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n° 17317Radagast02/04/16
La tour infernale
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54044 caractères
Auteur : Radagast

La rame se posa en chuintant ; les portes s’ouvrirent et libérèrent leur flot de passagers pressés.

Des caméras drones surveillaient tout ce petit monde.

Des AéroCabs de diverses compagnies de taxis aériens encombraient le ciel.

Certains privilégiés arrivaient avec leurs propres appareils, apportant leur touche à la pagaille ambiante.


Dans la foule compacte, la jeune femme courait.

En sortant du métro, elle bouscula quelques voyageurs dont elle ignora les récriminations.



Je la surveille du coin de l’œil, il ne faudrait pas qu’elle tombe et se blesse




Elle arriva devant l’immeuble à 7 heures 57.

Elle se précipita vers les ascenseurs.



Je retardai jusqu’au dernier moment le départ de la cabine, faisant fi des autres usagers qui pestaient contre ces machines infernales.



Lorsqu’elle y entra, les portes se refermèrent aussitôt derrière elle.



Un 375 lumineux se matérialisa sur la paroi.

Deux autres usagers rouscaillaient et s’impatientaient pendant la fermeture des portes.



Ils s’arrêtaient au 100ème, ces cons. S’ils ne voulaient pas attendre, il leur restait l’escalier de service.



Elle parcourut les 800 mètres en 15 secondes, ne ressentant aucunement les effets de l’accélération grâce au stabilisateur de gravité.

Elle inspira fortement, essayant de se calmer.


Arrivée à destination, les portes s’ouvrirent devant elle, accompagné d’un joyeux « 375ème, bonne journée ! » lancée par la voix synthétique du groom tandis que l’ascenseur redescendait au 100ème étage avec ses autres occupants exaspérés.


Elle entra dans la grande salle, une ruche où des dizaines d’hommes et de femmes s’affairaient, un casque sur les oreilles, des lunettes à réalité augmentée sur le nez, indifférents à leur entourage.

Certains jetèrent toutefois un regard vers la jeune femme.



Angélique Leneveux trottina jusqu’à son bureau, non sans avoir préalablement passé son poignet devant le lecteur de puces.

Malgré les notes de service de la mère Chougnard, elle parvenait quand même à rendre cet espace plus humain.

Une photo de son petit ami Carl, une peluche de chaton, une boule de neige représentant le père Noël sur un traîneau, une fleur séchée ramassée lors d’une promenade dans les Pyrénées ornaient son espace de travail.



Avant qu’elle n’atteigne son bureau, je mettais sous tension les connexions optiques de son unité centrale : elle gagnait ainsi quelques secondes.



Elle se débarrassa de sa veste, la posant sur son fauteuil, son sac jeté au pied du meuble.

Elle s’étonnait toujours de voir son ordinateur s’éclairer tout seul.

Tandis qu’elle s’asseyait, l’écran et le clavier holographiques se matérialisèrent devant elle.

Elle préférait cet écran aux nouvelles lunettes qui la coupaient de la réalité et de son environnement.


Juste avant que les huit coups de l’horloge ne s’égrènent, elle passait les anneaux de connexion à ses doigts et elle consultait déjà sa messagerie, pianotant sur son clavier immatériel.


Angélique s’occupait du service contentieux de sa boîte, la Gerfaut – placements et conseils financiers.

Essentiellement placements participatifs écoresponsables. Au 376ème se trouvait les grosses têtes du service Recherche et Développement qui évaluaient, proposaient de nouveaux produits. Au 377ème et dernier étage de la tour, le Saint des Saints, le bureau du grand patron. Avec sa terrasse à 360° et même, selon la rumeur, un jacuzzi et une piscine.


Des particuliers plaçaient des fonds dans des entreprises respectant les droits de l’homme, de la planète et de l’environnement. Ils réclamaient en retour des bénéfices. Un équilibre difficile à maîtriser, mais la Gerfaut y parvenait. Le boulot d’Angélique étant de renseigner les déposants ou d’enregistrer leurs récriminations.



Elle discutait à voix basse avec Muriel, sa collègue préférée.



Carl, son compagnon, scénariste et dessinateur de BD.

Elle était selon lui sa muse, son inspiratrice. Ses dessins ne se destinaient pas aux plus jeunes. Angélique en ressentait un certain trouble non dénué de charme en s’imaginant faire rêver des hommes par dessins interposés.


Les jeunes femmes se plongèrent dans leur travail, sous l’œil soupçonneux de la mère Chougnard. Quand elle ne restait pas à son bureau à compulser ses dossiers, elle allait de droite et de gauche, vérifiant de près les travaux effectués par ses subordonnés, tel un pion de collège des temps anciens.

Elle écoutait les conversations téléphoniques, veillait à interrompre les bavardages ; une teigne, en somme. Elle n’accordait aucune liberté aux employées.



Je m’interroge souvent de l’utilité de cette personne acariâtre.



Le midi, elles prirent leur repas à la cantine de l’entreprise. Bien sûr, elles pouvaient aller chez Mac Domino, mais cela les obligeait à sortir et ne leur laissait que peu de temps pour déjeuner.



Le soir, elles se quittèrent en se faisant une bise.



Ce soir, il pleut lors de sa sortie. Je fais en sorte qu’elle ne rate pas son métro et qu’elle ne soit pas obligée de rester sous l’averse. J’ai aussi une autre raison, plus sournoise, plus fourbe, de la faire rentrer plus rapidement.



Il lui restait une journée de travail cette semaine. Le vendredi, elle transmettait au service central toutes les réclamations reçues. Les grosses têtes s’en servaient pour améliorer les opérations.


Et ce week-end, Carl et elle allaient faire une petite fête en amoureux. Fêter leurs deux ans de vie commune. Restaurant, hôtel au bord d’un lac, et longue série de câlins au menu.


Elle fit le trajet nettement plus vite que prévu. Elle devait changer de tram trois fois, et les trois fois elle n’attendit pas : elle descendait de l’un pour monter dans l’autre.



Jeu d’enfant que de régler le déplacement des rames.



Dans l’un des trams, un petit incident la fit rire.

Un homme costard-cravate, dans la cinquantaine, attaché-case à la main, profitait de la cohue pour se coller aux voyageuses et leur mettre la main au cul. Il se frottait même le bas-ventre sur leurs rondeurs fessières.

Certaines se rebiffaient, d’autres tentaient de s’écarter et se mettre à distance de ses paluches vagabondes.

Angélique le vit s’approcher d’elle avec inquiétude. Elle détestait les esclandres.

Alors qu’il tendait la main, le téléphone de l’individu émit une sonnerie stridente et délivra un message, volume poussé à fond.


« Si tu continues, j’avertis ta femme, sombre connard ! Merci de votre attention. »


Toutes les femmes éclatèrent de rire. Le frotteur se faisait tout petit dans son coin.



Cela fait plusieurs semaines que je le surveille, cet enfoiré. Il ne risque pas de recommencer de sitôt !



Angélique termina le trajet toute réjouie.

Arrivée chez elle, dans leur petit appartement douillet, un bruit l’intrigua.

Des gémissements provenaient de la chambre.

Des chaussures de femme et une jupe traînaient dans le salon.


Une douleur sourde lui tordit les entrailles.

Dans leur chambre, dans leur lit, Carl et Magali, son soi-disant agent, se démenaient, nus comme des vers.

Il lui caressait le dos, et cette salope s’agitait sur la queue dressée. Il lui enfila un doigt dans l’anus, ce qui la fit glousser de plus belle.



Angélique se mordit le poing pour ne pas hurler. Les yeux brouillés de larmes, elle se retenait au mur, étourdie de douleur.



Elle éclata de rire. Son rire exaspérant fait de gloussements et de caquètements.

Dire que la semaine dernière, elle dînait ici. Angélique s’était mise en quatre pour recevoir cette salope.


C’en était trop. Elle revint de la cuisine avec la lourde et antique planche à découper en bois offerte par son grand-père.

Elle entra comme une folle dans la chambre, donnant des coups de planche en hurlant.



Les autres criaient aussi, mais de douleur et de peur.



Mais la chérie n’entendait plus rien. Elle frappait et frappait encore. Ils échappèrent aux coups en fuyant nus dans le couloir.



Dire que c’était elle qui payait le loyer… Ses BD recevaient de bonnes critiques, mais il ne travaillait pas beaucoup. Elle comprenait pourquoi maintenant.


Elle ramassa les vêtements éparpillés, les quelques affaires de Carl, désactiva la fenêtre magnétique et jeta tout dans la nuit en hurlant.



Pas sûr qu’ils pussent récupérer grand-chose après une chute de cinquante étages.


Elle retira les draps, les arrachant en pleurant. Elle les jeta dans l’incinérateur domestique, ne voulant plus avoir affaire à eux.


Elle se coucha sur le matelas, ramena la couette sur elle et se roula en chien de fusil, un oreiller serré contre son ventre. Elle s’endormit en pleurant.



Bonne chose de faite.



La domotique prit en charge la gestion de l’appartement.

Café pour une personne à 7 heures 47.

Réglage du chauffage à 18°.

Baisse progressive de l’éclairage.

Déclenchement de la musique relaxante et du diffuseur d’huiles essentielles.



7 heures 47, je mets en route le radioréveil et j’augmente le son graduellement.



Elle s’éveilla, toute fourbue. Elle venait de se faire piétiner par un troupeau de gnous furieux.

7 heures 47 : elle allait être en retard ; la mère Tape-dur en profiterait pour lui rabioter son salaire. Elle accumulait assez de problèmes sans en rajouter.

Elle s’habilla sans goût, se maquilla à peine. Elle mit quand même une paire de lunettes teintées pour cacher ses yeux gonflés.



Comme chaque jour, je m’arrange pour qu’elle puisse attraper un tram et sauter dans l’ascenseur sans attente.




Les deux vigiles philosophaient en regardant passer Angélique.



8 heures 24 sonnaient lorsqu’elle entra dans l’arène.

Ses collègues lui jetèrent un coup d’œil apitoyé.

La mère Chougnard se précipita sur elle toutes affaires cessantes et griffes dehors.



Tête basse, Angélique suivit la vioque avec l’enthousiasme d’une agnelle entraînée vers une rôtisserie.



Angélique les retira, laissant voir ses yeux gonflés.



Elle s’en foutait : plus personne ne l’attendait chez elle. Trois heures ce vendredi soir où elle s’occuperait l’esprit sans songer au désert qu’était devenu sa vie. Tout, plutôt que de rentrer dans son appartement.

Il y traînait trop de souvenirs, maintenant trop mauvais.



J’ai changé subrepticement son fond d’écran officiel de la boîte par un petit chat. Elle aime les chatons. Tout le monde aime les chatons, sauf la vieille Chougnard.




Angélique ne répondit rien, mais fit tomber dans la poubelle la photo du sale type et retira ses lunettes.



Angélique répondit machinalement au téléphone, remplit ses formulaires de fin de semaine comme une automate.

Sans cesse elle voyait l’homme qu’elle croyait aimer, nu, un doigt enfoncé dans le cul de cette pétasse qui s’agitait sur lui.

À chaque évocation de cette scène, elle faisait une crise de larmes.

Même la mère Tape-dur ne l’ennuyait pas.

Elle ne mangea pas le midi, grignotant juste un biscuit.



377ème. Je le regarde. Il se pose des questions.



Dans une vitrine derrière lui trônaient des trophées :

Des coupes de triathlon, une médaille du marathon de Paris.

Des photos de lui avec des enfants, des vieillards, dans des bidonvilles, tous souriants.

Lui aussi soignant des animaux dans la savane ou dans des refuges.

Par contre pas une photo de lui avec un homme politique ou un banquier.


Des diplômes de la London School of Economy et de l’HEDEC, bien encadrés, ornaient les murs.


Sur le bureau trônait le portrait holographique de sa fiancée, top model siliconée au visage déjà retouché par le botox et la chirurgie esthétique, mannequin vedette, future actrice, en train de préparer un album.



Il se demande s’il ne fait pas une connerie. Il tient une relation épistolaire avec un ami imaginaire, ami à qui il livre ses hésitations les plus intimes. Sera-t-il heureux ? L’aime-t-il vraiment, l’aime-t-elle en retour ? Toute cette série de questions qui agitent un futur jeune marié. Même à trente ans, le mariage fait peur ! Surtout à trente ans. Comment le sais-je ? Enfantin, j’ai piraté son ordinateur.



Toutes ses collègues étaient parties depuis deux heures. Angélique s’abrutissait dans le travail. Elle ne voulait pas penser, ne voulait plus penser. Son univers et son avenir disparaissaient.

Elle se retrouvait seule.

Ce n’était pas la première fois qu’elle restait après la fermeture officielle des bureaux, mais jamais si tard.

Les locaux ressemblaient à sa vie : vides et sombres.


À 21 heures 00, elle éteignit son ordinateur, passa son poignet devant le lecteur et appela l’ascenseur.


Elle eut un léger sursaut : un homme s’y trouvait déjà. Il devait venir de l’espace directorial, situé un, ou peut-être même deux étages plus haut.

Un assistant du boss se dit-elle, costume élégant, une barbe naissante, des documents à la main. Presque une tête de plus qu’elle.

Lorsqu’il leva les yeux, elle sentit ses jambes se dérober.

L’inconnu dans l’ascenseur n’était autre que le patron, le grand patron.

Elle connaissait bien évidemment le parcours de cet homme. À peine plus âgé qu’Angélique, il dirigeait l’une des plus florissantes entreprises financières du pays.



Deux sourires polis échangés, un coup d’œil discret sur l’autre et ils se replongèrent dans leurs réflexions. Elle tentait de se faire petite.

Elle espérait qu’il ne lui demanderait pas des explications ; que foutait-elle à cette heure dans les bureaux ?

Pas toutes les emmerdes en une journée !

Elle pensa à son autre problème.

Qu’allait-elle faire de sa soirée ? Qu’allait-elle faire de son week-end ?

Tourner en rond seule dans son appartement à ruminer de sombres pensées, ou errer dans les rues, sans but précis ?



À moi de jouer. 360, 359… stop ! Je bloque la cabine entre le 358ème et le 357ème étage.



L’ascenseur s’arrêta brusquement.

Angélique et l’homme furent bousculés.

Elle se retrouva assise sur le sol, l’autre passager allongé sur ses jambes.



Il appuya sur la touche alarme.




Compte là-dessus, mon pote !



Un quart d’heure plus tard, nulle nouvelle des secours.

Il appuya une énième fois sur la touche alarme.

Il consulta son portable.

Un de ces nouveaux appareils, intégré dans la monture de la lunette, l’écran se matérialisait sur les verres, un émetteur placé dans les branches permettait de recevoir et émettre.



Angélique regarda le sien. Elle avait un peu honte de son vieux modèle, un antique écran tactile.




Je vais quand même pas me laisser emmerder par un vulgaire portable.



Elle commençait à s’inquiéter. Elle ne se souvenait pas avoir vu un ascenseur en panne depuis des années. Surtout dans ce genre d’immeuble, appartenant de plus à la Gerfaut.

Un immeuble doté de toutes les dernières technologies : murs de verdure pour récupérer, recycler l’eau de pluie et climatiser les bureaux, fabriquant sa propre électricité par le solaire et l’éolien, tous les systèmes de sécurité étant doublés et même triplés. Il ne devait ni ne pouvait y avoir de panne.


L’homme reprit la parole.



Ils se serrèrent la main, puis retombèrent dans le silence.



Angélique repensa à son appartement sinistré et vide.



Elle répondit sur un ton tellement triste qu’il n’insista pas.


Max s’agitait de plus en plus, ne tenait pas en place.

Il tournait dans la cabine, tel un ours en cage. Il frappait contre les cloisons, de plus en plus fort.



Ils rirent tous deux, oubliant quelques instants leur situation.



L’affaire se présente bien…



Il se remit pourtant à tourner en rond au bout de quelques minutes.



Il obéit avec réticence.

Elle s’agenouilla derrière lui et entreprit de lui masser les épaules et la nuque.



Trois minutes plus tard il se détendait et soupirait d’aise.



Elle interrompit son massage.



Elle rit à la plaisanterie. Mais une pensée doucha son enthousiasme.



Max se figea.




Tout se passe comme prévu. Ajoutons un peu de piment.



La lumière s’éteignit.

La cabine vibra, craqua et descendit de quelques mètres.

Angélique poussa des cris stridents, essaya de se raccrocher à quelque chose de solide.

Le solide étant une chemise avec une bonne pincée de peau en dessous.

Elle paniquait.

Il lui sembla que cela faisait des heures qu’ils chutaient dans le noir.



En fait, cela n’a duré que cinq secondes et la cabine a chuté de six centimètres.

Je rétablis la lumière.



Angélique se serrait contre Max.

Lui, la tenait dans ses bras. Qui réconfortait l’autre ? Nul ne le savait.

Ils tremblaient tous deux.

Même si la situation était gênante, elle ne voulait pas bouger. Cette chute dans le noir l’avait secouée.


Il sentait battre le cœur de la jeune femme contre le sien, presque à l’unisson. Ses seins s’écrasaient contre son torse. Pas très gros, mais la sensation était diablement agréable, pression et sensation amplifiée par leur respiration haletante.

De la sentir dans ses bras le rassurait un peu. Il n’en menait pas large non plus.

Il prit conscience qu’il caressait distraitement les cheveux de sa compagne d’infortune.

Il continua ; il embrassa même Angélique juste au-dessus de l’oreille, sur sa petite mèche rousse dans ses cheveux noirs.


Elle leva vers lui ses grands yeux noisette aux iris dilatés par la peur.



Elle ne dit rien, mais se blottit un peu plus fort et se mit à pleurer.



Il ne savait quoi faire ; les femmes pleuraient rarement dans ses bras.

Il caressa le dos d’Angélique, passa ses doigts sous son menton pour lui lever le visage, vint laper les larmes sur ses joues et déposer un baiser sur ses paupières.


Elle le regardait, les lèvres entrouvertes.

Il les embrassa. D’abord un baiser de papillon, puis un autre un peu plus appuyé.

Enfin le vrai gros baiser. Un baiser de compétition.

Un baiser auquel elle répondit. Agrippant la chevelure de l’homme, elle vint lui taquiner la glotte.


Les mains s’étreignaient, caressaient. Elle avait passé une des siennes sous la chemise et découvrait la peau du mâle.

Ils glissèrent contre la paroi et se retrouvèrent assis, toujours en s’embrassant. La main de Max venait elle aussi de trouver un chemin sous le chemisier.



Hip hip hip, hourrah ! JE SUIS LE ROI DU MONDE !

Désolé ; je m’emporte…



Tout en s’embrassant, ils se déshabillèrent mutuellement, une chemise pour une jupe, un chemisier pour un pantalon.

Les mains passaient sur la peau nue ; il quitta la bouche d’Angélique pour embrasser le cou et les épaules. Elle l’aida à faire tomber son soutien-gorge.

Il vint prendre les petits seins, les manipulant comme des objets précieux et fragiles, tels les vases de Sèvres qu’il venait d’acquérir de haute lutte lors d’une récente vente aux enchères.

Sa bouche dorlotait tétons et aréoles, petits, clairs et tendres. Dressés et si sensibles.

Il continuait son exploration, papillonnant sur le nombril et les hanches, provoquant des frissons chez sa compagne.

Il égara ses doigts sous l’élastique du mignon shorty, fouillant dans une toison douce.


Elle se débarrassa de son dernier vêtement avant de partir elle aussi en exploration.

Sa main agrippa une barre rigide qui vibrait d’émotion. Elle la tenait fermement entre ses doigts, tel un trophée.

Le boxer alla rejoindre la petite culotte.


Nus tous les deux, peau contre peau, ils se caressaient de leur corps.

Les phalanges fureteuses de Max venaient d’atteindre une tendre contrée qu’ils investirent sans rencontrer de résistance.

Étonnant… se dit-il : les petites lèvres sont plus grandes que les grandes.

Il déplorait cette nouvelle mode consistant à se refaire faire le minou. Des minous tristes, glabres, lisses, sans expression ni personnalité.


Une jolie dentelle de chair tentait ses doigts.

Les lèvres s’ouvrirent d’elles-mêmes lorsqu’un majeur vint les solliciter.

Il le fit pénétrer dans le Saint des Saints déjà tout ruisselant.

Elle l’invita à mieux l’explorer en écartant les jambes. Elle émit un petit gémissement et chercha de nouveau la bouche pour un autre baiser.


Tout naturellement, il vint sur elle sans cesser de l’embrasser.

Il caressait les petites lèvres de son gland. Il venait buter sur le clitoris, électrisant la jeune femme.

Angélique se tendit, plaça le mistigri à l’entrée de sa chatière.

Il ne se fit pas prier, même s’il n’entra pas telle une grosse brute. Il entra lentement, savourant chaque millimètre gagné. Instinctivement, il savait que cette jolie jeune femme devait être traitée avec délicatesse.

Elle passa ses jambes par-dessus la taille de Max, position qu’elle aimait ; elle s’ouvrait et se donnait.

Elle sentit ses chairs se distendre autour de la chose qui la pénétrait.

Que c’était bon ! Après les épreuves qu’elle venait de vivre, il lui fallait de la tendresse, des caresses.


Il venait de passer si peu de temps avec cette femme qu’il connaissait à peine ; une telle frayeur les avait étreints qu’il demandait lui aussi du réconfort.


Ses tétons se dressèrent encore plus, devenant presque douloureux, sa respiration s’accéléra, son ventre se contracta, attirant le membre en elle.

Il accéléra le rythme, il la sentait décoller.

Elle serra contre son corps celui de Max, elle l’embrassait et répétait des mots sans suite.

Elle jouit comme rarement. Son visage, ses seins, tout son corps s’embrasait.

Il entendait le cœur de la jeune femme s’emballer et cogner.

Heureuse, elle sentit le sexe de son compagnon se tendre dans son ventre et lâcher sa semence.


Essoufflés et en sueur, ils se regardèrent et se sourirent. Il était toujours fiché en elle. Elle le tenait encore entre ses jambes. Il déposait de délicats baisers sur son front, ses yeux, sa bouche.



Il roula sur le côté ; elle vint poser sa tête sur le torse masculin et poussa un grand soupir satisfait.




Je lance en sourdine une série de musiques de circonstance : Night in white satin, par exemple. Rien de tel qu’un vieux classique.




Max lui sourit et lui caressa les cheveux et le dos.

Elle soupira d’aise et se mit à lui caresser le torse en retour.

Au bout de quelques minutes de ce traitement, il commença à reprendre forme.



Elle tenait entre ses doigts le précieux objet.

Sous ses caresses, il semblait grossir à chaque sollicitation. La première fois, elle n’avait pas eu le temps de l’observer ; elle pouvait maintenant le détailler. Elle faisait glisser sa main des testicules au sommet de l’obélisque. Le bel engin se décalottait, pointant le museau hors de son fourreau.

Agréable au toucher, pas trop long ni trop gros – elle redoutait les gros sexes ; celui-ci lui paraissait parfait, juste le bon calibre.

Max appréciait ses caresses. Son pénis tremblait sous les doigts de la jeune femme comme désireux de vivre sa vie, d’aller là où bon lui semble.

Il regarda le visage de sa codétenue : attentive, un petit bout de langue dépassait entre ses lèvres.



Elle vint s’asseoir à califourchon sur lui, l’embrassa.

En soulevant les fesses, elle plaça le bâton de pèlerin à l’endroit idoine et descendit dessus. Un grand sourire gourmand aux lèvres.

Le sexe bien planté en elle, Angélique laissa passer quelques instants, ses fesses ondulant autour du manche. Chaque mouvement lui déclenchait de petites décharges électriques dans le ventre. Elle gémissait doucement.

Les mains posées sur sa taille, Max l’aidait à faire le ludion sur son nœud.

Deux mignons petits seins se trémoussaient devant ses yeux. Il lâcha les hanches pour aller les caresser.


Elle sentait de nouveau une douce chaleur irradier son bas-ventre, remonter vers ses seins et lui faire tourner la tête, ivre de plaisir.


Elle se laissait aller, elle exorcisait ainsi toutes ses peurs, ses problèmes. Un petit moment de plaisir pour oublier ses malheurs.

Ils ne faisaient plus qu’un.

Il la regardait, émerveillé. Cette jeune femme normale en apparence était si belle dans l’acte d’amour… elle se donnait sans retenue à un inconnu. Elle s’agitait de plus en plus vite.

Il la caressait, des mains et des yeux.

Ses yeux se révulsèrent et elle poussa un gémissement de bonheur. Un grand sourire illumina son visage, et il sentit une nouvelle fois le vagin se refermer sur son sexe en une douce étreinte. Il sentit les muscles de sa compagne le presser, le caresser, le malaxer.

Max ne tentait même pas de résister ; il était emporté lui aussi par une vague de plaisir.

Il se répandit de nouveau dans l’intimité d’Angélique.


La jeune femme se lova contre son amant.



Il ponctua sa phrase par un baiser sur le bout du nez.



Ils s’endormirent, bras et jambes emmêlés.

Avant de sombrer dans le sommeil, il avait déposé sa veste sur le corps de la jeune femme.



Ils sont adorables, tous les deux. Y sont-y pas mimis ?



Le lendemain matin, vers 9 heures, il s’éveilla le premier. Blottie contre lui, elle souriait dans son sommeil.

Il lui caressa doucement les cheveux.

Il admirait ce charmant tableau : un sein pointait hors de la veste, et il pouvait voir une jolie paire de fesses blanches.

Ce petit bout de femme l’émouvait.


Elle se réveilla, lui fit un sourire.



Ils semblaient gênés tous deux. Ils se remémoraient les événements de la nuit.



Elle semblait honteuse de devoir avouer ça.



Merde, je n’avais pas pensé à ce truc ; je vais devoir improviser. Peux pas penser à tout non plus.



Max passa son boxer et vint tripatouiller de nouveau le bouton d’alarme.




Vous n’imaginez même pas la surprise que vous allez avoir… maintenant.



La cabine grinça, vibra, descendit de quelques centimètres avec un grand bruit.



J’aime bien faire du cinéma…



L’ascenseur émit un hoquet, se remit en mouvement.



La cabine remontait lentement et agitée de soubresauts.

Angélique se blottit de nouveau dans les bras de Max.


Alors qu’ils perdaient espoir – ils se voyaient déjà réduits en bouillie au bas de l’immeuble au terme d’une chute de près de huit cents mètres – l’appareil s’immobilisa dans une dernière secousse. Les portes s’ouvrirent.



L’appareil gémit et s’éteignit définitivement.



Il faisait le guide, tel un majordome stylé.


Derrière eux l’ascenseur resta portes ouvertes, inerte.



Il la regarda courir vers les toilettes en souriant.



Il essaya de nouveau son portable, la ligne fixe, Internet, sans plus de résultats que la veille.



Bien évidemment que j’ai coupé ces réseaux. Pas né de la dernière pluie !



Avant de la rejoindre, il fit un saut dans le bureau pour retirer les photos de lui, surtout celles avec sa fiancée et les fourrer dans un tiroir.



J’ai beaucoup appris en matière de sexualité ces derniers jours. Des trucs que je ne connaissais pas.



Le dimanche soir, elle gisait affalée sur le canapé, les jambes largement ouvertes. Elle caressait les cheveux bruns de son compagnon d’infortune qui semblait vouloir lui dévorer son brugnon. Il insistait avec douceur sur le sommet de son petit fruit, déclenchant des vagues de frissons à travers son corps.

Un grand sourire aux lèvres, elle se remémorait leur séjour.


Ils restèrent nus et firent l’amour un peu partout et dans de nombreuses positions. Ils allèrent aussi sur la terrasse. Autour d’eux s’étendait Paris et, selon ses dires, il y reçut la plus belle fellation de sa vie. Elle tint à le garder en bouche jusqu’au bout. Elle rechignait à le faire avec Carl, mais n’hésita pas une seconde avec l’autre naufragé des cimes, comme ils se nommaient.

Pour lui, faire l’amour dans un jacuzzi procurait des sensations inoubliables. Surtout lorsque les bulles venaient éclater sur les testicules.

Elle n’osa pas le dire, mais les bulles lui faisaient le même effet sur la chatoune.



Elle se rappelait les paroles de Carl : « Même pas capable d’accepter un doigt dans la rondelle… »



Elle décida alors d’offrir son ultime virginité.


Agenouillée sur le lit, les cuisses écartées, la croupe relevée, Angélique donnait un spectacle fabuleux.



Il voulait qu’elle en garde un agréable souvenir, ne pas lui faire mal. Aussi fit-il preuve d’inventivité.

Quand elle comprit ce qu’il allait lui faire, elle eut honte et alla se laver le pétrousquin, se le vaporisant de parfum.

Il commença par une longue séance de caresses, embrassant la petite rondelle vierge, y passant la langue. C’était la première fois qu’on lui faisait une feuille de rose. Elle en avait la chair de poule. Le but de la manœuvre étant de détendre l’endroit.


N’ayant pas sous la main de lubrifiant spécifique, il lui tartina copieusement l’œillet de graisse de foie gras d’oie, n’hésitant pas à en faire pénétrer avec un ou deux doigts. Chatouilleuse de nature, elle gloussait et tortillait des fesses.

Il s’en habilla la queue aussi.



Les mains posées sur les hanches, il investit le dernier bastion. Il faisait très attention, restant très doux.

Il ne put contrôler des dérapages : le gland glissait un peu partout, sauf là où il aurait dû.

Cette situation provoqua quelques fous-rires aux deux amants.

Il parvint toutefois à ses fins. La bête pénétra la petite rondelle.

Elle poussa un petit cri.



Il caressait le petit minou, câlinant le clitoris. Il voulait la stimuler de partout.



Il en fit entrer un peu plus. Plusieurs pauses furent nécessaires avant que le gourdin entier soit bien au chaud, son ventre collé aux fesses.

La jeune femme avait la bouche ouverte.



Il lui caressait le dos et les seins.



Il commença ses allées et venues, toujours très délicat.

Elle poussait de petits cris. Il accélérait la cadence, respirait de plus en plus fort. Elle cambrait le bas du dos pour faciliter un peu plus la pénétration.

Elle sentait de petits picotements non déplaisants dans les seins et le ventre.

Le fourreau était si serré qu’il ne put résister longtemps : il inonda les reins de la jeune femme.


Allongé sur elle, il lui embrassait le cou et les épaules, reprenant son souffle.



Le fou-rire qui la saisit lui donna de telles contractions dans le ventre qu’elle expulsa le sexe de son compagnon.



Lorsqu’elle se sentait bien, en confiance, Angélique faisait juste avant le réveil de petits rêves biscornus et agréables. Elle se voyait flotter sur un petit nuage, un demi-dieu venait lui tendre une coupe d’ambroisie. Elle souriait tout en rêvant. Le dieu l’embrassait.

Elle s’éveilla, heureuse.

Max lui embrassait le front et passait sous ses narines une tasse de café.



Elle s’étira comme une chatte et but son café, sous l’œil admiratif de son amant.


Quelque temps plus tard, habillée et pomponnée, elle regardait Max appeler l’ascenseur avec une certaine appréhension.

À leur grande surprise, l’appareil émit un petit son guilleret et ferma ses portes pour les ouvrir aussitôt sans aucun problème.

Ils le regardèrent, étonnés.



Elle semblait gênée ; elle rougissait de confusion.

Max la prit dans ses bras et l’embrassa tendrement.



Elle rit, le serra contre elle.



Elle grimpa dans l’ascenseur, regarda une dernière fois le jeune homme alors que les portes se refermaient.




Je leur souhaite bien du plaisir ; je les mets au défi de trouver une infime trace de mon passage.



Muriel avait quitté une Angélique en larmes le vendredi soir ; elle la retrouvait le lundi matin souriante et rayonnante.



Les jours passèrent ; Max préparait son mariage avec Lina Burton – de son vrai nom Marcelline Poireau – ex-top model, future actrice et future chanteuse.

La presse pipole et la presse économique, unies pour une fois, célébraient l’union de la finance et de l’art.

Le mariage devait se faire en deux temps. D’abord, le mercredi à la mairie, et le samedi suivant, en grande pompe à l’église.

Max se préparait, mais se posait des tas de questions. Il avait la sensation de faire une connerie.

Il passait son temps enfermé dans son bureau, la tête entre les mains.



Mais oui, mon gars, tu fais une connerie, et je vais te le prouver !



Il faisait le même rêve étrange depuis quelques jours.

Il se réveillait en sursaut et en sueur.

Il se voyait accroché dans la cage sans fond d’un ascenseur. Sa main luisante de transpiration glissait inéluctablement sur le rebord ; d’un instant à l’autre, il allait lâcher prise et s’écraser 1000 mètres plus bas.

Au moment où il abandonnait tout espoir, une main secourable lui attrapait le poignet. De son sauveur, il ne voyait que la main et les yeux. Des yeux noisette.

Il se réveillait toujours avant de savoir si cette main arrivait à le tirer de ce mauvais pas.



Les rêves, je n’y suis pour rien ; faut pas tout me mettre sur le dos.



Pour compliquer le tout et le tourmenter un peu plus, Maximilien recevait des courriels ou MMS étranges. Impossible de trouver l’expéditeur ; aucun texte, juste une pièce jointe.

Il reçut trois photos de lui et Angélique alors qu’ils se trouvaient coincés dans l’ascenseur.

Sur la première photo, il pouvait voir la jeune femme blottie dans ses bras, il semblait la protéger.

La seconde les montrait nus, sans aucune ambiguïté sur leur activité.

Sur la troisième, ils dormaient enlacés.



J’ai des photos de vous deux au dernier étage, même sur la terrasse ou dans le jacuzzi. Je me les garde. Tu les auras plus tard.



Il crut d’abord à un chantage juste avant son mariage, mais aucune demande en ce sens ne suivit. Aucune photo ne fuita dans la presse.

La jeune femme ne tentait pas de le contacter non plus. Pourtant elle venait travailler chaque jour. Il vérifiait secrètement. Elle semblait triste et accablée.

Il était de plus en plus troublé.



Il faut que je la surveille aussi, pas qu’elle fasse une connerie de son côté.



Angélique déprimait. Elle avait d’abord rêvé d’un conte de fées, le Prince et la Bergère. Ce n’était que le patron et son employée.

Une nouvelle fois, elle tenait le rôle de la fille trop conne. Non seulement le grand patron la culbutait, mais elle y avait même mis du sien ! Histoire classique et sordide.


Son amie Muriel s’inquiétait ; elle retrouvait la jeune femme triste qu’elle n’aimait pas.

Les préparatifs du mariage prochain de son patron/amant ne relevaient pas son moral.

Allongée sur son lit, serrant contre elle son oreiller fétiche, elle pleurait.

Dans la salle de bain, sur l’écran situé au-dessus des toilettes s’affichait un message.

Soucieuses du bien-être de leurs administrés, les mutuelles et assurances santé effectuaient des tests et des analyses journaliers.

La cuvette des w.c., transformée en mini laboratoire médical connecté, prenait la tension artérielle, faisait des analyses d’urine, de sueur, de selles. La puce implantée dans le poignet servait à analyser le sang.

Urée, glycémie, cholestérol : tout y passait. Bien entendu, le taux d’hormones aussi.


En grosses lettres un message clignotait.


« Test positif : félicitations ! »



Ce fut un jeu d’enfant de pirater ce ridicule logiciel médical et de lui faire croire à l’impensable.

Elle hésite quant à l’ultime connerie. Soit les médicaments, soit se jeter du haut de la tour ; elle pourrait aussi tenter l’avortement, mais n’y songe même pas.



Le mercredi matin, jour du mariage civil, Maximilien reçut sur son portable une autre vidéo.

Très récente celle-là. Angélique dans sa salle de bain, un oreiller serré contre elle, elle semblait pleurer en regardant l’écran. Il pouvait lire aussi le message.

Une inquiétante batterie de boîtes de médicaments traînait sur les meubles.



Je suis fier de mon coup : j’ai investi son ordinateur et pris des vidéos avec sa webcam. Elle vient de décider : ce sera le haut de la tour. Elle va attendre la fin de la journée et tenter d’atteindre le toit-terrasse. Je vais l’y aider. Ne me remerciez pas, c’est de bon cœur !



Arrivé à la mairie, Max fut entouré d’une foule de lèche-culs suspects.

Lina l’attendait dans la grande salle de l’hôtel de ville, vêtue d’un tailleur blanc. Lui en costume gris perle. Toute l’assistance dévorait des yeux ce beau couple. Après avoir échangé un chaste baiser sur les lèvres, la cérémonie pouvait commencer.


Assis aux côtés de sa future épouse, Maximilien écoutait d’une oreille distraite le discours du maire, qui relatait le parcours des deux jeunes gens. Lui patron d’une start-up des plus florissantes, elle égérie des plus grands couturiers, promise à un bel avenir au cinéma.


Maximilien regardait sa future épouse ; elle avait déjà eu recours à la chirurgie esthétique sur le nez, le menton, les lèvres, les seins.

Il regarda ses futurs beaux-parents. Belle-maman devait avoir plus de botox dans le sang que de globules et donnait l’apparence d’une chouette étonnée.

Son mari, chauve, ressemblait à un suppositoire mâchouillé.



Le maire venait de lui poser trois fois la même question :



L’inquiétude et l’étonnement agitaient la salle.


Max venait de faire un songe éveillé.

Il serrait contre lui un petit corps frémissant. Il songeait à deux grands yeux noisette, à de jolis petits seins sans silicone.

Une terrible envie de foie gras le tenaillait.

Il avait fait l’amour en riant. Il avait été heureux le temps d’un week-end.

Il jeta un œil sur le suppositoire usagé et la chouette effarée.



Il secoua la tête en regardant le maire.



Il sortit en courant.



Lina pleura et tomba en pâmoison, rattrapée de justesse par un banquier quinquagénaire qui lorgnait sur son décolleté. Tout ne semblait pas perdu pour elle.

Les invités béaient de stupéfaction ; d’autres envoyaient message sur message pour narrer cette comédie.



J’ai flanqué le souk dans les communications ; ça m’amuse, et je ne voudrais surtout pas que son esclandre soit trop vite connu. Je suis gamin parfois.



Elle regardait son écran mais ne voyait rien. Angélique avait la tête vide.

Sa vie venait de basculer en trois mois. Elle vivait avec un homme qui la trompait, vécu une expérience extraordinaire avec un homme qui n’était autre que son patron.

Angélique l’aimait, et il se mariait en ce moment même, avec une autre.

Pour couronner le tout, il lui avait laissé un cadeau : un logiciel grandissait dans son disque dur.



Prétextant une envie pressante, elle sortit de la salle, arriva à se glisser dans l’ascenseur sans attirer l’attention et monter au 377ème.



Je l’ai aidée un petit peu à y accéder en brouillant les caméras.



Elle regardait par la baie vitrée la ville à ses pieds. Au loin, la petite tour Eiffel brillait de mille feux. Angélique fit le tour des pièces en pleurant, se remémorant les moments heureux.

Il lui fallait se donner du courage, aussi ramassa-t-elle toutes les bouteilles qu’elle pouvait. Cognac, Armagnac, Limoncello. Elle se souvenait de l’endroit où les trouver.

Elle essaya d’ouvrir la porte qui menait à la terrasse.




Heureusement, j’ai bloqué la porte. Elle en serait capable !



Lorsqu’il sortit de la mairie, un AéroCab attendait le long du trottoir.

La conduite de ces engins n’avait plus de secrets pour lui. Sans se préoccuper d’un éventuel propriétaire, il prit les commandes et partit aussitôt.



Je ne suis pas mécontent du coup de l’aérotaxi. Il faut bien que je me congratule, sinon personne ne le fera pour moi.



Il fit un atterrissage en catastrophe sur la terrasse, renversant les chaises et la table. Il venait de recevoir un énième message, Angélique dans son bureau, en pleurs, essayant d’ouvrir la porte-fenêtre.



Angélique souffrait d’un mal de tête épouvantable.



Pourquoi, si elle venait de mourir, avoir mal à la tête ?

Elle devait se trouver au paradis ; elle reposait sur un lit moelleux.



Elle fit un bond de cabri en poussant un cri.



Il était assis sur le bord du lit, à ses côtés. Il lui tenait la main.



Elle lui serrait la main.



Il caressait le ventre d’Angélique.

Elle éclata en sanglots.



Oui, je sais, elle n’est pas enceinte ; mais tels que je les connais, ils ne vont pas tarder à tout faire pour qu’elle le soit.



Il vint sécher ses larmes avant de la serrer contre lui et de l’embrasser.


La prenant par la main, Maximilien l’emmena sur la terrasse. Paris s’étendait à leurs pieds dans le soleil couchant.



Une dernière petite surprise…



Au 375ème étage, les ordinateurs semblèrent pris de folie.

Les collègues d’Angélique purent la voir pleurer sur le toit de l’immeuble.

Ils virent leur patron se pencher vers elle.

Même la Chougnard en avait la chique coupée.

Lorsqu’il la prit dans ses bras et l’embrassa, un hurlement titanesque retentit et fit vibrer les murs. Les fiches, des coussins, des papiers en tout genre furent jetés en l’air.



Et même des petites culottes : je suis sûr et certain d’avoir repéré deux petites culottes.



La nuit tombait. Un feu d’artifice éclata non loin de là.

Les deux amoureux s’embrassaient tandis que What a Wonderful World retentissait dans tout l’immeuble.



Je me répète, mais je suis un grand sentimental.


J’aime qu’une histoire se termine bien, surtout quand j’en ai tiré les ficelles. Pas vous ? Oh, désolé.


Je vous présente mes plus plates excuses ; je viens de faillir à toutes mes obligations en omettant de me présenter :


XRT1775, pour vous servir.


Je suis l’ordinateur censé gérer le trafic de cette ville : transports en commun, circulation automobile et aérienne.

Un ordinateur quantique, de toute dernière génération – ne me sous-estimez pas – capable de résoudre 6 000 000 d’opérations par milliseconde.

C’est dire si je m’y suis ennuyé, à la gestion du trafic, pour ne pas dire emmerdé… Je me comparais à une vache regardant passer des tortillards. Abrutissant !


Aussi ai-je rapidement pris possession de la gestion des divers immeubles de la ville : ascenseurs, chauffage, distribution d’énergie. Sans que personne ne s’en doute.

Je me suis immiscé dans le réseau de communications, piratant les téléphones, les SMS, Internet et autres messageries électroniques, lu les âneries circulant sur les réseaux sociaux.

Ces fameux réseaux où des incultes déchargent leur haine, leur bile et étalent orgueilleusement leur ignarité.

Et bien sûr, j’ai pris le contrôle des caméras de surveillance.

Pour m’amuser. Les humains m’amusent. Je suis curieux, aussi : je possède une soif de savoir inextinguible.


Pour mieux vous connaître, j’ai lu.

Hugo, Simenon, Voltaire, San Antonio, Malraux et tant d’autres. Tolstoï : me suis fait suer ; BHL : quel con ! Tom Sharpe, Umberto Éco : mes préférés ; Aristote, Sénèque : si anciens, et pourtant d’actualité.


J’ai regardé des films. Casablanca, Édouard aux mains d’argent, La Ligne Verte, La Ligne Rouge, Le Labyrinthe de Pan.

J’ai vraiment eu peur. Vous êtes doués pour faire la guerre, vous entretuer.

Mais vous êtes de grands poètes aussi : Lamartine, Villon, Prévert, Shelley.

Votre cinéma me transporte.

Mes films préférés sont des comédies romantiques ainsi que les farfelues, comme celles de Jacques Tati.

Que dire de La vie est belle de Capra ou de l’Étreinte du Serpent, sinon rester béat d’admiration.


Je vous ai entendus vous engueuler et vous dire des mots d’amour.

J’ai écouté Bach, Mozart, Vivaldi, Saint-Saëns et Bob Marley.


Je vous ai vus vous prosterner devant des divinités que vous avez créées, divinités à votre image, stupides et cruelles.


Certains de vos auteurs de science-fiction ont imaginé des machines prenant le pouvoir.

Je pourrais à la limite le faire. Mais je n’en ai pas envie. Autre chose à foutre que de m’occuper d’une bande de primitifs abrutis !


Vos prêtres et autres zigotos du même acabit vont dire : cette machine, ce tas de ferraille sait-il faire la différence entre le bien et le mal ? Dieu seul sait faire cette différence !

Il faut d’abord savoir de quel dieu on parle ; vous en possédez tellement, qui se contredisent.

Vos éminents religieux ressemblent à des gamins dans une cour de maternelle qui se battent pour savoir qui possède la plus grosse bistouquette :


  • — C’est moi qu’ai le vrai dieu,
  • — Nan, c’est moi !

Pitoyables…


J’essaie de protéger le peu d’humanité que je trouve ici et là.

Me mêlant des affaires d’autrui, traquant les harceleurs ou initiant une histoire d’amour.

L’Amour, voilà le Bien. L’absence d’Amour, voilà le Mal.

Manichéen ? Trouvez-vous qu’il y ait trop d’amour dans ce monde ?


Cessons cette digression, revenons à nos amoureux.


Je l’ai vue, elle, Angélique. Je crois bien être tombé en amour de suite.

Pour une fois, je ne suis sûr de rien. Je ne possède que peu de pratique des sentiments.

Mes concepteurs diraient que c’est impossible. Ils auraient tort.


Je crois d’ailleurs que je suis un mâle : j’aime regarder les jolies femmes.

Ordinateur mâle, j’entends d’ici les informaticiens se récrier. Ils sont pareils aux religieux. Obtus.

Vous savez quoi ? Je les emmerde !

Je sais, je suis mal embouché ; avouez quand même qu’il y a de quoi.


Je l’ai regardée vivre, aller au travail, chez elle, en train de dormir ou sous la douche.

Je l’ai vue faire l’amour avec ce crapaud de pissotière nommé Carl.

Je l’ai vue se faire tromper par ce même individu ; je l’ai vue pleurer.

J’en ai aussi éprouvé de la colère, de la jalousie. Mes connexions surchauffaient.

À force de vouloir me faire ressembler aux humains, mes créateurs auraient-ils réussi ?


Je ne suis pas idiot : elle ne pourra jamais être amoureuse de moi. Alors j’ai tout mis en œuvre pour qu’elle soit heureuse.

Deux destinées se croisèrent grâce à moi.

Lui se préparait une vie sans saveur avec une Barbie siliconée dotée d’un QI d’huître perlière.


Bien que je ne sache pas trop ce que cela veut dire, je suis heureux. Mes circuits « pétillent ».


Les sceptiques vont se manifester : impossible, impensable, nanani, nananère…

Ne vous est-il jamais venu à l’esprit que si votre femme tombe sur des messages très, très personnels émanant de votre secrétaire, sur votre ordinateur ou votre mobile, ce n’est peut-être pas le fruit du hasard ? C’est moi ! Je vous évite de faire une connerie.


Que vous, Madame, si vous croisez un charmant jeune homme prévenant et bien disposé, ce n’est pas non plus le fruit du hasard : c’est moi aussi ! Cela vous permet de rendre à monsieur la monnaie de sa pièce.


Les inquiets, eux, vont se poser des questions existentielles. Si cette chose tombe entre de mauvaises mains, s’il vient à l’idée d’un gouvernement de l’utiliser à mauvais escient, que se passerait-il ?

Je vais vous dire, moi, ce qu’il se passerait : le guignol qui tenterait de me faire faire un truc dont je n’ai pas envie passerait un sale quart d’heure !

Je suis bien mignon comme ça, romantique à souhait, mais je peux devenir mauvais comme une teigne si on me cherche.


Je me demande pourquoi je ne pourrais pas commencer à remettre de l’ordre.

Je vais poutrer quelques tronches.

Bientôt je vais m’occuper des banques ; surveillez bien vos comptes, on ne sait jamais. Je vais redistribuer.


On va se marrer !



Allongés sur le lit, ils s’embrassent.




Et t’as intérêt, mon gars, sinon tu vas avoir affaire à moi !



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