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n° 16306Calpurnia09/07/14
Secret d'amour
critères:  fh plage poésie théatre mélo
9790 caractères      
Auteur : Calpurnia

Tragédie en un acte unique


Le cadre est une plage déserte, au coucher du soleil.



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Scène 1 : une jeune femme (elle), un jeune homme (lui).



Elle


Quand nous sommes ensemble, j’aime ton regard clair,

Ton sourire enfantin jusque dans tes colères.

Tu me tiens dans tes bras : c’est une volupté

Que même en rêves fous je n’aurais escomptée.


Quelle force est en toi ? Je ne sais ton mystère.

Les arcanes intimes que tu choisis de taire

Ajoutent à la passion que mon cœur te destine.

Tu gardes, silencieux, tes pensées clandestines.


Lui


Les trésors insondables ne s’expriment en mots

Que par les doux murmures infinitésimaux

Que l’on s’offre dans le crépuscule éphémère

Du soleil qui s’enfuit en dessous de la mer.


Vois le ciel et la nuit s’installant sur la plage ;

Entends sonner les heures à l’église du village.

Les goélands amènent leur pêche du moment

À leurs petits qui clament, cris sonores et gourmands.


Bientôt toi et moi nous aurons l’obscurité

Pour cadre à notre amour, et notre altérité

Sera par la magie de la nuit abolie

Par la fusion des corps soudés dans la folie.


Elle


Tu m’as offert ta vie, je t’ai donné la mienne.

Je sens venir la paix, qu’importe qu’elle provienne

Du cadre calme et doux, de nos mots de tendresse.

Livrons-nous à l’étreinte et prenons-en l’ivresse.


Cachés par les ténèbres, nous serons jusqu’à l’aube

Chacun témoin secret de ce qui se dérobe

Dans la clarté du jour à nos yeux éblouis :

La fleur nocturne ici sera épanouie.


Lui


Nous voici allongés, dénudés, vulnérables

Devant l’arche céleste aux étoiles innombrables.

Qu’y a-t-il au-delà de l’encre ténébreuse ?

Crains-tu l’obscurité, ô toi mon amoureuse ?


Elle


Je n’ai plus peur de rien, pas même de la tombe,

Ni de ces pesanteurs qui aux vivants incombent

Car tu es près de moi, et que pourrais-je craindre

Tant que tes bras sont là pour me serrer, m’étreindre ?


Lui


Ton regard est si pur que je me sens vibrer

À l’unisson des yeux que je veux célébrer

Comme deux beaux joyaux infiniment précieux,

Les plus claires étoiles qui soient dans les cieux.


Il nous faudra souffrir pourtant c’est notre lot

L’amour est fait de joies mais aussi de sanglots.

La vie arrache à ceux qui s’aiment leur trésor

Il faut nous préparer aux mauvais coups du sort.


Elle


Pourquoi me parles-tu maintenant de malheur ?

Cueillons ce que la nuit nous a donné pour l’heure !

Demain, après-demain, les épreuves futures.

Pourquoi donc s’inquiéter, se perdre en conjectures ?


Fusionnons tendrement en mélangeant nos sexes

Donne-moi du plaisir car je te sens perplexe.

Mène-moi à l’orgasme, ensemble communions

Par nos corps assemblés dans la câline union.


Viens en moi je suis creuse il te faut me remplir.

Verse ici ton trop-plein, accepte d’accomplir

L’acte d’emboîtement de nos fleurs génitales ;

Je veux vivre avec toi cette harmonie totale.


Oui je veux recevoir en ce lieu maritime

L’offrande turgescente en mes replis intimes :

Insère ton ardent organe du désir ;

Ce moment est magique : il nous faut le saisir.


Je me noie extasiée dans tes beaux yeux rieurs

Tandis que je ressens la caresse intérieure

Dans mon vagin ouvert à ton membre érigé

Que tu sais tellement bien en moi diriger.


Oui prends-moi s’il te plaît en toutes positions ;

Il n’est pas d’interdit, nulle prohibition.

La Lune nous observe et les étoiles assistent

À nos amours nocturnes et exhibitionnistes.


J’aime sentir sur moi ton sperme ruisselant

Comme en ce premier jour où me dépucelant

Tu m’initias aux jeux voluptueux de la chair

En allumant en moi des passions la torchère.


A l’acmé du plaisir qui avec toi est fort

Mon bonheur est immense, car c’est jusqu’à la mort

Que nous nous aimerons : nous aurons des enfants

Qui sauront compléter notre amour triomphant !



Ils s’accouplent longuement, en différentes positions.




Scène 2 : elle, lui, la mort personnifiée par un squelette recouvert d’un grand manteau sombre dont la capuche lui recouvre le crâne.


La mort s’approche lentement et silencieusement, puis les observe : elle et lui, occupés à pratiquer l’acte d’amour, ne la voient qu’au bout d’un moment. En l’apercevant, l’homme sursaute et la femme pousse un cri d’effroi.



La mort


Pardonnez Monsieur Dame de troubler vos ébats ;

Il me faut m’immiscer dans vos profonds débats.

Je m’en vais vous surprendre au mitan du bonheur

Pour ravir une vie dont je suis moissonneur.


Monsieur, il faut me suivre car le muscle cardiaque

A cédé au milieu de vos jeux orgiaques.

Je vous ai vu des heures pilonner votre belle,

Mais le cœur est parfois un organe rebelle.


Le tableau de vos jeux est un joli spectacle,

Mais malheureusement il faut y faire obstacle ;

J’ai pourtant apprécié votre exhibitionnisme,

Pause en mon dur labeur : j’aime votre hédonisme


Elle


Non, je vous l’interdis, vous n’avez pas le droit

De saisir cette vie comme ça de sang-froid.

Je suis jeune lui aussi il faut le laisser vivre ;

Je ne lui permets pas de s’enfuir et vous suivre !


La mort, en riant


Pensez-vous empêcher la destinée fatale

Qui prend votre amoureux d’une façon brutale ?

Les humains ont souvent des manières cocasses

De s’opposer à moi de gestes inefficaces.


Jetez si voulez tout le sable qui tient

Dans vos mains à mes yeux pendant cet entretien.

Voyez donc les orbites de mon crâne sont creuses

L’action est dérisoire, quoique bien savoureuse !


plus sérieusement


Gardez-vous cependant que d’en venir aux mains :

Il m’arrive parfois d’emmener des humains

Non prévus au programme mais au comportement

Stupide et dangereux dans leur emportement.


Vous avez bien joui : la fête est terminée ;

Il est fort peu utile là de récriminer.

Quoi ? La vie vous fut douce, une mort très rapide

Complète le tableau : c’est un destin limpide.


Aurez-vous le culot ici-bas de vous plaindre ?

Vous eûtes des années tous deux pour vous étreindre !

Il m’arrive parfois d’arracher des enfants

Du sein de leur maman, lot d’horreur triomphant !


Lui


Adieu ma tendre aimée j’ai choisi ce destin

Que j’ai gardé caché profond et clandestin :

Lorsque deux ans plus tôt la mort voulut te prendre

J’ai préféré donner ma vie pour te défendre.


Confronté au dilemme de te laisser mourir

Ou sacrifier ma vie, j’ai préféré chérir

L’être pour qui mon cœur à tout moment s’enflamme.

J’ai conclu un marché : le charnier me réclame.


Le délai est passé et maintenant c’est l’heure ;

Il te faut affronter vaillamment ce malheur.

Je n’ai pu t’avouer le secret douloureux

Durant ces deux années nous vécûmes heureux.


Allons, il est fini le temps de l’allégresse

Et des tendres matins dans un lit de paresse :

Voici venir la nuit et les larmes amères ;

La joie de nos baisers fut un don éphémère.


Vois ! L’éclat de Vénus célèbre ta beauté

Qui inonda mon âme quand vêtements ôtés

Tu te glissas légère en mes bras amoureux,

Je couvris tout ton corps de cent baisers fiévreux.


Cette plage a été notre intime jardin

Des oliviers avant l’éloignement soudain.

Non n’aie pas de rancune et calme ta colère :

Nos extases accouplées ont été mon salaire.


Je n’ai pas de regrets, c’est en paix que je meurs ;

Mon âme est cependant alourdie par tes pleurs.

Essaie malgré cela d’être une femme heureuse

Malgré l’adversité, ma destinée scabreuse.


Je te donne ma vie : fais-en ce que tu veux

Remplis-la de sourires : j’ose émettre ce vœu.

Si ton cœur est pesant, j’accueille ton chagrin.

Quand la tempête est là, il faut subir le grain.


Je te contemplerai par-delà les nuées

De là-haut je saurai toujours continuer

À aimer ta douceur. Dans mon évanescence,

J’admirerai toujours ta paisible innocence.


Elle


C’était donc pour cela que ton cœur était lourd

Quand j’étais dans tes bras car le compte à rebours

Dénombrait les journées précédant le fatum ;

Je découvre à présent la force de mon homme !


Tu m’as donné ta vie, que faire de la mienne

Sinon attendre ainsi que le trépas advienne ?

Je n’oublierai jamais ce don sacrificiel

Et verrai ton image jusqu’au milieu du ciel.


La mort


Il m’arriva jadis en période de guerre

D’emporter tant de gens dans mon sombre repaire

Qu’au séjour des défunts il manquait de la place ;

De raconter cela jamais je ne me lasse.


Suivez-moi donc jeune homme, il faut vous résigner

À quitter cette femme, aller sans rechigner

Rejoindre vos ancêtres au pays sans souffrance.

Personne dans ce monde n’abuse ma vigilance.


Je vous ai observé : j’aime votre âme pure

Dénuée de cynisme, préservée des souillures

Du pouvoir et des biens, et abreuvée d’amour.

Vous avez occupé utilement vos jours.




Scène 3 : elle, qui reste nue sur la plage tandis que deux ambulanciers emportent le corps de son compagnon.



Elle


Je reste ici couchée sur le sable et inerte,

Pleurant toute la nuit le chagrin de sa perte,

Maudissant le destin qui m’arrache à ses bras

Sur la plage déserte où mon cœur tant vibra.


L’ambulancier me prend les restes de celui

Dont l’âme dans le ciel comme une étoile luit.

Pourquoi suis-je vivante, que faire de ma vie ?

J’entends ses derniers mots qui au bonheur convient.


Le bonheur ! Maintenant il semble bien étrange !

Quand je suis triste et seule ces paroles d’un ange

M’accompagnent pourtant et donnent du courage

Pour affronter la vie aux innombrables outrages.


Mes jambes sont trop lasses pour encore me porter,

Mais grâce à son amour je peux tout supporter

Malgré la tragédie je reste sa compagne

Au plus profond de moi son sourire m’accompagne.


Je ne guérirai pas de ce mal invisible :

La brisure intérieure est là irréversible

Cependant que mon corps conserve l’apparence

D’une jeunesse qui se transforme en errance.


Que faire du présent qu’il m’offrit à grand prix,

Celui de l’existence, lui qui fut tant épris

De moi qu’il s’est offert tout entier en échange ?

Lui qui fut un amant, le voilà un archange !


Il faut me parfumer, me forcer à sourire

Afin que de lui plaire : son souvenir m’inspire.

Car j’ai eu trop de joies en ses bras si profonds

Pour les perdre en un jour si là je me morfonds.


Je veux aimer les gens, répandre ce trésor

Que j’ai reçu de lui, sans pleurer sur mon sort.

Vivre dans sa mémoire, ce n’est pas pétrifier

Mon cœur dans un tombeau, mais bien le vivifier.




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