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n° 17506calpurnia09/08/16
Le triomphe de Judith
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23875 caractères      
Auteur : Calpurnia

Par une ouverture de sa tente, le général Holopherne regardait la ville israélite de Bethulia aux murs de pierre ocre ruisselants de la lumière aveuglante de midi. Il se demandait combien de temps encore tiendraient les habitants de la cité assiégée avant de se rendre, poussés par le manque d’eau : trois jours ? Cinq ? Peut-être faudrait-il attendre davantage, s’ils étaient disposés à se laisser mourir plutôt que de voir leur ville livrée au pillage.


Ses hommes étaient impatients pour la part du butin qui les attendait, pour toutes les femmes et les filles dont ils auraient le droit d’abuser, privilège des guerriers vainqueurs. Les individus valides étaient promis à l’esclavage loin de leur terre natale et des ruines fumantes de leur cité.

Tel était, d’une manière cruellement incontournable, le lot des peuples vaincus.


Le roi assyrien Nabuchodonosor (1), second du nom, serait bientôt satisfait d’avoir infligé cette défaite aux peuples de l’Ouest pour les punir d’avoir refusé de s’allier avec lui au cours de la guerre contre le perse Arphaxad. Les autres petits royaumes auront à considérer autrement les exigences de leur puissant voisin avant de commettre une telle imprudence, et tous devront se prosterner devant leur roi suprême célébré comme un dieu vivant.


Le cœur du général était en fait partagé. D’un côté, il se réjouissait d’une victoire promise, sans grand risque pour lui et pour ses hommes. De l’autre, il se sentait profondément las d’une vie remplie de violences et de tueries, de la discipline de fer qu’il était obligé de faire régner sur son camp pour obtenir des victoires tout en évitant les mutineries, et même des honneurs qu’il recevait pour cela, somme toute superficiels. « Dans mille ans, toutes ces agitations et mon existence même seront depuis longtemps oubliées par l’Histoire… » pensa-t-il en lissant machinalement les poils de son imposante barbe noire taillée en carré, comme il était d’usage en son temps pour les hommes de pouvoir.


La clameur et le sang des batailles avaient perdu le goût exaltant qu’il avait aimé dans sa jeunesse fougueuse, quand ses rêves de conquêtes correspondaient si bien avec ceux de son souverain qu’il n’avait pas tardé à se voir confier d’importantes responsabilités militaires. Il avait su se montrer remarquablement efficace, avait toujours servi fidèlement et jamais ménagé sa sueur, sachant se faire craindre de ses officiers et de ses soldats afin d’obtenir de meilleurs résultats sur le champ du combat.


L’esprit occupé à l’inventaire de ces glorieux souvenirs, il soupesa son long cimeterre et en éprouva du bout des doigts le tranchant de la lame. C’était un cadeau de son roi en récompense d’une bataille gagnée. « Encore un massacre à venir… » pensa-t-il. On le croyait endurci par les années de guerre, mais au contraire jamais la perspective du sang versé ne l’avait tant écœuré que ce jour-là.


Il aperçut au loin deux silhouettes se profiler devant la muraille. Frêles et noires, presque évanescentes, au point qu’il se demanda d’abord s’il ne s’agissait pas d’un mirage causé par un soleil particulièrement fort. Non, il s’agissait bien d’êtres humains : le cri du veilleur le confirma. D’abord points minuscules, elles grandissaient de minute en minute. Ordre de ne tirer aucune flèche, de ne lancer aucun javelot, et de laisser les épées dans les fourreaux. Sans doute deux vieillards venus négocier la reddition des Israélites poussés à bout par le manque d’eau ; derrière ces murs, des enfants devaient mourir de soif. Mais il savait qu’il ne pourrait y avoir aucun compromis, aucune faiblesse de la part des soldats du roi Nabuchodonosor : seule une capitulation sans conditions serait acceptée, et le pillage aurait lieu de toute manière ; pas question d’exaspérer plus longtemps son armée à laquelle il avait déjà demandé tant de sacrifices.


Après une longue campagne, les hommes étaient épuisés aussi par le désir lié à l’éloignement de leurs femmes, et ce n’étaient pas les rares prostituées de ce pays – où celles exerçant cette activité pouvaient finir lapidées – qui auraient pu changer la donne. Le général lui-même avait longtemps ressenti le besoin de renouveler souvent cette luxure violente et fiévreuse, même si les lendemains de pillage avaient toujours un goût amer, celui de l’innocence massacrée des jeunes filles, ce que seule l’exaltation d’autres batailles était en mesure de masquer.


Il fut surpris de constater que les émissaires étaient des femmes, dont une, plutôt jeune de surcroît, habillée avec soin de tissus fins et de bijoux de prix. Elle tenait en mains une grande amphore que, de loin, les soldats avaient prise pour un bouclier, ce qui avait causé une certaine nervosité dans le camp. L’autre était manifestement la servante âgée de la première ; elle portait un sac sur son épaule.


Il franchit la ligne fortifiée qui protégeait l’armée assyrienne d’une attaque éventuelle des assiégés, pour marcher à leur rencontre, seul sur l’étendue brûlante qui séparait les belligérants, sans arme, négligeant les conseils de prudence de son aide de camp.



Il pria ses invitées de l’accompagner jusqu’au campement. Puis, s’adressant à l’un de ses capitaines :



Les regards se croisèrent. Celui de Judith avait une expressivité sombre qui laissa le général dans la perplexité. Ainsi finit l’après-midi torride d’un siège qui prenait une tournure étonnante.


Holopherne résista à la tentation d’aller voir la belle sous la tente. Et pourtant, il en brûlait d’envie, s’étonnant de l’effet que lui procurait cette femme ; dans son pays, il y en avait tant de ravissantes qui ne lui résisteraient pas longtemps ! Il pensa à sa femme qui l’attendait à Babylone, dans une maison confortable à l’ombre des jardins d’Ishtar, avec trois jeunes enfants dont un qu’il n’avait jamais vu, étant parti en campagne avant l’accouchement. Il tenta de se reprendre, essaya de chasser de son esprit l’image de l’étrangère, appartenant de surcroît à un peuple ennemi. Mais en vain.


Holopherne, troublé, hanté par ce regard de feu, ne dormit pas la nuit qui suivit. Il se sentait vaguement fiévreux. Alors qu’il savait le lever du soleil encore lointain et qu’il entendait la relève de la garde nocturne, il se leva et sortit de sa tente pour lever la tête vers la voûte céleste. Il connaissait toutes les constellations, savait s’en servir pour s’orienter et ne craignait pas les mystères de leur agencement secret. Quant à ce qu’elles présageaient, les oracles de son pays en faisaient leur affaire. Mais quelle foi mystérieuse animait le cœur de cette femme au point de lui donner l’audace d’aller à sa rencontre, lui qu’on disait impitoyable ? Dans Babylone, sa ville natale, il avait vu des enfants brûler dans les foyers des immenses statues de l’effrayant dieu Baal, entendu les cris des mères auxquelles on arrachait leurs premiers-nés. Ceux-ci étaient offerts en sacrifice à la divinité qui exigeait cela afin d’obtenir, pour son peuple, la pluie permettant de bonnes récoltes et d’éclatantes victoires militaires. Afin de gagner les faveurs du roi, il avait su feindre l’indifférence devant ce spectacle abominable, au point qu’on le disait imperturbable. Et voici qu’une simple femme appartenant à un peuple étranger était parvenue en un instant à le bouleverser !


La journée suivante ne lui offrit rien de nouveau. Les murailles de la ville assiégée restaient désespérément muettes, à croire que le peuple ennemi était résolu à se laisser mourir de soif plutôt que de se rendre. La perspective d’une telle victoire, d’entrer dans une ville où ne l’attendaient que des cadavres, causa au général une sensation de nausée. Pour cette raison, il ne prit aucun repas, se contentant d’un gobelet de vin qui ne lui causa aucune joie. Il aurait préféré livrer bataille sous les murs de la cité et prendre personnellement part au combat, quitte à y laisser sa vie. « S’attacher trop à sa propre existence est source de bien de souffrances… » pensa-t-il, présageant la pensée des philosophes grecs.


Pour se changer les idées et redonner du moral à la troupe, il ordonna de festoyer, en prévision d’une victoire certaine et imminente. On tua des bœufs qui avaient été pris dans la campagne environnante. Les instruments de musique – flûtiaux et cithares – sortaient des besaces. Pour un temps, on oublierait la guerre. Le général savait aussi se rendre populaire, en prévision d’une victoire qui ne serait peut-être pas aussi facile et économe du sang que chacun le croyait. Il craignait une ruse car il avait entendu lire, traduit dans sa langue, des pages étonnantes de l’histoire de ce peuple. Il savait que celui-ci croyait en un être suprême étrange, à la fois bienveillant, unique et tout-puissant, que de surcroît l’on n’avait pas le droit de représenter. Un seul dieu pour peupler entièrement le ciel, alors que son peuple en avait d’innombrables. « Drôle de croyance ! » se dit-il en pensant aux multiples divinités qu’il louait moins par foi que par prudence, pour ne pas risquer de courroucer des forces impalpables, parfois sournoises, dont la colère était capable en un instant de ruiner un destin d’homme.


Accompagnée de sa fidèle servante, Judith parut au milieu du festin, émergeant de la nuit étoilée pour se mêler aux hommes qui buvaient et riaient fort autour d’un feu pour oublier qu’ils étaient en guerre. Elle était parée d’or au cou, à ses oreilles et à ses chevilles, et le léger tintement des joyaux à chacun de ses mouvements était un chant qui insufflait un sentiment étrange à tous ceux qui en étaient témoins, entre l’émerveillement et la crainte devant tant d’assurance. Certainement, cette femme était une magicienne pour avoir su franchir chacun des barrages qui séparaient les deux peuples ennemis. Elle pourrait provoquer les puissances obscures. Tandis qu’elle marchait parmi les soldats qui s’effaçaient sur son passage, Holopherne vit qu’elle baissait les yeux pour éviter de séduire les hommes. Alors il sut qu’elle était venue seulement pour lui. Lui seul ne la craignait pas. Lui seul, résolument, s’approcha d’elle et osa lui parler.


Elle s’excusa pour l’odeur qu’elle dégageait et demanda à se baigner dans la rivière. Immédiatement, le général ordonna qu’on lui construise une palissade de roseaux et menaça du fouet quiconque oserait regarder par-dessus. Judith, accompagnée de sa servante, après avoir abandonné ses vêtements sur la rive, se glissa silencieusement dans l’eau sombre. Elle défit son chignon, déployant sa lourde chevelure dont les parfums féminins, portés par la brise, parvinrent jusqu’à Holopherne. Il osa tourner ses yeux dans la direction de la belle étrangère qui s’en aperçut immédiatement ; les regards éclairés par la lune se croisèrent. À partir de ce moment, sa fascination pour elle s’exerça sans aucune limite.


Gêné d’avoir été surpris à violer l’intimité de la belle, le général se retira dans sa tente, seul. Quel âge pouvait-elle avoir ? Trente ans, peut-être un peu moins ? Elle ne se maquillait pas alors que les femmes de son pays avaient coutume d’en abuser afin de masquer leurs années. Il se demanda si elle allait en profiter pour fuir, mais cette idée ne le retint pas de laisser tranquilles les deux femmes. Quand il ferma les yeux, allongé sur le tapis épais qui lui servait de lit, il voyait encore briller ceux de Judith.


Alors il se dit qu’il fallait en finir avec cette situation ridicule où, fort de plusieurs milliers d’hommes aguerris, il se sentait plus faible que le dernier des mendiants ! Oui, mendiant, mais de quoi ? D’amour ? À cette pensée, il haussa les épaules, se pensant depuis toujours immunisé contre ce sentiment qu’il avait toujours jugé mièvre et digne des plus faibles. Mais le désir… Non pas l’éphémère envie d’un fruit juteux que l’on peut obtenir en tirant son sabre pour l’arracher à son arbre, comme celle de toute jolie fille qu’il pourrait toujours, au besoin, prendre sans risque de force, mais la fièvre qui prend aux tripes et dérègle les sens jusqu’à en perdre le goût du pouvoir qui l’avait animé depuis son enfance.


À l’heure où l’aurore enflammait l’orient, le clairon déchira le silence en sonnant le rassemblement. Après avoir vérifié le port de son uniforme, le général se leva pour la revue quotidienne des troupes.



L’aide de camp, un homme très jeune, issu d’une famille influente et dont c’était la première bataille, ne fut en rien rassuré, connaissant la dépendance d’une armée envers son général : les officiers pouvaient assurer l’intendance, mais le chef était essentiel pour le moral des troupes. Il jeta un regard inquiet vers Holopherne qui haussa les épaules et se réfugia dans sa tente, après avoir donné l’ordre de ne pas le déranger.


Il se jeta sur son tapis pour pleurer. Non qu’il craignît pour sa propre vie – il avait vu trop d’hommes mourir taillés en pièces au cours d’effroyables corps-à-corps pour ne pas trouver cela ridicule – mais devant l’image de la beauté de Judith qui occupait entièrement son esprit. Devant les contours doux de ce visage et la grâce fragile commune à toutes les femmes du monde qui se révélait à lui pour la première fois, il sentait son âme transpercée comme par la lame d’une épée.


À partir du lendemain, il voulut se réfugier dans son rôle de général, donna des ordres stricts pour prévenir toute tentative de sortie de l’ennemi qui, poussé à bout, pourrait avoir des velléités d’attaquer le camp. Ceux qui n’obéirent pas assez vite furent sanctionnés avec une grande sévérité. On le vit avec le masque des mauvais jours, les mâchoires serrées, comme s’il avait lu un mauvais présage dans le vol des oiseaux, comme s’il craignait une défaite imminente. Ses officiers murmuraient ; eux craignaient plutôt une mutinerie à cause de l’exaspération des hommes qui attendaient depuis trop longtemps une victoire tardant à se concrétiser.


À la tombée de la nuit, il se décida à entrer dans la tente de Judith qui dînait avec la nourriture que sa servante avait emportée dans leur sac, sans les aliments interdits par la loi de son peuple. Elle proposa à Holopherne de partager son repas. Il accepta. Dans le silence, les regards se rencontrèrent à nouveau. Il en fut atteint plus violemment que jamais. Percevant son trouble, l’hôtesse lui offrit du vin qu’elle avait apporté. Ils burent tous les deux à même l’amphore. En sentant l’euphorie le gagner, l’homme sut que malgré sa force et sa haute taille, malgré toute sa volonté qui faisait sa réputation, il était déjà perdu, vaincu par les charmes d’une femme appartenant au camp ennemi.


La servante alluma des bougies. Immédiatement, la peau mate de la belle eut un reflet d’incendie de forêt. Les bijoux eux-mêmes changèrent de couleur pour se teinter de sang. Elle retira sa robe noire brodée de fil doré et la laissa traîner au sol avec insouciance, n’hésitant pas à la piétiner, comme si elle n’allait jamais la remettre. Le général sut qu’il ne verrait, en effet, jamais son invitée glisser à nouveau le voile de tissu sur sa peau. Nue, elle possédait la splendeur que nulle n’égalait, ni mortelle ni déesse d’aucun Panthéon.



La voix qu’il entendait lui semblait irréelle, comme venue d’un autre monde.



Holopherne retira rapidement son uniforme et montra, par sa posture assurée et son phallus dressé vers le toit de la tente, qu’il n’était pas dans l’ivresse ; du moins, pas dans celle que donne la boisson.



Pour toute réponse, il se mit à genoux et bécota les orteils de Judith à laquelle il ôta les sandales avant de suçoter de nouveau les pieds de la veuve.



En soldat vaincu, il se tenait à genoux, complètement dévêtu, la tête tout près de la toison brune de Judith qui restait debout. Il était littéralement enivré des fragrances féminines, mélange d’un abondant suc vénérien, de myrrhe et fleur de jasmin, autant de subtils aphrodisiaques qui l’appelaient comme l’eau jaillissante d’une source fraîche en plein cœur de l’été.



Elle appuya ses deux mains réunies sur l’arrière de la tête de l’homme qui était emprisonnée. Trouvant sans peine le clitoris émergeant du fourreau, il lécha de l’extrémité de la langue. La servante regardait le couple, assise en tailleur, silencieusement. Dehors, les hommes qui n’étaient pas de garde dormaient ou jouaient aux dés. Il n’y avait presque aucun bruit, sinon le vent de la nuit qui bruissait contre la toile de la tente. À quelques pas de là, le jeune aide de camp, tourmenté par un cauchemar inspiré par une inquiétante intuition, se retourna brusquement sur sa couche et poussa un cri.


Judith se laissa lécher jusqu’au spasme qui la fit tressaillir sur ses jambes, puis elle attrapa le général par ses cheveux pour l’obliger à se coucher sur le dos. Il n’opposa aucune résistance.

Elle se tint debout, ses jambes de part et d’autre de la tête de l’homme qui admirait les cuisses qui étaient comme deux grandes rivières dorées se rejoignant dans une vallée herbue et sombre. Elle tenait toujours le sabre entre ses mains, dirigeant même la pointe vers la tête de celui qui restait couché, parfaitement immobile, hypnotisé par cette vision déroutante du corps féminin.


Puis elle s’assit sur le membre tendu qu’elle inséra en elle. Les ondulations de son bassin provoquaient chez l’homme d’irrésistibles élancements de volupté, ce qu’il n’avait encore connu avec aucune autre femme. La longue chevelure parfumée ondoyait à ce rythme comme les vagues d’une mer obscure. Il aurait pu venir rapidement, mais elle griffa le torse avec force, labourant la peau jusqu’au sang, ce qui à dessein provoqua une douleur qui retarda l’extase. Les regards restaient connectés sans interruption. Plusieurs fois elle approcha la lame du cou de l’homme pour l’en éloigner ensuite. De sa main gauche, celle qui ne tenait pas l’arme, elle stimulait elle-même son petit organe du plaisir féminin et finit par en éprouver un puissant orgasme.


Quand elle bascula sa tête en arrière, il vit se dresser les seins où saillait un réseau de veines bleutées. À la lumière des bougies, les tétons étaient comme des flammes qui dansaient, soutenues par des flambeaux de chair dont les grandes mains d’homme éprouvèrent la dureté. Il s’en émerveilla. La respiration de la femme se fit sonore, gémissante, accompagnée des tintements des bijoux. Saturée de volupté, elle ferma un instant les yeux en mordant sa lèvre inférieure, puis reprit brutalement le contact visuel avec son partenaire, comme éveillée d’un long rêve sensuel. Il éprouva autour sa verge les contractions rythmiques du vagin étroit et se sentit partir d’une manière irrésistible, en retenant son cri pour ne pas attirer l’attention. Chacun de ses muscles se tendit à l’extrême, puis se détendit. Il avait perdu toutes ses forces, entièrement jetées dans la luxure.


Le regard triomphant de Judith, flamboyant à la lueur de la flamme, se fit soudain tristesse. Élevée dans l’amour, elle n’avait aucun goût pour le sang, fût-il celui de son ennemi, fût-il nécessaire pour sauver les habitants de sa ville. Pour ne pas faiblir, il lui fallut penser aux siens, torturés par la soif.


Holopherne vit se lever le sabre lourd à la poignée dorée. La main ne tremblait pas. Conformément à ce qu’il avait résolu, il ne bougea pas, ne protesta pas, ne frémit même pas. « En d’autres temps, d’autres civilisations où la violence ne règnerait pas, nous aurions pu partir tous les deux, changer de pays, peut-être de noms, recommencer nos vies à zéro, anonymes et heureux. Si on écrit mon histoire, je passerai pour l’imbécile qui, victime de ses pulsions, n’a pas su voir venir le danger. »


Ce fut sa pensée ultime.

Lorsque la lame s’abattit sur son cou, son expression resta paisible.


Au matin, l’aide de camp découvrit le corps décapité du général assyrien. Judith et sa servante avaient disparu. Il chercha en vain la tête que les veilleurs aperçurent de loin au bout d’une lance, au-dessus des murailles de Bethulia. Aussitôt, les portes de la ville s’ouvrirent. Les Hébreux attaquèrent. Pour le camp assyrien, ce fut rapidement la débandade malgré sa supériorité numérique, car privés de leur chef, les soldats n’avaient plus confiance et recevaient des ordres contradictoires de la part de leurs officiers. Pour ne pas être tués, ils durent fuir d’une manière désordonnée, abandonnant armes et matériel militaire.


Accompagnée de sa servante, Judith retourna s’installer dans sa luxueuse maison et fut célébrée en héroïne d’une guerre aux portes d’Israël.

Dieu avait promis de donner la victoire aux siens s’ils ne fautaient pas.





(1) Pour situer cette histoire dans le temps, le règne de Nabuchodonosor II sur l’empire néobabylonien s’étendit de 605 à 562 av. J.-C. Il a régné sur le plus vaste empire qu’ait connu Babylone (Wikipédia).





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