Notation public
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n° 18069clubescargot09/09/17
Une fille à croquer
critères:   fh copains préservati pénétratio
12530 caractères
Auteur : Clubescargot

Voilà une heure que le concert a commencé et, bien sûr, toujours pas de Tim à l’horizon. Comme toujours il va rater le meilleur, tant pis pour lui. Les musiciens sont excellents et se donnent à fond pour mettre l’ambiance : deux guitaristes, une contrebassiste et un flûtiste, tous coiffés de chapeaux style panama. Le public est un chouïa trop bruyant à mon goût, mais il paraît que c’est tout à fait normal dans le style jazz manouche. Comme l’a dit le grand gars brun au bar, un certain Paul-Louis, « On n’est pas à l’opéra ! ».


J’ai sorti mon carnet format A5 80 grammes et mon feutre 0,50 mm. Je commence à esquisser timidement verres, tables, chaussures, en plusieurs exemplaires sous tous les angles. Je dois améliorer ma technique. C’est d’un ennui mortel. Puis je me lance enfin sur des sujets plus intéressants : les êtres vivants. Et voilà croqués sur le vif, membres du public, musiciens et leurs instruments, serveurs… Personne ne fait attention à moi et c’est tant mieux, j’aime être discrète.


Un groupe de filles n’arrête pas de faire des allers-retours entre l’avant-scène, la porte et le bar, comme si elles ne pouvaient pas choisir entre danser, fumer et boire. L’une d’elles retient mon attention. Elle rit à gorge déployée, sans limite ; un rire communicatif. Elle n’est pas particulièrement belle : à peine plus grande que moi, la quarantaine, un physique un peu androgyne avec une tenue rock légèrement débraillée, peu de maquillage… Un je-ne-sais-quoi se dégage d’elle. Ses yeux bleus ? Son immense sourire ? Ou ses cheveux auburn qui ondoient au-dessus de ses épaules ? D’ailleurs elle vient de relever ses cheveux pour les attacher, dévoilant une nuque ravissante.


Si je continue à la regarder, elle va finir par se sentir observée. Enfin, c’est peut-être ce qu’elle cherche : se faire remarquer en faisant la pintade…

Je repose mon carnet sur le bar et m’accorde une pause en sirotant ma boisson chaude. Pas de nouvelles de Tim. Il doit être dans le métro. S’il ne trouve pas sa route il téléphonera. Je cesse de regarder compulsivement mon téléphone qui me renvoie à ma solitude du soir. Pfff, dire qu’avant je la supportais plutôt bien la solitude, au point de même la rechercher… J’ai maintenant bien du mal à passer une soirée en tête-à-tête avec mon chat – avec tout l’amour que j’ai pour cette boule de poils ronronnante.


La porte s’ouvre. Instinctivement, je tourne la tête. C’est la fille. Elle a terminé de cloper et rentre se mettre au chaud. Elle va jusqu’au bar, prend deux bières et repart en direction de ses copines qui sont… derrière moi. Punaise, je suis sur sa trajectoire ! Je baisse le nez, feignant un soudain intérêt pour le contenu de ma tasse vide.



Je dois être rouge cramoisi et je sens que les poils de mes bras se hérissent. Elle ne demande pas son reste et fonce s’asseoir à une table près de la scène. Enfin elle cesse de bouger dans tous les sens, totalement indifférente à l’émoi qu’elle vient de susciter. J’ai chaud ; j’ai dû perdre un quart de litre de sueur ! Je rouvre mon carnet, saisis mon feutre et me tourne de trois-quarts de profil, étudiant scrupuleusement la courbe de sa nuque. La naissance d’un tatouage pointe à la limite de son débardeur, au-dessus de ses omoplates. Ses épaules sont osseuses alors que ses bras semblent plutôt musclés. Ils ont néanmoins cet arrondi féminin charmant. Elle est trop loin pour que je puisse bien voir le grain de sa peau.


Tim pousse enfin la porte du bar. Ce grand dadais est facilement repérable avec ses boucles blondes qui lui tombent sur les yeux. Il arbore sur la tête des lunettes de soleil rondes et roses parfaitement inutiles. S’il pouvait se tenir droit et bomber un peu le torse au lieu de se voûter ainsi… quel gâchis ! Hé, mais c’est qu’il se laisse pousser la barbe, le bougre !



Il décoche un petit sourire qui ne dure pas. Tim noie son chagrin d’amour dans le bachotage des concours d’entrée dans les écoles d’art. Il ne peut pas s’ôter Élise de la tête. Chaque fois qu’elle s’affiche en photo sur les réseaux sociaux, il est au fond du gouffre.



Je lui tends mon carnet de gribouillages amateurs sur fond de papier recyclé. Tim le feuillette avec mille précautions respectueuses, comme s’il s’agissait d’une relique fragile.



Je comprends ce qu’il veut dire. J’ai toujours dessiné dès que j’ai été en âge de tenir un crayon, tout le temps, partout, dans les marges de mes cahiers, sur des feuilles volantes, dans des carnets… À l‘adolescence, j’ai noirci des tonnes de papier de toutes mes peines et mes joies, des productions hautement intimes. Mais là, c’est bien différent de dessiner pour soi-même : il s’agit de dessiner sachant que l’on sera regardé.



Voilà que je lui sers un laïus sur les méfaits du mélange alcool-antidépresseurs. Tim n’en a cure. D’ailleurs il s’est aussi mis à fumer, et pas que du tabac. Encore un étudiant qui se croit au-dessus de toute dépendance.



Deux jeunes filles entrent dans le bar, deux jolies blondes, aussi frêles l’une que l’autre, avec des visages encore enfantins qui trahissent leur jeunesse. L’une porte de magnifiques cheveux longs tandis que l’autre a le crâne presque rasé, dévoilant les nombreux piercings de ses oreilles.



C’est vrai qu’elle a un air dur. Mais à bien y regarder, quelque chose de très doux se dégage d’elle. Je reprends mon carnet et esquisse un portrait de la jeune femme. C’est bizarre, je me sens triste tout à coup. J’ai l’impression de m’abrutir de fatigue pour tromper ma solitude.


Le concert est terminé. Je propose à Tim de le raccompagner. Après tout, je n’ai rien d’autre à faire et je suis curieuse de voir son appartement. Je me laisse guider dans la nuit dans un état second. Nous marchons depuis cinq minutes ou peut-être quinze. Je joue distraitement à capturer des créatures virtuelles sur mon téléphone.


Les rues sont calmes et désertes. Nous arrivons devant une façade d’un petit immeuble quelconque que je serais bien incapable de reconnaître. Les étiquettes de l’interphone sont sales et arrachées : ça doit déménager souvent par ici. Après avoir gravi l’escalier commun, nous passons la porte d’entrée qui donne directement sur un autre escalier en métal. Encore des marches. Une fois en haut je découvre un charmant appartement sous les toits avec poutres apparentes, petite terrasse, cuisine ouverte avec puits de lumière, salle de bain petite mais lumineuse avec plantes rampant tout autour de la baignoire. Sympa comme tout.


Je m’attendais à du bordel partout, comme chez sa mère lors de nos soirées jeux de société. C’est tout le contraire : l’ensemble est bien rangé, et même décoré. Les murs sont couverts d’innombrables dessins à l’aquarelle, encadrés ou simplement suspendus à des cordelettes par des pinces à linge. Beaucoup de sujets sont féminins. Superbe ! J’aimerais maîtriser la mise en couleur moi aussi.


Je m’affale sur le canapé et attrape une bande dessinée de la médiathèque dans la pile qui trône sur la table basse. Tim se prépare un casse-dalle après s’être inquiété que je ne manque de rien. Mes paupières sont lourdes et l’histoire ne parvient pas à me captiver. J’abandonne la lecture pour m’enrouler dans un plaid, probablement volé à une compagnie aérienne. Une main vient caresser doucement mes cheveux puis descend gentiment dans mon dos. Je pourrais rester ainsi durant des heures. J’ai dû être un chat dans une autre vie. Dans celle-ci j’ai passé un temps infini couchée sur un banc de l’école maternelle, une dame de service berbère aux cheveux frisés caressant doucement ma tête d’enfant solitaire.


Tim me prend la main et me guide vers la chambre. Soudain un bruit assourdissant retentit, un sac de billes qu’on renverse au-dessus de nos têtes. Non, c’est la pluie. J’ai froid. Nous nous déshabillons et nous glissons sous la couette. Je me blottis contre la maigre poitrine de Tim en glissant mes doigts entre ses poils. Sur le côté, je ne sais jamais comment caler le bras qui se trouve bloqué sous moi. J’ai tellement sommeil… lui non. Un baiser sur ma joue, une main sur ma fesse.



Tim écarte doucement mes jambes et amorce une descente vers le pied du lit.



Je n’ai pas le temps de dire ouf qu’il est déjà à l’ouvrage, tout en douceur. Les yeux mi-clos, j’essaye de me laisser aller. Sa langue s’immisce dans les petits replis de mon anatomie tandis que mes doigts s’insèrent entre ses bouclettes. C’est tout chaud et humide, et aussi très doux. Plutôt agréable. Je préfère de loin cette douceur moelleuse à un excès de vigueur sur ma partie sensible.



L’artiste se lève et rallume la lumière. J’en profite pour me tourner sur le ventre. Peut-être qu’il va se calmer et que je vais pouvoir dormir. Pas du tout. Tim revient avec une capote, écarte mes fesses et tâte le terrain de ses longs doigts. Je ne suis pas en état de profiter pleinement de mes sens, je tombe de fatigue. Et en même temps je veux qu’il continue. De toute façon, il doit sentir mon corps tout relaxé et l’humidité sous ses doigts. La tête enfouie dans les oreillers j’inspire son odeur.



Ainsi vaincue, je laisse Tim explorer mon corps de son regard, de ses doigts, de sa bouche. Un bruit d’emballage en plastique puis un gémissement. Son sexe entre en moi tranquillement. Fin et long comme il est, il se glisse facilement sans encombre. Je cambre mes reins, attendant le moment où il viendra enfin buter contre la paroi sensible.


Je me redresse à quatre pattes et creuse mon dos. Tim saisit mes hanches et les attire à lui. Je suis tellement épuisée que j’apprécie son manque d’endurance et me tourne pour l’envelopper de mes bras. Il s’effondre de tout son poids de plume en haletant sur ma poitrine. Je n’ai absolument plus froid au contact de son corps tout chaud.



La pluie s’est enfin arrêtée et nous sombrons ainsi enlacés dans un sommeil réparateur.



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