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n° 13123bouldegom24/01/09
Marthe
critères:  fh inconnu danser amour ffontaine fellation préservati pénétratio fdanus init humour
53186 caractères
Auteur : Bouldegom

Marthe, jusque-là




Je m’appelle Marthe. Quarante-et-un ans. Éducation catholique plutôt stricte, bonne élève sans excès, je suis devenue prof de maths au collège d’un petit bourg près de la ville.


Je ne suis pas très grande, un mètre soixante-deux, brune, des yeux marron de loin et vert sombre de près, pas un canon, mais bien faite de tous les côtés. Un nez aquilin, une peau mate et plutôt sombre qui me donnent un petit air du sud. Des seins pas bien gros, mais fermes, aux tétons foncés. Mon corps est mince, sans être maigre. Je n’aime pas me maquiller, et je ne me suis jamais épilée. J’ai peu de goût pour les beaux vêtements et les dessous chics. Pour être franche, je passe un peu inaperçue, et j’essaie de me convaincre que ça me plaît.


Ma vie affective est carrément terne. L’éducation prodiguée par mes parents avait produit une « oie blanche » typique. D’une part j’étais très surveillée, d’autre part j’étais ma meilleure geôlière, vu que j’étais persuadée, quand j’étais ado, qu’on faisait les bébés en s’embrassant sur la bouche. Mon côté trop rigoureusement cartésien n’a jamais trébuché sur cette incongruité. Si j’ai eu des cours d’éducation sexuelle, soit ils n’ont jamais abordé explicitement cette question, soit je l’ai refoulée comme incroyable ou insupportable.


C’est à dix-sept ans que j’ai compris que la fécondation pouvait se jouer à un autre niveau. J’étais une jeune fille très sage extérieurement, mais au-dedans j’étais un petit animal joueur, sauvage, curieux et indépendant. J’étais allée en Angleterre pour un échange linguistique (où il n’était, Dieu merci, pas question à priori d’échanges de langues), bien sermonnée par ma mère sur la moralité british, représentée par Barbe-Bleue. Le premier samedi, une boum était organisée par tous les correspondants. À ma grande stupeur, presque toutes les filles étaient « mini-jupetées », peinturlurées, décolletées, et des couples s’embrassaient et se caressaient dans tous les coins. Moi, j’avais l’impression d’être Bécassine avec ma jolie jupe longue bleue à volants et mon corsage à col fermé. Une chaleur d’enfer, et uniquement des boissons alcoolisées…


Pour ne pas paraître trop nunuche, j’ai bu un peu de punch, croyant avec mauvaise foi que c’était surtout du jus d’orange. J’ai fait banquette un moment, me demandant sur quelle planète j’avais atterri. Ma correspondante Carolyn était accaparée par son boy-friend et, vu les pelles qu’ils se roulaient, elle allait être enceinte de triplés ! Son frère, Bert, beau gosse roux et boutonneux de dix-huit ans, m’a fait danser quelques rocks endiablés et diablement agréables. Il a bien fallu que je boive encore du punch. Je peux dire que je commençais à en avoir, du punch ! J’étais sur un petit nuage, très très loin de mes parents et de Monsieur le curé. Lorsque les slows sont arrivés, Bert m’a gentiment invitée. Il avait les mains résolument baladeuses, mais c’était une sensation nouvelle et infiniment agréable, malgré l’autre sensation, de péché mortel, qui m’envahissait. Je me sentais comme Milou, déchiré entre le devoir représenté par son chien-ange gardien et un magnifique os proposé par son chien-diable gardien. Mais bon, il ne cherchait pas trop à m’embrasser sur la bouche, donc tout allait bien.


On s’est assis dans un coin, et quelqu’un a fait passer une cigarette roulée main. J’ai pensé que c’était une coutume autochtone. Moi, je n’avais jamais fumé, mon père nous empestant toute la journée avec ses clopes et sa pipe. Mais ce tabac anglais sentait vraiment bon, une odeur entêtante de foin brûlé, et pour ne pas trop paraître Bécassine, j’ai inhalé une grosse bouffée, non sans tousser, chaque fois que le pétard passait. Je commençais sérieusement à planer. Un petit refrain me courait dans la tête : « Les mains de Bert sur la peau de Marthe, les mains de Berthe sur la peau de Mart… »


Un ou deux slows plus tard, j’étais émue, nom d’un petit bonhomme (pour pasticher l’ami Brassens), et, même si cette idée m’aurait paru absolument inimaginable deux heures avant, j’avais une envie irrésistible que Bert caresse ma peau plutôt que les étoffes qui me couvraient et me faisaient suer à tout point de vue. Comme les deux mains de Bert semblaient avoir le même objectif, nous avons dérivé vers une chambre très sombre. Sur le lit, il y avait un couple très peu habillé et très emmêlé, qui ne se préoccupait vraiment pas de nous. Dans un coin au fond de la chambre, un tapis moelleux nous tendait ses longs poils de laine. L’absence de lumière m’arrangeait bien, dans la mesure où je n’avais jamais laissé voir à personne la moindre parcelle de mon corps que je trouvais moche, et où, dans la nuit, le péché me paraissait moins visible. Et puis, au fond, ce tapis me permettait opportunément de ne pas être « au lit » avec un homme…


Il m’a d’abord déshabillée en haut, du moins ouvert mon corsage et relevé mon soutien-gorge que j’avais obligeamment décroché. Là-haut sur mon petit nuage, j’avais un sacré vertige, et mon cœur battait plus fort que Big Ben en pleine forme ! Les mains de Bert sur mes seins m’hypnotisaient complètement. Leur fine peau sensible, subjuguée, les guettait, les écoutait la révéler, comme si elles avaient dévoilé une statue longtemps cachée. Mes seins auraient dansé au rythme de ses doigts toute la nuit. Mais, sans attendre la fin de la nuit, et même bien trop tôt, il a commencé à me caresser l’entrejambe, sans grande douceur. C’était un mélange de sensations nouvelles et géniales et de sensations très désagréables, comme un gâteau à la crème qui aurait été poivré et salé. Je l’ai laissé enlever ma culotte en me soulevant même un peu. J’avais un tourbillon dans la tête, dans un état second. C’était comme si mon corps n’avait jamais existé avant que ces mains courent dessus. J’aurais voulu qu’il m’enlève tous mes habits et qu’il continue à me caresser comme pendant les slows, mais il a enlevé son jean et son slip. C’est alors que dans la pénombre j’ai aperçu son sexe. Bien sûr, je n’en croyais pas mes yeux ! Je me suis dit : « Tu es complètement pétée, c’est trop gros, ça ne peut pas être son zizi ». À tel point que j’ai avancé la main pour tâter et constater la réalité. Bien sûr, il s’est mépris sur mon geste qui l’a encore excité. Il a entrepris de m’écarter les jambes, avec douceur d’ailleurs, puis de me pénétrer.


Là, en même temps que je pensais impossible qu’un aussi gros machin puisse entrer dans mon sexe, j’ai eu la brusque et éclatante révélation de la méthode pour faire les bébés ! J’en ris encore (jaune), de ces deux pensées tellement incongrues. J’ai eu brutalement une telle frousse que j’ai serré tout ce que je pouvais, cuisses, petites et grandes lèvres, vagin, yeux, dents, bouche, pour empêcher toute intrusion. Quant à lui, il était tellement excité, et sans doute en manque, qu’il a éjaculé sur mon ventre, avec des grognements, puis des « sorry » sincères. Inutile de préciser que je ne comprenais rien à ce liquide chaud et visqueux dans mes poils et sur ma peau, et au fait que sa verge (je ne connaissais même pas le mot à l’époque) était à nouveau « normale ».


Bert était tout gêné et tout tendre, pensant avec raison qu’il avait fait une piètre prestation, dans son inexpérience. Moi, je ne planais plus et j’avais un peu dessoûlé. On s’est rhabillés et j’ai rejoint Carolyn, sans rien raconter. Bref, je suis restée pucelle sans gloire.



Quand j’ai eu dix-neuf ans, mes parents m’ont mariée, sans vraiment me demander mon avis, à un cul-bénit que je ne connaissais pratiquement pas. Un homme grand, beau, vingt-six ans, plutôt riche, un peu autoritaire, un excellent parti, qui saurait calmer mon caractère indépendant.


Grand mariage avec beaucoup de monde, messe, orgues, cadeaux (surtout ménagers et électro-ménagers, pas de Kamasoutra ni de vibromasseur), repas pantagruéliques. Pour ma nuit de noces, je peux dire que je n’ai pas été à la noce ! Pierre était sans doute vierge, en tout cas sans expérience, et je le soupçonne fort d’avoir étudié la sexualité grâce à des films pornos. Quand nous nous sommes couchés (dans la chambre de ses parents, prêtée pour l’occasion !), nous étions aussi crevés l’un que l’autre. Mais il tenait bien sûr à « faire le devoir conjugal », comme il disait. Je me suis déshabillée pendant qu’il allait aux WC, j’ai mis une nuisette offerte par ma belle-sœur (moi, d’habitude, je dormais toute nue, ou avec un T-shirt), j’ai retiré ma petite culotte après mûre réflexion, et je me suis mise au lit. Lui, après de longues ablutions, est arrivé en pyjama, a éteint la lumière et m’a rejointe. Je n’en menais pas large, et lui non plus.


Il m’a d’abord embrassée sur la bouche, et j’ai mis un moment à comprendre qu’il ne fallait pas serrer les dents. Je ne trouvais pas ça désagréable. Pierre a bonne haleine, et il embrasse bien. Nous n’avons pas échangé un mot. Il m’a embrassé les seins, trop rapidement, mais Dieu, qu’est-ce que c’était doux, puis, sans autres préliminaires, il s’est couché sur moi et a entrepris de me pénétrer, et donc de me déflorer.


Ça n’a pas été sans mal. J’avais gardé de mon expérience anglaise un réflexe de fermeture, et j’étais quasiment sèche. J’étais sur le dos et je dois avouer que j’attendais que ça se passe (du genre « serre les dents, écarte les jambes et pense à la Reine d’Angleterre »), en essayant tout de même de faciliter les choses. Il a enfin eu l’idée de se mouiller le gland, sans aller jusqu’à toucher mon sexe avec ses doigts, et, après quelques poussées fortes, presque violentes, son sexe est entré en moi. À cet instant, j’ai ressenti une brusque douleur qui m’a rappelé un claquage que je m’étais fait dans le mollet quelques années avant. Ma belle-mère m’avait offert le livre « S’aimer corps et âme » deux jours avant le mariage et, l’ayant timidement feuilleté, je savais que ce serait en principe douloureux, mais je ne m’attendais pas, à côté de cette douleur vite oubliée, à cette géniale sensation simultanée d’être occupée comme une maison neuve accueillant ses habitants. Malheureusement, Pierre a immédiatement joui, s’est aussitôt retiré, et s’est endormi sur le champ et sur mon ventre (c’est lourd).


Une routine s’est vite installée. Le devoir conjugal deux ou trois fois par semaine, toujours tard le soir, sans lumière. Pierre, malgré ses efforts (mais dans ce domaine les efforts sont à mon idée nuisibles) resta un éjaculateur plus ou moins précoce. Mon vaginisme s’est un peu atténué mais, hormis ce plaisir d’être remplie, je n’avais jamais le temps d’avoir vraiment des sensations, et encore moins de jouir. En plus, il croyait qu’un bon amant doit « limer » sa partenaire le plus vite possible et, ce qui est pire, je n’étais pas sûre qu’il ait tort !


Un mois après le mariage, j’ai su que j’étais enceinte. Dès que Pierre l’a appris, il n’a plus voulu faire le « devoir conjugal », de peur de faire du mal au bébé, et parce que le but du devoir conjugal était d’abord de faire des enfants ! Malgré tout, comme je voyais bien que son sexe avait des raisons que la religion ignore, j’ai appris à le caresser avec mes mains, à le branler. Je pense que j’étais une bien piètre branleuse, mais j’étais d’une redoutable efficacité pour le résultat recherché : l’éjaculation. Mes malheureuses tentatives de le sucer, ou d’allumer la lumière, furent repoussées méchamment, comme vicieuses. Dans la nuit et manuellement, ça devait pouvoir se dissoudre sans trop de culpabilité dans la sauce onctueuse du confessionnal.


Après la naissance de Sophie, je me suis fait mettre un stérilet sans le dire à Pierre, et je me suis consacrée à l’éducation de mon bébé, qu’il négligeait (zut, ce n’était pas un garçon !).


Une collègue m’avait prêté « Venus Erotica » d’Anaïs Nin. Je le lisais en douce et je le cachais bien. Ces textes me choquaient énormément et me plaisaient infiniment. Mais pour moi c’était comme de la science-fiction, comme si Elena ou Bijou n’appartenaient pas au même monde sexuel que moi. J’en suis venue à me caresser doucement en lisant les nouvelles. La première fois où j’ai atteint l’orgasme, je ne m’y attendais pas du tout, et je me suis demandé ce qui m’arrivait. Sans blague, j’ai même vérifié dans le dictionnaire médical de la médiathèque que je n’étais pas épileptique ou quelque chose comme ça ! Ce qui me rassurait, c’est que ça ressemblait tout à fait (en vrai !) à l’orgasme décrit dans « S’aimer corps et âme ». Mais comment aurais-je pu imaginer cette explosion des sens à partir des mots lénifiants du livre ? Par contre, la masturbation était manifestement un grave péché, et je portais une grave culpabilité. Heureusement, tout en faisant semblant de croire, je n’ai bientôt plus cru, et j’ai commencé à décider que Dieu n’existait pas, et que j’étais assez grande pour décider du bien et du mal, pour et selon mon bon plaisir.


Après six ans de mariage, Pierre a rencontré une fille de vingt ans, sans doute plus malléable que moi, dont il est tombé amoureux, malgré toute sa morale. On a divorcé d’un commun accord, et Sophie est restée avec moi.


Bien du temps a passé. J’ai eu quelques brèves aventures, mais il faut croire que j’attire les éjaculateurs précoces et les limeurs endiablés, et je finis par me dire que j’y étais pour quelque chose. Peut-être devrais-je faire une psychothérapie.


Il y a deux mois, mon père est décédé d’un cancer des poumons. J’ai beau me dire qu’il ne l’a pas volé, c’est une mort atroce, et je n’ai pas un bien gros moral. Ma fille est partie faire ses études au Québec. J’ai quelques amies avec qui je joue au tennis ou bien randonne en été, mais peu d’amis, et j’ai peur d’oublier le sexe, j’ai peur de ne plus exister en tant qu’être sexué. Je me sens souvent bien seule. Bouh ouh ouh.




Marthe, premier jour




Ce soir, Martine et son mari Roland m’ont invitée à un repas dans un restau où on danse. Ils voient bien que je ne pète pas la forme et ils savent que j’aime danser. J’ai un peu la sensation qu’ils se dévouent, mais c’est gentil.


C’est drôle, je me rends compte que je suis vêtue presque comme pour la boum anglaise : jupe à petites fleurs bleues, avec trois volants (j’aime bien quand ça tourne) et un corsage uni bleu sombre et marron, un peu comme mes yeux. Je ne parle pas des dessous, mode Petit Bateau en coton blanc…


C’est tout près du centre ville et j’y vais à pied. Eux arrivent de la périphérie en voiture. Après les bises d’usage, on s’installe, pas trop près de la piste. La salle est grande, avec une grande piste en parquet. Il y a beaucoup de monde, mais je ne connais pratiquement personne. Il y a des tables uniquement d’hommes, et des tables uniquement de femmes, sans doute des repas entre collègues de travail. Ils se jettent des regards discrets mais ne se mélangent pas.


Le repas est plutôt bon, et la conversation est agréable. Après le café, Roland et Martine se lèvent pour un paso. Je n’aime pas trop le paso, et personne d’ailleurs ne m’invite. Après une série de tangos, Roland m’invite pour des javas. Il est gentil de s’occuper un petit peu de moi, mais ces deux-là sont un joli couple qui ne fait pas trop semblant, et bientôt il m’abandonne avec un mot amical. Je patiente un moment en observant les couples qui virevoltent. En fait, relativement peu de personnes dansent. Ils préfèrent discuter. Un jeune aux cheveux blonds gominés en houppe m’invite pour des rocks. Il danse mal, mais je m’en fiche. Il est joyeux et drôle et je sais bien m’adapter à tous les cavaliers. Pour une série de tangos, un jeune beau (de mon âge !) m’invite et me serre, avec des passes qui sentent à deux lieues l’école de danse pas trop digérée. Ma danse plus spontanée ne lui convient pas trop et il m’abandonne lâchement. Du coup, je ne danse pas beaucoup, et j’ai un peu le bourdon. Je pense à partir et je cherche mes amis quand, pour une série de valses, un homme de la table voisine vient m’inviter.


Il danse bien. Il doit avoir cinquante balais, mais il est simplement élégant en jean et T-shirt, des cheveux bruns qui commencent à grisonner et à se clairsemer au-dessus de la tête. Pas très grand, peut-être un mètre soixante-dix, sans embonpoint, pas de montre ni d’alliance (eh oui, je regarde) ou autres bagues. Il me dit :



Je suis un peu prise de court. Ça tourne rond, j’adore valser, je me vois dans « le Guépard ».



Et la conversation continue sans gêne, facile, drôle. Je me laisse tournoyer dans ses bras. Il me tient fermement, corps contre corps, sans me serrer. Je suis bien, comme ça ne m’est pas arrivé depuis une éternité. À la fin des valses, il y a un petit arrêt. On attend, comme s’il était entendu qu’on est ensemble. C’est « Rock around the clock » qui suit.



En fait, il rocke assez bien. C’est sûr, ce n’est pas académique, il n’a pas appris, mais il a le sens du rythme et c’est génial, un peu dans le genre auto-scooter… On se fait un peu de « rentre-dedans » innocent (ou presque) et accidentel (ou presque). « Ainsi que des bossus tous deux nous rigolâmes »…

Pour nous reposer, le DJ lance une série de slows. « I put a spell on you »… Il n’a pas besoin de me demander si je veux. Il m’entoure de ses bras et danse lentement. Ses mains, presque sans bouger, deviennent le complément indispensable de mon épaule, de ma hanche. Elles ont trouvé leur place instantanément. Il me regarde et me sourit. J’ai envie de poser ma tête contre son épaule. J’ai un peu honte d’être aussi bien.



Devant cette question si directe, je ne sais que lui sourire bé(a)tement, je me serre un peu contre lui et j’en profite pour poser ma tête sur son épaule. Il me caresse à tout petits gestes très lents, plutôt une série de minuscules massages. Sa main effleure un sein. Nous sommes dans une bulle de sensations. Incroyable ! Je sens le désir dans mon bas-ventre, comme une bouillotte. Je ne me rappelais plus cette sensation. Contrairement à beaucoup de mecs, il ne danse pas les fesses en arrière, et je sens son érection contre moi. Je me sens rougir. Je n’ai pas l’habitude !



Je ne comprends pas le jeu de mot du premier coup, mais il a un petit mouvement du bassin qui m’évite une cruelle méprise. Sans répondre, je lui fais un bisou (presque) pudique dans le cou. J’ai envie de ses caresses, j’ai envie de son humour, j’ai envie de son regard, j’adore son sexe bandé contre mon ventre. J’ai honte d’avoir une envie physique si violente d’un homme. Je réalise que c’est la première fois, à quarante-et-un ans ! « Night in white satin »… Je vais mourir de bien-être. Je respire son odeur dans son cou où je pique à nouveau un timide bisou. Lui passe sa joue sur mes cheveux. Mes seins veulent traverser les étoffes vers sa peau. Ses mains me racontent d’immenses voyages sur des minuscules bouts de peau. Mes mains, comme si de rien n’était, courent très lentement sur ses hanches, ses épaules, se risquent sur la peau nue de son cou.



Je comprends cette fois sans hésitation. J’en brûle d’envie.



Je suis loin de me sentir envahie, je veux être envahie, j’ai une frénétique envie d’être envahie, mais va pour l’hôtel. Je dis au revoir à Martine et Roland qui ne font pas de réflexion, mais ils sont ébahis et sans doute ravis de me voir partir avec un homme.


Sur le chemin, nous marchons côte à côte, sans nous tenir la main, mais nous nous heurtons tendrement et comme distraitement tous les deux pas. Il me dit :



Il y a longtemps que ma morale est devenue ultra-tolérante. Quant à souffrir, je vis beaucoup dans le présent et, jusque-là, mon présent n’était pas folichon.



Je ne sais pas si je dois le croire, mais je suis trop tentée.


L’hôtel est propret, la chambre chaude, petite, mais chaleureuse.



Il me sourit gentiment et disparaît dans la salle de bains. Trois minutes après, il ressort tout habillé et pieds nus. Je vais sous la douche. Mon cœur bat la chamade comme si j’étais une ado à son premier rendez-vous. Je regarde mon corps avec perplexité en me demandant s’il est acceptable. Bon, je n’en ai pas d’autre, et les défauts sont tout de même mineurs. Comme lui, je me lave vite et je me rhabille, sans remettre le soutien-gorge ni le collant.


Il n’a laissé qu’une petite lumière douce et un peu rose. Il vient à ma rencontre et me prend dans ses bras comme pour le slow. J’entends quasiment la musique : « … une fille qui tangue et qui se tait, c’est extra… ». Il me regarde dans les yeux en souriant. J’aime qu’on me caresse comme ça avec les yeux. Ses mains caressent mes tempes et mes cheveux. J’ai envie de peau. Je passe ma main sous son T-shirt et je remonte jusqu’à son cou. Je lui pique un petit baiser sur les lèvres. Je ne me reconnais pas : je lui enlève son T-shirt et je frotte doucement mon visage et mes cheveux contre sa poitrine. Je voudrais qu’il soit déjà tout nu. Je voudrais, je voudrais, mais il prend son temps, ce sadique. Je n’ai pas l’habitude, je suis en manque, de tendresse, de gentillesse, de caresses, de contact, au secours, c’est trop bon, cette torture !


Il explore mon dos en appuyant par-ci par-là, il a dû sentir que j’ai enlevé mon sustinge. Il n’a pas touché mes seins. Peut-être qu’ils ne lui plaisent pas. Il masse mes hanches et descend doucement sur les fesses. Je réalise que j’ai des fesses ! Je vois Bardot « Et mes fesses, tu les aimes, mes fesses ? » Il prend ma tête entre ses mains et m’embrasse voluptueusement. Je ne sais pas embrasser, mais je vais être la reine des autodidactes du baiser, je le sens. Son baiser est chaud et doux. Le lâche, il en profite pour déboutonner mon corsage, et il le balance au loin, n’importe comment. Mes seins contre sa poitrine, sa peau chaude contre mes seins, ses lentes mains qui chantent, si douces sur mon dos, qui descendent et cherchent l’attache de la jupe. Je le laisse chercher et moi je défais sa ceinture, le bouton de la braguette, la fermeture éclair, c’est facile (et tendu). Je baisse son jean qu’il envoie, d’un coup de pied, rejoindre ma jupe qui l’a précédé de peu. Ils font un beau couple. Sa verge dépasse du slip et semble bien comprimée. Je n’écoute que mon courage et je la libère. Je dis bien mon courage, parce que je n’ai jamais vu d’homme nu avec de la lumière ! C’est beau, émouvant et impressionnant. Elle est un peu arquée à la base, avec un gland violacé tout lisse. La peau de la hampe est sombre, comme bronzée. J’ai envie de l’embrasser, cette bite, mais que penserait-il de moi ? Lui a glissé ses mains sous ma culotte, qu’il abaisse tout doucement en s’agenouillant devant moi. Lorsque la culotte est à mes pieds, je suis la nouvelle tradition et l’envoie balader au loin en riant. Ses mains sont remontées sur mes fesses, et il pose sa bouche juste sur mon sexe, au milieu des poils encore un peu humides. Des petits bécots éclatent comme des bulles de savon dans mes poils… Mais qu’est-ce qu’il fait ? Sa langue m’a effleurée. C’est sale ! Oh, oui, c’est salement bon. Il souffle de l’air chaud dans ma toison, et c’est comme si une vague tiède me parcourait le corps. Ses doigts doux, sous les boucles brunes, ouvrent délicatement ma vulve craintive, et sa langue et ses lèvres jouent avec mes petites lèvres. Je me lève sur la pointe des pieds et je caresse ses cheveux. Ô temps, suspends ton vol !


Il se relève et m’entraîne doucement vers le lit. Bon, les bonnes choses sont finies. Je me couche bêtement sur le dos, mais lui s’étend à côté de moi et regarde mon corps avec ses yeux rieurs et ses mains langoureuses.



J’ai tellement peu d’expérience des caresses que je n’imagine pas qu’on puisse n’en pas aimer certaines. Je lui dis que non, et je glisse en rougissant comme une pivoine que je n’ai pas une grosse expérience sexuelle.



Bien sûr que je n’en ai pas. Avant de venir, j’étais à des années-lumière d’imaginer ne serait-ce que plaire à un homme, et puis, jamais un de mes amants ne s’est préoccupé ni de contraception, ni de protection. Je me dis « zut, ça va être fini », il ne voudra pas faire l’amour, pour une fois que j’en ai envie !



Il a une manière simple et directe de dire les choses qui m’effarouche et me plaît. D’accord, bien sûr.


Il me demande de me coucher sur le ventre, de fermer les yeux et d’écarter les jambes. Commence une délicieuse désescalade sensuelle de mon corps. Il lisse mes cheveux et les étale sur ma peau, il me masse le cuir chevelu avec douceur et lenteur. J’ai envie de ronronner. J’oublie le sexe. C’est comme quand je suis bien fatiguée par une rando et que je glisse avec volupté dans le sommeil. Mais je ne dors pas ! Je glisse dans la caresse. Ses doigts parcourent mon cou et mes épaules avec des massages progressifs qui enlèvent ma fatigue. Il est sur moi, au-dessus de moi, les genoux entre mes jambes. Quand il se penche, je sens son sexe qui effleure mes fesses (très émues). Deux mains chaudes randonnent dans mon dos comme dans un paysage de collines. Il renouvelle le massage des hanches, puis ses doigts piétinent la région du coccyx où j’ai toujours un peu mal. Comment devine-t-il ce qui me plaît ? Il me caresse les fesses, les palpe, les écarte, les serre, joue avec. Mon sexe recommence à s’émouvoir et appelle ses mains, mais il l’évite et passe aux cuisses. La simple sensation d’être cuisses ouvertes et totalement offerte à son sexe est pleine d’une étrange sensualité, terriblement douce et violente. Pourvu qu’il ne remarque pas les poils de mes jambes. Et mes mollets de sportive, que va-t-il en penser ? Il les presse doucement et fermement de bas en haut, et ça aussi ça me défatigue. Et les pieds, il est fou, il me masse les pieds en n’oubliant aucun orteil. Je suis un piano sur lequel il joue ses arpèges. Jamais je n’aurais imaginé qu’on puisse prendre son pied comme ça !


Il me retourne sur le dos. Je me laisse faire, lourde, gênée et désirant avidement son regard, et je garde les yeux fermés. Peut-être pour qu’il ne me voie pas avec mes yeux trop critiques. Le paradis c’est comme ça ?


Je ne sais pas où il est, mais je joue le jeu. Je sens sa bouche sur la mienne, mais à l’envers ! C’est rigolo, nos langues sont toutes râpeuses. Son baiser est une pénétration humide et délicate. Ses mains me remplissent de voluptueux vertiges mais, cette fois, sa bouche, qui a quitté la mienne, et m’a chatouillée dans le cou, s’est posée sur mon sein gauche. Ouf ! Je sens l’aréole et le téton se contracter sous sa langue alors que sa main dorlote tendrement l’autre sein. Cette andouille d’homme resserre mes deux seins et dit qu’il n’arrive pas à joindre les deux bouts ! Je suis prise d’un fou-rire proche de la douleur. Moi qui ne connaissais que des relations sexuelles sérieuses et presque dramatiques ! On est loin du « devoir conjugal ». Heureusement, ses lèvres ont saisi mon autre téton et je replonge aussi sec (encore que…) dans mon trip de plaisir, noyée dans ses caresses.


Maintenant, il a posé sa joue sur mon ventre, et il me dit qu’il entend mon cœur. Ça doit faire un sacré raffut. Je ne peux pas m’empêcher de poser mes mains sur sa tête pour la caresser et l’accompagner.


Il dit : « Marthe, tu es douce » ou « Marthe, tu es belle ». Sa voix me fait un prénom de velours. Il parle très peu, mais ses paroles sont des caresses intimes et divines.


Cette fois, il est descendu entre mes cuisses et me demande de relever un peu mes jambes. Je peux ouvrir les yeux si je veux. Il met un oreiller sous mes fesses, et mon sexe est complètement exposé à sa bouche. J’ai honte, parce qu’on m’a toujours dit que le sexe, c’était sale, mais décidément le plaisir ankylose ma honte, et sa tête qui me sourit entre mes cuisses, je trouve ça choquant, drôle, gentil, beau à pleurer. C’est si inimaginable qu’un homme cherche mon plaisir. J’aime le voir me caresser.


Il pose la paume de sa main sur ma toison et remue doucement avec le bout des doigts sur mon ventre. Ce petit mouvement de sa main chaude tire et relâche tout doucement mon clitoris. Je relève le bassin pour être plus accessible. Il embrasse doucement là tout en haut de mes cuisses, près de la vulve, puis je sens sa langue qui crisse sur les poils qui cachent les grandes lèvres. Il masse précautionneusement mes grandes lèvres un peu brunes. Les sensations de plaisir ruissellent dans mes cuisses et dans mon ventre. Puis ses doigts écartent délicatement les poils, et son majeur qu’il a mouillé de salive remonte suavement sur la peau lisse et un peu violacée et redescend en promenade de l’autre côté. Ses doigts jouent à explorer tous les petits replis de mes petites lèvres et le bout de sa langue vient les humecter. C’est horriblement intime et génialement tendre d’être observée, détaillée et léchée comme ça. Mes mains accompagnent sa tête, sans oser la guider. Je ne suis plus qu’un sexe béant et attentif, qui observe amoureusement l’itinéraire des doigts et de la langue d’Étienne. Mon plaisir, tellement différent de celui que je peux me donner, gonfle, gonfle comme un ballon de baudruche. Ses doigts font une pause. Il me soulève un peu et relève carrément mes jambes, qu’il enserre avec ses bras. Il commence à me lécher délicatement les petites lèvres, l’orifice du vagin, et le clitoris. Je lui retire un peu la tête par les cheveux, c’est trop fort. Je n’ai vraiment pas l’habitude de sensations aussi extrêmes. Sa langue revient plus bas, et, oh non ! Il me lèche le trou de balle (d’accord, c’est vulgaire, mais comment vous dites, vous ?) ! Je n’ose pourtant pas dire stop, et c’est si étrangement bon. Une nouvelle sensation d’excitation toute différente irradie autour de l’anus, mais c’est trop, et je lui tire à nouveau les cheveux. Sa langue reprend son ballet à l’entrée du vagin, et je me dis que la baudruche va éclater. Il mouille son majeur droit, mais c’est bien inutile, et l’introduit tout doucement dans mon vagin. Je sens qu’il appuie la pulpe du doigt sur la face antérieure du vagin. C’est comme si j’avais là un petit coussin. J’ai l’impression qu’il fait signe à mon orgasme de venir vers lui. « Petit, petit, petit… Viens, n’aie pas peur ! » Une langue chaude et mouillée vient alors se poser presque sans bouger sur mon clitoris. J’explose. Il me titille encore un peu avec son doigt et je rebondis sans fin. C’est exactement le bouquet final d’un feu d’artifice.


Je mets longtemps à rassembler mes morceaux. Il s’est allongé contre moi. Je mets ma tête sur son épaule, et j’éclate en sanglots. Il ne dit rien et me caresse les cheveux avec plein de petits bécots. Mes sanglots se calment et nous partons tous deux dans un nouveau fou-rire.


Je m’aperçois alors qu’il bande encore comme un cerf. À vrai dire, je n’ai jamais vu de cerf bander, mais puisqu’on le dit…


Mon envie d’embrasser sa verge me reprend. Vu ce qu’il m’a fait, je doute maintenant qu’il soit choqué, mais je lui demande quand même si je peux. Son étonnement me vexe un peu.



J’ai bien sûr vaguement entendu parler des pipes et autres pompiers, mais pour mon ex, donc pour moi, c’étaient des trucs de prostituée. À ma demande, il m’explique un peu comment on fait, ce qui est agréable et désagréable, et je l’étends autoritairement sur le dos. Il me demande si je veux qu’il me prévienne avant d’éjaculer. Sans réfléchir, je lui dis que non. J’ai une folle envie de le lécher un peu partout et même ailleurs, mais on n’évacue pas quarante années de culpabilisation sur le sexe en une soirée.


Je me mets à genoux entre ses cuisses et je prends délicatement le gland entre mes lèvres. Je passe la langue dessus, c’est merveilleusement lisse.



Je fais un bond en arrière, toute coupable, bien sûr. Cet imbécile rit comme un âne. Ça rit, les ânes ? J’ai bien envie de le mordre. Qu’est-ce que c’est bon aussi, de rire. Je me remets à glander avec délectation…

Je tourne un peu autour en faisant des petits bisous. Je le lape comme un petit chat. Je réalise tout à coup que ça ressemble à un joystick et j’échappe de peu au troisième fou-rire en pensant à la signification du mot joystick ! Sans rien brusquer, je fais pénétrer sa verge de plus en plus profondément dans ma bouche. C’est gros ! Mais je jette un coup d’œil à Étienne, attentif et souriant, qui se relève un peu pour me caresser les cheveux et me regarder. J’ai constaté tout à l’heure comme c’est excitant, de regarder. Je reprends un lent va-et-vient prudent, en lui caressant les couilles de ma main libre. Je sens sa tension qui monte régulièrement et je me prends à jouer en sortant de temps en temps son sexe de ma bouche et en le léchottant doucement. Puis je le reprends. Je ne sais pas s’il faut aspirer mais, quand je masturbais mon mari, ça fonctionnait bien sans pomper. Ça ne doit donc pas être utile. En essayant d’obtenir une « grande longueur en bouche » sans me mettre à rire, je m’étrangle à moitié, mais je commence à bien sentir la technique. Il m’accompagne doucement en ondulant du bassin. Il semble particulièrement apprécier lorsqu’il est bien profond dans ma bouche et que j’entortille ma langue autour de la hampe, et aussi les entrées et sorties du gland entre mes lèvres. J’expérimente avec jubilation. Je ralentis dès que je sens qu’il approche de l’orgasme, puis je repars tout doucement. Quel plaisir d’avoir un homme ainsi abandonné à moi en toute confiance. Tout d’un coup, je le sens se crisper, il pousse une sorte de feulement bas, et je reçois les giclées de sperme chaud et un peu fade dans ma bouche. La consistance est bizarre, mais le goût n’est pas désagréable. J’avale sans aucun dégoût, et en bonne ménagère je lui lèche bien délicatement et bien complètement le gland qui rétrécit à toute allure. Je suis très fière de moi !


Étienne m’attire à son côté et, emmêlés, nous échangeons un long baiser tendre (et spermeux).


Bien que cette pipe m’ait à nouveau fortement excitée, je tombe instantanément dans les bras de Morphée qui passait par là.


Lorsque je me réveille, Étienne dort également. Je vois qu’il est deux heures du matin. Il faut que je rentre chez moi, sinon ce sera trop dur demain pour partir en cours. Étienne propose de me raccompagner. Cette marche, enlacés dans la nuit froide et déserte, est un nouveau petit bonheur.


Étienne viendra demain chez moi quand il pourra, vers dix-neuf heures.




Marthe, seconde journée




J’ai dormi comme une souche. À ma grande surprise, après cette brève nuit, je me réveille en forme. Sous la douche, je me découvre un nouveau corps, tout neuf ! Comme si on m’avait livré une nouvelle bagnole, avec de la reprise, des gadgets inconnus, un toit ouvrant, des vitres plus grandes. C’est étonnant comme le regard d’un homme peut me donner de la réalité.


La journée de travail passe vite et pourtant si lentement ! Deux collègues féminines me disent que j’ai vraiment bonne mine aujourd’hui. Je passe un coup de fil à Martine, qui sent bien ma jubilation sous mes propos sibyllins et s’en réjouit gentiment. Les élèves sont géniaux et drôles, pour une fois. À cinq heures, j’ai fini. Je fais quelques courses et je rentre. Je tourne chez moi comme un bourdon.


Il arrive bien avant sept heures, avec son sac de voyage. Le patron de l’hôtel a trouvé un autre client et a accepté qu’il rende sa chambre. Je jubile. Il va dormir avec moi ! Après un long baiser (je fais vraiment des progrès), je lui fais visiter mon trois pièces. Il regarde partout sans gêne, s’intéresse à mes livres, essaie (sur lui) mes quelques colliers. Il me fait rire et c’est super. Quand on arrive à ma chambre (j’ai changé les draps et tout bien rangé), il sort de sa poche une boîte de préservatifs et la pose sur la table de nuit. Incroyable comme ce seul geste m’excite ! Il sort aussi un petit sachet qu’il m’offre : deux boucles d’oreille toutes simples, juste comme je les aime, des mains de Fatma en argent. J’espère que ça ne tue pas, l’excès de gentillesse, sinon, je suis mal barrée !



Je ne réussis qu’à piquer un fard de première catégorie… Je raffole des jeux de mots. Celui-là est comme une caresse au fin fond de mon ventre…



Cette fois, j’en ai vraiment envie, d’autant plus que je comptais me doucher avant son arrivée.

Nous nous déshabillons mutuellement. Je suis émue comme une gosse. Il sent un peu la sueur mais, loin de me déplaire, ça m’émoustille. Lui aussi a l’air d’aimer mes odeurs. Il m’embrasse le cou et même sous les aisselles.



Qu’est-ce qu’il est bête ! On se retrouve vite… à poil. Sous la douche, on décrète unanimement que chacun doit laver l’autre sans l’exciter le moins du monde. Tu parles ! Il bande joyeusement et j’ai le sexe trempé… et pas seulement à l’extérieur. Il commence et je suis épatée de l’habileté dont il fait preuve pour rester entre la caresse et le lavage. J’ai un peu peur quand il arrive à ma foufoune, mais il a une délicatesse étonnante. Il me dira plus tard qu’il a appris en lavant ses trois bébés, il y a bien longtemps. C’est un plaisir magique ensuite de passer le gant en douceur partout sur lui. J’ai trop envie de lui lécher le sexe, mais je respecte la règle du jeu. Pour le trou du cul, je suis salement gênée, mais lui m’a lavée avec tant de naturel que je parviens à le faire sans chichis. Comme j’ai grandi en un jour, et ça continue !


L’essuyage est tout doux. Il y a de la caresse dans les gestes. Je le frôle autant que je peux. Mes tétons éraflent son torse, son dos. Son sexe, avec sa tête chercheuse, tapote mes fesses, effleure ma toison. J’aime nos corps nus dans la lumière. Moi un peu plus sombre, lui assez blanc sauf les bras, le cou, le visage… et sa bite. Il attrape le sèche-cheveux et me peigne dans le souffle chaud, son ventre tout près du mien. Après les cheveux, il s’occupe en riant de ma toison pubienne. La chaleur et la brosse douce sont un divin tourment. Résolument, je lui prends la main et l’entraîne vers mon lit où il feint de tomber tout du long sur le dos. Coïncidence, la nuit tombe également, et j’allume la lampe de chevet. Je n’ai plus peur de la lumière. Comment peut-on se caresser sans lumière ?


Je suis bien. Toute nue dans mon nouveau corps tout neuf. Ça me rappelle quand j’avais dix ou douze ans, avec ma cousine, on avait nagé nues le soir à la nuit dans un lac jurassien. Cette sensation d’être un animal sauvage… L’eau fraîche qui te caresse tout du long et te touche partout…


Je monte sur le lit et, avec un pied sur sa poitrine, je prends la pose de la terrasseuse de lions. Étienne me saisit les chevilles et me dit qu’il a envie que je caresse sa bouche avec les lèvres de mon sexe. Ça me paraît saugrenu, mais jusque-là tout ce qui m’a choquée m’a beaucoup plu, alors… Je me mets à genoux au-dessus de lui et, en m’appuyant sur le mur derrière sa tête, j’approche prudemment de sa bouche. La position est bizarre, sans être pénible. J’ai à la fois un sentiment de domination, un peu exhibitionniste, et jubilatoire, en toute sincérité, et peur aussi de lui faire mal. Ses mains sont venues à la rencontre de mes seins qui s’y réveillent en redressant leur petit nez sombre. Ma vulve expérimente sa bouche, sa langue, ses lèvres. Je peux suivre mon rythme et doser le contact. C’est vertigineux et doux. J’ondule doucement comme une algue souple. Je ferme les yeux pour mieux descendre dans mon ventre. Sa langue en érection est une merveille. Comment fait-il ? Il va prendre une crampe !


Sa main gauche est descendue sous ma fesse, et sa main droite est venue tenir compagnie à sa bouche. Ses doigts mouillés explorent mes lèvres, les ouvrent ou les resserrent sur sa langue, vont se promener sur mes fesses, vont et viennent. Je sens un doigt qui pénètre doucement dans mon vagin. Il glisse sans problème, va caresser ce petit coussin doux sur le devant, ressort, va caresser mon anus, s’écarte, parcourt les grandes lèvres. Sa langue lèche et mouille. Je suis cette fois totalement descendue dans mon sexe. Ma tête, là-haut, a un peu le vertige. Elle s’est appuyée au mur. Je suis attentive à la montée irrésistible du plaisir, j’ai oublié Étienne, je ne connais plus que cette bouche et ces doigts qui m’affolent. Maintenant, deux doigts ont pénétré dans ma chaleur. Ils massent cette petite place où ils font signe de venir à ma jouissance. Je suis étonnée que ça soit aussi facile. Je me penche en arrière pour être plus accessible. J’appuie plus fort mon clitoris quand sa langue est à portée. J’ai vraiment la sensation de caresser sa bouche, comme il disait, de l’embrasser. Un doigt bien lubrifié glisse du vagin sur mon anus et appuie doucement. « Stop » ou « encore » ? Sûrement pas stop ! Je m’empale prudemment sur son doigt, malgré ma honte. Une petite douleur diffuse se transforme vite en cette curieuse sensation de chaleur sensuelle qui irradie dans tout le corps. Je suis assaillie par des plaisirs exotiques et inconnus qui viennent de partout.


Il a replacé les deux doigts dans mon vagin et réussit à me garder un autre doigt dans l’anus. Il a un peu accéléré le rythme, ou bien est-ce moi ? Ces trois doigts qui m’envahissent font monter mon plaisir comme du lait qui va bouillir. Je surfe sur sa langue et ses doigts. « Une fille qui tangue et vient mourir… » Je ne me méfie pas. J’ai une brusque envie de faire pipi, mais je ne peux pas me retenir et, dans un fantastique orgasme, je me vois expulser trois ou quatre jets qu’il essaie de boire goulûment ! La honte et le plaisir n’ont pas le temps de se battre. Il a continué à me palper et je repars dans un second orgasme, puis dans un troisième, chaque fois avec des jets qu’il semble savourer. Je suis partie tellement loin que j’ai vraiment peur que ça ne s’arrête pas et je lui saisis la main. Je m’écroule sur lui et fonds (encore !) en larmes.


Il se tortille un peu pour tirer la couverture sur nous. Il bande toujours, mais je suis morte. Jamais je n’aurais imaginé qu’une telle jouissance soit possible. Et puis j’ai tellement honte. Mes jets ont complètement inondé son visage et sa poitrine et il y a de grosses taches sur le lit. J’embrasse son sourire sans rien dire, pour essayer de me faire pardonner. Mais son baiser et ce que je lèche ont un goût vaguement sucré et une odeur un peu entêtante. Je n’y comprends rien.



Et je me remets à pleurer comme une Madeleine. Lui éclate de rire.



J’émerge incrédule et avec difficulté de ma honte et de mes larmes. Je vais finir par être toute sèche, à force de fuir par tous les bouts ! Pendant que ses nombreuses mains (il doit bien en avoir au moins quatre !) me reconstituent un corps au-dessus et au-dessous du ventre, il m’explique gentiment ce qui s’est passé. En fait, j’avais vu un film japonais « Un peu d’eau tiède sous un pont rouge », ou quelque chose comme ça, où une femme émettait de véritables geysers quand elle jouissait. Je me sentais proche de cette femme, et pourtant j’avais trouvé ça ridicule et absolument pas crédible, mais là, vu ce que j’ai été capable de gicler, je me pose des questions… Je n’en reviens pas. Si une autre femme m’avait raconté ça, jamais je ne l’aurais crue.



Je me vautre sur lui en lui proposant un soulagement pour sa bite toujours bien raide, mais il me dit que ce n’est pas une maladie, que d’être excité est toujours agréable, que ça va guérir tout seul, qu’on a toute la nuit devant nous, que je suis géniale, que j’ai un con plaisant et, bref, qu’il a faim. Qu’est-ce que ça fait du bien, la gentillesse ! On se rhabille sommairement. Il va se laver les mains et nous préparons ensemble (je souligne, parce que ça aussi, je n’en ai pas l’habitude) des chèvres-chauds et une salade de foies de volaille, avec un petit Cabernet - Sauvignon en prime. On se raconte nos vies et je me surprends à dire des trucs que je n’ai jamais dits à personne. Il s’est établi entre nous une complicité et une confiance qui m’épatent. J’avais une copine qui disait que, pour vraiment connaître un mec, il fallait jouer avec, souffrir avec, et faire l’amour avec. Je ne la croyais pas, mais maintenant je comprends mieux ce qu’elle voulait dire.


Il a en fait cinquante-sept ans ! Sa femme et lui se sont rencontrés en 68 et ils en ont gardé l’esprit libertaire sans jamais tomber dans les extrêmes. J’aime la façon dont il parle du monde et de leur couple. Il n’y a pas trace de possessivité, ni de jalousie. Il me dit que personne n’a de droits sur personne et qu’on se donne les devoirs qu’on veut envers les autres. Je bois ses paroles, mais c’est tellement loin de ce que j’ai vécu…


Le téléphone sonne. C’est ma mère que j’ai un peu oubliée. Elle trouve que j’ai une drôle de voix et s’inquiète de ma santé. Si elle savait dans quel bonheur je suis noyée ! Mais comment lui expliquer que moi, divorcée, je m’envoie en l’air avec un homme marié rencontré hier, que je ris, que je pleure, que je gicle ? Elle ferait une crise cardiaque ou courrait voir le curé ! Elle en vient à ses petits bobos et à ceux des voisins, voisines, cousins, cousines, chats, chiens et j’en oublie. Pendant ce temps, Étienne a fait la vaisselle et préparé deux expressos. Puis il vient derrière moi, passe ses mains sous mon pull et commence à me caresser les seins, la tête contre ma tête. Il sent bon l’amour. J’ai du mal à suivre les récits de maman, tant je suis tentée de suivre le récit de ses doigts. Je parviens enfin à arrêter le monologue. Le café a tiédi. Étienne part en faire un autre. Les fantômes de ses mains sont restés sur ma poitrine. On déguste la petite tasse brûlante et un peu amère. J’ai encore envie de ses mains sur moi. Je n’ai qu’un pas à faire.


Je mets mes bras autour de son cou et je lui pose un baiser chaste sur les lèvres. Je sens son désir contre mon ventre et je joue à me frotter contre lui. Je croyais avoir épuisé mon désir avant le repas, mais sentir et imaginer son sexe bandé le réveille délicieusement. Les vieux démons de la honte et de la culpabilité me crient de loin « dévergondée, chienne en chaleur ! » Mais je les ai déjà bien repoussés là-bas, et j’entends « fais-le bander, déchaîne ses ardeurs ! ». Je le pousse vers la chambre. Il fait semblant de résister mais recule pas à pas, tenu en respect par mes seins pointés sous mon pull.


Nous atterrissons sur le lit, marqué d’une grande tache humide. J’ôte mon pull et mon pantalon de survêtement, et je saute sauvagement sur la braguette d’Étienne qui se débat avec son T-shirt. Avec une habilité démoniaque, comme si j’avais fait ça toute ma vie, j’arrive à baisser son pantalon et son slip avant qu’il ait terminé. Je le soupçonne quand même d’avoir été quelque peu complice. J’ai une envie furieuse d’avoir son sexe dans ma bouche. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être un vieux fantasme carnassier, l’envie de le sentir à ma merci ? Mais non, je n’ai aucune envie de le castrer ! Non mais ! Il finit de se déshabiller avec la verge dans ma bouche. Il parvient tout de même à m’ôter ma culotte.


Je me retrouve à califourchon sur lui. Ce n’est pas la meilleure position pour le sucer, mais il m’attrape les fesses et m’attire sur sa bouche. C’est tellement bon que j’en oublie son sexe. Je sens que ma foufoune est dégoulinante, et il me lèche doucement, sans effleurer le clitoris. Non, je ne veux pas encore jouir toute seule ! Je lui échappe en basculant et je me couche sur lui, sa bite contre mes fesses et je l’embrasse tendrement. Il tend la main vers la boîte de préservatifs et en sort un. Vrai, je n’en ai jamais vraiment vu ! On s’assoit tous les deux, et il m’explique comment on fait.



J’ai un peu la trouille, mais j’essaie. Ce n’est vraiment pas difficile. J’ai l’image d’une star enfilant son bas. C’est un peu ridicule, avec le petit réservoir au bout du bout. Mais ça a l’air d’être très doux et de bien glisser. J’ai envie de sentir tout de suite comment ça fait. Je repousse Étienne sur le dos, et je m’enfonce en douceur sur son engin déguisé. Mmmm, c’est bon ! J’essaie quelques va-et-vient, bien assise sur Étienne qui me caresse les seins et les fesses. Bien empalée sur mon joystick (j’en ris toute seule), je prends mon temps, évitant de tomber dans l’orgasme tout proche. Mes doigts explorent son visage et son torse. Je me sens pleine et légère. Mais j’ai envie aussi de le laisser faire. J’ai déjà bien chevauché tout à l’heure.


On se retrouve donc dans la position du missionnaire. Ça, je connais ! Mais non, je n’y connais décidément rien. Je découvre la pénétration douce, lisse, progressive, cette sensation sauvagement stupide, stupidement sauvage, d’être remplie. Étienne va tout doucement. Il m’embrasse le visage et me caresse les cheveux, je sens son gland qui m’explore, qui me caresse, qui rampe à gauche, à droite, la légère traction sur le clitoris lors de la pénétration, sa bite dure et douce là tout au fond de moi. J’ai relevé mes mains au-dessus de ma tête. Il me les saisit avec une seule main et me caresse la poitrine avec l’autre, bien fiché en moi. Incapable de bouger, j’ai un fantasme de viol qui m’excite traîtreusement. Je remue le bassin comme pour m’échapper. Étienne reste sans bouger, vivant, raide et enraciné dans mon ventre.


Il a relâché mes mains, et fait maintenant des petits allers-retours bien profonds, sans sortir. Il a une main sous ma fesse, ce qui lui permet de me serrer contre lui, et ce qui m’ouvre l’anus. Je souhaite et je redoute qu’il m’enfonce un doigt, comme tout à l’heure. Mon plaisir monte, monte, je sens mon vagin serrer sa queue, comme s’il avait gonflé, lui aussi. Étienne souffle plus fort et sa main se crispe un peu sur mon épaule. Je l’accompagne maintenant dans ses mouvements, on fait vraiment une belle bête à deux dos. Je sens une onde de plaisir qui converge doucement vers ma vulve. Je ne suis à nouveau plus qu’un vagin gonflé et attentif à ce braquemart avec lequel il danse un slow langoureux. Il me touche simplement l’anus avec son doigt et c’est comme un détonateur. Je vole en éclats de jouissance, ça part vers les bras, les pieds, la tête. Étienne fait à peine deux allers-retours et il éjacule avec un ooooh grave qui me fait vibrer et fait rebondir mon orgasme. Je sens les pulsations de sa verge et mon vagin qui lui répond longuement. Contrairement à ce que je connais, il ne débande pas immédiatement et j’ai quelques resucées de jouissance quand il fait encore quelques minuscules et lents va-et-vient.


Sans que j’en aie conscience, on s’est embrassés presque tout le temps, et ma bouche est un peu meurtrie. Il me demande s’il n’est pas trop lourd. Si, il m’écrase un peu, maintenant qu’il ne s’appuie plus sur les coudes, mais c’est un rêve d’être écrasée comme ça, et je le retiens sur moi un long moment. Il finit par basculer à mon côté, et pose le préservatif tout ratatiné à côté du lit. Je pose ma tête sur son épaule et il me tient embrassée contre lui.


Demain matin il s’en va, et pourtant j’ai un grand sourire béat indécrochable sur mes lèvres, et du rire dans le cœur. Peut-on devenir une autre femme en deux jours, ou bien est-ce que le prince charmant a réveillé la belle endormie ? Je ne crois plus au prince charmant, mais je me suis bien réveillée.


Je m’endors.



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