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n° 16449Calpurnia10/10/14
Confessionnal
critères:  f fh religion fsoumise hdomine fmast bougie fouetfesse théatre
28311 caractères      
Auteur : Calpurnia

Acte 1.

Un prêtre et une jeune femme sont dans un confessionnal.


Scène unique

Les rideaux sont tirés. La femme est à genoux.




Elle


Depuis bien des années j’écoute vos sermons

Que vous tenez, sévère, combattant les démons

Que notre société permissive tolère

Moins portée aux vertus qu’à paraître et à plaire.


Votre réputation de prêtre intransigeant

Vous précède de loin, vous fait aimer des gens.

Souvent vous avez su grâce à vos homélies

Raviver bien des fois qui s’étaient amollies.


Vos discours enflammés pourfendant le péché

Par lequel vient la mort de l’âme desséchée

M’ont attirée à vous pour une affaire sensible :

Je viens m’accuser d’une transgression horrible.


Mon Père je viens ici car je dois avouer

Avoir très gravement la religion bafouée,

Car hier soir des envies ont travaillé ma chair,

Mon entrejambe était chaud comme une torchère.


Derrière la grille de ce confessionnal

Où je viens m’accuser, pécheresse vénale,

Vous parlant à voix basse, tant le mal est odieux,

Je crains de courroucer notre tout puissant Dieu.


Cédant à la luxure je me suis adonnée,

Puisse Dieu dans le ciel maintenant pardonner,

À ce péché mortel appelé onanisme.

J’ai cédé à l’appel de l’honteux l’hédonisme.


Tel Onan répandant son sperme sur le sable

J’ai eu cette impiété dont je suis responsable

En dehors du mariage, sans même un partenaire

Mes doigts en zone impure hier se promenèrent.


Prêtre


Cela n’est pas si grave vous êtes jeune encore.

Il faut laisser du temps pour permettre d’éclore

Vos sensations intimes avant de rencontrer

Un homme qui saura dans votre vie entrer.


Elle


Dans la zone sensible mon doigt s’est égaré.

Un plaisir diabolique soudain s’est déclaré.

J’étais comme saisie par un ange infernal

Qui me tenait la main, sorcier libidinal.


C’est Satan en personne qui a pris possession

De mon corps ; je le dis à vous en confession.

Le malin m’a forcée à insérer un doigt

Au fond l’orifice dont parler on ne doit.


Je n’ose aller plus loin dans le récit obscène !

J’ai commis sur moi-même la forfaiture malsaine.

Cette dépravation fait de moi une putain.

Je cuirai en enfer si c’est là mon destin.


Prêtre


Vous devez avouer pour que je puisse absoudre

Votre péché afin de n’encourir les foudres

Du châtiment divin : la sentence éternelle

Vient menacer votre âme par la faute charnelle.


Quel trou évoquiez-vous, est-ce celui de devant,

Ou bien l’autre à l’arrière ; ce n’est qu’en décrivant

Avec exactitude ce fol égarement

Que je pratiquerai sur vous mon sacrement.


Elle


Comment vous dire mon Père : c’est successivement

Que mes doigts s’égarèrent et très lascivement

Je les ai insérés dans les deux ouvertures.

Je vous révèle là ma perverse nature.


Voyez-vous les mots manquent pour décrire le geste.

Me reste-t-il une chance que le courroux céleste

M’épargne après la mort, et que le purgatoire

Ne me soit infligé qu’à titre transitoire ?


Ou suis-je condamnée à subir les tourments

De mille diablotins brûlant sadiquement

Les damnés dans le feu qui jamais ne s’éteint ?

J’encours ce châtiment dans le ciel c’est certain !


Prêtre


Je fais le maximum afin de préserver

Votre âme de l’enfer, mais elle est dépravée,

Et je n’ai pas encore l’exacte connaissance.

De votre faute il me faut plus de circonstances.


Elle


Ce que j’ai ressenti était un feu immense.

C’était le paradis : les sensations intenses

Inondaient tout mon sexe, mon ventre et mes seins.

C’était un incendie parcourant mon bassin.


Mon imagination m’inspirait des images

Que je n’ose évoquer tant elles sont peu sages.

Des idées sont venues follement indécentes

Pervertissant ainsi mon âme innocente.


Prêtre


Ce n’est pas en taisant ces pensées égarées

Que vous surmonterez l’écart : il faut narrer

Votre libertinage d’une façon complète

Afin que je rende le péché obsolète.


Elle


Puisque vous insistez, l’objet de mes fantasmes

Qui se sont imposés au milieu de ces miasmes,

C’est vous précisément, car j’ai imaginé

Que vous étiez présent là pour me cajoler.


Retirant la soutane sous laquelle il n’y avait

Nul autre vêtement je vous voyais braver

Le vœu de chasteté sur ma propre personne.

Rien qu’à ce souvenir encore j’en frissonne !


J’admirais votre verge immense et turgescente.

C’était une mâture dure et resplendissante

D’où émanait subtile une lubrique odeur

Caressant de mes pieds j’en augmentais l’ardeur.


Pendant que mes orteils excitaient votre sexe,

Au creux de mon vagin, j’introduisais l’index,

Tandis que l’autre main frottait le clitoris.

Votre présence était elle toute inspiratrice.


J’introduisis alors un doigt dans mon anus,

L’enfonçant aussi loin qu’à cet endroit je pusse,

Triturant la rosette et très concupiscente.

Je ressentais en moi la volupté puissante.


J’ai senti l’orgasme déchirer mes entrailles.

J’ai perçu sur mes pieds le pénis qui trésaille,

Car vous éjaculiez avec exubérance :

Rêverie scandaleuse, imaginaire outrance.


En mon corps possédé, une joie satanique

Me secoua soudain de la transe orgasmique.

Je fus là transportée par le Diable en personne

Vers la dépravation, moi l’honteuse cochonne.


Circonstance aggravante : au cours de cette action

Vous aviez conservé, pour ma stupéfaction,

Autour de votre cou la croix de Jésus-Christ :

Crime blasphématoire, totalement proscrit !


Vous léchiez le sperme en même temps que les plantes

Qui étaient de semences luisantes et ruisselantes.

Cela me chatouillait mais j’adorais ce stupre

Qui voluptueusement venait pour nous corrompre.


Il faudra que j’expie ces songeries insanes

Qui m’ont fait du démon la folle courtisane.

Il faudra que la peine que vous m’infligerez

Soit sévère car ainsi vous me soulagerez.


Prêtre


Ce n’est pas sans raison qu’on jette l’anathème

Sur ce vice altérant la grâce du baptême :

Le malin Lucifer a gagné la bataille

Dont vous m’avez fourni déjà quelques détails.


Pour l’heure Dieu vous scrute et il est fort sévère :

Sans l’aide d’un chrétien qui souvent Le révère,

Vous sombrerez bientôt dans le gouffre infernal

Après un inflexible et rude tribunal.


Car vous avez cédé à la fornication

Qui faite en solitaire est la complication

Aggravant votre cas devant le Juge ultime.

Vous n’aviez pas le droit à ces plaisirs intimes.


Les gens trop tolérants, mécréants libertaires,

Oublient que nous ne sommes pas propriétaires

De nos beaux corps sacrés, que l’on peut faire un mal

Commis envers soi-même, par ce geste anormal.


Votre péché est grave : il me faut mortifier

Votre chair afin que votre âme soit purifiée.

Revenez à minuit, et dans l’église vide,

Je vous soulagerai des faiblesses putrides.


N’en dites pas un mot surtout en attendant.

Ne révélez cela jamais en bavardant.

Cela m’empêcherait d’absoudre votre crime,

Car c’est dans le secret que le mal on réprime.


Et ne l’oubliez pas : l’Église qui est sainte

Permet que le mystère s’accomplisse en l’enceinte

Consacrée par l’évêque, dans ses murs très sacrés.

Mais il faut pour cela le plus total secret.


Elle


Oui je serai présente à votre rendez-vous.

On se sent déjà mieux quand la faute on avoue.

Je ferai contrition pour toute ma souillure,

Et vous me laverez de mes pensées obscures.




Acte 2

Dans l’église vers minuit.



Scène 1

Le Prêtre seul.



Prêtre


Tous les enfants de cœur et les vieilles bigotes

Sont partis : il n’y a que des souris qui trottent.

Attendons patiemment cette étrange personne :

À la seule pensée d’elle encore je frissonne.


Ajustons notre col romain et la tenue.

Espérons que viendra bien la belle ingénue

Dont il faut corriger les lubriques manières.

Elle aura ce qu’Elleveut, mais j’aurai ma manière.


C’est une demoiselle parfaitement candide

Laissée dans l’ignorance de la chose sordide

Qu’est l’auto-érotisme que notre mère église

Condamne vertement et qu’elle pénalise.


Elle tient un discours qui met les sens en feu !

Est-elle une démone dont les mots boutefeux

Sont destinés à faire triompher la débauche ?

Du règne de Satan est-déjà l’ébauche ?


Cette jeune fille a su d’un récit torride

Enflammer mon désir et fait mon vit turgide.

C’est le diable en personne pour parler de la sorte,

D’autant plus qu’elle est belle, terriblement accorte.


Sa robe fait deviner de séducteurs atouts.

Pour rester l’âme fière et droite j’aurais tout

Donné mais je ne puis rester longtemps de glace.

Hier vertueux, je fais aujourd’hui volte-face.


Il faudrait être un saint pour ne pas succomber.

À cette tentation, tant pis je vais tomber.

Peut-être un pur esprit saurait se préserver ?

Je ne peux en l’état mon calme conserver.


Finie la chasteté : les hormones ont gagné.

La discipline à laquelle on m’astreignait,

Je n’en vois plus le but ; j’ai déjà trop souffert.

Il est temps de m’extraire du carcan de fer.


La voilà, elle arrive : ainsi les jeux sont faits.

Il est temps que la nuit commette ses méfaits.

Profitons finement de sa pure innocence :

Il faut d’elle obtenir parfaite obéissance.



Scène 2

Le prêtre, la femme.


Elle


Voyez, je suis à l’heure et là vous m’attendiez.

L’acquittement ici je suis venue mendier.

Je suis à vous soumise : à vous de m’expliquer

Ce que je dois faire pour le mal éradiquer.


Prêtre


Il est vraiment heureux que vous soyez venue.

Je vous demande de vous mettre toute nue

Comme je l’ai exigé j’espère que personne.

Ne sait votre présence alors que minuit sonne


(En lui-même, alors que la jeune femme se déshabille.)


Elle est tellement belle que la folie me guette

Lorsqu’elle ôte sa robe mon sexe est en goguette

Car je m’apprête à faire la chose irrésistible

Qui allume le feu dans l’âme combustible


Car toutes ces années emplies de l’abstinence

Se sont accumulées de la concupiscence.

Ce n’est que cette nuit que sort brutalement

La passion enfouie déraisonnablement.


Je m’étais cru un saint mais amer je découvre

Que je ne suis qu’un homme et que consciemment j’ouvre

La boite de Pandore de la douce indécence.

Je m’en vais abuser là de son innocence.


Je n’avais jamais vu de belle retirant

Un à un ses habits, ma raison chavirant.

Devant ce doux spectacle il n’y a plus de prêtre

De ma fidélité là tout va disparaître.


Comment suis-je arrivé le temps de ma jeunesse

À ignorer l’envie de ces sublimes fesses ?

Plongé dans l’étude des textes de la Bible,

J’étais indifférent à ces fruits accessibles.


Elle


Me voilà dénudée dans cette sombre église

Effeuillée dans le lieu où l’on évangélise

Je vous montre mon corps sans aucun artifice

Entièrement offerte à Dieu en sacrifice


La lueur des bougies vous éclaire ma peau

Voyez donc la brebis écartée du troupeau

L’ivraie qu’il faut brûler, la mauvaise servante

Quémandent le rachat de prières ferventes


Tel un Christ dépouillé dont le seul vêtement

Lui a été ôté après le fouettement

Par les soldats qui l’ont entre eux tiré au sort

Il fallait être nu pour une mise à mort.


S’il faut me crucifier je me laisserais faire

Pour gagner mon salut, échapper à l’enfer

Clouez-moi sur le bois de cette grande croix.

Je vous offre ma vie sans crainte ni effroi.


Prêtre


Je préfère éviter ce châtiment extrême.

Bientôt vendredi saint ponctuera le carême.

Pour l’heure il n’y a pas ici nécessité

De faire l’offrande extrême et puis ressusciter.


En lui-même


Pourtant j’aimerais bien clouer ce joli corps,

Discrètement aller jusqu’à la mise à mort,

Sans pagne ou cache-sexe, offerte et consentante.

L’horreur est à portée de la main et me tente.


Mais un cadavre ici me serait encombrant.

Il m’arrive parfois, tout en élucubrant,

De ces projets macabres et fort émoustillants

Que l’on sanctionnerait vite en m’embastillant.


Elle


Il faut que s’accomplisse l’amère pénitence.

Me voici disponible, nue et sans résistance.

Votre brebis perdue réclame l’attention.

Pour ma faute je veux subir l’expiation.


Vous qui êtes saint homme, tout rempli de vertu,

Assis tout près de Dieu, de l’aube revêtu,

De votre sacerdoce il me faut le service,

Afin de racheter tous mes ignobles vices.


Que me faut-il donc faire, car je suis prête à tout

Endurer ? Soyez ferme, ne m’épargnez surtout

Pas car je veux avoir la pleine rédemption.

Infligez-moi ici de Jésus la Passion.


Prêtre


Il faut s’agenouiller au milieu de l’autel

Sur la table sacrée que le Dieu immortel

À préparé pour nous il y a deux mille ans

Et que vous provoquâtes d’un péché insolent.


Soyez obéissante pour avoir le pardon.

Faites de la douleur au Seigneur votre don.

Rejoignez vos deux mains et entrez en prière.

Si vous restez stoïque, demain vous serez fière.


Il vous faut extirper l’atroce maléfice

Et offrir votre corps à Dieu en sacrifice.

C’est par votre courage qu’au Seigneur vous plairez.

De lâcheté ici on ne peut tolérer.


Je m’en vais vous fouetter, sur le dos et les fesses,

Pour cette transgression avouée à confesse.

Oui je m’en vais zébrer un dos de pécheresse.

La lanière s’abattra sans douceur ni paresse.


À chaque coup reçu l’enfer s’éloignera,

Inspirant la pitié au Dieu qui jugera.

Pensez au paradis que vous allez gagner.

À cette punition il faut vous résigner.


Il vous faudra cacher à tous les cicatrices

Que fait ce traitement aux forces rédemptrices.

Il ne plaît au Seigneur que s’il demeure secret.

Il faut un châtiment silencieux et discret.


Dites le nôtre Père tandis que je cravache.

C’est par votre martyre que l’hérésie s’arrache.

Tous les démons s’enfuient et le bien victorieux

S’impose peu à peu avec le Dieu glorieux.


Pensez donc à Jésus flagellé par les gardes.

Il est monté aux cieux et là il vous regarde.

Il souffrit sa passion en montant au calvaire,

Et c’est en l’imitant qu’au mieux on le révère.


Je le brûle pour vous : respirez cet encens.

Il vous fortifiera, affermira le sang

Qui coule dans vos veines ainsi que sur l’autel,

Reproduisant du Christ le don sacramentel.


Incubes de l’enfer, fuyez je vous l’ordonne.

Ce corps qui est à Dieu qui apaise et pardonne

Lorsque la contrition pour Lui est suffisante.

Plus grande est la douleur, plus elle Lui est plaisante.


Vous êtes possédée par un démon lubrique.

J’ai vu briller vos yeux de signes ésotériques.

Il faut vous délivrer : offrez-vous bien docile,

Car vous exorciser est un art difficile.


Elle


Il me faut avouer que c’est émoustillant

Certes j’ai un peu mal mais il est croustillant

Que de vous exposer, vous l’homme consacré,

Ma nudité complète, toute ma peau nacrée.


Frappez un peu plus fort, augmentez les sévices

Dont vous me gratifiez et dont je suis novice.

Je sens que vient en moi la sanctification,

Et vous réclame encore ma purification.


Par vous je veux souffrir le martyre des saints.

Faites couler le sang sur mon dos et mes seins.

Soyez impitoyable pour mon intempérance.

Cent fois après ma mort j’aurai ma récompense.


Prêtre


Il suffit, taisez-vous, libertine insolente !

Je fais tout mon possible pour que le bien supplante

En vous la perversion, que cesse le péché.

Je m’en vais extirper le sensuel déchet.


Je vous bande les yeux afin de vous surprendre.

Vous ne saurez ainsi où mes soins vont vous prendre,

Amplifiant votre angoisse, multipliant l’effroi.

Mais vous êtes toute nue, peut-être avez-vous froid.


Couchez-vous sur le dos et écartez les jambes.

Je vais vous réchauffer de la bougie qui flambe.

C’est le cierge pascal dégoulinant de cire :

Par votre abnégation, Dieu calmera son ire.


Le liquide brûlant se répand sur vos pieds.

C’est par votre tourment que là vous expiez,

Lieu où vous avouâtes votre dévergondage,

Quand votre esprit cédait à ses vagabondages


Ce qui tombe sur vous est le feu de l’Esprit :

Le cierge est consacré : recueille-toi et prie,

Ève que le péché originel condamne,

Coupable de la faute, Dieu châtie et te damne !


Arrosons également les seins et puis le sexe.

Je vous torture là sans remord ni complexe.

Vous pouvez bien crier, dans l’église déserte,

Nue et abandonnée entre mes mains expertes.


Sentez-vous la morsure de la paraffine

Qui goutte à goutte pleut sur nos muqueuses fines ?

La douleur vous rapproche du doux paradis :

Déjà le feu divin vient et vous irradie !


Je vous vois grimacer : c’est l’encouragement

À poursuivre l’action et sans ménagement

Je prépare ici-bas votre place là-haut,

Vous arrachant des griffes du Diable en sabots.


Pour supporter le mal entrez donc en prière.

Mettez-vous à genoux, penchez-vous en arrière.

Rejoignez vos deux mains pendant que je tourmente

Votre peau sur laquelle choit la cire fumante.


Admirons le courage dont vous faites la preuve :

Vous triomphez stoïque de cette dure épreuve.

Dieu agrée le tourment auquel vous consentez.

Il aime que ses fidèles se laissent violenter.


Oh que vous êtes belle, offerte à votre Dieu !

Sans nul doute il sera très miséricordieux.

En vous voyant ainsi soumise aux volontés

De l’être transcendant et empreint de bonté.


Ce bras n’est pas le mien : c’est celui du Très-Haut

Pour son immense gloire, c’est un esprit nouveau

Qui descendra sur vous, ô magnifique enfant.

Nous serons les témoins du Père triomphant !


Sachez souffrir beaucoup : la foi est dolosive.

Les saints ont en leur temps connu cette explosive

Joie d’avoir leur martyre en imitant le Christ.

Leur sacrifice est pur : ne soyez donc pas triste !


Elle


Cessez je vous supplie car la déréliction

À laquelle je suis prête donne trop d’affliction.

La faute que j’ai commise est-elle si horrible

Pour mériter un sort qui soit aussi terrible ?


Le prêtre repose le cierge et retire à la femme son bandeau.


Prêtre


Maintenant regardez : j’ai retiré mon aube,

Tout en gardant l’étole qui autour du cou lobe.

Admirez cette croix, elle était dans vos rêves.

Vous devenez Lilith en cessant d’être Ève.


Voyez comme je bande : c’est la première fois

Que je vois une femme : c’est bien joli ma foi !

Je vais administrer un sacrement secret

En posant sur ma verge une hostie consacrée.


Vous allez communier en mettant dans la bouche

Ce pain et mon organe, puis sans être farouche

En avalant le corps du Christ vous sucerez.

À faire mon plaisir vous vous efforcerez.


Allez sucez-moi bien, jusqu’au bout engagez

Au fond de votre gorge, laissez-moi fourrager

Mon organe viril dans cette cavité :

Cela vous guérira de la lascivité.


Cette première étape est à présent franchie.

Mais ce n’est pas fini : avant d’être affranchie,

J’inspecte votre sexe afin de vérifier

Votre virginité qu’il me faut certifier.


Il me faut constater que vous êtes pucelle.

Il est là votre hymen : vous êtes jouvencelle.

En ministre du culte une grâce mystique,

Je vais vous pratiquer en apôtre érotique.


J’ai le Saint-Chrême en main, afin de lubrifier

Par cette huile sacrée, l’évêque l’a sanctifiée,

Cet intime orifice que referme l’hymen

Et que j’oins sous les poils où mon doigt se promène.


Faisons dévotement l’enfoncement du pieu.

Au fond du vestibule, et dans un zèle pieux,

Pilonnons dans la gaine d’où s’écoule le sang.

Regardez bien ma verge, en vous s’enfouissant.


En lui-même :


Comment ai-je ignoré durant mon sacerdoce

Le rut exubérant qui mon désir exauce ?

Après tant d’abstinence, de célibat malsain,

Voici que je fornique au cœur de ce lieu saint !


Il faut bien se garder d’envoyer la semence,

Même si ma ferveur confine à la démence.

Si le malheur voulait que vous tombiez enceinte,

J’aurais de gros ennuis pour cette folle étreinte.


Parlant à nouveau à la jeune femme :


Je vais vous faire jouir en léchant le bouton

Qui est parmi les poils ; en même temps sirotons

La cyprine qui coule : c’est un liquide étrange

Que je découvre ici en déflorant un ange.


J’aime l’odeur subtile et puissante du sexe

Dont ma langue parcourt tous les contours complexes.

Pourquoi m’a-t-on privé si longtemps de la joie

De la tendre fontaine où pour ma soif je bois ?


Lorsque survient l’orgasme je vous entends crier.

Comme chant de louange permettant de prier.

Il n’y a rien de mieux : c’est un très beau cantique,

L’hymne doux du plaisir ici paroxystique.


Nous allons terminer, comme dans votre songe,

Afin d’anéantir ce péché qui vous ronge,

Vous allez caresser de vos pieds mon pénis

Pour que mon braquemart de la sorte vous bénisse.


Je veux en même temps vous voir vous masturber.

Refaites devant moi ce geste prohibé

Jusqu’à ce que survienne l’instant tant attendu :

Que surgisse le sperme de ma verge tendue.


La volupté est telle qu’elle confine au délire.

J’étais prêtre me voilà devenu un satyre.

Je recueille le sperme dans le creux du calice :

Buvez donc ce nectar il fera vos délices.


Elle


Je refuse d’avaler ce fluide dégoûtant.

Vos sacrements étranges sont un peu déroutants.

On n’apprend pas cela dans notre catéchisme.

J’ai quelques doutes au sujet de votre psychisme.


Prêtre


Que voulez-vous de plus que la vie éternelle?

Je vous ai sanctifiée par la voie sexuelle.

L’église universelle reconnait le pardon

Des péchés : nous les prêtres nous possédons ce don.


Vous êtes à présent complètement absoute.

Peut-être que la pratique un tantinet déroute.

Mais vous êtes assurée d’aller au paradis

Lorsque le temps viendra : la grâce vous irradie.


Vous pouvez remercier la divine providence

D’avoir croisé ma route malgré votre impudence.

J’ai chassé le démon qui vous a possédé

Et que j’ai obligé pour de bon à céder.


Si dans la catéchèse on ne l’évoque pas,

C’est qu’on garde secret ce qui vous disculpa.

C’est pour cette raison qu’il faudra toujours taire

Cette cérémonie : le silence devez faire.


Si pour votre malheur vous veniez à parler,

Il est un Dieu vengeur qui fera déferler

Sur vous tout un déluge de feu et puis d’éclairs.

Vous serez foudroyée et irez en enfer !


Elle


Soyez donc assurée car j’en fais la promesse

Que je ferai silence et j’irai à la messe

Que vous dites ici, dimanche après dimanche,

Et ma bouche est cousue d’une façon étanche.


Prêtre


Puisque vous ne voulez pas boire la semence,

Je fais venir sur vous de Dieu la transcendance.

Versant dans vos cheveux cet élixir magique,

Je vous baptise c’est un symbole liturgique.


Ensuite je vous rince avec de l’eau bénite.

Mettez vos vêtements voilà la messe est dite.

J’admire encore une fois la créature sublime

Dont Dieu a pardonné l’action illégitime.



Scène 3

Le prêtre à nouveau seul dans l’église vide.



Prêtre


Je suis un misérable : j’ai violé cette femme

Dieu peut-il pardonner cette conduite infâme ?

J’ai su être éloquent afin de la convaincre

Ses quelques réticences très facilement vaincre.


Pendant ce temps Saint-Paul se retourne en sa tombe :

Dans un homme de Dieu la chair faible succombe,

Chute dans la débauche à cause des attraits

Luxurieux dont j’étais depuis longtemps frustré


J’ai beaucoup profité de sa naïveté,

En l’achetant avec un peu de sainteté,

Bafouant au passage mon vœu de chasteté.

Oui j’ai atteint le fond de la malhonnêteté.


De plus dans cette église j’ai consciemment commis

Beaucoup de sacrilèges ; en fait je n’ai omis

Aucun acte possible afin de blasphémer.

De toutes mes souillures ce lieu est parsemé.


Peut-être cette femme ne gardera silence.

Elle se confiera : ce sera mieux je pense,

Car on me traînera dans la boue judiciaire.

Je sens déjà sur moi se clore la souricière.


Oui, j’irai en prison et à jamais exclu

De l’Église : il faudra que je vive reclus,

Le front éternellement frappé de l’infamie.

À seulement y songer j’en tremble et j’en blêmis.


Elle tombera sur moi, l’excommunication.

Je n’aurai à fournir aucune explication

À ce comportement vraiment inexcusable.

De chacun de mes gestes, je suis là responsable.


Je ressens à l’avance pleuvoir sur mon visage

Les crachats, salaires de ma conduite peu sage.

Il faudra supporter l’opprobre de mes frasques.

De la vertu bientôt basculera le masque.


Mais peut-être aussi qu’elle ne dira rien.

Il me faut dénouer ce drame shakespearien.

Me faudra-t-il alors son pardon implorer ?

Pleurer à ses genoux, elle que j’ai déflorée ?


Ce que j’ai fait est grave : jamais elle ne voudra

De réconciliation, jamais elle n’absoudra

Ce que dans cette nuit maudite j’ai perpétré :

C’est dans un lieu sacré que je l’ai pénétrée !


Que faut-il alors faire ? Comme si de rien n’était

Continuer à vivre dans cette société

Où il faut faire semblant et assumer mon rôle ?

Lire ici l’évangile et les saintes paroles ?


Les murs se souviendront que j’ai commis le pire.

La croix m’évoquera et saura me maudire.

L’autel qui est témoin de ma folle exaction

Conduira les hosties à la putréfaction.


Non, c’est insupportable : il vaut mieux en finir,

Me supprimer du monde ce sera l’assainir.

Il faut me suicider : mourir dans mon église.

Je règlerai ma faute ainsi par l’autolyse.


Allons finissons-en : il me faut une corde.

Peut-être que là-haut j’aurai miséricorde.

Peut-être aussi que non : je le saurai bientôt.

Que dira-t-on de moi ? Qu’importe l’ex-voto !


Je l’ai autour du cou, la longe meurtrière.

Mon remords est si grand qu’il n’est nulle prière

Qui me vienne à l’esprit. La pénurie de prêtres

S’aggravera demain : enfin qu’ils s’en dépêtrent.


Il se pend. Ses jambes se débattent dans le vide.



Scène 4

Le prêtre, la femme.

La femme entre dans l’église et coupe immédiatement la corde.


Elle


Je retourne vers toi à l’instant favorable,

Avant de te laisser faire l’irréparable.

Car j’avais fait semblant de quitter cette église.

Cette funeste corde ici je neutralise.


Prêtre


Je n’ose vous regarder tout droit au fond des yeux,

Tant ma honte est immense : j’ai été envieux

De votre joli corps dans un coup de folie.

Ma raison a été un moment abolie.


Je n’ose pas non plus vous demander pardon,

Me mettant à genoux laissé à l’abandon.

Vous pouvez décider tout ce qu’il vous plaira :

Vous avez devant vous un sombre scélérat.


Souhaitez-vous que je vive afin pour vous venger ?

Voulez-vous que je souffre ? Je vais vous arranger :

Faites-moi donc subir tout autant de souffrances,

Car si vous l’acceptiez j’aurais la délivrance.


Elle


Mon cœur est assez grand pour tout te pardonner,

Mais à une condition : il faut ta vie donner.

Nous partirons ensemble car je veux que tu troques

La soutane pour l’anneau : je veux que tu défroques.


Tu as toujours été fidèle à ton église.

Il faut qu’un autre lieu à présent tu élises.

Tu viendras habiter mon humble appartement.

Nous partagerons tout, unis douillettement.


Tu as su te montrer un compagnon viril.

Tu pourras me baiser encore et sans péril.

Ne préfères-tu pas toujours me posséder ?

Voudrais-tu de mes charmes qui sont à toi cédés ?


Prêtre


Je suis vraiment surpris par ta proposition.

Mais je n’ai pas le choix dans cette position.

Comment faire autrement face à cette amnistie ?

Je ne dirai jamais plus une eucharistie.


Elle


Les hommes ici-bas sont naïfs tellement

Qu’ils croient manipuler intellectuellement .

Alors que c’est eux-mêmes qui sont en fait pantins

De leurs pulsions sexuelles, aimables plaisantins !


J’ai croisé ton regard un dimanche à la messe.

Alors j’ai demandé à te voir à confesse,

Car mon cœur a bondi : j’étais de toi éprise.

J’ai voulu que tu sois sous mon unique emprise.


Ignores-tu ingénu qu’une femme peut désirer

Son prochain plus que tout, au point d’être inspirée

Par d’étranges manœuvres afin de te séduire ?

C’est ce plan qui permet à toi de me conduire.


L’histoire que j’ai contée hier était véridique :

Mes pensées envers toi étaient très impudiques.

Je me suis masturbée en pensant à ton sexe.

Mais je ne dis pas ça afin que tu te vexes.


Tu gardes cependant la liberté ultime

De refuser ma grâce si c’est ton choix intime.

Mais tu seras trainé comme tu dis dans la boue :

Tu devras affronter tes perversions taboues.


Tu peux encore choisir de repasser la tête

À l’intérieur du nœud si tellement tu t’entêtes

À refuser l’amour de mes grands bras offerts :

La corde que j’ai coupée nous pouvons la refaire.


Prêtre


Me voilà donc piégé : il me faut donc choisir

Défroquer pour te suivre, ou bien enfin mourir.

Mais comment refuser à une femme si belle ?

Peut-on rester de glace et au désir rebelle ?


Mes sentiments pour toi sont réellement confus.

L’appétit pour ton corps est ce point profus

Qu’il faut capituler : je suis échec et mat.

Il faudra bien sous ton toit que je m’acclimate.


Elle


Voilà qui est plus sage, ex-curé de paroisse :

Tu auras dans mon lit réponse à tes angoisses.

Tu as voulu donner à tous ces gens ta vie.

Je la veux pour moi seule : c’est mon unique envie.


Veux-tu une dernière fois dire pour moi la messe ?

Oui pour moi seulement qu’en ce lieu tu professes

La parole de Dieu et consacres le vin

Et le pain préparé sans sel et sans levain ?


La liturgie ultime ! Puis nous serons exclus,

Toi comme défroqué par l’opprobre absolu

De ton Église mère à laquelle je te vole.

Tu as déjà foulé aux pieds ton auréole.


Il faut bien l’avouer : mon plan a fonctionné

Mieux que dans tous mes rêves, car je n’ambitionnais

Pas cette inattendue scène de domination

J’admire énormément ton imagination.


J’ai beaucoup apprécié les très lubriques choses

Que tu m’as fait subir ; j’ai aimé que tu oses

Pratiquer sur l’autel tes folies sexuelles.

Même lorsque la cire coulait sur moi cruelle.


Je n’imaginais pas que si loin tu irais.

Pour agir de la sorte tu devais désirer

Mon joli corps de femme jusque dans la folie.

Mais je t’ai laissé boire ta coupe jusqu’à la lie.


Tu auras l’occasion de pratiquer souvent

Tes fantasmes pervers avec moi en trouvant

Quelqu’un qui saura bien satisfaire tes désirs,

Même les plus violents : je ferai ton plaisir.


Tu es mon Osiris dont l’âme est en miettes.

Mais je te guérirai : je ne suis pas inquiète,

Car je le sais fragile, cet être masculin.

Tu reprendras des forces entre mes bras câlins.





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