dessus tout s’exhiber, que faire l’amour devant un aréopage d’inconnus était un vice qui lui procurait un plaisir indicible et que ses orgasmes en étaient décuplés. Joignant l’acte à la parole, elle fit glisser sa robe par-dessus tête, dévoilant un corps de déesse, une peau tendre et satinée et des gros tétons sur des seins fermes. L’assistance commençait à se ramasser autour d’eux et elle les observait, hommes et femmes, avec défi et délectation. Elle avait basculé son corps en arrière. Il la tenait par la taille d’un main, et de l’autre lui mit un doigt dans le cul. Il s’aperçut qu’elle était bien ouverte aussi de ce côté-là et il comprit, à la moiteur visqueuse de son orifice, qu’elle s’était lubrifiée au préalable.


Le corps arqué à l’horizontale, la tête renversée en arrière, elle s’enfonçait autant qu’elle pouvait, écrasant ses couilles de son cul moelleux. Les yeux au plafond, elle tendit la main vers quelque entrejambe masculin, attendit qu’en sorte une queue, l’attira vers elle et offrit sa bouche. Elle téta un braquemart de beau calibre, le fit coulisser longuement dans sa gorge avant de le traire à nouveau, puis elle caressa ensuite le pourtour de ses lèvres, signifiant ainsi qu’elle voulait accueillir la semence. L’obscur anonyme ne se fit pas prier et elle avala le jus d’un trait au plus profond de sa gorge, sa bouche enserrant le gland. Elle réitéra avec une autre bite car elle n’était pas rassasiée, puis à peine eut-elle fini d’avaler le deuxième jet qu’elle eut un premier orgasme. Cette fille était bien plus qu’une exhibitionniste, c’était une Walkyrie intrépide, déliée de tout tabou, qui défiait une assistance sans laquelle elle ne pouvait assouvir son besoin impétueux de se livrer avec une telle extrémité.


Elle se désarçonna et fit une pirouette arrière élégante avant de se relever. Çà et là, il y eut quelques murmures complimenteurs. Elle but d’un trait un verre d’alcool pour se rincer la bouche, se retourna et, face à l’assistance, s’encula sans peine en même temps qu’elle s’assit sur son hôte. Les jambes repliées et écartées à 90 degrés, elle offrait à la vue de tous son cul empalé et les lèvres grandes ouvertes de sa chatte épilée. Scandaleusement obscène, les mains posées sur les accoudoirs, elle attendait d’un regard à la fois allumé et assuré qu’un deuxième mâle l’enfourne par-devant. Il en vint trois qui la bourrèrent au rythme qu’elle leur imposait, c’est à dire sur toute la longueur de leur queue pour qu’elle les sente bien coulisser et que tout le monde profite du spectacle. Il lui murmura qu’il allait bientôt exploser et elle exhorta l’autre à faire de même, car elle voulait qu’ils jouissent à l’unisson. Ils déchargèrent l’un et l’autre à quelques secondes d’intervalle et cette invasion massive dans son con et dans son cul provoqua son deuxième orgasme, plus intense que le premier.


Elle s’éclipsa et revint quelques minutes plus tard, propre comme un sou neuf et fraîche comme de l’eau de rose mais toujours dans le plus simple appareil, et lui assura que ça faisait un petit moment qu’elle n’avait pas pris un tel pied. Ça ne l’empêcha pas de se balader complètement à poil dans tout l’établissement jusqu’à l’aube, se faisant tripoter, lécher et baiser dans tous les sens, du bar jusqu’aux chiottes en passant par les escaliers et les alcôves, jamais repue, au gré des circonstances et des désirs que lui inspiraient les convives.


Elle congédia gentiment son vieux protecteur (« il me paie pour se rincer l’œil » lui dit-elle) et lui demanda de la raccompagner. Sans y croire, il lui fit alors le pari qu’elle ne se rhabillerait pas. Elle releva le défi avec aplomb et demanda au tenancier de héler un taxi familier des lieux. Pour preuve de sa détermination, elle confia ses affaires au vestiaire et sortit complètement nue à la lumière naissante du petit jour, devant les yeux ébahis du chauffeur de taxi et des convives qui s’étaient ramassés dans l’entrée. Elle voulut qu’ils prennent leur temps pour monter dans la voiture. À peine installés, il entoura ses épaules de son bras et caressa allègrement ses nichons. L’autre n’en perdait pas une miette dans son rétroviseur. « Où va-t-on ? » demanda-t-il. « Aucune importance, conduisez lentement » répondit-elle. Elle se mit aussitôt à quatre pattes sur la banquette et entreprit de le pomper. Quelques témoins ahuris purent admirer sa croupe tendue à travers la vitre de la portière. « Tu aimerais qu’il te prenne ? » lui demanda-t-il. Elle répondit dans un murmure de franche approbation tout en continuant de le sucer.


Le taxi se rangea dans une impasse à peine dissimulée et le chauffeur en sortit, la bite en feu. Tandis qu’il ouvrait la portière arrière, elle recula pour qu’il puisse bien la prendre, le cul à moitié dehors, cambrée comme il fallait. À la vue de sa rondelle exposée, le salaud entreprit de la sodomiser et s’introduisit en elle sans qu’elle rechigne car il était évident qu’elle adorait se faire enculer. Elle tressautait sous les coups pendant qu’il la limait en long et en large pour bien l’élargir et elle jetait de temps à autre des regards éperdus dans la ruelle, espérant, bien plus qu’elle ne le redoutait, que d’autres mâles la surprennent dans cette posture et prennent part aux festivités. Le chauffeur jouit rapidement dans le cul de pareille et si belle salope puis, comprenant qu’elle n’était pas rassasiée, il appela sur sa radio et demanda d’un air entendu « une escorte pour une course particulière ».


Peu de temps après, une voiture de police s’arrêta, tous feux éteints. Deux flics s’approchèrent, saluèrent en silence le chauffeur, qu’ils connaissaient bien, et le passager. Femelle incandescente, son excitation à la vue de ces deux uniformes, qui allaient la tringler à poil dans la rue comme une chienne, atteignait son paroxysme et elle les attendait, le cul bouillant. L’un après l’autre, ils la défoncèrent avidement en faisant tanguer la bagnole, malaxant ses hanches sans ménagement, lui claquant le cul comme à une jument, la traitant à voix basse de pute sublime, de salope magnifique, de garage à bites, de femelle à baise… La rondelle complètement dilatée, elle baignait dans une sorte d’ataraxie et en redemandait à chaque compliment, agrippant d’une main le braquemart de son compagnon de soirée et se branlant le con de l’autre. Enfin, après qu’elle eut les miches et la bouche bien remplies, elle jouit longuement, secouée de spasmes extatiques.


Naturellement la course fut gratuite et le taxi la re-déposa, un peu chancelante, les cuisses dégoulinantes, devant le club, tandis que lui, en ayant assez vu, décida de rentrer tranquillement à pied chez lui. Elle lui fit un petit signe d’adieu et il ne la revit jamais.


Cette nuit de débauche insensée jusqu’au petit matin faisait partie de ses meilleurs souvenirs. Mais pour quelques moments inédits, combien de fois n’avait-il pas perdu son temps ou n’était-il pas rentré chez lui avec une grande lassitude ? Non qu’il n’eût rien à se mettre sous la main, mais parce que la faune qui investissait ce genre d’endroit était rarement à la hauteur de ses espérances. Il constatait avec dépit que la plupart des participants, censés venus se débrider et donner joyeusement libre cours à leurs fantasmes, n’étaient que des petits bourgeois conventionnels, dissimulant leur manque d’assurance sous un air de suffisance aussi déplacé que ridicule. Il en vit beaucoup qui se prenaient pour César et Cléopâtre, alors qu’ils étaient tristement ordinaires et ne faisaient qu’adhérer à une mode qui exigeait qu’un couple prétendument libéré fréquente nécessairement ce genre d’endroit. D’où un décalage énorme entre ce qui était proposé et ce qui se tramait. Il méprisait ces types qui avaient mis leur plus beau costard pour se donner de l’importance, et qui étaient tellement grotesques lorsqu’ils dévoilaient leurs slips kangourou, le pantalon tirebouchonnant sur les chevilles. Il prenait en pitié ces femmes sans glamour dont le seul côté sexy tenait à leur panoplie (jupe courte et sempiternel porte-jarretelles) et qui, telles des poupées mécaniques ou inertes, se laissaient baiser ou suçaient des queues sans l’once du moindre plaisir. Certes, il n’en était pas toujours ainsi, mais il ne comprenait pas pourquoi ces gens venaient ici. Il estimait que le libertinage, pas cette pâle imitation frelatée, était dévoyé dans ce genre d’endroit et que la chair y était souvent triste.


Il fut une autre époque où il n’en était pas ainsi. Sa mère qui n’était pas avare de confidences lui avait narré l’époque où les partouzes étaient des vraies partouzes, festives et colorées, où l’apparat et les préliminaires avaient beaucoup d’importance, où les gens, initiés ou débutants, étaient triés sur le volet, où il n’existait, hormis les lieux privés, que très peu de boîtes de nuit dédiées à ces plaisirs. Bref, c’était l’époque où il fallait être motivé pour franchir le pas, à l’opposé de la société actuelle qui banalise le sexe à des seules fins mercantiles.




La sonnerie de l’interphone vient interrompre le fil de ces souvenirs à la sauce aigre-douce. Pourtant il est bien sûr de n’avoir invité personne. Impensable le jour de son anniversaire.



Alice. Il l’avait draguée à l’époque où il traînait dans le Quartier Latin à la recherche de chair fraîche. Mais il n’était jamais arrivé à rien avec elle, compliquée, exigeante. Cela dit, ils était toujours restés en contact. Ce n’était pas si courant dans sa vie, des femmes avec qui parler. Leurs coups de fil et leurs petits cafés s’étaient nettement espacés depuis qu’elle s’était mariée et avait eu ses deux enfants. Qu’est-ce qu’Alice, la sainte-nitouche, pouvait bien avoir en tête en sonnant chez lui à onze heures du soir ?


Trois coups à peine audibles sont frappés à la porte d’entrée. Elle reste sur le seuil, dansant d’un pied sur l’autre :



Mais elle esquive sa main d’un vif mouvement des hanches, comme si elle faisait du hoola-hoop. Et elle file devant lui dans le couloir comme pour garder une distance réglementaire entre eux.


Cela le fait sourire. Après toutes ces femmes immédiatement offertes qu’il a rencontrées dans les soirées fines, voir cette copine venir se jeter dans les griffes du grand séducteur avec des airs de mijaurée, ça le change un peu du scénario habituel. Oh, il sait bien comment ça va finir, il n’a jamais vu une femme lui résister bien longtemps…


Sauf… elle précisément. C’est vrai qu’ils avaient un peu flirté au temps de la Sorbonne, mais elle s’était toujours dégagée avant qu’il puisse la pénétrer. Elle était soi-disant à la recherche du grand Amour. Ce n’était pas non plus une vierge effarouchée, elle lui racontait avec moult détails les différents princes charmants potentiels qui traversaient sa vie. Elle se lançait corps et âme dans chaque nouvelle histoire, revêtant son nouvel amant des habits de lumière de l’homme parfait. Très vite, le costume tombait en loques, et elle passait au suivant. Ce costume-là n’était pas taillé pour lui, c’est pourquoi ils étaient restés amis. Et puis, un jour, elle en avait trouvé un qui tenait la route. Elle avait découvert la joie sans pareille de se lover à trois sous la couette calée contre une épaule virile avec un nourrisson gazouillant à cheval sur papa-maman. C’était le moment où ils avaient presque perdu contact. Elle était ensevelie sous ses histoires de couches, de bronchiolite, et de lait anti-régurgitation. Il fait un rapide calcul mental : les enfants doivent avoir deux et cinq ans. De nouvelles préoccupations seraient-elles en train de voir le jour ?


Elle jette un regard circulaire dans le salon, un peu gênée par son intrusion. Elle ne voit pas, dans les tableaux accrochés aux murs ni dans les bibelots soigneusement dispersés, une quelconque suggestion érotique. Elle semble s’étonner de ce mobilier de bon aloi qui révèlerait, pour qui ne connaît pas l’animal, la personnalité d’un célibataire sage et ordonné. Aurait-t-il changé ? Elle se retourne vers lui avec un regard intrigué.



La métaphore foireuse la fait sourire mais elle paraît satisfaite de cette réponse, elle qui pourtant lui avait reproché sa vie dissolue avec constance.



L’espace d’un instant, il se demande si, en dépit de ses atours toujours aussi classiques et de son comportement mesuré, ce n’est pas elle qui a changé. Mais en quoi ? Toujours est-il qu’il sait qu’en sa présence, son assurance de séducteur soi-disant invincible va en prendre un coup, comme autrefois lorsqu’elle repoussait froidement ses avances. Il y a toujours eu en elle quelque chose qui l’impressionnait. Sa détermination de fer, son refus des compromis et des choses faciles.



Elle aperçoit la bouteille entamée et n’y voit pas d’inconvénient. Lui s’amuse de cette façon qu’elle a de poser précieusement ses lèvres sur le bord de la flûte en faisant un ô délicat avec sa bouche, comme autrefois lorsqu’elle consentait, rarement, à boire une pinte de bière dans une taverne.



Elle lui sourit encore, les yeux un peu brillants, se lève et plaque sur ses joues deux gros baisers de vielle copine.



Il n’a pas pu s’empêcher de balancer cette connerie, et maintenant il observe sa réaction, conforme à ce qu’il redoutait : lèvres pincées, yeux levés au ciel, tête dodelinant de droite à gauche, enfin regard fixe et sévère accompagné de la phrase qui tue :



Pan sur le bec ! Ça fait à peine dix minutes qu’elle est là et il a déjà réussi à se prendre un râteau. Il n’y a qu’avec elle que ça se passe comme ça, et le temps n’y change rien.


La meilleure façon de se ressaisir, c’est de faire son mea culpa.



Elle rigole et il se rend compte, à cet instant, que cette façon de le provoquer, qui s’accorde mal à une simple visite de courtoisie, révèle un besoin de complicité et de confiance rétablie, propice aux confidences. Elle n’est pas passée devant son immeuble par hasard, il en désormais certain. D’ailleurs, elle a presque terminé son verre, elle qui mettait toujours un point d’honneur à rester sobre pour garder la tête froide.



Message reçu. Elle a besoin de se détendre avant de s’épancher. Puisqu’elle ne veut pas de son épaule, ça sera un peu d’alcool. Un sourire un peu timide aux lèvres, elle le regarde, puis détourne les yeux, le regarde à nouveau, ne sachant si elle doit se lancer ou s’il va lui tendre la perche. Le silence devient un peu pesant. Alors il démarre avec cette question d’une banalité affligeante mais fertile en conversation :



Encore une salve, mais il sent que l’ironie ne s’adresse pas qu’à lui-même.



Elle a un sourire las.



Elle a du mal à répondre et avale une gorgée de champagne.



Tout est dit, ou presque. Il se tasse un peu, vaguement contrarié à la perspective de s’entendre raconter, en bon vieux copain qui se respecte, les vicissitudes conjugales d’une amie qu’il avait presque perdue de vue. À vrai dire, il n’a pas une oreille compatissante pour ce genre de déballage.



Elle cherche encore ses mots.



Il devient intrigué et l’invite du regard à poursuivre.



Ben voyons. Heureusement que j’existe, à défaut d’être un prince charmant ! pense-t-il.


Elle se lève, prend une cigarette dans son sac (tiens, elle fume maintenant ?) et se met à tourner dans la pièce.



Pieux mensonge. Une femme qui se pose ce genre de question connaît déjà la réponse. Il l’invite néanmoins à poursuivre.



Ça ne l’intrigue plus, ça l’intéresse. Il était loin de s’imaginer qu’elle se confierait sur un sujet aussi intime. Et puisque c’est lui qu’elle a choisi pour se dévoiler, il y a sûrement quelque chose de plus important qui se cache derrière.



Il affiche un sourire bienveillant.



Elle adopte un ton prudent mais elle est impressionnée par sa perspicacité. Comme prévu, il a vu juste. C’est pour ça qu’elle a voulu le voir. Qu’ils disent à deux voix ce qu’elle ne peut dire toute seule. Pour l’aider, il faut qu’il lui pose quelques questions.



Elle rougit, se ressert du champagne. D’ici peu il va devoir en ouvrir une autre.



L’enquête a pas mal progressé ! « Besoins inavoués », « fantasmes », « désirs secrets ». Voilà des mots qui en disent long. Lui qui la considérait comme une pimbêche, il doit avouer qu’elle a bien caché son jeu. Il meurt maintenant d’envie d’en savoir plus.



Il retient son souffle, n’osant croire à ce qu’il risque d’entendre.



Elle rougit encore et fuit son regard.



Il s’est un peu emporté dans son élan parce qu’il faut bien faire avancer les choses. Et c’est elle qui retient son souffle, un peu brusquée. Elle se tortille sur sa chaise, se mord les lèvres puis le regarde dans les yeux avec la solennité d’une accusée qui s’apprête à avouer devant le tribunal.



Il tombe des nues mais s’efforce de ne rien en laisser paraître.



Il est estomaqué autant par son aveu que par son audace. Sans un mot, il va dans la cuisine en lui jetant un regard sombre. Qu’est ce qu’elle s’imagine, cette sainte nitouche ? Qu’il va lui servir de chevalier servant et de garde du corps pendant qu’elle se fera sauter ici ou là, sous prétexte qu’il est un queutard invétéré, alors qu’elle s’est toujours refusée à lui ? Tout n’est pas si simple, ma chérie…


Il revient avec une deuxième bouteille et décide d’attaquer.



Elle hausse les épaules d’un air dégagé.



Elle le regarde avec un sourire moqueur.



Il ne peut s’empêcher de sourire à cette stratégie toute féminine.



Il sent une grande poussée d’adrénaline mais n’en montre rien.



Un instant, elle a le regard perdu. Elle croyait l’affaire sur le point d’être réglée.



Il fait mine de réfléchir.



Elle cille.



Cette fois, elle vacille, les yeux écarquillés.



Elle fait mine de se lever.



Elle réfléchit à toute vitesse, prise dans la tourmente. De quel droit lui demande-t-il de s’exhiber, ce butor ? Ça n’entrait pas du tout dans ses prévisions, et par principe elle n’apprécie pas ce chantage qui s’apparente à un droit de cuissage. Et puis ça rime à quoi, au juste ? Il veut la voir à poil, mais sans la toucher, soi-disant pour la tester ! Il cherche à l’humilier, ou quoi ? Et lui, qu’est-ce qui lui fait croire qu’il lui plaît, à elle ? Quoique… elle lui a fait comprendre qu’elle ne rechignerait pas à avoir une relation intime avec lui. Et puis l’enjeu est trop important. Il est d’accord pour l’accompagner dans son initiation, c’est l’essentiel. Sans lui, elle n’osera pas. Ça mérite peut-être un gage de sa part, dût-il lui en coûter.



Il ne lui laissera pas une deuxième chance, ce salaud !



Elle secoue la tête en regardant autour d’elle.



Il baisse la lumière, met un CD de Bryan Ferry pour faire tomber la pression, fait sauter le bouchon de la bouteille et commence à la servir en évitant de la regarder avec ostentation. À bout d’arguments, elle avale une gorgée de champagne, respire profondément et finit par se lever.



Il lui renvoie un sourire compréhensif.



Elle hausse les épaules, cherche une réponse neutre. Surtout ne pas paraître complexée.



Il hausse les sourcils.



Elle secoue la tête en souriant.



Elle le gratifie d’un sourire très appuyé.



Elle s’attendait à cette question.



Il connaît la réponse. Elle a un sourire entendu et prend la balle au vol.



Elle a un petit rire d’adolescente effrontée et l’espace d’une seconde enveloppe sa poitrine des deux mains. Elle retrouve son assurance.


Il se doute que ce ne sont pas seulement ses seins qui ont troublé les regards. Quand il est sur une plage, il s’emmerde ferme et n’a rien d’autre à faire qu’à mater discrètement les femmes alanguies sur leurs serviettes de bain, qu’elles bouquinent ou fassent semblant de bouquiner, qu’elles fassent la sieste ou qu’elles fassent semblant de dormir, qu’elle soient allongées sur le dos, sur le ventre, ou en chien de fusil. Une évidence lui saute aux yeux à chaque fois. Certaines d’entre elles, avec leurs lunettes de soleil qui rendent leurs regards impénétrables, les cheveux tirés en queue de cheval ou pourvus d’un couvre-chef, la peau encore claire et satinée de crème solaire, dégagent une sensualité évidente qu’un rien accentue : une moue indéfinissable aux lèvres, le galbe parfait d’une hanche, la courbe onctueuse des fesses, la pointe d’un sein, la cambrure du dos, la grâce hiératique du cou, la délicatesse des épaules, la finesse de la main qui effeuille les pages… Ces anonymes splendides et faussement ordinaires, qui affectent une posture sage et vaguement ennuyée, savent l’effet qu’elles déclenchent chez nombre d’hommes : un désir charnel immédiat et inaccessible. Alice fait partie de celles-là.



Elle acquiesce d’un léger hochement de tête et déboutonne lentement son chemisier, le suspend au dossier de son fauteuil. Elle a un soutien-gorge en dentelle noire, très échancré et quasiment transparent, tendu sur sa chair bombée. Pas mal pour une vieille copine qui venait lui rendre visite par hasard… Elle fait glisser les bretelles sur ses épaules menues et joliment rondes, ses mains se rejoignent dans son dos, dégrafent la sangle. Instant magique que ce prélude au dénuement. Elle prend son temps, puis débarrasse sa poitrine du carcan. Et c’est bombance. Surgissent deux seins splendides, plantureux, bien dressés, superbement arrogants, ni pommes ni poires mais les deux à la fois, d’un galbe parfait, ornés de mamelons larges et de tétons épais. Il voudrait la téter tandis qu’elle guette sa réaction. Il se gratte la tête.



Elle rit à nouveau en secouant la tête, ce qui a pour effet de faire bouger ses seins. Des seins qui semblent doués de vie propre. Il l’imagine en train d’entamer une danse lascive au rythme de la musique éthérée de Bryan Ferry. Il lui demande. Elle veut bien et commence à ondoyer lentement, les bras le long du corps. Sa poitrine se balance au ralenti, comme si elle se mouvait dans l’eau. Il lève son verre à son intention, sincèrement admiratif. Elle prend le sien, le lève à son tour, se grise encore. En jupe sage, les seins nus, elle a un instant de flottement, ne sachant si son effeuillage est terminé. Elle redoute maintenant de lui dévoiler ses fesses, principale source de ses complexes.



Elle a un regard un rien suppliant. Le sien est dénué de toute compassion.



Une main dans le dos, elle fait glisser la fermeture éclair de sa jupe, qu’elle agrippe des deux mains, obligée de se tortiller pour la faire choir. Puis elle se penche légèrement en avant, saisit délicatement de chaque main la lisière de sa culotte entre le pouce et l’index, et la fait glisser lentement sur ses cuisses.


C’est au moment où elle fait passer sa culotte à travers ses escarpins, une jambe après l’autre, avec ce déhanchement unique, qu’il devient fortement troublé. Rien qui ressemble à ce qu’il a pu ressentir auparavant. Des femmes qui se sont dénudées, il en vu tant d’autres, plus belles qu’elle, et dans quelles conditions ! Son émoi n’est pas seulement sexuel, il y a autre chose. Ça ressemble à ce qu’il recherchait quand il avait treize ans, quand il rêvait de se livrer à des ébats torrides pour pouvoir tomber amoureux.


Surtout garder la tête froide et cacher son émoi, rester le queutard placide.



Elle y consent, passant d’une jambe sur l’autre. Elle est vraiment splendide, gorgée de toute la nature féminine. Elle n’est pas fine certes, mais son corps est incroyablement moulé. Il n’est que courbes généreuses : une taille étroite qui forme un contraste saisissant avec des hanches larges et rebondies, des cuisses épaisses mais fermes, des grosses fesses d’une rondeur idéale, une peau blanche, presque laiteuse, une cambrure de négresse et le minois d’une bourgeoise qui s’apprête à ouvrir les portes de l’enfer… Avec son collier de perles qui auréole sa poitrine, elle ressemble à une Vénus bon chic bon genre, n’étaient ses talons aiguilles qui donnent au tableau une touche moins académique. D’emblée, il a envie de se noyer en elle et il ressent à ce moment-là le même attrait charnel que celui de sa mère.


Elle se rassoit très vite, sans mot dire, croise aussi vite ses jambes, humecte ses lèvres de champagne et lui jette un regard incertain. Elle essaie de garder une contenance mais elle a le souffle court. Elle attend le verdict, tripotant nerveusement son collier.



Elle obtempère en levant les yeux au ciel. Comme si elle n’avait pas déjà renoncé à sa sagesse ! Il aime encore sa coiffure mi-longue, ses cheveux vaguement ondulés.



Elle est soulagée d’avoir passé le casting avec succès.



Ils trinquent et elle avale son verre presque cul sec, encore oppressée par son impudeur.



Elle soupire. Ce n’est pas fini.



Elle se lève d’un air résigné et se dirige vers la cuisine. Il observe encore son déhanchement, gracieux et infiniment provoquant à la fois, ce cul stupéfiant qui roule sur lui-même, qui prend tout l’espace. Comme beaucoup d’hommes, il a toujours été fasciné par l’ondoiement d’une femme qui marche, par cette synchronisation parfaite, à chaque pas, entre la rotation des hanches, le mouvement de balancier lancinant des fesses, et les jambes qu’elle lancent devant elles à petits jets, le mollet tendu. Chez les femmes fortement galbées, cette alchimie est proprement divine, a fortiori lorsqu’elles sont montées sur des talons aiguilles. Quand il était adolescent, il ne se lassait pas d’observer ainsi sa mère. C’est maintenant elle, Alice, qui se déplace de cette façon dans son appartement. Et nue, en plus. Il n’en revient pas.


Elle réapparaît avec les biscuits qu’elle a soigneusement disposés sur un petit plateau, réflexe de bonne éducation oblige. La serveuse nue a une belle foufoune noire, taillée au cordeau, pas trop menue car ça déparerait sa morphologie.



Il a dit ça avec une autorité tranquille. Elle proteste, dit qu’elle n’est pas un animal de foire, mais finit par y consentir avec un air excédé et se dirige vers le couloir qu’elle arpente d’un bout à l’autre à plusieurs reprises, comme sur un podium, prenant un peu plus d’assurance à chaque tour, le plateau bien à plat sur une main. Ses talons claquent sur le parquet avec cette cadence typiquement féminine qui se reconnaît à mille lieues. Il reste coi. Cette exhibition intime, sa façon de chalouper dans le plus simple appareil, dans sa demeure, n’en finissent pas d’attiser son émoi. Il l’imagine faire le service ainsi dévêtue au cours d’un banquet où il n’y aurait que des hommes, comme sa mère lui avait raconté.


C’était elle qui avait été choisie pour faire le service de cette façon si particulière, et les convives (ils étaient douze, comme les apôtres) étaient restés parfaitement courtois, quand bien même elle ne cessait de les frôler de ses hanches, de ses cuisses et de ses seins, qu’elle offrait sa nudité intégrale à leurs regards concupiscents. C’était la règle du jeu, ils ne devaient pas la toucher, seulement la caresser du regard. Tous savaient que l’un d’entre eux serait l’heureux élu après les agapes, mais elle seule savait à qui elle s’offrirait. L’ambiance devenait de plus en plus électrique au cours du repas. Elle lui avait confié qu’elle avait ressenti une jouissance mentale intense à les dominer ainsi. Malgré les apparences, c’était eux les lapins et elle le chasseur, elle qui tout au long du repas sélectionnait silencieusement les candidats, procédant par élimination pour qu’il n’en reste qu’un. C’était au moment du dessert qu’arrivait le résultat final. Elle avait bien fait les choses. Elle remettait à chaque convive une enveloppe fermée portant son prénom, qui renfermait un petit carton sur lequel était écrit « Gagné » ou « Perdu » à la manière des lotos forains. Elle avait ri quand elle lui avait décrit la tête des impétrants. Ceux qui étaient recalés, et celui qui était reçu à l’examen. Les premiers, dépités, avec des petits applaudissements forcés mais beaux joueurs quand même, et le dernier, ravi et un peu gêné vis-à-vis de ses comparses. Elle lui avoua aussi, mutine, que sur douze convives, elle aurait bien pu en sélectionner un deuxième…



Il reprend ses esprits et ils vont se rasseoir, grignotent et se resservent encore du champagne. Elle lui dit qu’elle a la tête qui tourne un peu mais que c’est tant mieux car ça l’aide à surmonter son embarras. Elle lui dit aussi qu’elle a chaud.



Elle frémit instantanément, choquée à la perspective d’être un gibier traqué dans la froideur des rayons, fuyant les convoitises de mâles en rut qui finiront bien par la retrouver. La chasse à la femme nue ? C’est trop pour elle, lui dit-elle. Mais dans son regard fixe, il voit bien que cette idée fait son chemin. Elle imagine la scène dans toute sa crudité : le cœur battant la chamade, comme à l’instant présent rien qu’à y songer, sans savoir à quel moment elle sera découverte mais sachant qu’elle devra alors se livrer corps et âme. Une scène de prime abord humiliante, dégradante, qui confine au viol en bande organisée. Mais terriblement excitante pour qui y consent…


Elle se redresse sur sa chaise et se passe les mains dans les cheveux en respirant profondément.



Elle secoue la tête, prise au dépourvu.



Elle a le feu aux joues.



Si elle est prête à accepter un tel scénario, il a désormais la conviction qu’elle est prête à toutes les perversions, pourvu qu’il soit son ange gardien. Il en connaît d’autres, du sérail, qui auraient refusé.


Elle croise et décroise les jambes, finit par allumer une cigarette et le regarde avec un sourire étrange.



Elle baisse la tête avec un petit sourire. Sa réponse lui plaît.



Elle se détend complètement, désormais convaincue de sa compréhension et surtout de sa complicité. Il a réagi comme elle l’espérait, ni hypocrite ni sarcastique, de façon franche et directe. Le pacte est scellé, fut-elle obligée de se dévêtir devant lui. Mais son embarras s’est estompé et elle ressent maintenant un certain plaisir à être nue, qu’elle tente d’ailleurs de dissimuler. Il faut dire que la conversation ajoutée à sa posture dans ce salon, ça la fait franchement mouiller et c’est pour ça qu’elle ne cesse de croiser et décroiser ses jambes. C’est une grande première. Elle serait même un peu déçue s’il lui demandait de se rhabiller. Et puis, s’il n’avait pas cette étiquette d’obsédé qui lui colle à la peau, il ne lui déplairait pas. Il ne lui déplaît pas, d’ailleurs. S’il avait bien voulu se conduire en prince charmant, quand il la draguait ! Elle se demande s’il bande, en ce moment. En fait, elle doit bien s’avouer qu’elle commence à avoir envie de lui.



Elle dit ça comme on félicite un brave toutou.


Il acquiesce en silence, mais ses yeux se sont plissés.


Elle est troublée, ne sachant s’il lui en veut de sa réflexion ou s’il pense qu’elle ne perd rien pour attendre. Peut-être les deux.



Elle a dit ça dans la foulée et reste interdite devant le double sens de son propos. La glace à la rigueur, mais l’esquimau ! Elle essaie de se rattraper comme elle peut.



Il se fend la tirelire. Elle rebondit sur le quiproquo d’un air badin.



Elle a osé ! Il fait signe que oui, les paumes tournées vers le ciel, l’air vraiment navré. Ce salaud sait s’y prendre, c’est elle qui doit venir, pas lui. Et ça l’excite drôlement. Elle a envie de pousser un peu le pion.



Elle a dit ça très vite, en regardant ailleurs. Il hoche la tête d’un air très entendu. Elle fait mine de se reprendre.



Il affecte un air encore plus navré en laissant retomber ses mains sur ses cuisses, comme un pauvre hère. Elle glousse un peu nerveusement. Maintenant, elle a une envie folle de le sucer.



Elle a dit ça sans réfléchir, pour faire diversion à ses propos égrillards et à la brutalité de son désir, mais elle se dit que ce n’était pas une bonne question ! Il lui répond avec un sourire ironique.



Le rouge aux joues, elle feint une petite moue.



Le menton sur la main, elle sourit à ce renvoi d’ascenseur et finit par avouer.



L’atmosphère vient de changer radicalement, comme si l’air s’était chargé de particules électriques. Ils se regardent fixement, et cette fois leur yeux se parlent sans détours. Pendant quelques secondes qui valent une éternité, elle lui envoie la flamme de son désir. Ses yeux à lui répondent en écho que tout est possible.


Le silence est d’or, désormais. Elle le veut, mais elle ne va quand même pas lui sauter dessus. Elle se laisse d’abord glisser doucement de sa chaise, presque comme si de rien n’était, et se reçoit sur les genoux, les talons dans les fesses. Il l’invite du regard à poursuivre. Elle se penche en avant, les bras tendus, les mains à plat sur le tapis, la tête baissée comme si elle réfléchissait à son audace, puis elle la relève avec des yeux fiévreux qui semblent lui dire « regarde qui je suis ». Elle s’approche très lentement, à quatre pattes, comme une louve un peu apeurée. Putain, vue de haut, sa croupe cambrée est encore plus belle ! Trop abondante, trop galbée, trop ronde, trop… maternelle ! La croupe originelle de la femme, celle que Dieu a faite et qui n’aurait jamais dû changer depuis la nuit des temps.



Il ferme les yeux, sachant que ce qui se trame restera gravé à jamais dans sa mémoire, sans comparaison aucune avec ses turpitudes passées. Elle aussi, pour d’autres raisons, sait que le cours de son existence est en train de basculer. Pour l’un et l’autre, ce n’est pas une simple pipe qu’elle va lui faire. C’est autre chose.


Elle passe d’abord sa tête sous ses jambes, ses cheveux caressant ses cuisses. Elle veut d’abord s’imprégner de l’odeur de son vêtement. Ça n’est que du tissu et pourtant elle aime déjà. Est-ce à cause du champagne ? Elle sait bien que non. Elle le déboutonne, lui reste tétanisé dans son fauteuil, n’osant pas la toucher. Elle sait qu’elle va tomber amoureuse de sa queue, comme jamais ça ne lui est arrivé. Elle oublie son mari, non parce que ça la culpabiliserait d’y penser mais tout simplement parce qu’il a disparu de son esprit. Cette queue, et ça tombe bien que ce soit celle de cet homme, elle l’attendait comme un fruit défendu depuis bien trop longtemps. Et elle sent que toute cette frustration passée se mue en un geyser de désir buccal. À cet instant précis, au moment où elle va sortir l’objet de convoitise, elle se sent presque heureuse, et elle le devient lorsqu’il jaillit devant son nez. Il est beau, bien rose, épais, et… tendu à bloc ! Il bande à mort, c’est donc qu’elle lui plaît. Il est tendre aussi. Ses doigts le disent, ses joues aussi. Ses lèvres, si sensibles, confirment. C’est merveilleux, une bite en érection, se dit-elle. On peut la mettre partout. Dans la main, dans la bouche, dans le con, entre les seins, pourquoi pas dans le cul… Mais pour l’instant ce sera dans la bouche. Elle ferme les yeux à son tour, se freinant pour ne pas l’avaler comme une goulue. Et ses couilles, rondes et fermes, qu’elle flatte d’abord, puis qu’elle parcourt de la langue, elles aussi sont appétissantes ! Tout ça est conforme à l’idée qu’elle se faisait de l’animal. Elle ne peut s’empêcher de sourire à cette pensée. Elle risque un œil vers son visage, qu’elle ne parvient pas à distinguer. Il a la tête renversée en arrière. Elle veut avoir le champ libre, alors elle force sur le slip et le pantalon pour les faire descendre. Il se laisse faire. Ça y est, les oripeaux sont sur les chevilles, il suffit d’enlever les chaussures, les chaussettes et de se débarrasser du tout. Elle déboutonne sa chemise, caresse son torse, presque glabre. Ça ne lui déplait pas, il a la peau étonnement douce. Elle peut entrer dans le vif du sujet. Elle a passé une main derrière ses fesses, l’autre est posée sur sa cuisse. Il est bien agrippé. Une dernière fois, elle se repaît du regard et ouvre la bouche. Une bouche affamée.


Quand on a les yeux fermés, les perceptions sont plus précises, décuplées. Tout prend du relief. Souvent il ferme les yeux lorsqu’il écoute de la musique. En ce moment, il ressent une sensation tactile incroyable. Le seul effleurement de sa main et de ses joues sur son sexe a suffi à lui provoquer une onde électrique du bas du dos jusqu’à la nuque. Ça ne lui était pas arrivé depuis longtemps. Au fil du temps, pour qu’il ressente une excitation au niveau de son bas-ventre, les pipes qui lui étaient prodiguées devaient être de plus en plus savantes, de plus en plus techniques. Ici, il retourne à la sensation originelle. Ce n’est pas la façon de faire qui le fait monter au plafond, c’est la femme qui est en train d’œuvrer. Alice, qu’il rêvait de posséder et qu’il avait mise au rancart il y a longtemps faute d’y parvenir. Et qui ressurgit, comme si c’était la seule qui en valut la peine. Il ne veut pas la regarder. Pas tout de suite. Il veut d’abord profiter de ce qui est en train de se passer.


Sa bouche mutine à la moue si souvent méprisante l’encercle maintenant doucement. Elle le caresse des lèvres et des mains, mais cela ressemble si peu à une fellation qu’il en est tout de même un peu dérouté. Aucun de ces mouvements de piston, de sucement, de pompage, qu’il connaît si bien. Les femmes recherchent en général l’efficacité, espèrent que l’éjaculation viendra avant la crampe dans les zygomatiques. Non. Alice s’est installée confortablement, elle n’utilise aucune « technique » recensée au Kama Sutra, elle ne cherche à l’amener nulle part. Elle s’amuse avec cette texture changeante, cette peau coulissante, la douceur et la délicatesse de la peau de la verge faisant contraste avec le buisson dru et un peu rêche d’où elle émerge. Elle passe les doigts dans les poils, les démêle, les organise en grosses tresses rasta… Bon, on y voit déjà plus clair. Elle s’attarde maintenant sur le gland, elle le prend alternativement dans la bouche et dans la main et s’amuse à le faire disparaître dans son col roulé, elle lui donne un coup de langue à chaque apparition.


Il se l’imagine telle qu’elle est en ce moment, nue et prête à l’avaler, et autrefois, quand elle repoussait ses avances avec un dédain qui correspondait si bien à sa personnalité austère. Les images d’hier et d’aujourd’hui se superposent. Il en tire la conclusion que rien n’est jamais acquis, que le temps, au bout du compte, aura rendu justice à chacun d’eux. À lui parce que, il y a deux heures à peine, il croyait avoir bouclé la boucle et, devenu las des choses du sexe, déprimait à l’idée de se retrouver devant un vide existentiel. Et à elle qui, après s’être tant réfrénée pendant toutes ces années, va enfin pouvoir faire parler sa libido hors norme. Leurs routes, qui n’auraient jamais dû se croiser, se sont rejointes. Au bon moment.


Voilà une bite qui est faite pour sa bouche, pense-t-elle. Ou peut-être sa bouche est-elle faite pour une bite. Elle se glisse merveilleusement entre ses lèvres, son contact sur son palais et sur sa langue est velouté, ferme et souple à la fois. Maintenant, elle le suce comme si elle n’aurait jamais dû faire que ça, consciente que le retard qu’elle a pris ne fait qu’accentuer son plaisir. Elle branle langoureusement cette queue sur toute sa longueur, d’une poigne assurée et délicate à la fois, comme si elle voulait qu’elle grossisse encore, puis la ravale doucement jusqu’à la mettre au fond de sa gorge, la ressort, la lèche, suçote son gland, l’enrobe, apprécie son petit goût salé, et plonge à nouveau. Cet esquimau-là ne tarit pas, Dieu merci ! À genoux, elle honore sans vergogne son totem. Elle le tète avec volupté et un plaisir entier. Elle a le visage mouillé de salive, elle voudrait que s’y mêle en abondance son miel, qu’il jaillisse dans sa bouche, sur ses joues. Elle se dit aussi qu’en prenant un tel pied rien qu’en le suçant, qu’est-ce que ça va être plus tard… Elle émet un petit bruit de succion gourmande qui semblerait vulgaire s’il émanait d’une femme inconnue. Avec elle, il est délicieux, il accompagne à l’unisson cet amour qu’elle lui prodigue avec sa bouche. Elle ne cherche pas à bien faire, à être appliquée comme tant d’autres. Elle le mange naturellement et lui fait partager son festin. Jamais une femme ne l’a sucé ainsi. D’ailleurs ce n’est pas une pipe, c’est un acte d’amour. D’amour sexuel.


Il se rend compte qu’elle se tortille, qu’elle bouge les fesses en cadence, qu’elle pivote de façon à amener son cul sous sa main.



Un grognement éloquent lui répond que oui. Il parcourt de la main les vallons et les sillons qu’il avait apprécié de l’œil. Rien à voir avec les formes calibrées et siliconées que l’on voit dans les magazines et dans certains clubs. Un cul généreux, onctueux, mobile, brodé de légères traces de bronzage, pas un cul d’adolescente. Quelques vergetures et un peu de cellulite complètent le tableau. Un vrai cul de femme qui raconte toute une histoire.


Il s’aventure d’un doigt interrogateur dans sa vulve. Mon Dieu, ce qu’elle mouille ! Inutile de lécher, il y a là de quoi lubrifier plusieurs queues d’affilée…


Il a envie de jouir mais il se retient. Il trouve qu’il y a trop de connivence, trop d’intimité entre eux, qui risqueraient de contrarier leurs projets. Il la regarde, lui caresse doucement les cheveux. Elle frémit, lui rend sa caresse en déposant des petits baisers mouillés sur son nombril. Il rêve de l’embrasser à son tour et de lui faire l’amour, tout simplement. C’en est trop. Ça ne correspond pas du tout au contrat et il a peur de se fourvoyer. Il soulève doucement sa tête. Il est frappé par son regard extatique. Les yeux dardés sur les siens, elle attend son bon vouloir. Alors soudainement il décide de la gifler avec sa queue. D’abord doucement, pour voir comment elle réagit, puis de plus en plus fort, en tendant le gourdin avec sa main. Elle aime le choc mat contre ses joues et accompagne les volées de bite les yeux clos, avec un sourire amusé.



Brusquement il la force à se relever, enfile son pantalon, la prend fermement par le poignet et l’entraîne. Elle se laisse faire, un doigt dans la bouche, comme une petite fille qui va être punie. Il ne lui dit rien et la dirige au bout du couloir, devant un escalier en colimaçon étroit.



Disant cela, il lui flanque une bonne claque sur la croupe qui la fait se cabrer comme une jument. L’espace d’un instant elle lui jette un regard effarouché, et monte lentement l’escalier, consciente de la perspective extraordinaire qu’elle offre à son hôte. Son cul plantureux, vu en contre plongée, si près de son nez, est décidément un monument dédié à la gloire de la femme callipyge. Et le balancement fabuleux de ses hanches à chaque marche lui fait mal à la bite tant il bande. Il a une envie irrésistible de lui bouffer le cul ! Elle se cabre à nouveau, essaie de lui échapper mais il la tient fermement, l’obligeant à rester immobile, un pied sur chaque marche.



Alors elle abdique et se laisse faire, les bras croisés sur une marche, les fesses écartées, honteuse de lui livrer si vite la partie la plus secrète de son anatomie et terriblement excitée de pouvoir s’abandonner ainsi. Il lui lèche abondamment la rondelle, y introduit la pointe de sa langue. Il aime sa chaleur, son odeur de tourbe. De son côté elle ressent une sensation curieuse et exquise, qui augure des découvertes plus approfondies.



Et pourtant elle n’a pas le réflexe de serrer son petit trou. Bientôt elle jettera cette virginité-là par-dessus les moulins.


Il lui remet le doigt dans le con et c’est ainsi qu’il poursuivent l’ascension. Être dirigée par ce doigt planté dans le vagin, comme s’il la soulevait, lui procure un sentiment de jouissance inédite à mesure qu’elle grimpe les marches. Elle se dit qu’elle acceptera d’être soumise au bon vouloir de quiconque dès lors qu’elle y trouvera elle-même la seule chose qui compte désormais : le plaisir brut.


Arrivés au sommet de l’escalier, elle aperçoit une petite pièce qui fait office de jardin d’hiver, fermée par une baie vitrée qui donne sur une grande terrasse. Il la pousse. Elle avance à tous petits pas, soudainement rétive. De l’autre côté de la baie, à vingt-cinq mètres environ, se dresse une bâtisse qui ressemble à un entrepôt. Une seule fenêtre est éclairée au dernier étage, un peu au-dessus d’eux. Il ouvre la baie vitrée, un petit vent tiède s’engouffre dans la pièce. Elle croise les bras sur sa poitrine et frissonne. D’un froncement de sourcils, elle lui dit qu’elle ne va tout de même pas aller sur la terrasse comme ça, complètement à poil ! En plus, c’est la pleine lune, on y voit presque comme de jour, et rien, pas la moindre plante, ne protège des regards.


Et puis elle comprend. Tout à l’heure, il a remis son pantalon mais ne lui a pas proposé de se couvrir. Ce salaud veut qu’elle s’exhibe sur la terrasse, elle seule. Elle se sent tout d’un coup piégée, livrée à elle-même et hoche la tête en signe de dénégation. Mais elle sait qu’elle n’a pas le choix et qu’elle doit franchir le pas. Jusqu’à présent, rien ne s’est déroulé qu’entre eux deux, dans la plus stricte intimité. L’examen a été passé avec succès, mais elle est consciente que ses envies de luxure ne sauront se contenter de leur duo et qu’elle doit s’ouvrir sur l’extérieur. C’est la condition sine qua non pour qu’il l’accompagne, où qu’elle aille.


Il attend. Elle avance alors sur la terrasse à pas menus, les bras toujours croisés sur sa poitrine. Elle s’arrête à mi-chemin, se retourne. Il lui fait signe de la main de continuer, d’aller jusqu’au bout. Plus elle avance, plus elle constate que la terrasse se rapproche dangereusement du vis-à-vis, que les lampadaires de la rue, ajoutés à la pleine lune, la dévoilent autant que si elle était en plein jour. Encore plus à bien y réfléchir, car à cette heure, une silhouette qui se détache sur une terrasse attire nécessairement l’attention, a fortiori quand aucun vêtement ne la recouvre ! Pour couronner le tout, le garde-corps n’est pas obturé mais à claire-voie. Il ne lui servirait à rien de s’accroupir pour se soustraire, au moins en partie, aux regards. Elle gémit intérieurement, elle se sent seule au monde.



Elle a un élan pour se précipiter mais ce salaud a fermé la baie ! Elle se rend compte avec effroi qu’elle ne peut plus faire machine arrière. Alors, elle attend dans la pénombre et scrute la fenêtre en face. Une attente qui n’aura duré que deux minutes, mais qui lui semble interminable. Il revient avec ses cigarettes, lui tend le paquet et le briquet.



Il a un regard matois. Elle retourne au supplice, allume nerveusement sa cigarette sans oser regarder devant elle. Comme il le lui a demandé, elle s’est accoudée au garde-corps, les seins en dehors. Elle s’étonne de sa propension à obéir à ses directives et se dit qu’elle est bien plus malléable qu’elle ne le croyait. Elle prie pour que personne ne la voit. Elle baisse les yeux et regarde en bas comme si elle allait se jeter dans le vide. Elle a l’impression que la ville entière est en train de l’observer, telle une fille obscène. La voici devenue exhibitionniste. Elle ressent une honte énorme. Mais aussi poindre en elle la satisfaction de relever un défi. Celui de transformer ses fantasmes en début de réalité. Sa cigarette consumée, elle la fait sauter d’une petite chiquenaude et se décide enfin à lever les yeux parce qu’elle ne peut pas rester indéfiniment la tête dans les épaules.


À ce moment, son cœur a cessé de battre. Ce n’est plus une seule fenêtre qui est allumée, mais deux qui sont ouvertes. Et derrière elles, deux types qui l’observent, bouche bée. Deux Noirs. Des veilleurs de nuit, à n’en pas douter. Un instant, ils restent tétanisés et pas plus qu’elle, ils n’osent bouger, de peur qu’elle ne s’enfuie. Ça y est, elle est prise dans la nasse. Elle se retourne, ne le voit pas mais devine qu’il est tapis dans l’ombre. Ils ne sont pas loin d’elle, à vingt mètres à peine et elle est persuadée qu’ils la voient comme en plein jour. Elle respire un grand coup, passe sa main dans ses cheveux puis détourne le regard. Mais elle reste là. Ils savent maintenant qu’elle ne rechigne pas à s’exposer à leurs regards. Que loin de la déranger, ça doit même lui plaire… Elle s’imagine vue de leurs fenêtres telle qu’elle est et en ressent un trouble profond, comme si elle était à la fois acteur et spectateur de son exhibition. Et elle s’avoue que si elle était un homme, le tableau ne lui déplairait pas : une brune pulpeuse qui prend l’air en pleine ville nue de la tête aux pieds, ça ne se voit pas tous les jours ! Elle imagine sans peine leur état d’excitation devant une telle aubaine et en retrouve une certaine assurance, quoiqu’ils puissent penser d’elle. L’un des deux voyeurs lui fait un petit signe de la main. Elle se surprend à hocher vaguement la tête pour lui rendre son salut. Non seulement elle se livre à leurs regards concupiscents mais en plus elle consent à communiquer, ne serait-ce qu’à distance et avec parcimonie. Les deux Noirs lui retournent un grand sourire, comme deux grands enfants. L’un deux dessine avec les mains et force suggestion la forme d’une poitrine. Elle hésite d’abord mais au point où elle en est, elle veut bien céder à une petite gâterie supplémentaire. Et puis, ça lui servirait à quoi de rester immobile ? Elle redresse le torse, dévoile ses seins dans toute leur amplitude. Pour faire durer le plaisir, elle garde la position en relevant ses cheveux à plusieurs reprises, comme si elle les aérait. Et puis elle s’accoude à nouveau. L’un des mecs lève le pouce en l’air. L’autre lui envoie des petits baisers avec les mains. Ça commence à remuer de l’autre côté. Ça commence aussi à l’exciter, ce petit manège. Elle se dit qu’il a eu une bonne idée, en fin de compte. Il l’a obligée à y aller toute seule et elle ne se débrouille pas si mal.


Maintenant elle les regarde avec moins de gêne, le menton sur les mains, les pieds croisés. Le vent léger de la nuit, au départ hostile, caresse sa peau et la détend. Elle attend. À eux d’exprimer leurs désirs puisque c’est la règle du jeu. L’un d’eux s’éclipse, va dire deux mots à son comparse qui acquiesce vigoureusement puis revient à sa fenêtre. Avec ses deux bras, il fait un geste circulaire qu’elle ne comprend pas. Elle fronce les sourcils. Alors il répète son geste en tournant sur lui-même. Compris, cette fois. Ils veulent la voir de dos. Ils ne vont pas être déçus, les bougres, parce qu’elle sait depuis longtemps quel effet le cul qui est le sien produit chez des mâles en rut. Elle se retourne et reste plantée un moment, les jambes un peu écartées, les mains sur les hanches, le temps qu’ils profitent bien de son anatomie fessière. Et elle le voit, la tête en haut de l’escalier, invisible aux yeux des autres, un sourire hilare aux lèvres. Elle lui fait un clin d’œil et se tourne à nouveau vers les deux voyeurs. Le premier fait mine que son crâne va exploser. Le deuxième plaque ses deux mains sur son cœur, feignant une crise cardiaque. Elle ne peut s’empêcher de pouffer, puis elle leur fait un petit salut, à la manière des artistes qui s’apprêtent à quitter la scène. Ils croient que le rideau va tomber, alors l’un d’eux joint les mains en une supplique et l’autre à nouveau se tourne sur lui-même mais en s’éloignant et en revenant. Elle lève le petit doigt en l’air, comme pour dire que c’est la dernière fois et arpente lentement la terrasse, d’abord dans le sens de la longueur puis de la largeur, pour que rien ne leur échappe. Elle ressent une frénésie intérieure à ce qu’elle fait, au désir animal qu’elle provoque à marcher comme ça, nudité offerte. Elle est grisée par son audace et ne veut pas que ça s’arrête là. Elle est disposée à jouer les prolongations. Elle s’avance vers la baie vitrée, entre dans la pièce et s’approche discrètement de son hôte.



Il répond à son effronterie avec un sourire plein d’humilité et descend l’escalier. Elle ne bouge pas en attendant qu’il revienne.


Il se pointe avec une coupe de champagne.



Un instant, son regard se voile. Elle n’ose imaginer.


Elle retourne sur la terrasse, lève son verre en direction des deux gars, drôlement contents qu’elle soit revenue. Ils lèvent leurs canettes de bière en retour. Elle sirote son verre tranquillement et l’envie lui prend de verser un peu de champagne sur ses seins. Elle feint de renverser son verre et laisse couler un filet. Puis, sous couvert de s’essuyer, elle caresse ses mamelons d’une main. Les deux là-bas commencent à s’agiter. L’un enlève son tee-shirt, révélant une musculature d’athlète. Elle reverse un peu de champagne, sans feindre cette fois, pose son verre et masse ses seins des deux mains en gestes circulaires, de façon on ne peut plus explicite. Elle les fait rouler dans ses paumes, emprisonnant les tétons entre deux doigts, comme elle aime le faire en cachette quand elle prend un bain. Le champagne l’enivre à nouveau, et elle est prête à se lâcher davantage devant ses premiers inconnus.


C’est à ce moment qu’il décide d’intervenir. Elle le sent venir et elle lui en sait gré, bien qu’elle appréhende la suite. Campé derrière elle, il caresse à son tour ses seins, en adressant un regard de connivence aux deux mateurs. Il s’amuse à tirer sur ses tétons, provoquant des petits sursauts. La situation lui échappe et elle n’ignore pas qu’avec lui, la rigolade est finie. Le spectacle va passer à la vitesse supérieure.



Elle ne répond rien. Elle halète. Il lui assène une grande claque sur les fesses pour la forcer à répondre. Elle se tend et ferme les yeux.



Elle les regarde avec beaucoup moins d’assurance.



Il caresse rondement son cul, puis introduit un doigt dans sa chatte et le ressort, trempé.



Elle baisse la tête pendant qu’il montre fièrement son doigt aux compères, puis le réintroduit. Se faire doigter en public lui procure un sentiment de honte mais elle est totalement incapable de résister. Qu’est-ce que c’est rabaissant et qu’est-ce que c’est bon, ce qu’il est en train de lui faire ! Regardez, vous autres, comment elle jute ! Elle les regarde à nouveau. Elle sait qu’elle va leur offrir sa première séance de baise devant des inconnus.


Il porte ses doigts à ses lèvres.



Elle lèche, prend goût à sa saveur intime. Il replonge en elle, en extrait à nouveau son jus, lui demande si elle a encore soif. Elle admet dans un souffle que oui et suce à nouveau. Il a sorti sa queue de son pantalon. Elle glisse entre ses fesses. Elle effleure son con. Elle a peur et elle a très envie qu’il la prenne.


En face, les deux gus se sont déshabillés à leur tour et se sont assis chacun sur une table. Eux aussi veulent qu’elle les voit. Et ce qu’elle voit, ce sont deux beaux blacks avec des engins terribles dressés entre leurs jambes écartées. Deux queues d’ébène luisantes et tendues dont les dimensions prouvent que leur réputation n’est pas usurpée. La crudité de la scène ajoute à son excitation, et s’il n’y avait pas cette rue qui les sépare, elle les branlerait sans façon, elle en est sûre.


En attendant, c’est la queue de son initiateur qui la convoite. Du gland, il tapote entre ses deux fesses puis le place à l’entrée de son con, comme s’il hésitait. Et soudain, à la manière des flics qui procèdent à une fouille sur le capot d’une bagnole, il lui écarte les jambes d’un croche-pied latéral et la pousse en appuyant sur ses omoplates. Elle se retrouve pliée en deux, le cul à hauteur des épaules, la tête penchée en avant, agrippant la rampe pour ne pas basculer. Elle n’a pas le temps de digérer cette entrée en matière qu’il lui enfonce d’une seule traite sa pine dans le con. Elle se cabre avec un mélange de surprise et de protestation. Il va la baiser comme une chienne. Elle serre les dents. Elle va subir mais c’est ce qu’elle veut, au fond. Il se met à la bourrer sans ménagement, comme si elle n’était bonne qu’à ça finalement, projetée en avant à chaque assaut. Progressivement, cette bite qui la ramone abondamment, ces mains qui agrippent ses hanches charnues, ces flancs qui battent contre son gros cul qu’elle se plaît à regarder en tournant la tête, transforment sa honte bue en un plaisir indicible. Le plaisir d’être vue en train de se faire tringler, et de quelle façon ! Elle se sent délicieusement femelle salace, à la merci des coups de boutoir et des regards masculins, et elle adore tout simplement ça. Sa jouissance mentale est à la mesure de sa jouissance physique. Tu es une pute, ma chérie, se dit-elle. Et c’est sacrément jouissif de s’offrir ainsi, avec une telle indécence ! Il lui tire les cheveux en arrière.



Elle les regarde à nouveau. Ils se masturbent l’un et l’autre en la fixant intensément comme s’ils s’imaginaient eux aussi en train de la pénétrer. Être vue ne lui suffit plus. Maintenant elle voudrait les avaler pendant qu’il la fourre par derrière. Il sort d’elle. Instinctivement, son cul cambré lui demande de revenir.



Elle ne demande que ça, cette chienne. Alors elle obtempère sans barguigner. Les genoux sur le béton, les cuisses écartées, les mains serrant les barreaux de cette cage à ciel ouvert, elle enjoint son geôlier de la reprendre. Il s’est accroupi et la pilonne comme un sauvage. Carambolée, le cul en l’air, elle ferme les yeux pour mieux sentir sa possession, ne les rouvre que pour voir ces deux autres bites prêtes à jouir. Elle aussi va bientôt éclater et elle pressent que ça va être un raz-de-marée.



Alors il s’enfonce une dernière fois et explose en elle en secousses violentes et appuyées, avec une rage à peine contrôlée. Elle voit deux jets simultanés qui cinglent la lumière blafarde des fenêtres tandis que l’écume envahit son bas-ventre. Elle est foudroyée à son tour et ça n’en finit pas. Ce n’est pas un orgasme mais des orgasmes qui se succèdent comme autant d’éclairs. Elle se noie dans une jouissance infernale et ne peut s’empêcher de crier.


Le temps suspend son vol, chacun récupère de son côté. Elle se relève, hagarde. Il la prend par la main, fait un petit signe d’adieu aux deux compères qui referment les fenêtres. Ils regagnent le salon. Elle ramasse ses affaires et file dans la salle de bains sans un regard. Elle y reste un long moment et il se demande dans quelles dispositions elle se trouve désormais. En ce qui le concerne, il se contenterait volontiers de la prendre dans ses bras, de lui susurrer des mots simples et gentils.


Elle réapparaît, apprêtée comme elle l’était lorsqu’elle s’est présentée devant sa porte il y a trois heures à peine. N’étaient-ce les cernes qui marquent ses yeux, rien ne laisserait supposer ce qui s’est passé. Elle regarde sa montre. Deux heures du matin. Elle ne comptait pas rentrer moins tard, de toute façon. Elle lui décoche un petit sourire et passe furtivement une main sur sa joue. Il retient son souffle. C’est tout ? Il a peur d’un coup de ne plus la revoir, qu’elle disparaisse à jamais après ce petit geste de gratitude. Un sentiment de panique l’envahit.


Elle se dirige prestement vers la porte, l’ouvre et virevolte comme elle l’avait fait en entrant chez lui.



Elle a dit cela d’un voix neutre, puis elle disparaît en refermant la porte. Peu de temps après, il entend son pas décroître dans la rue.


Il regagne son vieux fauteuil et se passe les mains sur le visage tout en réfléchissant. Il se sent heureux et vaguement inquiet. Elle s’est donnée à lui comme jamais il ne l’aurait espéré, et elle lui a donné des gages sérieux de sa détermination. À aucun moment elle n’a simulé, que ce soit en tentant de résister ou en s’abandonnant. Une relation très particulière s’est engagée, qui devra aller jusqu’à son terme. Et c’est cela qui l’inquiète aussi. Jamais il n’a entretenu, délibérément, de relation suivie avec ses nombreuses conquêtes de débauche, son esprit d’indépendance et son absence de sentiments s’y étant toujours opposés. Avec elle, il a scellé un pacte qu’il ne saurait renier. Et ça le trouble. Pas parce qu’il se sent prisonnier d’elle, mais lié à elle.


Son numéro de téléphone ! Où est-il, bon sang ! Ça fait longtemps qu’il ne se sont pas appelés, et son répertoire était un tel foutoir qu’il l’a balancé avant de s’apercevoir qu’il n’avait pas recopié tous les numéros. Il saute de son fauteuil comme un cabri, ouvre le tiroir de son bureau, compulse fiévreusement son répertoire tout neuf à en déchirer les pages. Elle n’y est pas ! Il se précipite sur Internet, cherche dans l’annuaire. Liste rouge ! De toute façon, c’est un numéro de portable, imbécile ! La panique le gagne à nouveau. « Mon numéro de téléphone n’a pas changé ». C’est clair, elle ne l’appellera pas. La balle est dans son camp.


Il pense un instant prendre sa voiture et sillonner les rues mais il y renonce. Il y a une borne de taxis pas loin de chez lui. Pas question non plus d’aller tourner autour de son domicile, ça serait trop risqué et parfaitement ridicule. Et puis, il ne sait plus très bien où elle habite, et elle a peut-être déménagé.



Il se cogne le front puis s’effondre dans son fauteuil. Pour un peu, il en pleurerait, tiens ! Il ressent presque le même désarroi que le jour où on lui apprit qu’il ne reverrait plus sa mère. Mais qu’est-ce qu’il lui arrive ?


Il ne lui reste plus qu’à aller se coucher et à ressasser sa bêtise. Quelle idée a-t-elle eue de partir si vite, aussi ! Il entre dans la salle de bains, enjambe aussitôt la cabine de douche pour oublier sa gueule accablée entraperçue dans le miroir. En ressortant, il avise un papier déposé sur le coin du lavabo, plié en quatre. Il manque de glisser par terre en s’en emparant et l’ouvre. La marque imprimée d’une bouche entrouverte avec du rouge à lèvres. Au milieu, dix petits chiffres qui commencent par 06. Il exhale un soupir profond comme s’il venait d’échapper à une catastrophe puis il sourit à la perspicacité d’Alice, à sa façon mutine de lui rappeler qu’elle ne l’aurait jamais quitté sans être sûre qu’il puisse la joindre.


Il recopie soigneusement le numéro sur son répertoire, glisse le papier dans un tiroir comme une précieuse relique et va enfin se coucher comme un petit garçon rassuré. Sa nuit sera peuplée d’Alice et de son parfum, il en est sûr.


Elle rêvasse dans le taxi, déroule le film de la soirée, revit les moments forts avec un sourire énigmatique qui intrigue le chauffeur. Quelle soirée ! Il faut dire qu’il a su l’amener là où il voulait, le bougre. Son dénuement, prélude à la suite des évènements. Cette pipe divine qui a allumé ses sens. Cette ascension pénétrante dans l’escalier. Son exhibition sur la terrasse. Ces deux noirs en face. Sa soumission. Son cul tendu qui implore. Son extrême impudeur parfaitement consentie. Ces deux bites énormes qui la narguent. Cette autre qui la bourre comme une chienne. Et pour finir, son orgasme. Ce séisme dans son corps. Apocalyptique. Interminable. Déjà qu’elle a ruisselé comme jamais auparavant ! Une jouissance pareille, elle n’imaginait pas que ça pouvait exister. Ça lui remue encore le ventre.


Elle n’imaginait pas non plus qu’elle serait capable de se rouler si vite dans la luxure, de se livrer en public, dès la première fois ! Qu’elle manifesterait aussi vite son besoin impérieux d’être une salope, une parfaite salope, elle qui en caressait seulement l’idée. Salope… Ce mot lui plaît, tiens. Aussi vulgaire soit-il, il promet monts et merveilles, et il y en aura ! Bienvenue au club. Sa soif de sexe n’est pas prête d’être étanchée, elle le sait. Au contraire, elle pressent que plus elle en fera, plus elle en voudra. Ça lui donne le tournis. Elle a un peu peur d’elle-même mais elle ne se juge pas, elle constate simplement qu’elle a hâte de retourner en enfer. Avec lui. Le reste, elle s’en fout. Elle a assez attendu. Le cahier est ouvert. Son sourire mystérieux s’est muée en une expression de défi en même temps qu’elle serre ses cuisses pour éteindre son désir.





Dimanche 31 juillet, 22 heures



Il a laissé passer une semaine, délai de rigueur. Pendant ce temps, il a mis un peu d’ordre dans sa tête. Avec elle, ça sera la renaissance ou l’achèvement. La providence ou la fatalité. À vrai dire, il n’a pas grand-chose à perdre. Il est comme un coureur cycliste qui aurait carburé aux dopants et qui, prématurément épuisé, est obligé de prendre une retraite anticipée en se demandant de quoi l’avenir sera fait. Alice l’aidera à trouver son deuxième souffle ou sera son chant du cygne.


Alice, pour laquelle il éprouve une sensation obscure, douce et violente à la fois. Douce comme le souvenir de sa mère et violente parce qu’elle a surgi sans crier gare. Elles ne se ressemblent pourtant pas vraiment. Alice est plus plantureuse, moins grande et d’un tempérament moins jovial. Mais elle dégage la même aura : un tempérament de feu que couvre une sensualité discrète, une promesse d’ébullition sous une eau calme. Mais surtout, il discerne chez Alice ce qui différenciait sa mère des autres femmes de plaisir : le goût du sexe pour ce qu’il est et non pour ce qu’il représente aux yeux des autres. Ce besoin irrépressible d’en explorer les multiples variations pour soi-même et tendre à la plénitude jusqu’à plus soif, comme d’autres s’adonnent avec une passion dévorante à la peinture ou à l’œnologie. Peu importe les tabous, les interdits et les anathèmes. Il sait qu’elle seule fixera ses propres limites, que jamais elle n’ira au-delà de ce qu’elle veut conquérir.


Elle lui a parlé du supermarché et elle ne cesse de ressasser cette idée folle. C’est tout de même violent, comme scénario ! Surtout quand on « débute ». Mais elle sait aussi que le temps lui est compté, que cette parenthèse dans sa vie ne sera pas extensible et qu’elle doit s’en offrir la quintessence. Et puis elle a confiance en lui. Jamais il ne l’entraînera dans cette aventure s’il subsiste le moindre doute. Elle aimerait tant le faire ! Pour des raisons très personnelles. Elle qui a tant l’habitude de prévoir, diriger, régenter, elle rêve de se retrouver dans une situation extrêmement exposée. De souffrir délicieusement dans son corps et son esprit d’une humiliation interdite. De n’être qu’un objet de chair, une femelle exposée et pourchassée, vouée à l’hallali. De sentir tout près d’elle ces prédateurs qui lui feront payer cher ce qu’elle a osé faire. Elle reconnaît ce qu’il y a de masochiste dans ce désir impérieux. Ça ne la gêne pas.


Elle sera seule pendant trois jours : le mari part en séminaire (quelle heureuse idée !) et les enfants seront en vacances chez les grands-parents. Pourvu qu’il l’appelle !





Dimanche 31 juillet, 23 heures



Comme tous les soirs, la fenêtre est éclairée. Il pianote sur le clavier de son téléphone. À la troisième sonnerie, il entend une voix grave avec un accent africain à se rouler dans la savane. Aussitôt, une silhouette se détache dans l’encadrement de la fenêtre et lui fait signe, un portable collé à l’oreille.



Un instant, il ne dit rien, puis croit comprendre.



Il s’apprête à raccrocher.



Re-silence. Il voit son expression un peu ahurie de l’autre côté de la rue et ne peut s’empêcher de se marrer intérieurement.



L’autre commence à froncer les sourcils et se dit que ça devient compliqué, cette histoire. Il ne veut pas d’embrouille.


Il s’empresse de le rassurer.



Il affiche un grand sourire qui dévoile toutes ses dents.



D’abord intrigué, le regard de son copain vigile s’éclaire.



Il décide d’enchaîner.



L’autre a un hoquet de surprise.



L’autre retient son souffle.



Son pote n’en revient pas. Ensemble, il ont fait des coups fumants, mais jamais comme celui-là.



L’autre est tout excité, comme si on lui annonçait que le Père Noël existe vraiment.



Il comprend très bien. Il a de l’entregent et il l’a déjà vu terroriser un type qui a rasé les murs pendant longtemps.



L’autre acquiesce d’un air grave. Il comprend l’enjeu.






Lundi 1er août, 18 heures



Ça y est, ils sont partis, mari et enfants, dans sa belle famille. Elle ne s’y est jamais sentie très à l’aise, alors c’est devenu une habitude qu’il y aille sans elle, ce qui lui procure depuis quelques années, une fois par an, une miraculeuse plage à elle, rien qu’à elle. L’occasion de voir des copines, de sortir tard, de retrouver les nuits parisiennes d’antan. Enfin, ça c’est ce qu’elle dit à son mari. Elle a eu un amant. Bien sûr. Tous les magazines féminins en parlaient, c’était tendance. Un homme marié, gentil. Un beau blond, ça la changeait un peu, son mari est brun. Mais ça ne la changeait pas tant que ça. Avec son mari, c’était le samedi soir, avec son amant le mardi après-midi. Missionnaire avec le mari, levrette avec l’amant. Difficile de se plaindre. Aux yeux de sa copine célibataire qui n’avait pas vu une queue depuis six mois ou de celle que son mari n’avait plus touchée depuis son accouchement, elle faisait figure de super-privilégiée. Pourtant, elle sentait bien qu’il lui manquait quelque chose. Pas de l’amour, pas du sexe, quelque chose de violent, de fort, d’interdit. Une décharge d’adrénaline dont elle se souviendrait pour le restant de ses jours. Quelque chose d’extrême et d’inavouable. Elle, la chatte en feu et plusieurs hommes bandant pour elle, bandant en elle.


Elle passe un long moment à s’observer dans la glace, en se tournant dans tous les sens. Elle qui a été longtemps complexée par ses gros seins et son gros cul, elle se dit qu’elle a en vérité une morphologie appétissante, que son corps tout en courbes et en rondeurs se prête bien au sexe. Elle a vite remarqué qu’entre les canons standards de la beauté féminine et ce qui attire vraiment les hommes, c’est souvent le grand écart. Que les diktats des magazines féminins ne renvoient qu’à une apparence, à des stéréotypes qui n’ont strictement aucune utilité dans la vie affective et sexuelle d’une femme. Que nombre d’hommes seraient ravis d’entraîner une bombe au restaurant mais que tous ne rêveraient pas de coucher avec elle, tout compte fait. Trop parfaite, trop inaccessible, perturbant le désir primaire. Tandis qu’elle… Malgré son maintien réservé et pourvu qu’on sache se comporter avec elle, elle dégage très vite, et parfois à son insu, une sensualité indéniable. Elle s’est souvent amusée de l’émoi qu’elle provoque chez certains hommes.


Est-ce ce cheveu blanc découvert sur la tempe et aussitôt arraché ? Les minuscules rides d’expression qui commencent à se dessiner sur son visage ? Elle se sait au sommet de sa féminité et de sa séduction. Bientôt, le regard des hommes se fera respectueux, poli, admiratif. Au diable la courtoisie, elle veut jouir des feux de sa séduction en enflammant des inconnus qui la baiseront comme une reine, une grosse reine des fourmis à bourrer de semence pour les années à venir.


Quelle chaleur étouffante ! Serait-ce encore un été à canicule, ou est-ce elle qui est en chaleur ? Une petite douche fraîche, ça devrait lui remettre les idées en place. L’eau ruisselle sur ses formes généreuses, réveillant à la sensation chaque parcelle de son corps. Dès qu’elle ferme le robinet, la chaleur lui retombe dessus comme une chape de plomb. Il lui semble bien qu’elle a acheté une crème, gel, tonifiant, affermissant, adoucissant, amincissant, j’en passe et des meilleures. Si elle se la passait sur le corps, peut-être pourrait-elle conserver une sensation de fraîcheur un peu plus longtemps. Elle s’installe debout devant sa psyché, un pied posé sur une chaise pour enduire les jambes l’une après l’autre. Elle s’attarde sur les fesses à loisir, souriant en pensant aux pitoyables massages de son mari qui accepte (très rarement) de la masser pour lui faire plaisir et se débarrasse le plus vite possible de la corvée. Les fesses, elle adore, les fesses qui frémissent sous la caresse, les fesses qui bordent la fente, les frissons qui font leur chemin vers ses orifices. Ses doigts doux et lubrifiés approchent doucement la zone des plaisirs sans l’atteindre tout à fait.


Ses yeux s’allument tout à coup à la pensée d’un gadget de Saint-Valentin offert par jeu par son mari et qui n’a pratiquement pas quitté son tiroir depuis : l’œuf vibreur. Elle le met en place sans difficulté tant elle est déjà humide. Une main sur la molette qui commande l’intensité des vibrations, l’autre parcourant son bassin puis ses seins, et les yeux rivés sur la glace. Pour la première fois, elle veut jouir debout, les yeux ouverts. Elle veut se voir jouir, voir son corps secoué du grand spasme. La main libre a délaissé ses courbes généreuses pour se concentrer sur son bouton gonflé et hypersensible, la boule magique qui tressaute en elle se fait moins timide, les vibrations intermittentes ont fait place au marteau-piqueur. Les bonnes résolutions s’envolent, sa tête a basculé en arrière, elle a fermé les yeux, elle n’a pas vu la main magique qui l’a élevée vers le septième ciel.


Elle reprend ses esprits allongée, alanguie, les orgasmes spartiates debout n’interdisent pas une petite récupération couchée. Son passeport pour le grand feu d’artifice, c’est lui, Martial. Lui qui en a connu tant d’autres, des femmes, et qui n’a pas débandé pendant toute cette soirée magique. Mais plus que sa bite infatigable, c’est ce qu’il a de mystérieux dans les yeux, qui promet des intentions inavouables, qui l’attire irrésistiblement. Mais pour le moment, elle ronge son frein. A-t-elle bien fait de se remettre entre les mains de ce type ? Et s’il se contentait de la traîner dans son misérable sillage échangiste mondain ? Peut-être lui fait-il miroiter des plans extraordinaires pour l’avoir à sa disposition et se la tirer où et quand ça lui chante… Elle ne marchera pas dans des combines foireuses s’il y a une ligne au scénario qui ne lui convient pas !


Mais est-ce au nom de leur vieille complicité ? Est-ce cette solitude partagée, lui, buvant sa coupe de champagne seul le jour de son anniversaire, elle seule la nuit dans les bras de son mari. Est-ce cette détresse muette ? Elle sait qu’il ne va pas la trahir, qu’il va tenir ses promesses, et même au-delà.





Lundi 1er août, 20 heures



Il l’a rappelé comme convenu. C’est pour demain à minuit. Ils seront cinq costauds : les deux blacks (ça va lui faire une surprise !), un portugais, un marocain et un français. Un beau panel de vigiles, triés sur le volet.





Lundi 1er août, 21 heures



Il se décide à l’appeler avec une pointe d’appréhension. Elle s’est peut-être ravisée. Elle décroche aussitôt. Il sent une étreinte dans sa voix quand elle dit « allô », puis sachant que c’est lui, elle soupire profondément.



C’est une bonne ouverture.



Il sent une oppression dans sa respiration.



Elle a l’impression de marcher sur des braises. Lui aussi, priant pour que sa réponse soit la bonne.



Elle se jette à l’eau à son tour, bouillante.



Ils rient tous les deux, se comprennent à demi-mots.



Elle fait semblant d’hésiter pour faire bonne figure.



Elle frissonne.



Ils raccrochent. Inutile d’en dire plus. Les dés sont jetés. L’un et l’autre se sentent comme deux gamins qui s’apprêtent à commettre un forfait, le feu aux joues. Pour lui aussi, ça va être une grande première. Le scénario est particulièrement sulfureux et c’est Alice qui en sera l’héroïne ! Tout va incroyablement vite. Magie du temps qui accélère le processus de conversion, pour lui comme pour elle.





Mardi 2 août, 23 heures 30



Il se surprend à fumer clope sur clope en conduisant. Pour tout dire, il est un peu nerveux. Il appréhende ce qui va se passer autant qu’il a hâte d’y assister. Et faire ça en pleine nuit rajoute au côté clandestin de la chose.


Il gare la voiture près de chez elle, feux éteints. Les lumières du pavillon de banlieue s’éteignent instantanément. Seul filtre un rai de lumière dans l’embrasure de la porte, qui disparaît rapidement. Une ombre furtive ouvre la porte, la referme doucement et s’avance à pas rapides vers lui. C’est une rue calme, il n’y a pas d’autre habitation à moins de cent mètres, mais elle ne tient pas à ce qu’on la voit. Elle s’engouffre dans la voiture et il démarre aussitôt, sans un mot.


Au bout de cinq interminables minutes, c’est elle qui parle.



Sa voix est étrangement calme pour quelqu’un qui va au supplice. Il la dévisage. Elle a les cheveux tirés en chignon, son collier de perles et des boucles d’oreille. Il croit deviner un léger maquillage et s’aperçoit qu’elle a mis son rouge à lèvres. Elle porte un tailleur étroit, très cintré, assorti à une jupe serrée et courte, dévoilant ses genoux ronds et ses cuisses épaisses. Pour tout dire, elle fait très bourgeoise allumeuse. Il ne sait si elle porte un soutien-gorge, le décolleté échancré de son tailleur laissant entrevoir sa poitrine.



Elle se tourne vers lui, le regard brillant.



Elle croise ses jambes. Ce faisant, sa jupe s’est retroussée jusqu’en haut des cuisses. Elle a ses talons aiguilles noirs.



Il la regarde à nouveau, le sourire en coin.



Elle passe sa langue sur ses lèvres avec un sourire gourmand et déboutonne son tailleur, faisant jaillir ses seins plantureux dans la lumière grise. Puis elle remonte sa jupe jusqu’à la taille en se contorsionnant, dévoilant son pubis et ses hanches rebondies.


Il est très troublé tandis qu’elle est très excitée. Il sent qu’elle a envie de se mettre en condition. De la main droite, il caresse ses cuisses, flirte avec son pubis.



Devant eux, les feux d’un camion.



Elle a dit ça d’un ton péremptoire. Le temps qu’il amorce la manœuvre, elle ôte son tailleur.



Il obtempère et prend tout son temps pour commencer à le doubler : il est sur une voie express. Arrivé à hauteur de la cabine, il ralentit et ajuste sa vitesse. Il ne peut pas le voir mais elle le voit. Il s’est détronché, les yeux écarquillés. Elle baisse sa vitre, s’accoude à la portière. Ça commence par des appels de phare puis des coups de klaxon qui deviennent de plus en plus insistants. Il lui crie quelque chose mais elle ne comprend pas. De toute façon ça n’a aucune importance. Elle a un sourire espiègle, comme une gamine qui fait une farce. Le camion a tendance à se déporter un peu. Elle allume le plafonnier avec une mimique d’excuse de ne pouvoir en faire plus. Et puis, au moment où il accélère pour achever de le doubler, elle se penche à la portière et agite les mains pour lui dire au revoir. Derrière, le camion n’en finit pas de réclamer du rab à coups d’appels de phares.






Mercredi 3 août, 0 heure 05



C’est un de ces énormes hypermarchés de banlieue situés en zone industrielle. Ils traversent le parking désert et passent par derrière, à l’accueil des livraisons. Trois appels de phare comme convenu et ils sortent de la voiture. Elle est devenue soudain très tendue et a chaussé des lunettes de soleil. Elle allume une cigarette, tire dessus nerveusement. Une porte métallique s’ouvre, un grand type noir en sort d’un pas nonchalant. Lorsqu’il arrive à leur hauteur, elle le reconnaît. Son visage s’empourpre immédiatement et elle jette un regard noir à son ange gardien, lequel lui renvoie un sourire innocent. Après tout, ce qui est prévu cette nuit sera sans commune mesure avec ce qu’elle lui a déjà montré d’elle. Alors, qu’il l’ait déjà vue en train de forniquer n’a pas beaucoup d’importance. Il la verra plus en détails cette fois, et aura peut-être le droit de la toucher en prime. Et puis, elle se surprend à repenser à sa queue. Cette belle grosse queue, comme celle de son compatriote, qu’elle rêvait de s’enfiler.


Lui, il est justement en train de penser qu’il va bientôt l’enfiler, si tout se passe bien. Il la trouve très désirable, avec ses fringues de petite bourgeoise sexy et pulpeuse, et cette expression un peu dure qui cache si bien sa personnalité. Ils restent un moment immobiles, ne sachant quoi se dire, puis elle lui décoche un petit sourire énigmatique qui vaut tous les mots, comme sur la terrasse.


Ils traversent un sas et arrivent dans le magasin. Ça lui fait un drôle d’effet, ces innombrables caisses vides, cette lumière blafarde, ce silence. Elle commence à se dire que le rêve est une chose et que la réalité en est une autre. Elle est moins emballée.


Il se tourne vers elle et elle voit dans son sourire l’apparente bienveillance d’un directeur de centre commercial le jour de l’inauguration.



Elle ne bouge pas. Elle attend la suite des instructions.



Elle a compris. C’est plutôt une bonne entrée en matière.



Elle empoigne un caddie et se dirige vers les rayons. Le dos tourné, elle enlève ses lunettes inutiles. Les vigiles la regardent s’éloigner d’un pas lent, la croupe moulée dans son tailleur, se balançant magistralement sur ses hauts talons. Pour le moment, elle serre les dents et se demande à quoi elle joue. Mais au fur et à mesure qu’elle arpente les rayons, elle commence à se servir, ici et là, s’amuse à s’accaparer cette surface immense, sachant que personne ne viendra la déranger. Enfin, pendant un certain temps… De toute façon, il est convenu que si elle se rétracte, elle n’aura qu’à crier assez fort pour qu’ils l’entendent. Elle a fait un pari insensé mais elle peut le rompre à tout moment, c’est plutôt confortable et tout compte fait, elle est en milieu protégé à l’abri des aléas extérieurs.


Elle passe devant le rayon des sous-vêtements féminins. Si elle en essayait un ou deux, pour voir ? Ça lui convient parfaitement de pouvoir se déshabiller au milieu des rayons. Elle choisit une guêpière rouge qui semble tout droit sortie du quartier de même couleur d’Amsterdam. Elle se regarde dans une glace, se trouve assez excitante. Elle commence à avoir chaud, son désir revient comme la marée au galop. Elle y est, elle commence à vivre son rêve. Alors elle enlève les sous-vêtements. Elle se regarde à nouveau dans la glace. Elle se plaît de plus en plus et s’envoie un clin d’œil canaille. Elle en est persuadée, ses rondeurs sont un atout inestimable dans ce contexte. Elles rajoutent à la crudité du scénario.


Comme pour s’assurer qu’il n’y a personne, elle jette un regard autour d’elle et balance négligemment son tailleur et sa jupe dans le caddie. La voici qui continue ses emplettes dans le plus simple appareil, avec une chaleur dans le bas-ventre. Ça lui fait un sacré effet de pousser ce caddie complètement dévêtue, juchée sur ses talons aiguilles. Un sentiment d’incongruité et de douce déréliction. La ménagère qui fait ses courses nue, ce n’est pas qu’un fantasme masculin, la preuve. Elle se souvient avoir lu dans la presse, à la faveur d’une indiscrétion, que la femme d’un ministre avait révélé le même fantasme. C’est ce contraste entre la tâche ménagère et la nudité qui est excitant. Comme un pied de nez à la condition féminine, manière de signifier que jamais la femme ne perd ses atouts, qu’au contraire c’est dans les contextes les plus banals qu’elle peut réaliser, pourvu qu’elle ose, ses fantasmes pour transformer la contrainte en plaisir pur. En l’occurrence celui de se promener complètement à poil dans un hypermarché. Ça a quand même des avantages, d’être une femme !


Elle se plaît à entendre ses talons marteler le carrelage. Elle se met à chantonner, prend un peu n’importe quoi dans les rayons, s’arrête devant celui des cosmétiques, débouche des flacons, les hume. C’est la liberté totale, physique et mentale. Sauf que tout à l’heure elle passera à la caisse, et pas n’importe laquelle ! Elle avise un flacon d’huile d’amande douce. C’est bon pour la peau, est-il écrit. Eh bien c’est le moment de l’essayer ! Elle s’en applique d’abord sur les bras, puis sur les épaules et les seins. Le contact est agréable, soyeux sans être gras. Elle en remet sur ses seins. À cause de l’éclairage tamisé des néons elle a l’impression qu’ils ont encore pris du volume. Luisants, ils ressemblent à deux gros ballons de fête foraine. Elle a atteint le deuxième stade de l’excitation : après celui d’être, celui de faire. Ses tétons se sont durcis, elle les caresse, voudrait les mordiller. Elle reprend la fiole, asperge abondamment son ventre, ses hanches, ses cuisses. C’est décidé, elle sera entièrement huilée ! Restent les fesses. Ses fesses qu’elle tartine généreusement des deux mains, qu’elle masse et malaxe, qu’elle écarte… Elle remet un filet d’huile sur ses doigts. Elle les fait d’abord passer sur le pli de son anus, aime ce contact insidieux, introduit l’annulaire, puis le majeur, très vite les deux. C’est merveilleux, cette sensibilité nouvelle qu’elle a déjà testé dans l’escalier et la facilité avec laquelle cette petite porte s’ouvre ! C’est trop bon, elle se lubrifie encore et aimerait aller plus loin, juste pour voir. Dommage qu’il n’y ait pas de rayon godemichés ! Elle attrape une boîte de capotes, délaisse son caddie et se dirige d’un pas nonchalant vers les fruits et légumes. Elle prend un concombre, pas trop gros mais bien ferme, le tâte, l’encercle avec ses doigts, le fait coulisser dans sa paume comme si elle hésitait. Va-t-elle le faire ? Si la capote tient le coup, c’est qu’il est bon pour le service. Gagné. Elle s’accroupit, se tient d’une main au rebord du bac à légumes et de l’autre dirige le pénis végétal vers son cul. Elle s’enfonce très lentement dessus, la bouche entrouverte, les yeux mi-clos. Elle s’ouvre de plus en plus, sans résistance ni douleur, fait coulisser le gourdin, le retire, explore de sa main son orifice pour voir où il en est, s’étonne de sa docilité, découvre sa profondeur. Accroupie en équilibre précaire sur ses talons aiguilles, elle se caresse et s’encule doucement. Elle pourrait venir vite mais ce serait tellement mieux avec des queues bien raides, des vraies ! Dans pas trop longtemps si possible.



Les yeux rougis devant l’écran, il se tourne vers l’ange gardien.



L’image en noir et blanc est un peu floue, mais les caméras restituent la scène sans ambiguïté. Celle qui la filme en ce moment est encastrée dans le faux plafond, en trois-quarts arrière, pratiquement invisible. Sans le savoir, elle a été filmée pas à pas depuis son entrée dans les lieux. Curieuse cambrioleuse, en vérité. Le noir secoue la tête.



Elle se relève, tourne la tête comme si elle cherchait quelqu’un, puis s’adosse contre le rayon. Bras croisés et les yeux rivés sur la caméra, elle les toise avec une expression dure. Pris en flagrant délit de voyeurisme, ils suspendent leur respiration.






Mercredi 3 août, 0 heure 55



Un claquement sourd retentit dans le magasin, comme un compteur électrique géant qui disjoncterait. Comme son cœur en cet instant. Et c’est l’obscurité brutale, hostile. Elle ne voit pas à trois mètres. Les rayons et les étalages ressemblent maintenant à des ombres menaçantes. Elle se sent intruse, voleuse prise au piège de ses turpitudes. Elle sent la panique la gagner et se retient de hurler « stop ! ». Elle s’exhorte au calme et petit à petit reprend sa respiration. Elle ne va pas déclarer forfait maintenant, quand même ! Pour le moment, elle n’entend aucun bruit. Ils ne viendront pas tout de suite, elle le sait. « Ils », ces mâles qu’elle espérait de tout son corps il y a encore trois minutes. Ce corps qu’elle a oint, prêt à se faire rôtir, et qu’elle se met à caresser doucement pour le sentir à nouveau, le rassurer.


Tandis que ses mains parcourent sa peau satinée, elle reprend petit à petit ses repères, retrouve les sensations fortes de tout à l’heure, ce plaisir suprême de baigner dans l’interdit. Et dans le danger. Elle a peur, mais elle sait que cette peur sera accompagnée d’une excitation intense, que ce jeu du chat et de la souris à l’issue fatale va littéralement lui mettre le feu dans la tête et dans le cul. Elle sait aussi que, de leur côté, ces types ont une chance inouïe de participer à ce commando et que lorsqu’ils la trouveront, moulée comme elle est, nue de surcroît, ils ne vont pas en croire leurs yeux. Et cette perspective l’excite encore plus : l’attente des mâles en chasse et le désir qui va les submerger en découvrant ce gibier rare. Elle, pas une vulgaire hardeuse qui fait un extra pour mettre du beurre dans les épinards. Ils vont être surpris, les gros bras, elle le pressent. Combien seront-ils, au fait ?


Ses yeux se sont progressivement habitués à l’obscurité. Le halo verdâtre des blocs de secours est insignifiant mais le jeu n’aurait aucun intérêt si on y voyait bien. Le magasin est immense, elle peut durer longtemps, cette traque. Où pourrait-elle se cacher ? Sous un rayon ? Bof. Dans un placard ? Nul. Dans une cabine d’essayage ? Entrez, c’est ouvert. Dans un étal de fruits ? Pourquoi pas dans les cerises ? Elle n’a aucune idée. D’ailleurs elle n’a jamais réfléchi à la question, cette gourde. Elle n’a plus qu’à fureter avant qu’ils arrivent.


Elle entame sa prospection et se dit que décidément, ça commence mal : dans la pénombre, ses talons résonnent maintenant de mille diables. Pas besoin de la chercher, il suffit de l’entendre pour savoir où elle est ! Elle se déchausse, prend ses escarpins à la main et reprend sa marche. Mais très vite, elle ne supporte pas le contact dur et froid du carrelage, sans compter qu’elle peut se blesser. Elle se maudit de ne pas avoir pensé à ce détail et elle n’a plus le temps de chercher des ballerines ou quoi que ce soit. Elle voulait des talons aiguilles pour être encore plus provocante, et voilà où elle en est. Elle se rechausse et marche à petits pas, le plus discrètement possible.


Le plus haut possible : c’est là qu’il faut qu’elle se cache. Voir sans être vue. Mais où ? Escalader un rayon n’est pas une mince affaire, elle risque de tout flanquer par terre et elle avec. Elle a une idée. Tout à l’heure, au fond du magasin, elle est passée devant des packs de bouteilles d’eau empilés sur des palettes. Elle s’y dirige à tâtons quand elle entend des bruits à l’autre bout du magasin. Des bruits de pas tranquilles de veilleurs qui entament leur ronde. Son sang ne fait qu’un tour. Instinctivement, elle baisse la tête et accélère le rythme. Elle y est enfin. Elle passe derrière les palettes. Heureuse surprise : il y a un chariot élévateur. Elle grimpe dessus, réussit à poser le pied sur le bord de la palette la plus haute, se hisse sur le dernier pack de bouteilles enveloppé d’une bâche tendue en plastique. Pour une fois, ses escarpins pointus qui crèvent l’emballage pour faciliter son ascension lui servent à quelque chose. Arrivée au sommet, elle rampe et regarde en bas. Elle n’y voit pas grand chose mais, à vue de nez, elle est bien à trois mètres de hauteur. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle est dans une position des moins confortables, ni accroupie ni tout à fait à quatre pattes. Elle n’a plus qu’à attendre et à observer. Elle se dit qu’ils ne la croiront pas assez maligne pour se planquer là où elle est.


Le cœur battant la chamade, elle tend l’oreille. Elle a du mal à compter les bruits de pas. Il y en a plusieurs en tout cas. Certains encore éloignés, d’autres se rapprochent. Et puis elle distingue très vaguement une forme humaine qui se dirige vers elle. À sa démarche, elle croit deviner que c’est un familier des lieux. Elle continue à le regarder et découvre alors ce qu’il y a d’excitant à épier cet homme en chasse dans la pénombre sans qu’il le sache. Elle frémit de plaisir à l’idée que c’est elle qu’il cherche et qu’il prendra tout le temps qu’il faudra. La femme nue attend son prédateur et se donnera à lui en gage de récompense.


Le mec s’arrête, les mains sur les hanches, hésite sur la direction à prendre. Elle l’observe de tout son soûl. Il est trapu, pas très grand. Elle le jauge, le soupèse mentalement. Il se branle un peu à travers le pantalon et elle se retient de pouffer. Ta queue, se dit-elle, j’espère qu’elle est comme toi, mon gros : bien calibrée, sinon je hurle au scandale. Pareil pour tes copains.


Elle interrompt ses réflexions en le voyant s’éloigner. Tant mieux, elle commence à avoir des crampes. Il va lui falloir trouver une autre planque et ce n’est pas chose aisée. Elle entreprend la descente. Pas facile sans faire de bruit, ses mains huileuses glissent sur les emballages plastiques. Elle ose un œil dans l’allée. Elle sort et rase les murs en marchant sur la pointe des pieds. Merde, le bruit de pas diffus du rôdeur revient ! Elle se plaque contre le mur, les oreilles aux aguets. Ce ne sont pas des bruits de pas d’un homme, mais de deux, elle en est sûre, et ils ne sont pas loin ! Elle ne les voit pas mais elle est sûre qu’eux la verraient si elle traversait l’allée. La voilà coincée, contrainte de faire demi-tour. Et il est trop tard pour escalader à nouveau ces foutues palettes de bouteilles. Les bruits de pas se rapprochent, elle commence à entrevoir les deux silhouettes. Elle n’a pas le choix, elle va se cacher entre deux palettes. Avec un peu de chance, ils ne s’arrêteront pas. Elle se faufile jusqu’au bout. Elle les entend parler à voix basse et s’accroupit pour mieux échapper à leurs regards. Leurs murmures deviennent audibles.



L’injure lui fait mordre les lèvres. Évidemment, ils ne jouent pas à Roméo et Juliette et c’est indéniable : comment peut-elle ne pas être une « sacrée salope », en cet instant ?


Ils se sont arrêtés, à deux mètres d’elle. Elle entrevoit leurs jambes. L’un des deux se retourne face à elle.



L’autre ne dit rien. Mauvais présage. Il s’avance vers les deux palettes, s’arrête devant l’étroit passage qui les sépare. Elle retient sa respiration mais on entendrait son cœur cogner à dix mètres. Instinctivement, elle se tasse du mieux qu’elle peut, les talons dans les fesses, la tête dans les épaules. Il occulte le peu de lumière qui filtrait, c’est un bon point pour elle. Il tourne les épaules et s’apprête à faire demi-tour, puis il se ravise et revient. Cette fois il s’engage dans le couloir, lentement car il n’y voit rien, mais elle en est certaine : il la sent. À la fois l’odeur d’une femme apeurée et celle d’une femelle en chaleur. Elle pourrait reculer et fuir à toutes jambes mais elle préfère rester là. Parce qu’il ne lui servirait à rien de courir. Ils se lanceraient à ses trousses et ce n’est pas du tout ça qu’elle recherche. Eux non plus, sans doute. Et puis, en vérité, elle les attend depuis qu’elle a mis les pieds dans cet hypermarché désert. Ce qui va arriver, elle le sait, mais elle en ignore les modalités. Des pensées fugaces se télescopent dans sa tête. Elle est à la fois gibier pris au piège et prédateur qui attire sa proie. Insecte pris dans la toile d’araignée et mante religieuse.





Mercredi 3 août, 1 heure 20



Il s’est à nouveau arrêté, à mi-chemin. Il risque un pas devant lui, puis un autre. Maintenant il la devine : ses cheveux tirés en arrière, ses boucles d’oreilles, ses bras qui enlacent ses genoux. Il ne sait pas encore qu’elle est nue tant elle est repliée sur elle-même. Il s’approche encore, ses mollets touchent ses bras. Sa gorge se noue, elle déglutit à grand peine. Elle entend son souffle rauque, sent son odeur musquée. Il aperçoit ses genoux qui bloquent ses épaules, pas encore ses seins. Leurs positions dans cette obscurité ne laissent à aucun d’eux une grande marge de manœuvre : elle accroupie, lui debout, plaqué contre elle, dans cette espèce de corridor qui les neutralise.


Il ne sait pas quoi faire, pris au dépourvu autant qu’elle. Elle doit agir sans attendre. Ses doigts tremblants tâtonnent sur le pantalon, remontent vers l’entrejambe, effleurent sa bosse. En même temps qu’elle ferme les yeux à ce contact, il a un petit mouvement du bassin en avant. Il veut qu’elle le suce tout de suite ? L’entrée en matière n’est pas originale mais elle obéira de toute façon. Soumise elle veut être, soumise elle sera. À condition d’être à l’aise pour ne rien gâcher. Alors, du mieux qu’elle peut, elle dégrafe son pantalon, et d’un mouvement plus assuré le fait glisser sur ses chevilles. Face à elle se présentent des mollets musclés et des cuisses puissantes : tout ce qu’elle aime. Elle veut s’imprégner et frôle ses jambes à menues caresses puis les lèche à petits coups de langue, comme une chienne timide. Elle s’étonne qu’il soit imberbe mais elle ne dédaigne pas la douceur juvénile de sa peau sur ses muscles d’acier. Elle redresse un peu le torse. Sa langue se fait plus précise et remonte sur l’intérieur des cuisses. Ses ongles le surprennent par derrière, à la naissance des fesses. S’il ne frémissait pas, elle aurait l’impression de lécher une statue de chair tant sa peau est lisse. Voilà un drôle d’esquimau géant, ne peut-elle s’empêcher de sourire.


Elle se redresse encore un peu, sur la pointe des pieds. Elle évite que ses seins ne le frôlent, elle veut qu’il découvre sa nudité de son propre fait, pas par accident. Alors elle est obligée de se cambrer au maximum et remonte encore… Ses mains agrippent ses hanches, elle fait glisser son slip. Elle a ses deux couilles devant le nez. Elle veut les avaler tout de suite. À quoi bon perdre du temps ? Elle a envie de ce type qu’elle devine dans l’obscurité avec un appétit croissant. Elle prend sa bite à pleine main, bien dressée et plutôt bien calibrée à vue de poignée, engouffre une couille puis l’autre dans sa bouche, comme deux beaux fruits mûrs. Deux couilles rasées comme elle s’y attendait. Soyeuses et pleines, qui caressent son palais. Elle aime. Ça lui laisse plus de champ de manœuvre, aucun poil n’entravera sa gloutonnerie ! Dans l’immédiat, lui se dit qu’il a affaire à une experte. Rien que cette façon de lui bouffer les couilles avant de le sucer, ça montre qu’elle n’aime pas bâcler.


Elle se hisse encore un peu pour le pomper. Elle avale son gland, serre sa queue à la racine, s’enfonce dedans sans façon. Beau braquemart, ma foi. Son nez touche son pubis imberbe. Elle y pose sa main, le caresse de petits gestes circulaires. Elle n’imaginait pas qu’elle serait excitée à l’idée de sucer ce gros bébé tout lisse. Il se met à genoux pour qu’elle le mange pleinement. Elle incline la tête et l’avale complètement, le garde au fond de sa gorge jusqu’à ce que ses poumons réclament de l’air. Il lui caresse doucement les cheveux, la nuque, les épaules. Penché en avant, il poursuit son exploration le long du dos, n’en croit pas ses mains moites qui glissent sur sa taille nue, puis parcourent son ventre chaud, frôlent son nombril, remontent vers ses seins qu’il découvre lourds et fermes. Pendant ce temps, elle continue de le sucer comme si de rien n’était, si ce n’est qu’elle y met une certaine avidité au fur et à mesure de son exploration.



Il a murmuré ça pour lui-même, d’une façon interloquée. Il se dit que c’est bien mieux que ce qu’il imaginait. On l’a tellement mis en garde sur ce qu’il peut faire et ne pas faire qu’il redoutait que tout ça soit rapide et somme toute assez conventionnel. Il s’accroupit lentement à son tour, elle le suit de la bouche, le pompe sans relâche, se met à genoux pour mieux le téter, la tête en bas. Il ne voit toujours rien de sa croupe. Il n’ose espérer. Sa main repart en reconnaissance, dérive sur le creux de son dos, arrive sur la cambrure des fesses, cherche un bout de tissu, n’y trouve qu’une chair prometteuse. Il n’ose continuer tout droit, alors il bifurque sur les hanches, qu’il découvre sacrément rebondies et tout aussi dévêtues. Il en sûr maintenant, cette salope est à poil, à moins qu’elle ait baissé sa culotte et sa jupe ! Alors il n’hésite plus, il va droit au but et parcourt amplement son cul, écarquille les yeux tant il est large et plantureux, à l’opposé de sa taille étroite, caresse son sillon. Et en plus, il constate qu’elle s’est tartinée d’huile, la bougresse !



Il a soufflé ça à voix basse, la tête inclinée en arrière. Oui, tu l’as dit : putain ! S’il savait ce qu’elle ressent elle-même… Laisser explorer sa nudité dans le noir à un type qu’elle ne connaît ni d’Adam ni d’Ève pendant qu’elle est en train de le sucer, ça le fait, quand même ! Au fur et à mesure qu’il promène sa main sur sa peau, qu’il découvre ses formes, elle mouille de plus en plus. Son excitation de se livrer ainsi est à la mesure de celle qui envahit son « hôte ». Ça t’excite à mort de découvrir mon corps nu, se dit-elle, moi ça m’excite à mort que tu me palpes pendant que je te suce !


Elle entend un froissement derrière elle. C’est l’autre, qu’elle avait oublié, tout occupée à son œuvre. Elle entend son souffle qui s’approche. Puis elle sent une nouvelle main, plus froide, qui se pose sur sa croupe. Les voilà tous les trois en enfilade dans ce passage étroit. Les mains des deux hommes se rencontrent sur elle, en elle presque. Le nouvel arrivant semble peu enclin aux contacts avec un homme :



Et s’adressant à elle :



Tout en continuant de lui débiter toutes les insanités qui lui viennent à l’esprit, il s’est agenouillé, se branle d’une main et explore les orifices qui s’offre à lui avec ce qu’il faut de douceur et d’insistance. Rien à dire, le recrutement a été de qualité, rien que des mecs bien montés qui ont bien compris que le centre de toute l’affaire, c’est le plaisir d’Alice. Il n’a pas trop de cinq doigts pour visiter à la fois son vagin, sa rondelle et son clito, qu’il cerne d’un mouvement circulaire et léger qui la rend folle de mouille et de désir. Sa bouche délaisse un instant la bite qui l’occupait pour prononcer :



Il ne se le fait pas dire deux fois. Il écarte bien les fesses charnues et entre sans effort. Il marque une petite pause dans le vestibule puis s’enfonce jusqu’à la garde, la sentant gémir d’impatience. Les voilà partis pour une valse à trois temps dans un mouvement bien réglé. Elle est une turbine besognée par deux pistons bien synchronisés. Elle ne sent plus le carrelage sous ses genoux, elle ne voit plus les lueurs blafardes des sorties de secours, elle ne sent plus l’odeur âcre du détergent dont on a lessivé le sol. Elle est un tube où viennent s’enfoncer deux autres tubes lui procurant à chaque glissement une alternance de vides et de pleins. À chaque retrait, elle s’élargit pour se remplir encore. Toutes ses muqueuses sont enivrées par cette envoûtante caresse intérieure.


Le goût amer qui lui envahit la bouche lui rend le libre usage de ses mains et lui permet de s’abandonner entièrement à la fulgurante intrusion de ses entrailles. L’homme qui tenait le rôle de la sucette géante a la bonne idée de se mettre en boule à terre devant elle pour lui permettre de reposer sur son corps souple et chaud, et de soulager genoux et poignets. Ses seins viennent s’écraser sur son dos musclé, elle enserre son torse de ses bras, ce qui lui permet de relever le bassin pour que la pénétration soit parfaitement dans l’axe, encore plus profonde. Il ne lui faut que quelques secondes pour jouir, au cœur de ce délicieux sandwich viril.


Ils récupèrent, respirant fortement dans la pénombre silencieuse. Le galant homme-pouf à l’accent méditerranéen lui souffle à l’oreille :



Joignant à geste à la parole, il glisse la main entre ses cuisses à la recherche de son bulbe enflammé. Elle écarte un peu les jambes pour mieux savourer sa caresse, et lui glisse sa langue dans la bouche : oui, elle en veut encore. Ni eux ni elle n’auront le moindre regret en rentrant se coucher dans leurs paisibles foyers.


Cette fois, réchauffée par l’excitation et l’orgasme, ses escarpins ne lui sont plus d’aucun secours. Si elle a affaire à des guerriers africains, autant être aussi nue et aussi agile qu’une gazelle. Elle entend les vigiles au loin qui s’interpellent :



Tandis que ses deux partenaires précédents, amorphes, les couilles bien vidées, s’avachissent sur les palettes de bouteilles, elle parcourt les allées d’un pied léger, les sens aux aguets, débordant d’énergie, comme dopée par l’adrénaline. Ses seins balancent librement au rythme de sa marche rapide, ses fesses, libres de toute entrave, lui semblent pour la première fois de sa vie pouvoir occuper tout l’espace qu’elles méritent. Elle jouit de l’air qui frôle son corps et soulève ses cheveux tant elle marche vite. Où va-t-elle ? Où veut-elle se faire attraper ? La voici au rayon jardin, elle s’étend dans une chaise longue pour se délasser un moment.


Les palmiers artificiels qui bordent la "terrasse" où elle se trouve ont frémi. Ils sont là, derrière, ils l’observent, forme laiteuse cernée d’ombre. Un frisson lui parcourt le bassin. Deux hommes aux énormes sexes noirs sont tapis dans l’ombre à l’observer. Elle porte la main vers sa chatte, ça pulse fort là en bas, on ne peut pas la laisser ainsi béante et inutile. Rien, plus un bruit, et si elle avait rêvé, et si elle était seule, et si ils étaient tous partis boire une bière la laissant là toute seule ?


Elle veut en avoir le cœur net, elle s’approche du palmier qu’elle avait cru voir bouger et explore des mains la jungle végétale qui l’environne. Elle aussi, elle sent. Elle sent une légère odeur de transpiration et une assez nette odeur de crème Nivéa. Voici un fauve qui doit avoir la peau bien douce. Elle ferme tout à fait les yeux et ne se fie plus qu’à son odorat. Enfin, elle saisit une branche tiède, souple et ferme, humide au bout, elle le tient. Elle le tient par le bon bout. Elle remonte doucement le long de cet impressionnant appendice jusqu’aux hanches, aux fesses, si fermes qu’elles pourraient servir de casse-noix. On dirait que le chasseur s’est délesté de ses oripeaux civilisés pour se rapprocher de sa proie. D’ailleurs, qui chasse qui ? Qui mange qui ? Pour l’instant, c’est elle qui poursuit du bout des lèvres son investigation. Elle suit la ligne qui va de la toison pubienne au nombril où elle risque une langue curieuse. Elle remonte en faisant glisser sa joue le long d’une impeccable ceinture abdominale dont chaque aspérité frémit à son passage. Elle goûte un téton qui s’affermit et devient tout grenu sous sa langue. Elle est debout contre le guerrier noir, commençant à découvrir son visage du bout des doigts, quand elle a étonnamment chaud. Comme si on lui avait posé une veste sur les épaules. Elle recule de quelques centimètres, et en fait de veste, elle est enveloppée par l’autre chasseur nu dont elle sent nettement le sexe en érection contre le bas de son dos. La voici de profil entre ces deux athlètes. Elle sent leur haleine sur son visage et leur queue sur ses hanches. Elle reprend son exploration, une main pour chacun. Ils lui prennent chacun un sein et le font rouler dans leur main comme dans un ballet bien réglé. Elle a empoigné leurs sexes, qui lui semblent encore s’allonger jusqu’à presque se rejoindre devant elle. Elle est excité comme jamais. Elle n’a jamais vu autant de bites dévouées à son plaisir. Qu’elles sont longues, qu’elles sont soyeuses, qu’elles sont vivantes ! Ils sont tous les trois traversés par un serpent souple et frémissant, elle le sent qui cogne contre elle, mais elle voudrait l’accueillir en elle, qu’il glisse en elle, qu’il la remplisse, qu’il se love dans son ventre. Elle sent la mouille qui coule de son sexe en filaments visqueux. Le trio se déplace insensiblement, dans un rythme de slow anémique, vers une chaise longue sans accoudoirs. Un des vigiles y prend place, elle l’enjambe aussitôt pour engloutir goulûment son serpent vicieux. Mais elle n’est pas encore au complet, elle se cambre autant que possible en attirant l’autre vigile qui achève de la remplir de l’autre moitié du serpent terrible.


Elle est écartelée par un si gros visiteur. Ça lui rappelle un peu ses accouchements, c’est si dur de faire sortir un bébé, mais c’est si bon de faire rentrer tout ce monde en elle. Leurs quatre couilles se rejoignent en une belle grappe entre ses jambes. Voilà Diane chasseresse, elle les a tous capturés, ses plus belles proies sont encore dans son ventre, ses quatre couilles en font la reine du monde.


Tous ? Elle relève soudain la tête, où est donc passé Martial, son vigile personnel ? Il n’est quand même pas resté tout seul à la cabine de contrôle ? Elle jette un regard circulaire autour d’elle. En tournant bien la tête, elle l’aperçoit. Il s’est placé délibérément hors de son champ de vision et s’astique tranquillement le jonc.



Il vient vers elle et, contre tout attente, se penche pour lui rouler un magistral patin qui a une répercussion immédiate sur son excitation et l’amène directement à l’orgasme. Elle est soufflée par la violence inattendue de sa jouissance. Il a trop vu de partouzeuses en faire trop pour épater la galerie et finalement perdre tout véritable plaisir à force de compliquer les acrobaties. Il la connaît, c’est sa première double pénétration, il la laisse savourer.


Mais le gros serpent n’a pas fini sa course dans ses entrailles. Le vigile qui se trouve en bas, la redresse délicatement en la soulevant sous les bras pour créer un écart entre leurs sexes. Son comparse suit la manœuvre, se redressant avec elle. Tu nous as dévorés, semble-t-il dire, à nous de te manger maintenant. Il la maintient immobile tandis qu’il adopte un rythme croissant, grâce à sa fabuleuse ceinture abdominale, tandis que son copain se met au petit trot. Il la chevauche par en dessous jusqu’à la rendre rouge de plaisir. Il finit par tout lâcher quand il la sent exploser à nouveau.



Ils sont tous des deux debout, jambes ouvertes au-dessus de l’étroite chaise longue où elle s’appuie des mains. Le cercle des spectateurs s’est élargi. Martial et le grand noir ont été rejoint par les deux basanés qui ont recouvré leurs esprits et comptent bien profiter du show jusqu’au bout. Ils forment un cercle autour de la jolie blonde besognée par le black, pas pressé d’en finir. Tous se branlent nonchalamment, même le noir qui vient de jouir sent déjà revenir l’érection. Depuis que le rendez-vous avait été pris, il ne pensait plus qu’à ça, pas question d’en rater une miette.


Martial se penche à l’oreille d’Alice :



Elle n’est pas vraiment sûre de comprendre ce qu’il veut dire, mais au point où elle en est, elle lui fait confiance.



Il fait un signe de la tête que saisissent aussitôt tous les branleurs qui accélèrent sensiblement le mouvement. Seul l’enculeur garde son rythme de croisière, il veut être sûr d’envoyer la purée le dernier. Alice geint doucement, bercée par la douce promenade anale quand elle sent une giclée de liquide tiède tomber sur son dos. Elle va l’explorer d’une main : du sperme ! Elle se l’étale sur les seins, la gorge, jusqu’à la bouche. Au fur et à mesure que les giclées l’atteignent, son partenaire se fait plus raide, plus empressé, plus fébrile, il l’aide à étaler le sperme partout, il lui dégouline dans la raie des fesses, il en enduit son clitoris du bout des doigts, l’expédiant au septième ciel pour la dernière fois de la soirée, et jouit enfin lui-même.


Martial tend à Alice un peignoir qu’il avait attrapé au "linge de maison" en passant. Le type trapu lui enfile ses escarpins à talons aiguilles. Le petit cortège groupé autour d’Alice balançant majestueusement son cul dans son peignoir rejoint l’entrée du magasin, comme le staff d’une boxeuse après le combat.


Elle est silencieuse dans la voiture sur le chemin du retour. Martial, qui l’a toujours entendu parler à tort et à travers, se dit qu’elle est soit furieuse, soit aux anges.



Elle tourne vers lui un visage qui n’a plus rien de la femelle à la sexualité agressive qu’elle était quelques instants plus tôt, un visage de femme-enfant, d’ado qui en a fait une bonne.







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Erotisme torride

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