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n° 18100Rosebud29/09/17
Mylène 2.0
critères:  f ff copains fépilée cérébral ffontaine massage fmast cunnilingu rasage
19483 caractères
Auteur : Rosebud

Mylène n’aurait jamais pensé devenir accro à ce point !

Au début, lorsque FadeBook a commencé à envahir la France et que, pour rester « connecté », il fallait absolument avoir un compte, elle était entrée en rébellion et s’était refusée à souscrire à cette nouvelle mode.



Elle avait fini par se laisser convaincre.

Un peu plus tard, elle avait succombé au chant mélodieux du petit oiseau vert de Dweeter et, depuis peu, il lui était inconcevable de ne pas se jeter sur SnapShoot dès son réveil.


Des études ont récemment établi qu’un jeune adulte de 18 à 24 ans passe entre 30 et 60 minutes par jour sur les réseaux sociaux… Mylène devait faire grimper la courbe en flèche ! Elle n’avait pourtant rien de particulier à dire et se demandait d’ailleurs si ce constat n’était pas devenu la norme. Chaque fois qu’elle reposait son smartphone, elle était affligée de la débilité profonde d’une immense majorité des publications. Pourtant, dès qu’une nouvelle notification éclairait son écran, il lui était impossible de ne pas immédiatement consulter l’application. Elle se trouvait nulle mais c’était plus fort qu’elle. Et les concepteurs de SnapShoot avaient été plus diaboliques encore que les autres en limitant la durée des publications. Pour ne rien rater des messages de ses « amis », il fallait être rapide car la durée d’affichage n’excédait souvent pas la minute.


Pour sa part, petite étudiante moyenne en licence de Philo, à la vie sentimentale aussi riche que le désert du Soudan, ce qu’elle s’évertuait à poster n’étaient le plus souvent que des partages de jolies photos de chatons ou de belles citations célèbres… Elle avait pleinement conscience que tout ceci n’avait pas le moindre intérêt. Et pourtant, elle continuait et attendait avec angoisse l’apparition des pouces dressés.


Elle usait et abusait également des selfies. À cet effet, SnapShoot surclassait ses concurrents. Il suffisait de lancer l’application et en parallèle des dernières publications, un bouton rond permettait de prendre une photo et de la publier dans la foulée, d’un seul petit clic. Une façon rapide de faire partager au monde la platitude de sa vie.

C’est pourtant ce simple bouton, perché dans un coin d’écran, d’apparence anodine, qui bouleversa sa vie tandis qu’elle était occupée à jouer avec le sien, de bouton.


Allongée sur le ventre, deux coussins entre les cuisses, la main bien calée entre les jambes, elle s’imaginait terrassée par Julian, l’étudiant américain avec qui elle partageait quelques travaux dirigés. Grand, brun, ténébreux à souhait, bâti comme le mont Rushmore, aussi souriant qu’un neveu de la famille Kennedy. Ah, Julian… S’il savait le nombre de fois où, dans ses fantasmes, elle avait joui grâce à lui !


Elle commençait d’ailleurs à ressentir les premiers effets de l’image mentale qu’elle se projetait de lui et – il faut bien l’avouer – de son index qui faisait rouler son clitoris. Elle aimait cette sensation d’humidité qui se répandait en elle, de plus en plus intense, accompagnée d’un feu se développant entre ses cuisses. Elle accéléra le mouvement au moment où, dans ses songes, Julian baissait son caleçon et lui présentait un sexe long et dur, parfaitement veiné, tendu à l’extrême. Elle devait attendre qu’il soit en elle pour jouir. C’était un minimum. Dans l’idéal, il serait même préférable qu’ils jouissent de concert, qu’elle s’abandonne au moment où il se déverserait en elle, ou sur elle. Elle le déciderait le moment venu. Pour l’heure, il s’était posté derrière elle et s’introduisait, lentement, doucement. Elle sentait chaque centimètre de son membre la pénétrer, et c’était délicieux. Sa main alternait les caresses et les envolées spasmodiques. Julian suivait ses changements de rythme. Il était proche de l’extase, sa respiration saccadée le trahissait. C’était le bon moment. Maintenant ! Oui !


Son téléphone vibra et son regard fut attiré par la notification SnapShoot. Une publication de Julian. Impossible de ne pas la lire ! De peur qu’elle ne s’efface. Impossible aussi d’arrêter, si proche de l’orgasme. Elle déverrouilla l’application d’une main tremblante. Ses gestes étaient peu précis et elle ne prit pas conscience que son doigt venait de cliquer malencontreusement sur le bouton « photo instantanée » au moment précis où le Julian de ses rêves éjaculait en elle et qu’un tourbillon de plaisir l’emmenait vers le septième ciel.

Elle redescendit plus vite qu’à l’accoutumée. « Merde ! Qu’est-ce que j’ai fait ? »


Elle consulta son historique. La photo avait bel et bien été publiée. Elle avait heureusement choisi par défaut un temps de publication d’une minute. C’était peu et il était près de minuit. Avec de la chance, personne ne la verrait… Elle détailla la photo : les yeux clos, la tête renversée en arrière et la lèvre inférieure pincée… elle ne laissait aucune ambiguïté sur son état d’excitation extrême. Elle croisa les doigts en espérant que cette publication passe inaperçue.


Son espérance fut de courte durée. Les commentaires se mirent à affluer. D’abord celui de son frère : « Ben, ma grosse ? Tu te lâches enfin ! Lol. » Puis ce fut une notification FadeBook : « Un ami vous a indentifiée. » Paniquée, elle cliqua sur le lien et tomba sur sa photo, capturée et partagée sur le réseau par son « ami » Fred avec ce commentaire : « On la croyait sage… »



En moins de temps qu’il ne lui fallut pour se rhabiller, les demandes d’ajout se multiplièrent de façon exponentielle, et sur Dweeter, les followers s’accumulèrent. L’écran de son téléphone ne parvenait plus à afficher en temps réel le flot des notifications. Elle l’éteignit et se mit à pleurer.



Dans la confusion, elle appela Laetitia qui avait elle aussi vu la publication et le déferlement qui en résultait.



Laetitia. Une amie, une vraie, pas un de ces contacts de réseaux sociaux qui l’avaient trahie pour faire le buzz. Il faudrait qu’elle fasse un sérieux tri !

Quelques minutes plus tard, Laetitia sonna.



Elle lui désigna son propre écran. Sur Dweeter, FadeBook et SnapShoot, on ne voyait plus que son visage en gros plan et son évidente jouissance.



Laetitia la prit par l’épaule et lui embrassa la joue.



Mylène essuya ses larmes et, à contrecœur, s’exécuta. « Elle est bonne, celle-là ! » ; « Viens, chérie ! Et tu prendras encore plus ton pied avec moi ! » ; etc.



Mylène renifla et examina plus en détail le cliché. Elle dut se résoudre à admettre qu’elle était particulièrement jolie, pour une fois. Mais ceci n’enlevait rien au fait que désormais, on la regarderait certes différemment, mais avec une seule idée en tête : l’amener dans son lit.



Elle réfléchit. Sa dernière « relation » remontait à au moins deux ans et elle devait bien admettre qu’avec Christophe, ça n’avait pas été le pied.



Elle fit glisser quelques écrans et tendit à nouveau son smartphone vers Mylène qui retrouva le sourire en lisant le commentaire de Julian : « Oh ! Gorgeous ! » suivi d’une dizaine de cœurs…



Laetitia se leva et se dirigea vers la penderie de Mylène.



Elle passa en revue le contenu des armoires et soupira.



Elle dut insister, quasiment traîner Mylène hors de son studio et la pousser dans l’ascenseur. À l’extérieur, Mylène avait l’impression que tout le monde la dévisageait, qu’il n’y avait pas un promeneur dans Paris qui n’ait vu sa photo. Elle remonta le col de son pull et baissa la tête. Laetitia riait.



Arrivées dans le deux-pièces de la relookeuse improvisée, Mylène s’installa dans le canapé tandis que son amie fouillait ses placards. Elles avaient à peu près le même gabarit. Élancées, de longues jambes, une taille fine et une poitrine menue. Pour le reste, Mylène était aussi brune que l’autre était blonde, aussi hâlée que Laetitia était pâle et aussi naturelle que la propriétaire des lieux était maquillée.



Mylène, gênée, obtempéra néanmoins. Laetitia la regardait. Alors que son amie se retrouvait en sous-vêtements, rouge de honte, les bras croisés sur la poitrine, elle éclata de rire.



Elle désignait la culotte de coton à pois verts et jaunes. Derrière la barrière de ses bras, on distinguait à peine une brassière de sport orange…



Laetitia s’approcha d’elle.



Mylène, toujours confuse, enleva sa brassière, et finalement son horrible culotte.



De longs poils bruns avaient colonisé la région qui s’apparentait à un champ trop longtemps laissé en jachère.



Surprise qu’on lui prêtât autant d’attention, Mylène s’exécuta. Elle commençait à se prêter au jeu de ce relooking. Laetitia lui installa une serviette sous les fesses puis revint avec un saladier rempli d’eau, un rasoir et une bombe de mousse.



Mylène haussa les épaules et se laissa tomber sur le lit. Au point où elle en était, de toute façon… Laetitia commença par humidifier sa toison avant de l’enduire d’une mousse légère qu’elle veilla à appliquer de façon uniforme.



Et Mylène écarta les cuisses. Jamais elle n’aurait imaginé, un jour, se retrouver dans cette position, à plus forte raison devant une femme. Laetitia continuait à masser l’entrejambe de son amie, de sorte que la mousse recouvre chaque poil et le ramollisse. Mylène ne protesta pas. C’était agréable et elle commençait à oublier sa mésaventure encore toute fraîche. Il lui sembla que Laetitia s’appliquait un peu trop autour de ses lèvres et entre ses fesses. Cette dernière constatait avec plaisir qu’à la mousse se mêlait à présent la cyprine de Mylène. Cette situation étrange lui plaisait, l’excitait. Elle se convainquit pourtant d’avorter son massage intime, voyant que son amie commençait à onduler du bassin sous ses caresses. Elle approcha le rasoir et s’évertua à faire disparaître les poils disgracieux. D’abord sur son mont de Vénus, puis le long de ses lèvres, et enfin entre ses fesses. Mylène savourait la douceur de ses doigts qui appuyaient sur sa peau afin de ne pas la blesser, frôlant parfois son clitoris.



Laetitia versa une dose de la lotion dans le creux de sa main et l’appliqua avec délicatesse, ne négligeant pas le moindre centimètre carré de l’intimité de Mylène, insistant sur ses lèvres, son clitoris, et jusque son anus à présent tout aussi glabre que le reste. Mylène s’abandonnait, incapable de protester. Elle aurait voulu interrompre ce qu’elle imaginait être une erreur – la deuxième de la soirée – mais n’en avait pas la force. C’était tellement bon. Elle qui n’avait connu que des hommes, peu nombreux et surtout peu adroits, goûtait avec délice la délicatesse de Laetitia.


Elle ne se rebiffa pas davantage lorsqu’elle sentit la bouche de la jolie blonde se poser sur son sexe et, quand le bout de la langue entra en contact avec son clitoris, elle jouit aussitôt. Elle se redressa, vit que Laetitia s’était déshabillée entre-temps et qu’elle se caressait d’une main tandis que l’autre errait sur sa poitrine. D’un sourire, elle invita Laetitia à s’allonger à sa place et ne put résister au plaisir d’embrasser ses seins fermes et plus lourds qu’elle ne l’avait envisagé. Elle fit glisser une main jusqu’au sexe de son amie, aussi lisse et soyeux que le sien. Aussi inondé également. Laetitia était proche de l’orgasme et Mylène décida de découvrir, elle aussi, le goût de cette liqueur qui recouvrait ses doigts. Elle couvrit de baisers le ventre, les hanches, le mont de Vénus de son amie avant de plonger la bouche vers cet antre, qu’une heure plus tôt encore, elle n’envisageait jamais de conquérir.


Elle mordilla, suça, lécha le sexe de Laetitia, introduisit un doigt dans son vagin, puis dans son anus. Était-elle devenue folle ? Devenait-elle lesbienne ? L’avait-elle toujours été, sans le savoir ? Elle fut surprise, quand Laetitia jouit sous les caresses de sa langue, de recevoir plusieurs jets de liquide dans la bouche. Elle avait entendu parler, bien sûr, de ces femmes fontaines, mais ignorait si cela existait vraiment. Elle savait à présent que c’était le cas et que Laetitia, apparemment, était de celles-ci. Elle laissa le liquide remplir sa bouche et finit par l’avaler. Il n’avait aucun goût, aucune odeur, mais elle aima ça.



Elle embrassa Mylène, tendrement.



Le visage de Mylène s’assombrit de nouveau. Il avait suffi qu’elle entende le mot « photo » pour que lui revienne le traumatisme de celle qu’elle avait malencontreusement lancée sur les réseaux sociaux. Assise derrière elle, Laetitia lui passa les bras autour du cou et posa son visage sur son épaule. Elles restèrent ainsi un long moment. Un moment de pure tendresse. Mylène oubliait peu à peu sa nudité, sa présence et leur relation équivoques. Elle était bien, tout simplement, dans les bras de celle qui redeviendrait sa meilleure amie, mais avec qui elle espérait encore pouvoir partager de tels moments.


Il était près de quatre heures du matin quand elles achevèrent de constituer une garde-robe alternative aux pulls-jeans de Mylène. Dans quelques heures, Laetitia la maquillerait et elles seraient prêtes à faire se retourner toutes les têtes et, comme le disait Laetitia, « exploser quelques boutons de braguettes ». Elles rirent de bon cœur avant de s’endormir dans les bras l’une de l’autre.


Quand Mylène se vit dans le miroir, elle crut d’abord à une hallucination. C’étaient bien ses yeux, verts comme toujours mais soulignés d’un trait noir qui décuplait l’intensité de son regard. Ses lèvres étaient redessinées, magnifiées par un gloss pâle. Ses joues avaient une belle teinte crème, et plus aucun des stigmates d’une trop courte nuit n’était détectable. Laetitia, faute de temps, l’avait simplement aidée à nouer ses longs cheveux bruns en une queue-de-cheval haute qui dégageait davantage son doux visage et le rendait encore plus lumineux. Une jupe évasée noire, des bas, un chemisier blanc largement ouvert sur un décolleté exalté par un soutien-gorge push-up, une veste courte, noire elle aussi et une paire d’escarpins. Elle était prête. Elle se sentait différente. Jamais elle n’aurait pu croire que l’apparence physique pouvait à ce point changer son attitude, ses pensées. La photo n’avait plus aucune importance. Ou plutôt si : elle deviendrait son emblème. Désormais, elle ne serait plus la brunette insignifiante qui rase les murs. Elle était belle ! Elle était jeune ! Et les mecs seraient à ses pieds. Voilà ce que lui évoquait son reflet dans le miroir.


Pour la première fois, en entrant dans le couloir de la fac, elle n’était plus l’ombre de Laetitia, ni l’ombre d’elle-même. À leur passage, aux claquements de leurs talons sur le carrelage, les têtes se tournaient, les yeux s’écarquillaient. On admirait la silhouette de la jolie blonde, bien sûr, elle y était habituée, mais aussi la sienne. Et ça, c’était un plaisir qu’elle n’avait jamais ressenti. Elles marchaient la tête haute, le pas cadencé, le buste en avant. Celles et ceux qui les voyaient traverser le long couloir ne pourraient oublier avant longtemps la beauté et l’assurance de ces deux bombes.


Elles passèrent devant Julian dont le café faillit se déverser sur sa chemise. Elle esquissa un sourire. Il serait à elle, bientôt. Il ne serait plus seulement un fantasme. À présent, c’était elle qui devenait le sien. Elle le hanterait. Le jour, la nuit. Si bien qu’il viendrait à elle, inévitablement. Ce soir, demain peut-être, il la prendrait dans ses bras et lui ferait l’amour. Elle le sentirait enfin en elle. Il la ferait jouir. Fort. Longtemps. Souvent. Et au moment de l’extase, alors qu’il exploserait en elle, qu’elle serait emportée par un torrent de plaisir, elle se prendrait en photo et la diffuserait sur SnapShoot. Pour immortaliser l’instant de sa renaissance. Pour montrer à tous qu’elle était une femme qui assume son désir et ses envies.

Attention, les mecs : Mylène 2.0 arrive !



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