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n° 17554Calpurnia06/09/16
On va s'aimer
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25160 caractères      
Auteur : Calpurnia

L’esprit de feu souffle où il veut, et quand cela se produit, il ne se soucie aucunement des apparences ni des convenances ; son haleine est brûlante, et il ravage les cœurs sur sa trajectoire. Aujourd’hui, cela se produit dans la petite ville de C., plus précisément dans l’église qui se trouve sur la place centrale, en face de la mairie, dans une petite pièce où l’on range le matériel destiné au ménage ainsi que les objets de culte servant occasionnellement à la liturgie. Aujourd’hui donc, dimanche, il est dix heures ; deux femmes sont tendrement enlacées dans ce lieu exigu et poussiéreux éclairé seulement par un néon en l’absence de fenêtre, et nues complètement.


La première, petite brune extravertie au rire clair comme l’eau d’une fontaine et aux cheveux courts, s’appelle Elsa. Elle est âgée de tout juste trente ans. Ses deux fillettes de neuf et sept ans se trouvent en ce moment dans la sacristie avec leur père, un homme un peu plus jeune qu’elle et avec lequel elle est mariée depuis bientôt dix ans. Car le monsieur, en tant que sacristain bénévole, prépare l’église pour l’assemblée dominicale qui doit se tenir dans une demi-heure. Sachant qu’il ne faut pas perdre de temps pour que tout soit prêt au bon moment, il s’affaire sans se douter de l’ébat torride qui se produit à seulement quelques mètres de lui.


Pour qui veut l’entendre, dans un langage toujours parfaitement soutenu et sans la moindre expression familière, il condamne moralement la concupiscence des gens et de la société en général, ainsi que les couples contre nature ; son épouse n’ose pas imaginer ce qu’il dirait s’il découvrait l’adultère saphique, qui plus est dans un lieu sacré. Certains pensent qu’il en fait trop, mais il n’est jamais avare de génuflexions au moment de l’élévation ou lorsqu’il reçoit le corps du Christ. Ne trouvant pas le père Nicolas Z., curé de la paroisse, il doit improviser en interprétant à sa façon la feuille de messe, ce qu’il n’aime pas faire et n’est pas dans ses habitudes, ayant depuis toujours le goût des choses nettes et bien préparées. Et pour cause : le prêtre se trouve en compagnie des deux amantes, et son regard se délecte de la scène de leur accouplement.


La seconde femme a pour prénom Pascaline. Elle n’a que vingt ans, et ne s’est convertie et préparée au baptême que par amour pour Elsa. Ses parents, bien que croyants, ne vont habituellement pas à la messe, sauf pour les veillées de Noël et de Pâques. Elle est sportive, dynamique, élancée, et son regard gris très clair sous ses longs cheveux châtains, en synergie avec des seins ronds et volumineux qu’elle dissimule sous d’amples robes pudiques, séduisent tous les garçons qui croisent sa route, notamment sur les bancs de l’université où elle étudie. Comme elle est une lesbienne, ils ont le droit de rêver, mais n’ont pas l’ombre d’une chance de s’introduire quelque jour dans son lit. Elsa et Pascaline se sont croisées sur les bancs de cette église il y a un peu plus d’un an, et depuis sont amoureuses l’une de l’autre.


Olivier, le mari d’Elsa, est issu d’une famille traditionaliste où on ne plaisante pas avec la foi et la pratique religieuse. Elle l’a épousé en toute connaissance de cause, acceptant de le suivre dans toutes les églises se trouvant sur leur chemin. Chaque soir, sauf quand elle est en période de règles, il lui impose une relation sexuelle, toujours dans la même position, celle du missionnaire. Comme il paraît distant à chacune de leurs étreintes, elle a l’impression qu’il se contente de se soulager, se vidant de sa semence dans un ventre soumis qu’il croit fidèle, plus qu’il n’y trouve une joie véritable.


Pour lutter contre l’usure du temps sur son couple, elle a essayé de le convaincre de varier les façons de copuler, d’y introduire un peu de fantaisie, voire d’y exprimer ses fantasmes dont il ne parle jamais. Mais les dentelles fines et la lingerie coquine ne l’inspirent pas ; il ne veut entendre parler ni de levrette, ni d’enclume, ni de balançoire, ni de fellation, ni de cunnilinctus, et quand elle a osé évoquer – pourtant avec délicatesse – la possibilité d’une sodomie, il s’est mis en colère en évoquant celle de Dieu devant ce péché mortel d’un accouplement contre nature, ce qui les conduirait à se jeter à corps perdu entre les griffes du Diable jusque dans le gouffre de l’enfer. La damnation éternelle de celles et ceux qui s’adonnent à la débauche ! Devant un danger si grave, elle n’a pas insisté, et simule habituellement son plaisir afin qu’il soit content. Une fois satisfait d’avoir ensemencé sa femme, il se couche sur le dos et s’endort profondément pendant qu’elle, rebelle, s’adonne à l’onanisme – qu’il condamne aussi, bien sûr –, c’est-à-dire qu’elle se masturbe avec délice tout en l’entendant ronfler, parfois pendant des heures au cours de ses fréquentes insomnies, en pensant passionnément à la belle Pascaline qu’elle attend toujours avec impatience pour le dimanche suivant. Dans ses soupirs étouffés, elle se procure des orgasmes brûlants et en rafale à l’aide de ses seules mains qui labourent sa vulve ruisselante de mouille sous la chemise de nuit. « Dommage pour lui… », pense-t-elle à chaque fois qu’elle se fait jouir seule.


Il lui interdit de prendre une contraception, alors qu’elle ne veut pas d’un troisième enfant. « Il est gonflé, ton mari ! lui a dit un jour sa meilleure amie Nathalie. On voit bien que ce n’est pas lui qui porte le môme, qui souffre sur la table d’accouchement ni qui se lève la nuit pour allaiter ! » Mais désobéissante, Elsa s’administre discrètement un gel spermicide dans les toilettes. La fois où cela n’a pas suffi, elle a avorté en secret de son mari, lui faisant croire à une opération suite à un désordre gynécologique. S’il avait su, il l’aurait traitée de mère infanticide. De la sorte, il croit que son couple est devenu stérile, et prie régulièrement et avec ferveur la Vierge Marie pour qu’il lui soit enfin donné une descendance mâle afin d’assurer la pérennité de son patronyme.


Ce dimanche-là, dans la petite salle de l’église, les clitoris dressés, frottés l’un contre l’autre, procurent aux deux tribades des voluptés intenses et répétées dont elles sont obligées d’assourdir l’expression en se mordant les lèvres. Les cuisses sont emboîtées comme deux paires de ciseaux ouvertes ensemble et croisant leurs quatre lames en un même point qui se trouve être l’endroit le plus sensible que connaisse l’anatomie féminine. Le Père Z. relève l’aube sacerdotale qu’il a déjà revêtue pour la célébration avant de se branler vigoureusement, émerveillé par le spectacle extrêmement excitant des deux amantes. Celles-ci ont accepté de bon cœur que le prêtre assiste à leurs ébats intimes, à condition toutefois qu’il s’abstienne de les toucher.


L’homme d’Église est âgé de soixante-quinze ans, et son vœu de chasteté qu’il a prononcé voici cinquante ans ne l’empêche pas d’éprouver une véritable fascination pour le joli corps des femmes qu’à défaut d’embrasser il vénère presque à l’égal de Dieu. Il n’a d’ailleurs jamais prétendu à vivre une vocation parfaite. Être témoin de la splendeur d’une authentique union lesbienne est pour lui la source infinie d’un enchantement qui confine à l’extase. Alors qu’il éjacule dans un mouchoir, prenant garde à ne pas répandre la moindre goutte de sperme qui pourrait le trahir, il chantonne à voix basse :


On va s’aimer à toucher le ciel

Se séparer à brûler nos ailes

Se retrouver comme des hirondelles

Se retrouver tellement tu es belle…



Les amantes se regardent entre elles, se parlant du regard, sans un mot, et acquiescent à leur idée commune.



Il effleure les quatre seins du bout des doigts, furtivement, et pleure amèrement une unique et longue larme silencieuse, par trop d’émotion, parce qu’il faut redescendre sur la Terre après avoir approché le Ciel. Puis il se raidit, rajuste son aube et va dire sa messe. Elsa et Pascaline sortent l’une après l’autre, prenant garde qu’on ne les voie pas ensemble et surtout qu’aucun geste ou regard ne trahisse leur lien, et vont rejoindre l’assemblée. Quand le vieux prêtre leur donne la communion, elles croisent chacune à leur tour des yeux brillants, à la fois remplis de joie, de reconnaissance et de tristesse.


Exceptionnellement, Nathalie est présente avec son mari Christian et ses deux enfants, fraîche, endimanchée, superbe. Ils sont invités pour la première communion de Camille, l’aînée d’Elsa et Olivier. Tous les quatre se sont installés au fond de l’église ; cela fait longtemps qu’ils n’y sont pas allés. Christian est le second mari de Nathalie. Lorsque celle-ci se lève pour recevoir le corps du Christ, Olivier lui impose avec fermeté de se rasseoir. Le prêtre ne le sait pas – et ne veut pas le savoir ; d’ailleurs, il s’en moque –, mais le sacristain sait bien que cette femme, en tant que divorcée remariée, est en situation irrégulière et n’a pas le droit de communier. C’est la règle, chacun la connaît, et il ne veut pas de scandale dans son église. Dépitée par cette humiliation, elle quitte l’assemblée avec sa famille et ne viendra pas déjeuner avec son amie d’enfance, contrairement à ce qui était prévu. Elsa en concevra beaucoup de tristesse et d’amertume, mais soumise, elle ne reprochera rien à son mari, le sachant hermétique à tout dialogue sur ce sujet.


Pascaline voudrait qu’Elsa divorce afin de leur permettre de vivre ensemble, sans avoir besoin de se cacher. Le Père Nicolas Z. serait même prêt à bénir leur union en secret, au cours d’une cérémonie nocturne. Mais la mère de famille refuse de briser son couple et de se séparer de ses enfants, ce qui se produirait inévitablement si elle était à l’origine de la rupture : Olivier aurait beau jeu de servir au juge ses discours sur la morale et la dépravation sexuelle de son ex-épouse pour obtenir, avec son éloquence, la garde de sa progéniture, ce qu’elle veut éviter à tout prix.


Le jeudi suivant est Jeudi-Saint, jour de la célébration de la Cène. Quand les fidèles sont partis, Le Père Nicolas Z. reste avec les deux amantes. Il entreprend de leur laver les pieds comme Jésus l’a fait avec ses disciples. Enfin, presque comme lui. Près du baptistère, au fond de son église, il se met nu pour nettoyer délicatement, sous les grandes robes colorées, les pieds féminins dont il porte ensuite les orteils à la bouche. Assises côte à côte sur des chaises, elles se laissent faire, intriguées par cette lubie érotique, amusées, et s’embrassent à pleine bouche pendant ce temps.


Le prêtre dont les mains tremblent est visiblement fou de désir, au point qu’il inquiète les deux femmes qui se demandent s’il ne va pas défaillir par trop d’émotions érotiques. Il demande et obtient d’Elsa l’autorisation de frotter sa verge en semi-érection, car il ne peut plus bander pleinement plus de cinq minutes, sur les plantes blanches et joliment courbées qu’il tient fermement en mains. Il se tient accroupi pour cela et son regard se noie dans les yeux de celle qui lui offre une petite partie de son corps. Ce ne sont que des miettes de la douceur charnelle qu’elles s’offrent entre elles à profusion, mais lui est affamé et se jette sur ce qu’on lui donne.


Simultanément, Pascaline lui présente ses orteils à lécher, ce dont il se délecte comme si c’était le dernier repas d’un condamné. Il prend son temps et finalement éjacule dans un gémissement presque désespéré. Les gouttes de son sperme se mêlent à l’eau du baptistère, puis il nettoie à nouveau afin qu’il ne reste plus aucune trace de cet ébat avant de remettre lui-même, délicatement comme un amant prévenant, les sandales aux deux belles.


Il est épuisé, mais avant qu’ils se séparent pour aller dormir, il confie qu’il préférerait mourir comme le Christ, sur une croix, plutôt que dans un lit, après une longue maladie. Il se sait malade, car il pisse quotidiennement du sang ; son abdomen le fait continuellement souffrir, et s’il n’est pas allé consulter, c’est parce qu’il pense que cela ne le sauvera pas, et surtout il a peur – terriblement peur – des soins médicaux que cela impliquerait. Alors il garde sa maladie secrète. Avant de mourir, il voudrait bénir ce couple de femmes d’une manière qui pour l’Église sera transgressive, mais que lui considère comme le sommet de sa vie au service du Dieu d’Amour.


Quand Elsa rentre chez elle, il est plus de minuit. Olivier pensait qu’après cette longue soirée, elle irait dormir chez son amie, car il croit que les deux femmes ne sont liées que par l’amitié. Elle entre discrètement pour ne pas le réveiller, et le surprend dans leur chambre. Il est en train de s’accoupler avec Anaïs, qui n’est autre que sa propre nièce de dix-huit ans. Ils sont tellement affairés qu’ils n’ont même pas remarqué sa présence. Circonstance aggravante : il la sodomise avec conviction, à grands coups de reins, et semble y trouver un plaisir partagé. Cela bien sûr sans préservatif, sans doute parce que c’est interdit par l’Église. Elle se tient à genoux, penchée en avant, le visage enfoui dans un oreiller ; ses poignets sont liés aux montants du lit par des menottes dont les chaînes métalliques tintent à chaque coup de boutoir, au rythme des « Han ! » que pousse l’homme, qui dans l’action transpire beaucoup. Action qu’il commente avec la verve inspirée des grands prédicateurs :



Anaïs relève la tête et voit, à travers le miroir de l’armoire, le visage blême d’Elsa plongé dans la pénombre, dans l’encadrement de la porte, alors que l’homme, absorbé par son discours ordurier dans lequel il trouve autant de joie que dans le rut, n’a toujours rien remarqué. La fille ne dit rien, mais son expression semble triompher, comme pour dire « Tu vois ? Je t’ai volé ton mari. Tant pis pour toi ! Je suis plus jeune et plus belle. Regarde comme il est excité ! Un vrai faune, aussi sauvage que pervers, avec un bâton de dynamite entre les jambes ! J’aime bien qu’il me malmène un peu quand nous avons du sexe. Lui et moi baisons souvent, et frénétiquement. Pauvre petite chatte ! Tu n’avais qu’à faire ce qu’il fallait pour le garder. »


De longues stries rouges sur son dos et ses fesses trahissent l’usage immodéré du fouet qui traîne au sol. De plus, il reste sur la table de nuit de la cocaïne dont ils ont déjà consommé quelques lignes. L’épouse trahie, édifiée par l’homélie qu’elle vient d’entendre et dont elle a enregistré une partie sur son téléphone, prend rapidement quelques photos pour immortaliser la scène, puis s’enfuit et appelle la police. Elle va effectivement finir sa nuit chez Pascaline qui essuie comme elle le peut les larmes de rage et de déception son amie, entre deux baisers passionnés.


Le parangon de la vertu chrétienne est démasqué. Au matin, Olivier quitte définitivement sa maison, la tête basse, en sachant qu’il sera mis en examen pour détention et consommation de stupéfiants ; l’enquête montrera en outre qu’il est impliqué dans un trafic d’une envergure certaine et qu’il ne se sépare jamais, même à la messe, du Colt 45 que les policiers trouveront caché dans la doublure de son blazer. De plus, il devra affronter l’incrédulité de sa famille devant la révélation, images et son à l’appui, de son comportement peu compatible avec le type de discours qu’il tient en public.


Deux jours plus tard, au matin de Pâques, à six heures, alors que le jour n’est pas encore levé, le Père Nicolas Z. bénit secrètement Elsa et Pascaline dans son église, comme il l’avait promis. Les deux femmes sont accroupies, nues sur l’autel revêtu du blanc de la fête pascale ; elles ont des fleurs blanches dans les cheveux et se tiennent par la main. Le vieux prêtre est lui-même nu sous son aube, le visage plus ridé et marqué que jamais.



Il marque un temps de silence, reprenant son souffle.



Il fond en larmes, en tenant son ventre à deux mains.



Comme un pantin dont les fils usés soudain se rompent, il vacille, chute et s’étend sur le dos, au pied de la croix, les yeux écarquillés rivés sur la face souffrante du Christ qui semble lui parler, cloué sur la grande croix au-dessus du tabernacle.



Pascaline lèche à grands coups de langue le clitoris se son amante qui bientôt jouit, et pour une fois, elle ne retient pas un grand cri à l’acmé du plaisir. Le Père Nicolas Z., entendant cela, sourit juste avant d’expirer, alors que son visage exprime une paix profonde.

Elles se rhabillent, remettent l’église en ordre, mais laissent le curé de la paroisse étendu sur le dos, se contentant de disposer, en guise de suaire, un corporal pour masquer la tête du défunt.


Au matin de Pâques, les fidèles le découvriront ainsi, dévêtu sous son aube et rayonnant dans la mort. En sourdine, la sonorisation de l’église diffuse en boucle la chanson qu’aimait le vieux prêtre passionné par le corps féminin :


Je veux découvrir ton visage où l’amour est né.

On va s’aimer…





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Erotisme torride

Tendre Amour

Bon Scénario

Belle Ecriture

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