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n° 13704Mon grand-père s'appelait Henri et ma grand-mère Amélie...15/02/10
Alter ego
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69338 caractères      
Auteur : LouVilneau

Le Mans, le mardi 22 juillet 1902



Mon cher Henri,


Ce petit mot rapide avant ton arrivée dimanche prochain. Je ne peux pas garder ça pour moi tout seul, il faut que je te mette au courant. Ça y est, j’ai « connu » une femme !

Comme tu le sais, depuis les vacances, l’oncle m’a embauché à l’atelier où je joue les bouche-trous le temps de trouver une remplaçante à Arlette, la petite arpette, qui est repartie aider ses parents à la ferme. Hier, il fallait livrer une robe chez une dame de la rue Nationale.

Là, un larbin en livrée m’ouvre et ne cache pas son étonnement devant le fait que je sois un garçon. Après être allé en conférer avec sa maîtresse, il m’introduit auprès d’elle. Encombré comme je l’étais avec le grand carton de la robe et les petits des accessoires, je ne fais pas attention jusqu’à ce qu’elle me dise de tout déposer sur le lit. J’étais dans la chambre de la dame et elle se tenait devant moi en chemise. Quand j’ai relevé la tête pour la saluer, j’ai dû rougir jusqu’aux oreilles et j’ai bredouillé un vague « bonjour madame ».

Je la sentais partagée entre le rire devant le comique de la situation et la contrariété d’être en face d’un garçon. Elle m’explique alors que sa servante s’est absentée pour la journée et qu’elle attendait Arlette pour essayer la robe puis l’habiller pour la journée. Son regard me balaye de haut en bas puis elle éclate de rire. Gentiment elle me demande mon nom ; je lui réponds en bredouillant. Elle sourit et me dit : « Eh bien Edmond, puisque tu es là, c’est toi qui va m’habiller ! » Je balbutie que je ne saurai pas ; elle me répond que si je suis ses indications, ça ira très bien.

J’étais en face d’une femme d’une trentaine d’années, un peu ronde, mais sans excès et dotée d’une belle poitrine que je voyais balancer doucement à chacun de ses mouvements. Sa chemise ne cachait pas grand-chose et, quand elle a vu que je l’observais, deux pointes se sont dressées comme pour transpercer le tissu. Elle portait en dessous une culotte garnie de rubans qui la couvrait jusqu’à mi-cuisses.

Tu imagines aisément que cette vision ne m’a pas laissé indifférent. Quand son regard s’est fixé sur la bosse de mon pantalon, je ne savais plus où me mettre. Surtout quand elle a ajouté : « Alors jeune homme, on dirait que je te fais de l’effet… »

Bien sûr, dimanche je te raconterai tout en détail mais, dès maintenant, je voudrais t’en dire assez pour te faire rêver jusque là.

Elle a tâté mon engin puis l’a sorti du pantalon. J’étais pétrifié. Elle m’a caressé, doucement au début ; alors j’ai osé la toucher, elle n’a rien dit, elle a même fait passer sa chemise par-dessus sa tête. Tu te rends compte, pour la première fois de ma vie, je voyais une femme nue !

J’ai caressé sa poitrine. C’est très curieux, c’est à la fois ferme et très doux. Je me suis penché pour la téter ; elle avait l’air de beaucoup aimer. Puis elle a pris ma main, l’a fait entrer dans sa culotte et l’a posée dans son entrejambe. Sous les poils qui me chatouillaient, j’ai senti son sexe qui était humide. Comme elle continuait à me branler, je n’ai pas pu résister et je me suis vidé dans sa main. La honte !

Elle a ri, m’a couché sur le lit au milieu des cartons puis avec sa langue, elle m’a nettoyé entièrement. Eh oui ! J’avais l’impression de rêver.

Je ne trouve pas de mots corrects pour te décrire ce que nous avons fait ensuite ; ça ira tellement mieux quand je pourrai te le raconter de vive voix. Rapidement : elle m’a déshabillé et a retiré sa culotte puis elle m’a appris et montré beaucoup de choses sur le sexe féminin et on a fait l’amour.

Après une toilette rapide, je l’ai habillée. Ce n’est pas facile, surtout le corset.

Elle veut me revoir.


J’ai hâte de te retrouver. Les jours vont être longs d’ici lundi.


Ton frère qui t’aime,


Edmond



—oooOooo—



En cette deuxième année du vingtième siècle, Edmond et moi avons eu dix-huit ans. Nous sommes jumeaux, tellement semblables que notre entourage nous oblige à différencier notre habillement pour pouvoir nous reconnaître.

Il n’y avait que papa et maman qui savaient nous reconnaître à coup sûr. Malheureusement, ils sont morts tous les deux dans ce terrible accident de train de Saint-Mandé en 91. Nous avions sept ans.


Depuis nous avons vécu séparés. C’est mon oncle Alphonse – frère de papa – qui m’a accueilli. Il est curé du bourg d’Écommoy et j’ai retrouvé ici une vie de famille grâce à Marthe, sa vieille gouvernante qui est une grand-mère pour moi. Edmond, lui, est parti vivre au Mans, chez l’oncle Onésime et la tante Lucie – la petite sœur de maman.

Quand j’écris séparés, ce n’est pas vraiment exact, il s’est rarement passé plus d’une semaine sans que nous nous retrouvions. Tandis que j’étais pensionnaire au collège des jésuites de la ville, Edmond poursuivait ses études au lycée public – l’oncle Onésime est un républicain convaincu – et, tous les dimanches, ils me faisaient sortir pour quelques heures de bonheur familial.

Nous avons obtenu l’an dernier notre baccalauréat complet tous les deux avec une mention très bien.

Depuis, nous préparons, Edmond le concours d’entrée à l’École Supérieure d’Électricité et moi celui de l’École Normale Supérieure.


Il y a peu de choses à dire sur l’année qui vient de se passer. Je l’ai passée studieusement au presbytère à préparer le concours d’entrée à l’école de la rue d’Ulm, aidé seulement par l’oncle Alphonse et son immense bibliothèque. De temps en temps, son jeune vicaire – qui sortait tout juste du séminaire – venait rafraîchir mes connaissances en latin et en grec. Pour ne pas perdre les bonnes habitudes, tous les dimanches je prenais le train jusqu’au Mans pour y passer la journée avec Edmond.

Lui, pour préparer son concours, a pu bénéficier de l’aide de ses professeurs dans une classe préparatoire du lycée. Chacun de nous a réussi et nous allons donc passer les trois années qui viennent à Paris.

Il était convenu que je le rejoigne le dimanche suivant et que je reste chez l’oncle Onésime pour passer le mois d’août ensemble afin de préparer notre rentrée.

Depuis ce jeudi où j’ai reçu sa lettre, j’ai l’esprit – et le reste – en feu. Moi aussi, il me tarde, ô combien, de le retrouver.


Avant de continuer cette histoire, il faut que je vous parle de l’oncle Onésime et de la tante Lucie. L’oncle Onésime est un bonhomme tout rond – c’est du moins l’impression qu’il donne car, s’il est un peu enveloppé, il est assez grand. C’est son sourire permanent, sa voix douce et ses manières onctueuses qui lui donnent cette apparence. À ses débuts, il était seulement tailleur puis, sous l’impulsion de tante Lucie, il est devenu « tailleur-couturier ». Il s’est créé une telle réputation qu’il a des clients (et surtout des clientes) qui viennent de loin – Alençon, Caen, Tours et même Rennes ! L’enseigne « Onésime-Beaufil » est maintenant renommée dans toute la région.


Tante Lucie est grande aussi et mince. Avant tout, ce que l’on retient d’elle, ce sont ses yeux. Ils sont verts, pailletés d’or et rayonnent de compréhension et d’intelligence. Une fois capturé par ce regard, on ne peut plus l’oublier.

Edmond surtout, mais moi aussi, sommes les enfants qu’elle n’a pas pu avoir. Elle nous aime à sa façon, un peu distante, peu de câlins, parfois de la sévérité – uniquement lorsque c’est indispensable – mais surtout un dévouement sans limite. Ses yeux pétillent de joie et débordent d’amour à chaque fois qu’elle nous voit et jamais, à aucun moment, elle n’a pu nous donner l’impression d’avoir été « adoptés par nécessité ».


Toutes les semaines, elle épluche « Le Petit Écho de la Mode » et surtout « La Mode Illustrée ». Elle y sélectionne deux ou trois modèles et, pendant la pause du midi, elle en discute avec l’oncle, les deux tailleurs et les quatre couturières qui déjeunent à la table familiale. C’est l’arpette qui aide à préparer le repas et qui fait le service.


Les quelques fois où j’ai pu assister à ce repas, j’ai toujours été impressionné par la passion qui anime cette assemblée. Chacun a son domaine de compétence qui est reconnu et respecté des autres et tout le monde donne son avis en fonction des coupons en réserve, du caractère des clients et des accessoires disponibles. La discussion est toujours animée, passionnée mais détendue, il n’est pas rare d’y rire aux éclats, surtout à l’évocation de certains clients. Ma tante participe peu, elle écoute, prend des notes dans un cahier et parfois griffonne un croquis rapide pour servir de support au débat.

Dans l’après-midi qui suit, elle s’installe dans le grand salon devant son chevalet et, avec ses aquarelles, elle représente le nouveau modèle qui sera montré aux clients.

Le catalogue d’« Onésime-Beaufil » contient maintenant une soixantaine d’aquarelles que clientes et clients prennent plaisir à feuilleter et à commenter dans le salon d’accueil du magasin (ce salon où l’on vient « causer » est encore une trouvaille de tante Lucie).



—oooOooo—



Lundi, enfin !

Sur le quai de la gare, j’attends Henri.

Encore cinq minutes…

La grande aiguille de la pendule de la gare se traîne.

Pourquoi les minutes sont-elles si longues ?


Un panache de vapeur, là-bas, au loin. C’est lui.

Halètements de la machine, grincements déchirants des freins, sifflet du chef de gare et les portières qui s’ouvrent en claquant.

Je me hausse sur la pointe des pieds pour tenter de l’apercevoir.

Le voilà !

Comme d’habitude, nous lisons la surprise dans les yeux des voyageurs : encore une fois – et sans nous consulter – nous nous sommes habillés de la même façon. J’ai vraiment l’impression de me voir dans un miroir. Pendant notre accolade, j’aperçois deux jeunes femmes qui se sont retournées et qui nous sourient. Nous sommes tellement habitués à ces réactions que nous n’y prêtons plus guère d’attention, c’est seulement la fraîcheur du sourire de ces demoiselles qui a attiré mon regard.


J’empoigne l’un de ses deux sacs de voyage et nous prenons tranquillement le chemin de la boutique. Il me transmet les salutations de l’oncle Alphonse et les baisers de Marthe puis, sans attendre, attaque à propos de ma lettre.



Nous faisons de grands signes de la main et allongeons le pas. L’oncle et la tante sont déjà sur le trottoir quand nous arrivons devant le magasin. Après un petit moment d’hésitation, l’oncle Onésime me prend dans ses bras et me donne l’accolade.




—oooOooo—



Un tout petit nuage blanc vient donner un peu de profondeur à un ciel tout bleu. Nous nous laissons dériver doucement dans le courant de la rivière tranquille. Je savoure sereinement cet instant de pur bonheur. Nous sommes en bras de chemise et portons un canotier pour nous protéger du soleil de juillet. De temps en temps, pour empêcher l’embarcation de trop dériver, Edmond donne quelques coups de rames paresseux.



Il me tend les avirons et commence son récit. Comme il a une excellente mémoire, il me décrit toute la scène en détail. Comment elle lui a retiré ses vêtements, comment elle-même s’est dénudée. La chaleur, la douceur, l’odeur de sa peau. Le galbe de ses seins et sa surprise devant l’excitabilité de l’aréole et l’érection du téton sous ses doigts et sa langue. La douce forêt de son mont de Vénus. Avec force détails, il m’a décrit tout ce qui est caché derrière ces poils et comment il fallait passer la main, effleurer, flatter, amadouer, exciter, bécoter, décalotter, lécher, suçoter, titiller. Il m’a exposé toute cette connaissance nouvelle qu’il avait du sexe féminin.

Quant à l’acte lui-même :



Je tremble d’excitation, je viens de vivre la scène avec lui mais il subsiste dans mon esprit un vague sentiment de frustration. Voyant cela, Edmond me reprend les rames et, vigoureusement, il remonte le courant qui nous avait entraînés assez loin vers l’aval. Pendant tout ce temps, nous restons silencieux. Le sourire béat qu’il affichait me disait bien qu’il revivait, encore une fois, toute cette scène. Moi, je rêvais à la chance qu’il avait eue mais qui me sourirait certainement aussi un jour.


Nous avions rejoint le groupe des canots quand, d’une barque proche arrive un appel : « Edmond ! ». Un garçon me regarde en souriant et me fait des signes. Là-dessus, Edmond sort de sa rêverie et se retourne. Nous ne pouvons nous empêcher d’éclater de rire devant l’air ahuri du garçon, yeux exorbités et bouche béante. Voyant sa tête, la jeune fille qui l’accompagne se retourne et, elle aussi, se fige de surprise.



Il se tourne vers moi :



Après quelques congratulations d’usage, nous décidons d’accoster et d’aller boire une limonade à la baraque de rafraîchissements. Nous nous installons à une table, à l’ombre d’un saule, et je vais acheter les boissons au comptoir, Amélie m’accompagne tandis qu’Émile et Edmond discutent du lycée.

Amélie est une gentille fille toute pimpante dans sa robe claire qui laisse entrevoir ses fines chevilles. Elle doit être un peu plus âgée que son frère mais son grand chapeau « ombrelle » et ses cheveux coiffés en anglaises lui donnent l’air fragile d’une poupée de porcelaine. En attendant que l’on nous serve, nous papotons. Toujours timide et emprunté devant les jeunes filles, je lui laisse l’initiative de la conversation qui languit un peu : le temps, la chaleur… enfin, rien d’important.


De retour à la table, les garçons étant toujours absorbés par leur conversation, nous parlons littérature. Elle est en train de lire « Claudine à l’école » de Willy dont elle apprécie particulièrement le style clair, léger et résolument moderne. Curieusement, elle qualifie de féminin le vocabulaire de ce roman que je ne connais pas encore. De mon côté, je viens de finir la lecture du « Journal d’une femme de chambre » de Mirbeau, mais le sujet de ce livre n’est pas franchement abordable avec une jeune fille inconnue. Alors je me rabats sur les ouvrages de monsieur Verne.

Comme je parlais du côté romantique du « Tour du monde en 80 jours », lorsque Phileas Fogg sauve la jeune veuve du bûcher, les deux garçons, qui nous écoutaient depuis un moment, ont commencé à discuter des différents romans à contenu scientifique de l’auteur. J’apprends ainsi qu’Edmond avait refait tous les calculs de « De la terre à la Lune » et qu’il avait écrit à M. Verne à Amiens pour lui signaler une petite erreur. M. Verne lui avait aimablement répondu pour le remercier et la correction a été faite dans les éditions ultérieures.


Les moments agréables passent toujours trop vite. Il est bientôt l’heure de regagner la maison. Nous nous quittons joyeusement et nous promettons de nous revoir bientôt.



—oooOooo—



Je viens d’entendre deux heures sonner au clocher de l’église du Pré ; deux coups de cloche répétés au loin quelques secondes plus tard par la cathédrale. Henri dort dans le second lit que nous avons dressé dans ma chambre.

Hier soir, nous avons encore longuement chuchoté à propos de mon aventure avec Noémie et, bien qu’il n’en dise rien, je le sens excité mais aussi frustré par mon expérience.

Dans un demi-sommeil, mon esprit vagabonde ; je suis dans la barque et j’entends Émile appeler Henri en le prenant pour moi… Et pourtant, il a l’œil affûté, Émile ! C’est vrai qu’on se ressemble… Même moi, dans un miroir, je pourrais m’y tromper…


Je souris et ça me réveille complètement. Mais la voilà, la solution ! Il n’aura qu’à se faire passer pour moi la prochaine fois que Noémie m’appellera… Oui mais, du coup, c’est moi qui vais me mettre la ceinture… C’est vraiment dur…

Et qu’est-ce que je serais en train de penser si c’était à lui que c’était arrivé ? Oh là là, rien que d’y penser, je sens mes tripes qui se nouent de jalousie… C’est décidé, il doit vivre ça ! Oui mais…

Et ça tourne en rond dans mon esprit. Encore, et encore.



J’ai dû m’endormir – le jour commence à poindre au travers des persiennes – mais la même idée me trotte toujours dans la tête « et s’il prenait ma place ? »

Il faut d’abord voir s’il est d’accord – c’est qu’il peut être une véritable tête de mule quand il s’y met ! – et puis aussi vérifier si c’est possible matériellement.


Avec un profond soupir, il se retourne. Dans la pénombre, je distingue tout juste son visage, il a les yeux ouverts.



Grand silence.




—oooOooo—



Je suis assis sur le banc, accoudé à la grande table familiale. En face de moi, sur l’autre banc, tante Lucie et entre nous deux une montagne de petits pois que nous sommes en train d’écosser. Je fais tomber les pois dans un bol que je vide périodiquement dans une casserole en bout de table. Les cosses, elles, vont dans le grand faitout qui va servir à préparer ce délice de potage que je n’ai jamais mangé qu’ici.

L’écossage est une activité qui ne nécessite pas grande attention et qui ne gêne en rien une conversation à bâtons rompus. Nous avons parlé de ma vie à Écommoy, de l’oncle Alphonse et de Marthe que tante Lucie adore. Je suis bombardé de questions, elle veut tout savoir : mes études, mes espoirs, mes loisirs. Elle s’étonne que je n’aie pas d’ami là-bas. Je lui explique que mes années de pension m’ont tenu éloigné de tous les jeunes du bourg et qu’à dix-huit ans, il était un peu tard pour nouer des relations amicales, d’autant plus que je n’avais aucun centre d’intérêt commun avec eux. Je ne pouvais même pas faire la connaissance des filles à la messe dominicale puisque j’assistais toujours à la toute première, à l’aube, pour pouvoir prendre le train du Mans et il était exceptionnel qu’une jeune fille assiste à cette messe matinale.

Le sujet autour de ma petite personne commençant à être bien épuisé, tante Lucie, dans son parler direct, en vient à me parler d’Edmond.



Je continue à écosser mes petits pois en silence, la regardant par en dessous d’un air qui se voulait interrogateur.



La situation est délicate ! Je garde un silence prudent et embarrassé.



Elle me regarde et me sourit. Elle tapote le banc à côté d’elle.



Je m’exécute. Elle passe son bras derrière moi et me serre contre elle. Penchant la tête sur mon épaule, elle me chuchote dans l’oreille :



Là, je suis obligé de répondre et je ne peux pas mentir.



Elle sourit doucement puis me regarde fixement dans les yeux. Son regard vert me transperce comme pour lire mes pensées.



Je lui saute au cou et l’embrasse sauvagement. Par jeu, elle me repousse :



Nous nous quittons en riant aux éclats.



—oooOooo—



Pendant qu’Henri joue mon rôle à l’atelier, me voilà à la bibliothèque pour emprunter des livres en son nom. Les « Discours édifiants » de Kierkegaard, la « Dialectique de la nature » d’Engels – Beurk ! Quand je pense qu’il sera obligé d’étudier ça l’année prochaine ! – et « Claudine à l’école » dont lui a parlé Amélie dimanche ; on dirait bien que cette demoiselle l’a beaucoup impressionné…

La bibliothécaire me regarde un peu curieusement :



Je me retourne et manque de bousculer une jeune fille que je n’avais pas entendue s’approcher derrière moi.



Sans réfléchir, comme j’ai l’habitude de le faire, je me penche et dépose une petite bise sur sa joue. Elle s’empourpre, son regard vacille puis elle se reprend et me sourit :



Elle rougit encore un peu puis me fait comprendre que le roman est un peu « leste ». Nous rions ensemble.

La bibliothécaire enregistre le passage de main du livre et nous ressortons ensemble.



J’ai du mal à contenir mon excitation : pouvoir examiner de près les moteurs d’Amédée Bollée, peut-être pouvoir discuter avec lui ou avec son frère Léon. Un rêve ! Mais je suis Henri, détaché de toutes ces machines malodorantes…



Nous nous quittons. De retour à la maison, je monte dans ma chambre et Henri vient m’y rejoindre très vite.



Et je lui raconte toute notre conversation. Bien entendu, je le taquine sur l’impression qu’il semble avoir laissée sur Amélie. Je lis dans ses yeux que, lui aussi, est bien ferré au même hameçon. J’en ris intérieurement mais, soyons honnête, avec quand même un peu de jalousie. Maintenant, je vois Amélie avec un regard différent ; de sœur d’un copain, elle est devenue la fille dont mon frère est peut-être sur le point de tomber amoureux. C’est drôle, malgré l’épisode avec Noémie, je n’envisage pas de tomber amoureux, surtout pas… Il y a tellement de choses intéressantes à vivre avant ! Ne serait-ce que cette visite de jeudi après-midi.

Après avoir rêvé un peu, chacun de notre côté, nous descendons voir la tante – elle est beaucoup plus arrangeante que l’oncle – pour essayer de libérer notre jeudi après-midi. Comme prévu tout se passe bien, tante Lucie se propose même pour nous remplacer à l’atelier si le besoin s’en faisait sentir. (Malgré son air bourru, c’est un ange…)



—oooOooo—



L’après-midi est bien avancé et le soleil tape toujours aussi fort. Nous venons de repartir d’Arnage où Amélie a été voir sa grand-mère, une vieille dame charmante de soixante-seize ans qui vit seule dans une petite maison. Elle élève poules et lapins et cultive un petit potager. Sur le porte-bagages d’Amélie, un gros panier contient des œufs, des légumes verts et un lapin dépiauté enveloppé dans un torchon ; sur le mien, j’ai un gros sac avec des pommes de terre et des carottes.


Amélie est charmante. Elle porte un corsage fleuri sur une jupe-culotte adaptée à notre course à bicyclette. Nous bavardons sans arrêt. Dès le voyage d’aller, nous sommes passés au tutoiement et toute gêne a maintenant disparu entre nous.

Elle me parle de son frère qui n’a qu’un an de moins qu’elle. Apprenant qu’il n’a que dix-sept ans, j’en déduis qu’Amélie en a dix-huit, comme moi. Elle m’explique comme ils sont proches, complices même. Elle est malheureuse de le voir partir l’année prochaine dans une école de la marine à Rochefort mais, bien sûr, lui nage dans le bonheur.


Sauf pour assurer la bonne direction de ma bicyclette, mon regard ne la quitte pas. Je me délecte de sa personne, elle est si simple, enjouée et tellement belle ! Je suis heureux…


Par hasard, je lève les yeux et aperçois une barre de gros nuages noirs à l’horizon.



Finie la douce promenade, je commence à appuyer sur les pédales et, de ma main droite dans son dos, j’aide Amélie à prendre de la vitesse. Je suis surpris de découvrir que ce contact m’est très agréable et je le maintiens beaucoup plus longtemps que nécessaire car Amélie est une fille sportive et elle a vite pris le rythme ; cependant, elle ne dit rien et j’ai l’impression qu’elle aussi apprécie ce contact.


Nous n’aurons pas le temps de rejoindre Le Mans ; les nuages commencent à couvrir le soleil et nous découvrons dessous des lueurs annonciatrices d’éclairs violents. Je regarde autour de nous, à la recherche d’un abri. À trois ou quatre cents mètres, sur la gauche, dans un pré une construction basse semble pouvoir nous abriter. Je la désigne à Amélie et nous fonçons le plus vite possible sur la route.

Arrivés à hauteur, nous descendons de bicyclette pour traverser le petit fossé qui borde la prairie puis nous courons dans l’herbe tenant notre machine par le guidon.

Des gouttes énormes commencent à tomber. En un instant, ça devient un véritable déluge et nous sommes complètement trempés quand nous arrivons sous le toit de cette petite construction rustique, sans murs avec seulement une grande mangeoire sur un côté et un bassin en pierre qui se remplit d’eau de pluie par une gouttière.


Essoufflés, nous nous regardons en riant. Sous son canotier trempé, les anglaises d’Amélie ont disparu, ses longs cheveux lui collent au visage et aux épaules, ses vêtements dégoulinent et elle est secouée de rire par mon aspect qui ne doit pas être plus rutilant que le sien.


Tout à coup, nous sommes éblouis par une lumière d’une intensité extrême accompagnée d’un sifflement déchirant suivi instantanément d’un craquement infernal. Dans un hurlement que je perçois à peine, Amélie se jette dans mes bras ; la figure enfouie dans mon cou, elle me serre de toutes ses forces et je sens tout son corps trembler. Moi-même, je suis abasourdi par la violence des éléments, par la brutalité de cette commotion dont je ressens encore la vibration dans tout mon squelette. Convulsivement, je serre Amélie contre moi jusqu’à ce que je commence à prendre conscience de notre situation : je tiens dans mes bras une femme charmante, je sens sa poitrine s’écraser sur la mienne, l’eau dont nos vêtements sont gorgés me communique sa chaleur, son ventre épouse le mien…


Par dessus son épaule, j’essaie de percer le rideau d’eau qui dégouline du toit. La foudre est tombée à quelques mètres de nous sur l’un des platanes qui bordent la route. La partie supérieure de l’arbre s’est fendue en deux et pend lamentablement. La pluie qui tombe en rafale maintenant a déjà éteint le foyer qui s’était déclaré dans les branches.


Presque en dehors de ma volonté, ma main droite parcourt le dos d’Amélie, descend le long de sa colonne et vient se loger dans le creux de ses reins. Je presse tendrement, je me veux rassurant. De son côté, elle répond à cette gentille étreinte en déplaçant son bassin de façon à ce que ses cuisses viennent enserrer la mienne sur laquelle elle se presse convulsivement. Tout à coup, elle prend conscience de sa position et s’écarte de moi brusquement. Elle me regarde en souriant pour masquer sa gêne.



Je vais fouiller dans les sacoches de ma bicyclette et j’en sors les deux grandes serviettes que j’y avais mises dimanche avant d’aller canoter. Je vais pour envelopper Amélie dans l’une d’elles quand elle m’arrête :



Et elle commence à déboutonner son chemisier. Elle le retire en me tournant le dos, le jette dans la mangeoire et passe ses deux mains en pince au-dessus de ses épaules pour que je lui donne la serviette. Elle porte juste une fine chemise qui lui colle à la peau. Elle se retourne vers moi :



Dont acte. Nous voici tous les deux enveloppés dans une serviette. Après son moment de panique de tout à l’heure, c’est elle qui prend la situation en main :



Je m’approche d’elle et, vigoureusement, elle me bouchonne les épaules et les côtes avec la serviette. Nous rions. Puis elle se retourne et c’est moi qui lui essuie le dos. Ce geste, pourtant bien innocent, commence à éveiller en moi un certain émoi. Je sens comme un nœud derrière le plexus solaire qui me fait respirer plus vite et mon sexe, pourtant bien endormi, semble avoir quelques velléités d’éveil.


Elle me reprend la serviette des mains, la remet sur ses épaules et place sa longue chevelure par-dessus. D’un mouvement gracieux, elle entoure ses cheveux et forme un turban qu’elle noue au sommet de son crâne. Elle est là, face à moi, les bras en l’air. Plus rien ne vient dissimuler à mes yeux sa poitrine tout juste recouverte d’une fine chemise rendue transparente par l’humidité.

Mon visage doit laisser transparaître mon émotion car elle me sourit gentiment et reprend une posture nettement moins provocante.



Elle n’attend pas ma réponse et retire sa jupe qu’elle essore doucement et étale sur la mangeoire. Elle reprend son corsage, ma chemise et puis mon pantalon à qui elle fait subir le même sort. Il règne une chaleur lourde, difficilement supportable avec l’humidité. La pluie continue de tomber formant une cascade ininterrompue tout autour du toit. Heureusement que notre abri se trouve en haut d’un petit tertre, ce qui fait que l’eau s’écoule autour sans presque pénétrer en dessous.

Il fait très sombre et rien ne laisse présager la fin prochaine de l’orage. Le tonnerre forme un roulement permanent et des éclairs, plus ou moins proches, viennent transformer soudainement nos visages en masques livides. Le sol, en terre battue par les sabots des bêtes, n’est pas très accueillant. Je fais le tour et découvre en bout de mangeoire une grosse brassée de paille mêlée de foin que j’étale par terre. Amélie étend nos deux serviettes sur ce matelas, prend deux pommes dans le panier et nous nous asseyons pour les manger.


Tout à coup, un nouvel éclair très proche et suivi d’un terrible craquement jette à nouveau Amélie dans mes bras. Elle est secouée de sanglots ; je la berce doucement en lui disant des paroles lénifiantes. Elle me regarde et dépose un petit baiser sur ma joue, tout près des lèvres.



Elle me prend la main et la pose en dessous de son sein gauche.



Heureusement qu’il fait sombre et qu’elle ne me regarde pas, je dois être rouge comme une pivoine. Ce n’est pas son cœur que je sens, c’est le dessous de son sein qui pèse sur mon pouce. Je ne sais trop que faire. Je la regarde. Faute d’éléments de comparaison, je ne saurais vous décrire sa poitrine. Elle me paraît assez importante ; chaque sein est gros comme, disons, une pomme, et là, je distingue une pointe dressée qui semble vouloir percer le tissu.


Sans que ma volonté n’intervienne vraiment, ma main remonte lentement et vient recouvrir cette douce rondeur chaude et élastique. Je sens la petite pointe toute dure qui vient chatouiller ma paume ; doucement, je caresse. Instinctivement, je trouve le mouvement qu’il faut, enveloppant, léger et ferme à la fois.

Amélie se redresse et prend ma bouche. Nos lèvres s’écrasent, nos dents se cognent puis s’ouvrent pour laisser passer le bout de la langue qui, timidement va caresser l’autre langue. Un frisson délicieux nous parcourt. Ma main, de moins en moins timide, a quitté le sein pour lui caresser tout le buste ; finalement, elle s’insinue sous la chemise pour découvrir la merveilleuse délicatesse d’une poitrine féminine.


Nos langues se sont enhardies, elles virevoltent, palpent, glissent doucement puis reprennent leur frénésie. Instants merveilleux de la découverte du plaisir. Elle est assise de côté, entre mes jambes écartées et sa hanche s’appuie sur mon bas-ventre. Elle ne peut que ressentir mon sexe tendu qui palpite contre elle. C’est bizarre, je n’éprouve aucune gêne pour cela ; son naturel vis-à-vis de son corps est contagieux. Ses cuisses, légèrement croisées, se resserrent convulsivement. Elle aussi connaît la montée du désir.


L’atmosphère électrique des éclairs qui continuent de fuser, le grondement incessant du tonnerre, tout contribue à accroître notre désir. J’allonge Amélie sur la paille et fais descendre sur ses bras les deux fines bretelles de sa chemise ; je la dénude jusqu’au nombril.

Je la couvre de baisers, son cou, ses épaules, elle frissonne. La pointe de ma langue dessine des arabesques sur sa peau. Je descends jusqu’au nombril passant entre ses seins, puis je remonte. Comme un chien, je lape la sueur qui perle sur sa poitrine, passant d’une rondeur à l’autre ; enfin, je prends entre mes lèvres l’un des deux tétons. Avec un gémissement, Amélie se tend de plaisir. Pendant que je tète, que je mordille, mes doigts font subir un sort analogue à l’autre téton. La tête d’Amélie bascule sans arrêt de gauche à droite et de droite à gauche et je l’entends qui murmure comme une litanie « Que c’est bon… Ah ! Que c’est bon… ».


Mon autre main est descendue sur son ventre rond puis sur une cuisse et, comme aimantée, elle se retrouve dans son entrecuisse, happée puis serrée presque douloureusement par ses jambes croisées. Seule la toile d’une culotte toute simple me sépare de sa vulve dont je sens la chaleur intense. Amélie me soulève la tête pour que je puisse voir son visage. Elle a les yeux hagards mais remplis de tendresse, elle me dit doucement :



Je suis bouleversé par cet aveu et la confiance qu’elle met en moi. Aveu pour aveu, je lui réponds :



Elle me reprend par le cou et nous repartons dans un baiser enflammé.

Ma main repart en exploration vers son ventre. Elle relève sa chemise et passe ma main à l’intérieur de sa culotte, mais c’est vraiment très étroit. C’est un sous-vêtement tout simple, en toile fine. Même après avoir dénoué le ruban qui le serre à la taille, ma main est plaquée contre son ventre, bridée par le tissu humide. Amélie soulève les reins et fait glisser sa culotte jusqu’à mi-cuisse. Elle repose ses fesses, lève les jambes et me regarde. Je finis le travail.


Je découvre sa toison, un petit buisson de poils soyeux ; je ne peux pas m’empêcher de les caresser avec la main puis avec la joue. Ah, comme j’aime ce chatouillis et cette odeur que je découvre. Cette senteur à la fois suave et piquante qui n’appartient qu’à elle et qui m’excite au plus haut point ; mon érection commence à me faire mal…


Elle dirige ma tête dans son entrecuisse qu’elle vient d’ouvrir. La position est inconfortable ; je me relève et m’allonge entre ses jambes. Au travers des poils presque transparents, devant mes yeux, s’entrouvrent les deux lèvres de son sexe. De la pointe de ma langue, je caresse cette fente qui s’élargit naturellement. La tête rejetée en arrière, Amélie ronronne doucement. Sous ma langue, je sens les nymphes qui gonflent et écartent les grandes lèvres. Je ne m’appartiens plus, ce parfum, ce contact si doux et tellement réactif, les cuisses d’Amélie qui vibrent sur mes joues, tous mes sens se concentrent dans ma langue. Je n’ai plus qu’un objectif : procurer le plaisir le plus grand possible.

Plusieurs fois je parcours cette petite vallée, à chaque fois je sens l’excitation qui monte. À nouveau, j’arrive à la fin de mon escalade quand Amélie m’attrape la tête et la bloque.



Sous ma langue, roulant derrière une fine membrane, une petite boule dure semble remplie de sensibilité. Avec précaution, j’écarte le capuchon. Prise de soubresauts qui me font déraper, Amélie râle.



Je maintiens fermement son bassin et retourne à l’assaut du petit bouton. Je le happe entre mes lèvres et je le suce ; du dessous de la langue, je le caresse. Amélie semble prise de folie ; s’appuyant sur mes épaules, elle se tend en arc, emprisonnant ma tête dans l’étau de ses cuisses. Sur mon menton, je sens couler une liqueur qui s’échappe d’elle. Elle pousse un long cri rauque puis retombe, molle, vidée de son énergie.


Moi je suis à genoux, assis sur mes talons, tremblant d’excitation, tétanisé par l’intensité de cet orgasme et je la regarde reprendre pied. Son regard est aveugle, sa bouche est figée dans un sourire.

Enfin, ses yeux reprennent vie, ils pétillent de bonheur. Elle me sourit et me tend les bras. Je sors de ma torpeur, m’allonge à côté et la prends dans mes bras pour un long, long et joyeux baiser.



Sa main vient palper mon caleçon.



Elle me pousse sur le dos et attrape mon caleçon à la ceinture :



Je m’exécute et hop ! voilà le caleçon envolé vers la mangeoire…

Elle vient au-dessus de moi et, à genoux, elle s’assoit sur mes cuisses. De ses deux mains, elle me caresse la poitrine, titille les pointes, elle va-et-vient sur le torse, descend sur les côtes puis les hanches, parcourt tout mon corps. Ses mains sont fraîches et douces sur ma peau ; je nage dans le bonheur. Quand elle se penche trop, mon pénis dressé vient se presser sur son ventre. Je redoute et j’espère le moment où elle va le prendre dans ses mains. Je redoute de ne pouvoir me contenir tant mon excitation est grande.


L’instant est arrivé. Ses doigts jouent dans mes poils, effleurent la hampe, la tapotent, éprouvent sa rigidité. Elle est surprise, je le vois à son regard. Elle se recule, emprisonnant mes jambes entre ses genoux. Elle est là, devant moi, les cheveux en bataille, la poitrine arrogante aux pointes érigées ; elle attrape ma tige de la main droite et, dans le mouvement, entraîne la peau vers le bas. Encore une fois, je lis la surprise puis l’intérêt dans ses yeux lorsque le gland apparaît. Alors elle se penche et du bout de la langue, elle vient goûter la petite larme qui s’est formée sur mon méat. Sa langue m’enveloppe, sa chaleur m’envahit. Je ferme les yeux pour mieux savourer. Je sens le collier de ses lèvres m’enserrer et sa langue qui tourbillonne. Je n’en peux plus !



Elle s’interrompt et me regarde,



Pourquoi discuterais-je ? Je n’ai qu’à me laisser aller et attendre, espérer l’inéluctable !

Elle me serre dans son poing et me branle doucement. Sa bouche est revenue aspirer le gland. Je vois ses seins danser en rythme, je sens les pointes frotter sur mes cuisses. Par moments, j’aperçois son sexe ouvert, écartelé par la position et je ne peux pas le toucher, mes mains sont trop loin et mes jambes sont bloquées.

Ça y est, tout mon corps se crispe, le point de non-retour est atteint, l’orgasme monte inéluctablement et, dans un grognement j’explose. Un premier jet emplit sa bouche, elle se recule assez vite pour que les suivants retombent sur mon ventre et sur sa main. Elle me regarde, les yeux emplis de fierté, goûte et avale. Elle sourit :



Elle se lèche la main.



Et elle rit.

Elle se laisse tomber sur moi, rampe et vient m’embrasser. Nous roulons sur la paille. Nous rions comme des fous, heureux, heureux à ne pas croire.


Quand j’ouvre les yeux, au propre comme au figuré, je découvre que l’orage est en train de s’éloigner. Il ne pleut presque plus, le grondement du tonnerre est devenu très lointain et le ciel s’éclaircit. Amélie se relève, elle me regarde en souriant, son visage rayonne de bonheur. Je l’admire, son corps se découpe en silhouette ; ses seins haut plantés, sa taille mince, ses hanches larges, elle est ravissante.



Secoués de rire, nous enfilons avec difficulté nos vêtements humides qui collent, s’accrochent et se bloquent aux endroits les plus imprévisibles. Nous nous entraidons : à quatre mains, tout devient plus facile. C’est encore prétexte à palpations, gloussements et petits bisous.


Rhabillés, la pluie a totalement cessé ; nous prenons les bicyclettes, pataugeons dans l’herbe jusqu’à la route puis repartons vers Le Mans dont on distingue les premières maisons tout là-bas. Encore haut, le soleil paraît enfin pour nous donner sa chaleur.



—oooOooo—



Je suis inquiet. Savoir Henri sur la route avec Amélie sous cet orage terrible, ça me ronge. Nous rentrions de chez les frères Bollée quand les premières gouttes sont tombées. Je suis resté chez Émile tout le temps de l’orage.

Heureusement que nous avions un bon sujet de conversation pour atténuer notre angoisse : notre visite a été passionnante ; Amédée est gentil et aimable mais Léon, quel pédagogue !

Au bout d’une heure, la tempête était suffisamment calmée pour que je rejoigne la maison mais là, à la demande de tante Lucie, angoissée elle aussi, j’enfourche ma bicyclette pour aller au-devant d’eux. J’ai besoin de faire quelque chose pour me calmer.


Je n’ai pas encore quitté la ville que je les aperçois. Leurs vêtements fument sous le soleil, ils rient et me font de grands signes. Nous mettons pied à terre et on s’embrasse comme si on s’était quittés depuis des jours… Ils me racontent l’abri providentiel, la foudre juste à côté mais, à leur complicité, leur gaîté, je devine qu’il s’est passé bien d’autres choses…



Nous déposons Amélie devant chez elle. Elle m’embrasse mais serre tendrement Henri dans ses bras : je ne me suis pas trompé !

À la maison, tante Lucie soupire de soulagement, prenant Henri dans ses bras pour l’embrasser :



Curieux, je monte avec lui, bien décidé à le faire parler. Mais, sans que j’aie besoin de dire quoi que ce soit, il me raconte tout, en détail.



La tante nous appelle :



Le chocolat de tante Lucie, c’est toujours un régal, onctueux, crémeux avec une infime goutte de kirsch, juste pour le goût. Elle dit souvent qu’avec, elle pourrait convertir un démon.

Henri lui donne la version édulcorée de ses aventures, celle qui va devenir « officielle ». De mon côté, je raconte ma visite à l’atelier des frères Bollée. La tante est vraiment extraordinaire, elle s’intéresse à tout, pose des questions.


Le temps passe vite. C’est l’heure de la fermeture. Nous donnons un coup de main à l’oncle pour finir de tout ranger ; nous mettons les lourds volets sur la vitrine et nous dînons.


Au lit, c’est l’heure des confidences à mi-voix.



Je ne peux m’empêcher de rire devant cette réaction de défense un peu puérile.



Le lendemain, nous reprenons nos habitudes : il est Edmond à l’atelier et j’aide la tante à la cuisine, la tante qui prend un malin plaisir à m’appeler Henri.

Pendant le repas du midi, l’oncle annonce deux nouvelles : la nouvelle robe de mademoiselle Duclament sera terminée pour demain, et puis la visite d’une certaine dame Drussaut qui est venue présenter sa fille, Léonie, pour l’emploi d’arpette. La gamine a treize ans et vient d’avoir son certificat d’études. Elle paraît bien dégourdie et viendra à l’essai la semaine prochaine. Il s’adresse alors à Henri :



Et Henri de répondre :




—oooOooo—



Je n’ai pas eu à réfléchir, Edmond m’a mis en face de ma parole. Je viens de sonner chez Noémie. Au bout d’un moment, la porte s’ouvre et je découvre un homme entre deux âges, en sueur et les mains maculées de terre.



Il me montre une porte, frappe et ouvre. Encombré par le grand carton, j’entre dans un salon et découvre cette dame, assise dans un canapé, en train de siroter une tasse de café.



Elle tapote le siège à côté d’elle…



Elle éclate de rire :



Oh, la bourde ! Il faut que je me rattrape :



Elle me prend par l’épaule, me tire vers elle et m’embrasse légèrement.



En souriant, elle me relâche et, regardant le carton :



J’ouvre le long carton posé à terre. J’écarte délicatement le papier de soie rose et je prends la robe que je présente à bout de bras. Je ne saurais trop la décrire. Sans bretelles, elle doit dénuder entièrement les épaules, la taille est très fine et elle s’élargit en une large jupe. Elle est d’un rouge sombre comme un vin de Bordeaux et me paraît très lourde.

Noémie se lève et vient palper le tissu. Avec un sourire de satisfaction, elle la prend sur son bras puis regarde dans le carton.



Maintenant qu’elle est debout devant moi, je peux la regarder. Une figure toute ronde, mutine avec les cheveux remontés en un lourd chignon sur la nuque, elle a de petits yeux coquins et une grande bouche souriante. Elle porte une robe d’été, légère, à manches courtes qui lui couvre tout juste les chevilles.

Amélie est toujours présente à mon esprit et je n’ai aucune envie de me laisser entraîner par cette femme. Le souvenir de ce que nous avons vécu sous l’orage est tellement fort que je ne ressens aucun désir de le dénaturer par d’autres aventures sexuelles.

C’est vrai que Noémie a du charme mais c’est incomparable avec la fraîcheur, la simplicité d’Amélie.


Les bras encombrés de jupons, je la suis dans l’escalier et nous pénétrons dans une grande chambre assombrie par des rideaux tirés. Il y règne une chaleur lourde imprégnée d’un parfum capiteux et entêtant. Noémie va entrouvrir l’un des rideaux pour faire un peu de lumière puis, devant une grande psyché, colle la robe sur elle et se dandine en se regardant.



Elle dépose la robe sur le lit puis me tourne le dos pour que je puisse retirer la dizaine de boutons qui ferment la partie supérieure de sa robe. D’un mouvement gracieux des épaules, elle fait glisser les manches sur ses bras puis toute la robe tombe au sol. Un corset en toile épaisse lui enserre la taille et lui remonte la poitrine.

Noémie se retourne et d’un air mutin me demande :



Que voulez-vous que je réponde ? Je souris et je me penche, me rendant à l’appel de sa bouche. Elle m’embrasse passionnément et, féline, vient se coller contre moi. Je la serre dans mes bras mais le contact du corset est vraiment trop désagréable. Délicatement, je la repousse et m’attaque aux petits crochets qui le ferment sur le devant. C’est terriblement serré, je n’arrive pas à comprendre comment les femmes peuvent-elle supporter un tel supplice ?

Il ne lui reste qu’une courte chemise, quasi transparente, qu’elle fait glisser au sol. Elle ne porte pas de culotte.


Ses seins sont lourds, son ventre bien rond appelle les caresses, sa toison très fournie est presque noire, ses fesses sont larges et fermes. Tout son corps respire la volupté, la sensualité, l’érotisme. Mon esprit tourne en boucle, Amélie, Noémie…Noémie, Amélie… deux femmes tellement différentes, l’une simple, directe, remplie de la candeur de sa jeunesse et l’autre troublante, excitante, riche de son expérience et de sa maturité.


Sur tout le chemin pour venir ici, j’étais décidé à résister. Je m’étais saturé le cerveau avec tous mes souvenirs d’Amélie mais, à dix-huit ans, comment voulez-vous avoir la force de caractère nécessaire pour se défendre contre ce succube ?



Pendant que je déboutonne ma chemise, elle s’attaque à la ceinture de mon pantalon qu’elle a vite fait de dégrafer puis de faire glisser, entraînant mon caleçon dans le mouvement. Elle se colle à moi. Je sens son ventre douillet se presser contre ma belle érection. Mes mains caressent son dos, parcourant sa colonne, s’attardant dans ce creux si sensible, juste au-dessus des fesses. Ses bras en collier autour de mon cou libèrent ses côtes et tout le côté de ses seins que je presse en remontant. Tout son corps frissonne, me rendant la caresse que je lui donne.



Ses bras quittent mes épaules pour venir se nouer autour de mes reins. Basculant son bassin contre moi, elle se penche en arrière, libérant sa poitrine que j’empaume avec passion. Malgré leur poids, ses seins ont gardé une grande fermeté. Du gras du pouce j’effleure les aréoles, tournant autour du téton que je vois durcir et gonfler.



Elle frissonne de plus belle. En titubant, elle m’entraîne vers le lit où elle se laisse tomber.



Et, du plat des deux mains, je l’effleure doucement, créant une chair de poule que je fais retomber immédiatement par une caresse plus appuyée. J’explore ainsi toute sa peau exposée. Elle, soupire, ronronne, balbutie parfois des mots sans suite.

Brusquement elle m’attrape les mains et me tire à côté d’elle sur le lit.



Nous voici donc, tête-bêche dans le travers du grand lit. Je me laisse aller à la douceur de ses mains sur mes bourses puis à sa fermeté quand elle commence à me branler, enfin à la chaleur de sa bouche et au frottement soyeux de sa langue. Je sens la sève monter en moi. Non, pas si vite ! Il faut que je pense à autre chose. Devant mes yeux, cette motte attirante, cet entrejambe empli de secrets, sous mon nez, cette odeur riche de la femme, tellement différente de celle d’Amélie et pourtant immédiatement reconnaissable. Tellement pris par les sensations délicieuses que me procure Noémie, je ne découvre ces trésors qu’à l’instant.


Je perds mes doigts dans la toison. Descendant dans l’aine, je vais effleurer, chatouiller cette peau si douce de l’intérieur des cuisses qui s’écartent, laissant apparaître un sexe déjà dilaté d’où, tel un corail de fruit de mer, les petites lèvres débordent, brillantes de rosée intime. De la langue, je vais titiller ces nymphettes qui s’écartent pour mieux montrer la profondeur du sillon. Pour pouvoir mieux s’ouvrir, Noémie bascule sur le dos, m’entraînant au-dessus d’elle. Elle a toujours mon pénis dans la bouche et j’essaie de ne pas lui enfoncer dans la gorge.


Mais de mon côté, quelle vision ! Je découvre pour la première fois un sexe de femme puisque avec Amélie, j’avais toujours gardé les yeux fermés. Ce puits sombre qui dégorge de liquide odorant, tous ces replis palpitants et puis, tout en haut, à demi caché par un capuchon, ce petit gland nacré que je sais être la source de bien des plaisirs. De toute la largeur de ma langue, je lape toute cette humidité, m’enivrant de goût, d’odeurs, de contacts frémissant. Une houle parcourt le ventre sur lequel je m’appuie. Je devine qu’il ne faut pas toucher tout de suite au petit bouton du bonheur. Je continue mon exploration linguale, parfois avec la pointe tendue, parfois effleurant tout le sillon sur toute sa largeur. Je pars en découverte dans le puits, du bout de la langue d’abord puis avec un doigt qu’un deuxième vient rejoindre bientôt.


C’est chaud, étroit, satiné mais ça glisse tout seul. Sous moi, la houle est devenue tempête, le bassin bascule en rythme, les jambes se referment puis s’ouvrent à nouveau. Noémie m’a relâché pour pouvoir mieux râler. L’esprit enflammé, je découvre à côté du puits l’autre trou, sombre et froncé qui tressaille et palpite. Sans réfléchir, j’y introduis un doigt lubrifié de salive. Je me trouve alors à l’épicentre d’un séisme : dans un hurlement perçant, elle se cabre, saute, bascule. Moi, les genoux bien ancrés dans le matelas, je résiste à toute cette violence, bloquant le bassin de mon poids et maintenant mes doigts en place. Je ne saurais dire combien de temps ça a duré, mais ça m’a paru fort long.


Elle s’écroule enfin, épuisée. D’une voix lasse, elle m’appelle :



Je me retourne et la prends dans mes bras. Elle frissonne :



Elle se soulève, m’enfourche et, tendrement, m’enfonce en elle. Son regard, fixé sur moi, est doux, empli de tendresse :



Je commence à sentir ses muscles intimes qui m’enserrent, me pompent. Doucement son bassin prend un mouvement régulier de bascule. Progressivement, je sens monter en moi cette excitation, cette tension qui vous noue les entrailles. Mes masturbations solitaires m’avaient fait découvrir ces sensations mais là, c’est tellement plus fort, plus doux, plus profond… Je me laisse entraîner, dériver, monter vers le paradis et puis, tout à coup, c’est l’explosion. À longs traits je me vide dans Noémie. Elle a fermé les yeux et gémit à chaque giclée. Elle aussi semble goûter profondément ce grand moment d’euphorie.

Brutalement, je réalise…



Elle me clos la bouche d’un baiser.



Je lui mets un doigt sur la bouche :



Elle part d’un grand éclat de rire :



Elle me reprend dans ses bras :



Tout à coup me revient en tête l’un de ces passages du « Journal d’une femme de chambre » où Célestine, la soubrette, dépeint l’attitude égoïste des hommes qui, assouvis après l’amour, la laissent tomber sans même une petite preuve de tendresse. Je me détache de Noémie et je me glisse le long d’elle picotant tout son corps d’une pluie de petits baisers. Je sens son désir se réveiller au fur et à mesure que je m’approche de son entrejambe. À genoux, je prends ses jambes sur mes épaules et, calmement, je commence à flatter de la langue le petit bouton que j’avais laissé de côté tout à l’heure.


L’explosion est presque immédiate, tout son corps était prêt. Les orgasmes s’enchaînent, elle n’en peut plus de crier et sa voix s’est cassée. Les yeux fous, elle râle sans discontinuer. Tout son être tressaute et se tord, j’ai un mal fou à maintenir ses cuisses sur mes épaules. Tout à coup, elle se pâme. Je prends peur et m’arrête. Je l’allonge sur le lit et la caresse tendrement. Sous ma main, ses muscles s’apaisent, elle ferme les yeux. À tâtons elle cherche ma tête qu’elle attire vers elle puis, sauvagement, elle m’embrasse avant de s’écrouler.


Elle dort dans mon bras. Souvent, elle frissonne, geint un peu puis se calme. Je ne sais trop que faire… Il faut quand même que je rentre à la maison, il doit commencer à se faire tard. Bien sûr, Edmond m’a promis de me remplacer si ça tardait trop mais quand même !

Je l’embrasse sur le front, elle ouvre les yeux :



Elle remet sa chemise et prend dans l’armoire un autre corset. Il me faut toute ma force pour le refermer sur elle. Elle replie le haut de la chemise sur le corset et se tourne devant moi, ses seins sont présentés comme sur un plateau, sa taille est toute fine. Je l’aide à passer la robe et à fermer tous les boutons par derrière. Je l’admire, la blancheur de ses épaules et de sa gorge est rehaussée par le rouge sombre de la robe, j’envie l’homme qui va l’avoir à son bras ce soir… Elle est vraiment très belle !



—oooOooo—



Les vacances sont terminées. Nous sommes dans le train qui nous mène à Paris.


Avec nos nouvelles « préoccupations », le mois d’août s’est écoulé très – trop – rapidement. Chacun de notre côté avons bénéficié de l’aide de l’autre pour camoufler des absences un peu prolongées, cela bien entendu sous le regard parfois désapprobateur mais toujours complice de tante Lucie.


De mon côté, je suis retourné voir Noémie trois fois. C’est une femme vraiment extraordinaire ; j’ai l’impression que l’intensité de notre plaisir s’est accrue à chaque rencontre – surtout cette fois où, par jeu, je m’étais fait passer pour Henri. Je crois qu’elle a un petit faible pour lui ; mais je ne suis pas jaloux, puisque finalement, c’est moi qui en ai profité !


Henri, lui, a passé beaucoup de temps avec Amélie ; ils se sont arrangés parfois pour se rencontrer « fortuitement » mais aussi, de temps en temps, c’est notre petit arrangement qui leur a permis de profiter de longs moments d’intimité.


Tout à l’heure, elle est venue discrètement à la gare. Avec mon aide, ils ont réussi à s’isoler pour s’embrasser et se dire adieu. Je faisais le guet pour que personne ne les surprenne. Par discrétion, elle a refusé de venir sur le quai. J’ai entendu qu’ils se sont promis de s’écrire tous les jours. Elle a pleuré lorsqu’ils se sont séparés.


Devant moi, Henri est perdu dans ses pensées ; les yeux perdus dans le vague, il a l’air triste :





Un grand merci à Catherine et Philippe pour leurs conseils avisés qui m’ont bien aidé dans la rédaction finale de ce récit.





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Demandez l'accord des Auteurs avant toute diffusion


Erotisme torride

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