Notation public
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n° 13008Olaf18/11/08
"Pharomones" bretonnes ou le miracle de Ste Cécile
critères:  f fh couple vacances plage hotel voyage amour dispute cérébral voir odeurs fmast fellation cunnilingu pénétratio humour
46737 caractères
Auteur : Olaf

Ode à ces infimes molécules que les femmes sécrètent pour réveiller le bonobo qui sommeille en leur homme (1).


Puisse ce récit apporter une respectueuse contribution à la glorification de la femme dans la quarantaine. Même si, pour être tout à fait honnête, rien n’y est véridique. Pas même mes éjaculations. Surtout pas elles, d’ailleurs. Non par pudeur, mais parce que par définition rien n’est plus débandant qu’une éjaculation. Dès lors, vouloir exciter le péquin par ce biais relève de l’utopie. Ou de la fatuité. Dans les deux cas, un bien trop gros effort au retour de vacances.


Lorsqu’elle m’a proposé la Bretagne, j’ai acquiescé, histoire de ne pas la décevoir, et de pouvoir finir de regarder mon match de foot sans esclandre. De toute façon, dans l’état d’épuisement dans lequel nous étions tous deux après six mois de travail acharné, aller au sud ou à l’ouest ne faisait pas grande différence. Quant à la gastronomie, en dehors des fruits de mer que je n’aime pas et de l’ail qui ne m’aime pas, tous les pays émergents ont quelque chose d’intéressant à offrir.


Or, pour être émergente, elle est très émergente la Bretagne. Surtout au fin fond du Finistère. Je n’aurais d’ailleurs jamais pensé que Cécile ose me faire ce coup-là. Quand elle avait dit « une petite semaine en amoureux en Bretagne », comment imaginer qu’elle me ferait traverser une telle friche touristique.


Après un trajet interminable, nous arrivons dans un coin de pays dont je ne tenterais pas de retranscrire le nom. Même la traduction française ne me semble pas mémorisable. Cécile avait réservé une chambre d’hôte dans un gîte d’étape. Une masure charmante néanmoins, je dois le reconnaître.


Assommés par les heures de route, nous nous effondrons sur le lit, et nous nous endormons tout habillés. Quelques heures plus tard, une agréable sensation me tire de mon sommeil comateux. Cécile est en train de me câliner, s’attardant plus précisément sur les endroits où elle me sait être le plus sensible. Au moment où j’ouvre les yeux, ma sensibilité est déjà bien développée. Suffisamment à son goût pour finir de me déboutonner et arriver à s’emparer de mon membre dressé à mi-mât. Sans me laisser le temps de me réveiller complètement, elle pose ses lèvres sur ma pointe et se met à me lécher, me sucer, mener une danse irrésistible sur ma virilité.


Flottant sur un voluptueux nuage, je m’abandonne à sa virtuosité érotique. En quelques tours de main, elle me fait gicler sur le bord de ses lèvres. Gourmande, elle laisse couler ma semence dans sa bouche, avant de l’avaler avec un soupir de contentement. Puis elle se redresse vivement, dans une forme éblouissante, et me fait part de son envie d’aller manger.


Je m’ébroue, émerge tant bien que mal de mon état de béatitude, et remets de l’ordre dans ma tenue pour ne pas trop dépareiller l’apparence de notre couple. Sans me demander mon avis, elle prend le volant et m’emmène dans un restaurant qu’elle a découvert dans un guide touristique étudié pendant que je dormais. À cette heure avancée, nous sommes enchantés de constater qu’on nous laisse encore le libre choix du menu : crêpes ou plateau de fruits de mer. J’opte pour les premières, alors que des étoiles illuminent les yeux de ma belle à l’idée de déguster le second.


Notre relation de couple est encore très agréable, malgré les dix ans que nous avons déjà passés côte à côte. Mais il est vrai que nous n’avons pas su porter une attention suffisante l’un à l’autre au cours des derniers mois. Trop de travail, trop d’activités parallèles, trop de visites, d’amis ou de soirées en dehors de notre nid d’amour. Je suis donc très touché de voir à quel point Cécile semble enjouée ce soir, visiblement heureuse de retrouver un peu de complicité. Elle me parle de ses envies pour ces vacances, des choses simples qu’elle aimerait pouvoir faire avec moi. Je sens que ma proximité physique lui tient à cœur. Je suis troublé par l’intensité de son regard au fur et à mesure qu’elle me décrit ce qu’elle a prévu pour ces prochains jours, dosant savamment exercices physiques (plage, vélo, marche), siestes crapuleuses et découvertes gastronomiques.


La voir déguster ses fruits de mer me fait un effet terrible. Les yeux mi-clos, elle pose les huîtres sur ses lèvres, exactement comme elle tenait mon membre contre sa bouche tout à l’heure. Lentement, elle les fait glisser le long de sa langue, en inhalant goulûment leur parfum iodé, à la manière d’une fumeuse trop longtemps sevrée. Elle les avale enfin, en poussant un soupir d’aise semblable à celui qu’elle eut au moment de laisser couler mon sperme au fond de sa gorge. La scène est incroyablement érotique et me met le feu aux reins.


Tout en me confiant joyeusement ce qui lui passe par la tête, elle pose ses mains sur les miennes ou s’attarde à effleurer mon bras. Par moment, elle s’amuse même à attirer mon regard sur son décolleté en adoptant une pose un rien suggestive. Je me sens transposé au temps de nos débuts amoureux, lorsque nous mettions tout en œuvre pour nous séduire l’un l’autre, avant de plonger dans des joutes effrénées. À cette différence près que dans un jeune couple, le repas suit le plus souvent l’amour, alors qu’après la quarantaine, il le précède. Question de technique de séduction, sans doute.


L’heure avance sans que nous nous en apercevions. Malheureusement, l’excellent vin et le délicieux repas viennent ajouter une agréable torpeur à la fatigue du voyage. De retour dans notre chambre, après quelques câlins très tendres, je suis incapable de résister et m’endors entre les bras de mon aimée.


Au milieu de la nuit, je suis réveillé par quelques mouvements saccadés du matelas. Me souvenant vaguement être en Bretagne, je m’imagine être à bord d’un bateau tanguant sous la houle. En y prêtant plus d’attention, il me semble néanmoins que ce n’est pas le lit, mais le corps de ma femme qui est agité d’étranges secousses. Je commence par craindre qu’elle soit en train de pleurer. Une crispation ultime me rassure quelque peu, c’est au plaisir qu’elle s’est abandonnée, non au chagrin. J’ai été vraiment nul sur ce coup, mais je ne me sens pas assez en forme pour reprendre ma belle en mains. Je me contente de caresser doucement ses hanches, et de glisser une main sous son bras pour empaumer son sein, dont la pointe est encore dure. Je l’entends murmurer qu’elle m’aime, que ce n’est pas grave, que ce doit être l’effet aphrodisiaque des huîtres, qu’on se rattrapera demain.


Je me réveille au petit matin, le nez dans sa nuque, ma main toujours légèrement posée sur sa poitrine. La sensation de sa pointe durcie au creux de ma paume traverse agréablement mon corps. Encore durcie ? À nouveau durcie ? Je me redresse et réalise qu’elle est déjà réveillée, souriante, détendue, sans doute en attente de mon retour plus actif dans la réalité de son désir. L’odeur qui émane d’elle fait immédiatement son effet, je me raidis, puis me cabre au moment où elle pousse ses fesses contre mon ventre. En quelques ondulations, elle me place à l’orée de sa fente, et m’incite à me faufiler dans son antre chaud et moite.


Je me délecte des sensations qu’une lente pénétration fait naître sur ma pointe. Nous nous laissons tout le temps de nous déguster, de profiter du moindre frottement de nos muqueuses avides de plaisir. Nous retrouvons rapidement ce rythme délicieux qui nous fait monter en parallèle jusqu’au sommet du plaisir. Cécile s’ingénie à m’engloutir avec gourmandise, puis semble vouloir me bouter hors d’elle, pour mieux me reprendre l’instant suivant.


Nous faisons l’amour simplement, en nous emboîtant l’un dans l’autre et en nous offrant tout ce que ces gestes élémentaires peuvent apporter de bien-être sensuel et érotique. Au moment où je sens sa respiration s’agiter, où le roulement de ses hanches se fait plus pressant, où ses muscles se bandent à la recherche du plaisir partagé, je me mets à la pénétrer de plus en plus profondément, de plus en plus vite, de plus en plus sauvagement. Elle m’encourage, me pousse à tout lui donner de moi, maintenant. Quelques coups de reins plus tard, je dépose en elle ce que je n’ai plus eu la force de lui offrir hier soir.


Après quelques minutes de récupération, elle se retourne, souriante. Je me sens bien, presque fier d’avoir ainsi pu la combler. Jusqu’à ce que je l’entende murmurer « qu’elle a encore un petit creux ».



Je suis sonné. Il fallait ces vacances pour que je découvre à quel point je ne suis probablement pas assez performant sexuellement avec elle. Moi qui croyais que sur ce plan au moins nous nous accordions parfaitement. Moi qui me targuais de pressentir ses désirs, et d’arriver à les satisfaire de quelques coups de ma baguette magique, je tombe de haut.


Cela ne l’empêche pas de reprendre ses caresses sur ma peau, avec des intentions de plus en plus précises. J’aimerais bien sûr pouvoir lui offrir une nouvelle cavalcade, mais, si vite après ce que nous avons partagé, j’ai peur de ne pas pouvoir lui faire profiter d’une assez majestueuse virilité. Comment faire pour ne pas la laisser en rade, sans lui montrer ma fatigue passagère ?


Je prends les devants et, à mon rythme, me mets à parcourir son corps, m’attardant sur ses seins dardés et hypersensibles, frôlant son ventre, énervant son bas-ventre, pour finir par nicher mon visage dans son entrejambe. Elle se remet à gémir dès que ma langue pénètre plus profondément dans son intimité, tendant son bassin en avant pour mieux s’offrir. Les senteurs qui émanent d’elle commencent à faire gonfler ma tige. Elle semble apprécier cet hommage discret et me caresse doucement entre ses doigts mouillés de salive. Après quelques coups de langue plus précis sur son clitoris raidi, elle pousse un cri, arque son dos et se laisse submerger par un violent orgasme. Cette fois, je n’ai aucun doute sur l’efficacité de mes attouchements.


Lorsque les contractions de son ventre commencent à se calmer, je remonte le long de son corps, de baiser en baiser, effleure légèrement ses seins, et prends le temps de la contempler. Elle est belle, ma femme, après la jouissance. Il y a bien longtemps que je n’ai plus vu cette expression sur son visage, ni cette rougeur en certains endroits de son corps. Cet abandon m’émeut, m’attendrit.


Lorsque son souffle s’apaise enfin, elle prend ma main entre les siennes et la pose sur son sexe trempé en murmurant « encore ! ». Rien de plus réjouissant, en temps normal, mais là, elle commence à me faire paniquer. Comment vais-je arriver à satisfaire autant de gourmandise, où vais-je trouver l’imagination et les ressources physiques, pour lui donner tout ce qu’elle espère de ces vacances en amoureux ? Ses attentes dépassent de loin notre routine bihebdomadaire et je manque sérieusement d’entraînement, et d’endurance.


Sans me laisser cogiter plus longtemps, elle guide mes doigts contre sa fente, puis les pousse l’un après l’autre dans la profondeur de sa grotte, en m’indiquant le tempo qui lui convient le mieux. En très peu de temps, un nouvel orgasme se déclenche, qui lui arrache cette fois non seulement des soupirs de bien-être, mais de vrais cris de plaisir. Je ne reconnais plus cette femme envoûtée par des sensations dont je ne suis que partiellement responsable. Je me sens même presque exclu de ce qui déferle en elle. Ma virilité triomphante en prend un coup. Pourtant, dans le désordre de notre lit et de sa volupté, elle semble heureuse d’être entre mes bras, reconnaissante de ce que je viens de lui donner presque malgré moi. Je n’y comprends plus rien, mais je profite de l’instant en remplissant mes yeux des signes apparents de son bonheur.


oooOOOooo


Le reste de la journée se passe agréablement, à visiter divers lieux pittoresques. Le soir nous découvrons une nouvelle chambre d’hôtes, dans la maison d’un couple de Bretons fort sympathiques, et nous passons la soirée à discuter avec eux de tout et de rien. Au moment de nous coucher, Cécile se love entre mes bras, commence à me câliner, puis s’enhardit à glisser sa main le long de mon ventre à la recherche de mon sexe… au repos. Devant mon manque d’empressement, elle se résigne à me souhaiter une bonne nuit de récupération en m’offrant ses lèvres. Puis elle éteint la lumière.


Je voudrais pouvoir lui offrir plus. Je sais qu’elle aurait envie de beaucoup plus, mais là, il me semble avoir atteint une limite physique. Combien d’occasions ai-je laissé passer au cours des derniers mois, sans même m’en rendre compte ?


Le lendemain matin, je suis réveillé par une agréable érection onirique, comme je n’en avais plus eu depuis longtemps. À croire que la machine se remet peu à peu en marche. Je suis toutefois encore loin de ce que j’ai connu en d’autres temps. Pour ne pas tenter le diable et risquer de ne pas satisfaire entièrement ma compagne, j’anticipe notre lever.


Après une douche discrète, je fonce à la boulangerie du coin, acheter de quoi composer un déjeuner en amoureux. Et une rose, d’un rouge intense et sombre, que je trouve en passant devant une boutique de fleuriste.


À mon retour dans notre chambre, la coquine fait semblant de dormir encore. Elle est artistiquement déshabillée par le drap dont elle n’a entouré qu’une partie de son corps. Ses seins et surtout son ventre sont offerts à mes regards, animés par les mouvements de sa respiration. La tension que cette découverte inattendue provoque en moi suffit à m’enlever tout doute, mes batteries viriles commencent à se recharger.


Je me déshabille et viens la rejoindre dans le lit. Alors, lascivement, elle se coule contre moi, en entourant ma jambe de ses cuisses. Néanmoins, comme si elle ne se faisait pas trop d’illusion sur mon potentiel érotique actuel, elle se contente de me dévorer de légers baisers sur le torse, tout en se caressant contre ma jambe. La douceur de sa peau, les odeurs qui émanent d’elle, les mouvements qu’elle fait pour trouver le plaisir me remettent sur les rails. Ma queue gonfle, d’abord discrètement, puis de plus en plus nettement, jusqu’à montrer quelques signes d’impatience. Cécile ne peut manquer de la sentir grandir contre son bas-ventre. Cela suffira-t-il à lui donner envie de m’associer plus étroitement à ses jeux ? Apparemment pas. Elle ne prend même pas le temps de me faire partager l’irrépressible et soudaine émotion qui monte en elle. Sans plus attendre, elle accélère ses va-et-vient et finit par s’offrir l’orgasme dont elle devait rêver depuis je ne sais quand.


Elle ne crie pas, ni ne se pâme sous la violence du plaisir. Je la sens au contraire baigner dans un plaisir intériorisé, qui ressemble plus à un monologue érotique qu’à un dialogue amoureux. Un plaisir néanmoins fort agréable, si j’en crois la manière dont elle profite de cet intermède sensuel, avant de reprendre presque sans transition ses caresses et ses baisers sur ma peau. Elle le fait avec beaucoup de légèreté, comme pour ne pas me déstabiliser, ne pas me laisser imaginer un quelconque reproche de sa part. J’en avais envie, l’occasion s’est présentée, n’en parlons plus.


On en parlera d’autant moins qu’elle s’assied maintenant sur le lit. Une manière très habile de me laisser contempler sa nudité, sans pouvoir la toucher. Cadeau de consolation, elle continue à se laisser admirer tout en préparant ses affaires pour la journée, m’offrant le sillon de ses fesses écartées pendant qu’elle cherche d’une babiole dans sa valise, puis la cambrure de ses reins en s’étirant lascivement devant la fenêtre. Elle est superbe de désir et de séduction, sa démarche est féline comme jamais. Allongé dans le lit, une secousse parcourt ma queue à chaque découverte d’une autre facette de son anatomie. D’un léger sifflement, elle me confirme apprécier ma réaction, avant de disparaître à la salle de bain.


Pendant que nous déjeunons, elle me fait part de son envie de plage. Ce qui en Bretagne, même en été, n’est pas une sinécure. Mais elle connaît un petit coin sublime, où elle tient à m’emmener avant la marée. Quand je supposais qu’elle avait tout prévu, je n’étais pas si loin de la réalité.


Nous sommes pratiquement seuls sur l’immense étendue de sable. Au loin, les rouleaux déferlent, terriblement tentants, malgré la température assez basse de l’air. Je ne résiste pas, me déshabille et fonce vers la mer. Après un premier contact qui me paralyse de froid, je m’habitue et trouve même plaisir à lutter contre les vagues. Entre deux déferlantes, je me retourne pour voir où en est Cécile. Elle est restée loin en arrière, et se contente de m’observer, comme si elle hésitait entre deux envies.


Finalement, elle s’avance, sa longue robe flottant autour de son corps. Ses mouvements sont harmonieux, elle est belle, désirable, elle a la démarche d’une femme amoureuse, qui s’avance vers l’élu de joutes dont elle imagine déjà l’issue avec délectation. Comme si elle voulait me montrer par cette approche ce qu’elle ressent pour moi tout au fond d’elle.


Arrivée à portée de regard, là où elle sait que je pourrai distinguer chaque détail de son corps, elle laisse choir sa robe au sol d’un mouvement très sensuel, puis vient me rejoindre dans l’eau, entièrement nue. Ai-je jamais su regarder cette femme comme elle me pousse à le faire aujourd’hui ? Ai-je jamais su ressentir à quel point elle sait offrir son désir en même temps que ses charmes ? Ai-je jamais su comprendre à quel point tout ce qu’elle fait dans l’intimité appelle à l’amour, au plaisir, au partage absolu ?


À nouveau elle sourit de cette étrange manière que je découvre depuis que nous sommes dans ce pays perdu. Un sourire qui évoque avec une troublante précision tout ce qu’elle attend d’ébats dont elle veut pouvoir se régaler sans limites. Quand je serai prêt…


L’immensité de ce désir, de cette attente, fait vaciller mes certitudes viriles. C’est elle qui me chasse dans mes derniers retranchements, c’est elle qui veut son mâle, qui séduit, s’empare de l’homme selon son bon vouloir et, à n’en pas douter, va le consommer à l’instant précis où l’envie deviendra trop tenace. Je suis sa proie. Saurai-je être son assez bon plaisir ?


Une fois près de moi, elle commence par caresser mon torse et mon dos, puis me pousse dans les vagues avec elle. Nos épidermes sont froids, mais le feu couve dans nos corps. Elle se frotte contre moi, me serre de toutes ses forces entre ses bras, puis me repousse pour mieux me reprendre l’instant d’après. Nos muscles sont bandés dans la lutte contre les vagues, nous nous agrippons l’un à l’autre pour résister à la force de l’eau. Ce corps à corps nous fait partager de nouvelles sensations, nous force à profiter de l’équilibre de l’autre pour mieux tenir debout. Dans cette danse sensuelle, elle joue de son corps contre le mien. Je sens son désir amplifié par cette étrange lutte. Le regard troublé, elle passe de plus en plus souvent sa langue sur ses lèvres, me serre de plus en plus fougueusement contre ses seins.


Finalement, elle s’enroule autour de moi, dépose délicatement son sexe contre ma cuisse, comme elle l’a fait ce matin. D’un regard, elle m’indique ce qu’elle désire. Je lèche longuement ses mamelons tourmentés par le froid et le sel. Elle jette sa tête en arrière, poursuivant de manière de plus en plus démonstrative sa danse d’amour. Jusqu’à ce qu’en quelques mouvements des reins, elle arrive à se donner un violent orgasme à cheval sur ma jambe. Mes mains sous ses fesses, je la tiens contre moi aussi longtemps que son ventre est secoué de plaisir. En équilibre instable, ballottée par les vagues de la mer, elle semble se libérer d’une tension lancinante. Au moment où elle revient à nous, elle a un regard troublant, que je veux prendre pour un petit signe de reconnaissance. Mais elle ne m’autorise pas à en profiter longtemps. Apparemment satisfaite, elle se dégage de mon étreinte et se laisse emporter loin de moi par une vague.


Je me lance à sa poursuite. Maintenant, une envie très nette d’aller découvrir tout au fond d’elle ce qu’elle vient de ressentir me taraude. Je voudrais pouvoir profiter de son plaisir pour mieux attiser mon propre désir, faire bouillonner dans mes veines ce qui a enflammé ses sens.


Elle me laisse m’emparer de ses seins et embrasser ses pointes plissées. Longuement. Mais rien de plus. Dès que je me montre plus entreprenant, elle me prend par la main, et m’entraîne jusqu’à nos habits éparpillés sur le sable. Juste avant de remettre sa robe, elle me frôle du bout des doigts et murmure qu’elle est heureuse de ces quelques jours « pour nous réapprendre ». Une manière élégante de me faire comprendre que je ne suis plus maître de nos plaisirs.


oooOOOooo


Je ne garde pas un souvenir très précis de la petite bourgade qu’elle me fait visiter après cette expérience maritime, tant je suis concentré sur les moindres mouvements de son corps sous sa robe, sur chaque détail de sa féminité triomphante, dont elle me laisse profiter à distance. Je flotte sur un nuage de désir. Je tente presque involontairement de me montrer sous mon meilleur jour. De la reconquérir, en d’autres termes. À voir ses yeux rieurs, et sa manière discrète de m’encourager, je dois être tout aussi lourdaud et prévisible qu’il y a dix ans. Mais mes efforts semblent commencer à porter leurs fruits, comme si ma gaucherie pouvait s’avérer séduisante. Quelques tendres gestes de sa part me le laissent supposer.


Je me sens affreusement bien à ses côtés, l’esprit et le cœur anesthésiés d’amour. J’en viendrais presque à trouver la Bretagne sympathique. Le temps passe sans que nous nous en apercevions. À la nuit tombée, elle déniche un restaurant romantique dans un village perdu. À croire qu’elle a vécu toute sa vie dans cette campagne. Le choix des mets est à nouveau assez étendu : plateau de fruits de mer ou crêpes. Mutine, Cécile choisit cette fois les crêpes, en précisant dans un clin d’œil qu’elle ne renonce que très provisoirement aux huîtres.


J’apprécie cette touchante attention. Comme je lui suis reconnaissant, une fois de retour dans notre chambre d’hôtes, de sa manière de se lover contre moi au moment de dormir, sans le moindre geste équivoque. Les sens apaisés par les plaisirs qu’elle s’est donnés, elle est en tendresse cette nuit. Une tendresse qui n’attend aucune performance de ma part.


Nous dormons longuement, dans un agréable mélange des corps. Une sensation que nous n’avions plus partagée depuis longtemps. Le lendemain matin, gavés des chastes embrassements de la nuit, nous partons pour une longue ballade à vélo, entrecoupée d’un frugal repas. Nous arrivons dans l’après-midi à l’endroit qu’elle voulait me faire découvrir, une impressionnante falaise, face à une mer qui se déchaîne sur de sombres rochers.


Nous nous allongeons pour profiter des rayons de soleil qui filtrent au travers de la brume. Je sens Cécile à nouveau enjouée, caressante, amoureuse. Nous profitons longuement de cet instant de tendresse, sans nous soucier du temps qui passe. Mes mains partent à la découverte de son corps, sur les chemins que j’ai déjà parcourus si souvent. Sa peau est douce, glisse agréablement sous mes doigts. J’écarte une à une les couches de tissu qui me séparent de sa chaleur. Elle m’encourage par de légers soupirs. Elle est prête, si telle est mon envie, mais elle ne montre aucune impatience. Quoi de plus rassurant. Cela n’empêche toutefois pas mon esprit de se remettre à tourner à vide, à se crisper sur une éventualité d’insuffisance, plutôt que de se laisser convaincre par ce que Cécile pourrait avoir envie de partager, quelle qu’en soit l’issue.


Fragilisé, je redeviens maladroit, et je préfère remettre à plus tard ce que je ne suis pas entièrement sûr de pouvoir conclure immédiatement. Je la couvre de gestes tendres et de baisers, sans plus. Nous finissons par somnoler quelque temps, puis décidons de reprendre la route. Au moment d’enfourcher nos bécanes, ma frustration prend le dessus. Cécile, qui ne laisse transparaître aucune déception, me fait une description du paysage qui s’étend à l’horizon, avec la ville de Brest sur notre droite et le phare du Minou (2) à notre gauche. Je saisis l’occasion pour faire preuve de ma nullité au rebond d’une phrase somme toute anodine.



Ce jeu de mots ridicule tombe particulièrement à plat. Et pour la première fois depuis le début de nos vacances, je sens la colère monter en elle. Au moment où elle se remet en selle, elle s’écrie même que je suis un gros lourd et que j’ai vraiment le don pour casser l’ambiance.


Dès les premiers coups de pédale, elle met une nette distance entre nous. Mal entraîné, je passe le reste de la ballade derrière elle. Le mieux que je puisse m’offrir, c’est la vision du bas de son dos qui balance nerveusement dans l’effort. J’essaie d’occulter celle de ses fesses écartelées par la selle profondément enfoncée entre ses cuisses. Rien de cet excitant spectacle ne m’est destiné.


De retour dans notre chambre d’hôtes, j’ai à peine assez de forces pour tenir debout. Je ne peux en vouloir à Cécile de se montrer renfrognée. Lorsque je sors de la douche, je la retrouve endormie sous les draps. Je sais plus très bien comment réparer ma maladresse, et n’ose la rejoindre en me serrant contre elle. En soulevant délicatement le drap, je m’aperçois toutefois qu’elle est allongée sur le ventre, nue, les cuisses légèrement écartées, les reins cambrés.


Veut-elle m’achever en m’excitant de la sorte, pour mieux me donner le coup de grâce d’un refus cinglant ? Je commence par respecter son apparent sommeil et son immobilité. Rien ne peut pourtant m’empêcher de la contempler. Je l’ai trop dans la peau. Je serais prêt à me jeter à ses pieds, pour qu’elle me reprenne en mains, qu’elle me bande, m’enfonce en elle, me godemiche, puis me vide en un tour de main, tout en s’envoyant en l’air dans un grand éclat de rire.


Dans l’état dans lequel je suis à ses côtés, dans lequel elle m’a mis peu à peu depuis que nous vivons ensemble, elle seule a la clef de ma virilité. Depuis le début de ce voyage, face à l’intensité de son désir, je me sens à sa merci. Je me sens entièrement dépendre d’elle du premier frémissement de ma verge, jusqu’à la longue éjaculation qu’elle pourrait faire jaillir de mon sceptre, dressé en vibrant hommage à sa féminité. Si elle le voulait bien.


Mon esprit est progressivement envahi de pensées contradictoires. Je n’ose encore poser ma main sur elle, mais déjà des réminiscences de phares dressés dans une tempête sensuelle, de minous caressés par des vagues incessantes, de moiteurs bretonnes, mettent mon esprit en ébullition. Le ventre gonflé de l’envie d’avoir à nouveau envie, je m’enhardis à retirer entièrement le drap qui recouvre le corps de mon aimée. Cécile change de position, écarte légèrement les cuisses, comme par inadvertance. Le dessin délicat de son intimité, la fragilité apparente de ses muqueuses, leur attirante couleur rose foncé me cueillent comme un coup de poing au foie. Le sang battant aux tempes, je me prends même à percevoir un début d’entrebâillement entre ses lèvres, comme une invitation à plus d’audace.


Je n’y tiens plus et lance mes mains à l’assaut de ses fesses rondes et musclées, tentant à chaque mouvement de les écarter pour mieux profiter du spectacle. Cécile daigne enfin donner signe de vie. Elle gémit, frotte ses yeux ensommeillés, et finit pas ouvrir un peu plus largement ses cuisses, en murmurant qu’elle me pardonne mon mauvais jeu de mot sur l’Espagnol, mais qu’il faut dormir, à cause de notre programme chargé du lendemain.



Prenant ma main entre les siennes, elle essuie une petite larme au coin de son œil. Je suis paralysé par l’émotion. Les sentiments que j’éprouve à l’entendre déferlent en moi de manière aussi puissante que les vagues sous la falaise, cet après-midi. Avec la force des éléments, ses paysages à couper le souffle, la rudesse de son climat, le corps à corps constant avec la nature, la Bretagne ne serait-elle pas à la ressemblance d’une relation amoureuse ? Je commence à comprendre pourquoi Cécile m’a emmené à cette fin des terres. Arrivés où nous en étions dans notre couple, il était probablement nécessaire de toucher l’extrême limite, avant de pouvoir reprendre conscience de ce qui ne nous unit plus vraiment. Et de redresser la barre, s’il est encore temps.


Nous ne trouvons plus de mots pour exprimer ce que nous ressentons. Ni de gestes. Cécile s’endort en premier, mes mains serrées entre les siennes, le visage tendu vers la relation à laquelle elle aspire avec moi. Vers le regard qu’elle voudrait me voir poser sur elle après l’amour, après le plaisir, le regard qui prolonge la volupté, le chemin par lequel je saurais enfin la pénétrer, de tout mon amour, de toute mon âme. Je flippe complètement devant cette hypothèse, devant ce qu’il faut encore parcourir ensemble pour nous unir vraiment. Je la regarde s’apaiser peu à peu, le cœur battant. Puis après avoir déposé un long, un très long et très amoureux baiser sur son front, je m’abandonne au sommeil.


oooOOOooo


Ce qui s’est échangé entre nous est trop fort pour que nous puissions l’évoquer dès le réveil. Nous nous concentrons sur le programme de la journée et la recherche d’une nouvelle chambre d’hôte. Quelques téléphones plus tard, nous trouvons un coin ravissant, chez un couple d’une soixantaine d’années. Ils nous indiquent deux ou trois curiosités peu connues autour de Locronan. Assez pour remplir notre journée d’images et de sensations très agréables.


À notre retour, ils nous proposent de passer un moment avec eux. Ils offrent de prime abord le spectacle rassurant d’un couple qui a réussi à tenir le cap, et à s’aimer sans anicroche. Quelques verres de Chouchenn plus tard, nous découvrons à quel point les apparences sont trompeuses. À quel point ces deux êtres atypiques en ont bavé pour mener à bien une relation amoureuse que tout poussait à faire capoter. Leur expérience de vie est impressionnante. Ils savent aussi scruter profondément en nous, comme les sages druides d’antan. Pour un peu je nous verrais bien au cœur d’une forêt enchantée, demandant conseil sur la meilleure manière de lutter contre le dragon et reconquérir ma belle.


Au moment où nous prenons congé pour la nuit, les jambes flageolantes, l’esprit embrumé, le foie à plein régime, le type me prend un peu à l’écart et me pose une question étrange.



Je suis scotché. On va voir le souffleur de verre pour découvrir son art, admirer son habileté. Je n’avais pas envisagé cette visite sous un angle aussi intime.



La conversation devient franchement surréaliste. Y sont tous comme ça les Bretons, un peu devins, un peu psys, un cœur grand comme une marée d’équinoxe, et un foie à toute épreuve ? Avec une expérience des femmes qui n’est pas en reste ? Mais il a raison ce diable de druide de mes deux, le regard de cette femme ne laisse aucun homme de marbre.



Il fait une courte pause, histoire de laisser mon cerveau s’adapter à un tel discours. Puis il continue.



Il me laisse pantois au milieu de l’escalier, le cerveau en ébullition, le cœur étranglé par l’émotion. L’état de manque de Cécile transparaîtrait-il à ce point ? Tout commence à se mélanger dans ma tête,


le souffleur, le regard de la fille, bander devant de la pâte de verre en fusion, les vagues qui n’en finissent pas de taper contre les roches déchiquetées du littoral, la fin des terres, la fin de notre flamme. Je ne connais rien au soufflage de verre. Ne peut-on faire renaître la flamme en soufflant sur les braises ? En soufflant doucement, pour ne pas éteindre la flamme fragile. Souffle léger, patient. Être entièrement dans le don de moi, me fondre en elle.


Comme un robot, je finis par monter jusque dans notre chambre. Quelques instants plus tard, je me retrouve allongé, nu, mes lèvres ventousées contre l’intimité de ma femme. À portée du feu qui couve dans son ventre.


Faire renaître la flamme hors les braises, ne pas éteindre l’infime flamme, l’intime flamme. Je n’aurai pas de deuxième chance. Si le feu ne reprend pas, j’aurai froid jusqu’à la fin de mes jours. Il ne bande pas le souffleur, il est au-delà. J’aime Cécile, au-delà. Si je ne bande plus, comment me donner tout entier, faire renaître la flamme. Elle est la flamme et le souffle, elle est l’amour. M’abandonner à elle, dans un souffle d’amour, comme l’ultime souffle de vie. Lui donner ce souffle ultime.


Mes yeux sont embués, je ne distingue plus le trésor qui s’offre entre les cuisses de mon aimée, mais j’en sens l’intense chaleur. J’ai si peur de mes insuffisances, peur de voir la flamme vaciller, puis s’éteindre. Cécile ne fait plus un geste. Je la sais attendre, avec cette infinie patience de la femme amoureuse.


Je ne sais plus, aide-moi, mon amour, aide-moi, je t’en supplie.


J’ai dû hurler, me débattre, comme dans un mauvais rêve. Elle prend ma tête dans ses mains et me fait m’allonger contre son flanc, sous son aile. Je pose mes lèvres dans le creux de son bras. J’inhale désespérément les senteurs de femelle que j’y découvre, comme un noyé reprend une dernière inspiration avant de disparaître dans les flots de la baie des Trépassés. L’odeur envoûtante de son corps se mêle à ma dernière respiration. Celle qui m’emporte Dieu sait où.


Étrangement, un puissant frémissement parcourt alors mon corps et va se planter entre mes reins. Puis un autre, et un autre encore, à chaque fois que je prends dans mes poumons les senteurs de ma belle. Plus de doute maintenant, ma queue se tend alors que tout concourt à m’inhiber. Je glisse mes lèvres sur la poitrine de Cécile, et je pars à la découverte de nouvelles fragrances, entre ses seins qu’elle me tend à pleines mains. Nouveaux parfums, nouvelles émotions. Mon phare commence sérieusement à clignoter. Avis de tempête prochaine, réduisez les voilures, rentrez les plus fragiles esquifs.


Plus de doute maintenant, je suis en train de me camer aux parfums de Cécile, à ses phéromones de femelle en désir, en amour. Ultime sortilège pour me redonner fière contenance. Alors que je commençais à croire ma virilité en panne, les intenses émanations de son désir, associées aux imperceptibles philtres d’amour que son corps distille, font surgir une énergie inconnue du fond de moi. Sans elle, je ne suis rien. Sans son désir à elle, le mien ressemble à une taupinière à côté d’un menhir.


Si j’en crois ce que vient de dire notre hôte, c’est pourtant bien à moi qu’il appartient de faire naître le premier émoi. Autrement. Je n’ai pas à faire un bien grand effort. Comme dans la parabole du paralytique, imbibé des philtres amoureux, je me dresse et marche vers le saint du saint, vers l’intime chapelle où déposer mon offrande. Où me déposer, où me répandre même, si tel est son bon vouloir.


Elle se prend au jeu, retrouve les gestes qui nous amènent d’ordinaire rapidement au plaisir partagé. D’un frôlement des doigts sur mon front, comme une bénédiction impie, elle éloigne mes doutes virils. Elle est à nouveau entièrement en désir, confiante, avide de ce qui se dresse entre mes jambes. Se glissant sous moi, elle me tend son ventre impatient.


À l’instant où elle me prend en elle, d’un coup, sans préliminaire, une petite voix me souffle qu’il s’agit rien moins que du miracle de Sainte Cécile, patronne des verges indécises. Bénie soit-elle entre toutes les femmes ! Bénies soient sa patience et sa compréhension !


Elle pose ses mains légèrement sur mes reins, pour mieux me guider, pour mieux se laisser submerger. Ma queue gonflée la remplit entièrement, se gave de chaque contraction de ses muscles intimes. Elle sourit, elle m’a repris en elle, bien plus profondément que ne le permettent nos sexes emboîtés.



Je ferme les yeux, pour mieux profiter de ce que nous partageons. Elle poursuit sur le même mode.



Normalement, face à un tel aveu, je devrais péter un câble, me ratatiner de rage et de dépit, implorer ou au contraire déplorer vigoureusement, me rebiffer. C’est tout le contraire qui se passe. Bercé par les mains de Cécile, maintenant posées sur mes fesses, comme si de rien n’était, j’accélère progressivement le rythme de ma pénétration. Occultant ce qu’elle vient de dire, je me mélange enfin assez à elle pour sentir son ventre s’ouvrir, pour la sentir s’ouvrir pour moi, et m’accueillir dans le plus secret de son intimité.


Elle s’est envoyée en l’air avec un autre ? La belle affaire ! C’était avant. C’était au temps de l’autre moi, le myope, l’obnubilé du zob, le fier-à-bras de la trique, le pilonneur compulsif. Elle s’est accordé un échange superficiel, à l’image du seul plaisir que j’étais capable de lui donner alors. Une volupté semblable aux orgasmes qu’elle s’est offerts à cheval sur ma cuisse. L’apaisement d’un prurit génital que ma queue pratiquement autiste ne suffisait plus à lui procurer. Je trouverai la force de me reconstruire.


Je sais qu’à l’instant même, elle lit mes pensées, perçoit les tressaillements de mon âme comme elle se délecte de ceux de ma tige, fichée en elle, palpitante, à nouveau infiniment vivante. Elle suit l’évolution de mes sentiments et me regarde m’approcher d’elle, plus nu que nu. Alors, elle fait monter progressivement son plaisir à chaque coup de reins, en exact miroir de mes propres sensations. Au moment où elle me sent prêt, elle serre de toutes ses forces ses jambes arrimées à ma taille. De puissantes vagues déferlent immédiatement en elle, lui arrachant de longs cris de plaisir.


Le « presque » est mort, vive le « presque »… Je ne résiste pas et la rejoins dans la jouissance. Au moment où je me mets à gicler, elle creuse son ventre pour mieux aspirer ma semence de ses lèvres assoiffées. Pas une seconde elle ne cesse de me regarder, jouissant autant de ce qui traverse mon visage que du bouillant hommage dont j’inonde sa féminité.


La violence de ce que je ressens est incroyable, j’ai le sentiment de laisser échapper mon énergie vitale dans cette éjaculation. Offerte à mon plaisir comme jamais, la bouche entrouverte, les seins tendus vers mes mains, elle savoure sa victoire et l’évidence de mon plaisir. Il y a quelque chose de magique dans ce qui nous unit, quelque chose qui m’apaise et me fortifie entre ses bras.


Nous restons longuement imbriqués, nous délectant de chaque palpitation, de chaque spasme, de chaque frémissement, jusqu’à ce que la tempête se calme enfin. D’une chiquenaude elle me fait alors échouer à son côté, épuisé, vidé, mais toujours agréablement bandé. Une petite giclée de nos sucs mélangés coule le long de sa cuisse. Elle la récolte sur ses doigts, et la déguste voluptueusement.


Ses parfums intimes sont-ils vraiment l’essence indispensable à ma vitalité masculine ? Suis-je à ce point dépendant des odeurs imperceptibles que sa peau distille ? Est-il possible que notre union dépende si fondamentalement d’une mystérieuse alchimie hormonale ? Ai-je vraiment été si longtemps imperméable à ces sortilèges, ou quelque chose s’est-il transformé en elle ? Jusqu’où l’amour et le désir peuvent-ils transformer le corps d’une femme ?


La réponse ne se fait pas attendre.



Malgré le choc, ou peut-être à cause de lui, je sens une irrépressible torpeur m’envahir. Mes forces me quittent, je n’arrive plus à aligner deux mots cohérents. C’était donc cela cette féminité exacerbée, cet irrésistible pouvoir de séduction, cet inéluctable besoin de fouiller au plus profond de moi, de nous. Après la violence des sentiments que Cécile a fait renaître en moi ces derniers jours, ai-je le moyen de m’y soustraire ? En ai-je même l’envie ? Bien sûr, dans notre situation il faudrait, compte tenu de ce que nous sommes on devrait, il s’agirait de ne pas…


Je prends Cécile entre mes bras, plonge mon nez entre ses seins, humant l’air du large à pleins poumons. Ma tige reprend immédiatement vigueur. Elle me laisse la glisser entre ses cuisses. Trop fort, trop animal ce qui nous unit. Je capitule.



Je m’endors sur cette parole rassurante. Comme un bébé…





oooOOOooo



(1) Les phéromones, la prolactine, la dopamine, les hormones sexuelles et quelques autres encore modulent le plaisir sexuel et induisent la sensation de bien-être qui suit l’orgasme. Chez l’homme, les phéromones peuvent se trouver dans la sueur des aisselles et du périnée, ainsi que dans le sperme. Chez la femme, dans la sueur des aisselles, des mamelons et du périnée, et les sécrétions vaginales.


(2) Ça, en revanche, c’est rigoureusement exact.


(3) Il semblerait en effet que la pilule inhibe la sécrétion de plusieurs médiateurs du désir et change le cocktail érotique sécrété par le corps de la femme pendant l’amour. Elle fausse aussi la perception sensorielle du partenaire par la femme, et empêche la découverte d’un mâle dont le potentiel génétique serait optimal. De là à dire qu’elle est à l’origine de nombreuses mésententes…


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