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n° 18157Épicurien marxiste, tendance Groucho...06/11/17
Je serai pendu demain matin
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38886 caractères
Auteur : Pericles

Je serai pendu demain matin

Ma vie n’était pas faite

Pour les châteaux.


Je suis sûr que vous avez déjà entendu ces paroles…

Vous savez, ce chanteur blond et bouclé, aux grosses lunettes blanches, qui sévissait il y a une quarantaine d’année dans notre belle contrée, avant d’entamer une autre brillante carrière d’exilé fiscal. Je crois qu’il en est revenu d’ailleurs de son exil. Il devait y avoir prescription !


Ah, ça y est, ça vous revient !


En ce qui me concerne, la prescription, je n’y ai pas eu droit. C’est d’ailleurs bien la seule chose qui est vraie dans la chanson de l’autre albinos : j’ai été pendu au petit matin !

Bon, et puis le fait que j’avais tué le fiancé de Jane (pas Tarzan, hein, je n’aurais pas été capable, non, l’autre, l’avorton !).


Ça vous intéresse que je vous raconte ce qui s’est passé avant et après ma pendaison ? Ben oui, après ! Si je vous parle, c’est qu’il y a bien un après. D’ailleurs je vous parlerai bien plus de l’après, c’est beaucoup plus rigolo !




Première partie - « Le torticolis du pendu est incurable. » (Ramon Gomez de la Serna)




Ce matin-là, ce sont les douces paroles de mon geôlier borgne qui me réveillent. Je l’adorais, ce gars-là. Pendant les trois semaines qui ont passé de mon crime à mon exécution, il avait été constant dans l’ignominie, dans la brutalité, dans le sadisme le plus pervers.


Trois semaines : la justice anglaise à l’époque, c’était autre chose que l’administration d’aujourd’hui. Au moins, je n’avais pas pourri trop longtemps dans ce cul-de-basse-fosse qu’était la prison de Newgate en ce milieu de 19ème siècle.

À cette époque, les condamnés à mort étaient maintenus dans des cachots sombres et étroits, séparés de Newgate Street par une paroi épaisse et ne recevant que peu de lumière de la cour intérieure. Cela, c’était pour la partie logement : "agréable studio 7, 5 m2, eau courante… dans le puits dans la cour". Et je ne vous parle pas du voisinage : punaises de lit, cafards aussi gros que des rats, rats aussi gros que des chats, voisins de cellule au fort taux de turnover (exécutions, maladies, "accidents"…).

Bref un endroit qui puait l’urine, la merde, la mort… Quant à la pension, j’aurais eu deux mots à dire au chef cuisinier !


Mais le meilleur, c’était les gardiens !

Pour mon malheur, je suis beau. Pourquoi croyez-vous que Jane de Laze avait cédé si facilement à mes avances ? Je suis beau, et mes gardiens sont pédérastes (vous ai-je dit que j’ai juste vingt ans lors de ma pendaison) et aiment par-dessus tout la chair fraîche.

Nuit après nuit, ils viennent me voir, l’un après l’autre, parfois les deux en même temps, et ils me ravagent, encore et encore.

Dire qu’avant cela, à part un doigt de Jane une fois, mon anus était un territoire vierge de tout contact. En trois semaines, j’ai eu un entraînement hyper-accéléré, et cette partie de mon individu peut, après cette initiation, recevoir sans problème le mandrin fortement développé du borgne. Ils ont même réussi une fois à me mettre leurs deux matraques en même temps, c’est vous dire…


Vous comprendrez que, finalement, je ne sois pas si triste que le borgne m’ait réveillé de cette manière, ce matin-là. Vivre pour n’être qu’une décharge à foutre pour mes gardiens n’a plus de sens pour moi, et un fond de religion anglicane me dit que peut-être y aura-t-il un meilleur après.

Si j’avais su, j’aurais couru vers le gibet…


Ce matin-là, donc, le soleil n’est pas encore levé qu’un grand ramdam se fait entendre à Newgate.

Je reçois la visite d’un pasteur qui veut absolument sauver mon âme. Moi je veux bien, mais je ne vois pas pourquoi me confesser changerait quoi que ce soit à ma vie, mon passé, mon présent ou mon futur, qui s’annonce relativement bref.

William Calcraft, le célèbre bourreau de Newgate est là lui aussi. On lui donnerait le bon Dieu sans confession avec son abondante barbe blanche. Il paraît que je serais sa 407ème exécution. Voilà quelque chose dont je ne suis pas peu fier !


Après le seul repas à peu près potable que j’ai eu en trois semaines, on me traîne jusque sur la place publique. Quelle foule ! Il faut dire que Lord et Lady de Laze sont des aristocrates assez appréciés du peuple, auquel ils consacrent de nombreuses œuvres charitables ; autant vous dire que le public m’est assez hostile. Je reçois une quantité assez délirante de légumes pourris, et je me réjouis secrètement de voir que mes gardiens en reçoivent aussi.


Péniblement, j’avance sous les huées, les quolibets, et j’arrive enfin au pied de l’échafaud.

Je n’arrive pas à me rendre compte que je vais mourir là, à vingt ans. Le bilan de ma vie est consternant : moi qui voulais devenir un grand homme dont on chanterait les exploits partout, je suis à peine sorti de l’enfance et on va me pendre.

Et je n’ai connu charnellement qu’une femme ; mais quelle femme ! Si j’ai plein de regrets quant à ce qu’aurait pu être ma vie, je n’ai aucun regret d’avoir occis celui qu’on allait forcer Jane à épouser. Ni pour moi, parce que je le referais encore si je revenais en arrière, ni pour Jane, qui aurait préféré se suicider plutôt que de se marier à cet immonde pourceau. Cela, la chanson du blondinet ne le dit pas.

J’ai préféré me sacrifier, sachant bien ce qu’il m’arriverait, plutôt que de risquer de perdre Jane.


Voilà ! J’ai escaladé les dix marches, et maintenant je domine la foule toujours aussi dense mais qui, d’un coup, s’est tue. Ils sont au spectacle et attendent l’acte principal. J’espère que ma nuque se brisera instantanément, mais je sais que les gens massés au pied de l’échafaud souhaitent que je m’étouffe lentement, le corps agité de convulsions de plus en plus faibles. Je le sais, parce que le trimestre dernier j’étais à leur place, à me délecter du supplice qu’on infligeait à un autre.


Le bourreau me couvre la tête d’une cagoule (quel intérêt ? je me demande) puis m’attache les mains dans le dos, et enfin il enfile le nœud coulant autour de ma tête puis le serre.

J’ai à peine le temps de hurler « Jane, je t’aime ! » que la trappe s’ouvre sous mes pieds.

Et c’est le néant.

Merci, Monsieur Calcraft, vous avez bien fait votre boulot : je suis mort instantanément !


Noir…




Deuxième partie - « Je ne veux pas devenir mon propre fantôme. Je veux rester ce que je suis. » (Laetitia Casta)



Pas de long couloir menant vers une lumière surnaturelle, pour moi. Pas non plus de résurrection de mon corps. Avec la nuque brisée, ça serait un peu compliqué.

Ai-je une âme ? Je ne sais pas, mais d’un coup, d’un seul, je suis (re)né à la conscience.

Pas de corps, pas de présence matérielle ; mais pourtant, je suis !

Et je suis, avec trois sens encore plus exacerbés qu’avant, voire peut-être même quelques sens de plus. Et deux sens de moins. Je vois mieux, j’entends mieux, je sens mieux. Mais je n’ai plus de goût (pour ce que ça me servirait…), et dès que j’essaie de toucher quelque chose, quelqu’un, je passe à travers. Ce qui offre, nous le verrons, de sacrés avantages !


Bizarrement, la conscience me revient, non pas sur le lieu de ma pendaison, mais au château de Laze. Ou plus exactement, dans la chambre de Jane, au château de Laze. Je suis là, je flotte dans l’air de sa chambre et je l’entends qui gémit « Thomas… Thomas… » Au fait, je ne vous l’avais pas dit, Thomas, c’est (c’était ?) mon nom.


Est-ce Jane qui m’a rappelé ? J’essaie de lui parler, de le lui demander, mais je m’aperçois que je n’ai pas de bouche, pas de corps. Quelle cruauté ! Ma bien-aimée est là, à deux mètres à peine, et je ne peux rien faire pour la prendre dans mes bras, ni même simplement lui signaler que je suis là.

Elle rêve, et dans ce rêve qui agite son sommeil, c’est à moi qu’elle pense. Piètre réconfort, mais réconfort quand même.


« Pourquoi suis-je ici ? Est-ce que c’est ça, être mort ? Est-ce que ça n’arrive qu’à moi, ou est-ce que tous les morts reviennent sur terre comme ça ? » Toutes ces questions tournent dans ma tête, encore et encore, alors que je regarde Jane s’agiter dans son sommeil. Enfin, dans ma tête, façon de parler : je flotte face au miroir de la coiffeuse de Jane, et de tête, il n’y a pas. Ni de corps, d’ailleurs : je suis totalement invisible !


J’essaie alors de me rapprocher de ma douce, mais j’ai du mal à maîtriser ma mobilité spectrale. Alors que je voulais doucement m’approcher de son visage, l’accélération incroyable que je subis me fait traverser son corps, puis le lit et enfin le plancher de sa chambre. Avant que je ne puisse arrêter mon mouvement, je me retrouve déjà au rez-de-chaussée, dans la bibliothèque du château.

Première leçon : je peux me déplacer très, très vite et je peux traverser n’importe quoi. Je suis un véritable passe-muraille.


Dans les semaines qui suivent ma mort, j’erre donc inlassablement dans les couloirs du château. J’apprends à connaître tout de la vie des nombreuses personnes qui le peuplent et, mon côté voyeur aidant, si je manquais cruellement d’expérience sexuelle avant ma pendaison, j’accumule rapidement une connaissance encyclopédique sur le sujet et toutes ses déviances possibles :

• le sexe plan-plan dans le noir de monsieur et madame de Laze (et encore, à peine une fois par mois) ;

• le troussage "à la vide-couilles" qu’affectionne Lawrence, le frère aîné de Jane, sur les très nombreuses femmes de chambre ou autres membres du personnel féminin du château ;

• la domination sans faille que Ronald Smith, le régisseur du château, exerce sur sa femme et sa nièce ;

• la pédérastie de William Hacksford, le maître d’écurie, auprès de ses jeunes lads ;

• la charmante masturbation de Jane, sujet d’étude favori pour moi, d’autant plus que mon nom y figure toujours en bonne place.


À chaque fois, je suis là. Je rôde et j’apprends. Apprentissage qui vous semblera bien inutile puisque ma connaissance, si elle devient abondante, reste toute théorique et que jamais je ne pourrai la mettre en pratique.


Ce soir-là, seule dans sa chambre, Jane lit un livre à la lueur de bougies disposées sur chaque chevet. Apparemment, si le héros de l’histoire romantique qu’elle lit a un prénom, il doit porter le même que le mien car je l’entends distinctement prononcer mon prénom plusieurs fois : « Thomas… hmmm… Thomas… » murmure-t-elle.


Captivé, je l’observe poser sa main sur sa poitrine. À travers sa chemise de nuit, elle caresse avec sa main gauche ses tétons qui durcissent visiblement tandis qu’elle conserve tant bien que mal son livre dans sa main droite. Jane a hérité de sa mère de magnifiques seins en poire qui, malgré leur taille conséquente, ont toute la fermeté de sa jeunesse. J’avoue à ma grande honte qu’avant même son doux visage, c’est sa poitrine qui m’avait attiré en premier.


Abandonnant l’idée de poursuivre sa lecture, Jane pose son livre sur le chevet, se redresse, et ayant défait les lacets entreprend de faire passer sa chemise de nuit par-dessus sa tête. Elle se retrouve ainsi là, allongée en travers de son lit, et je peux l’admirer dans toute son exquise beauté. Ses tétons, déjà bien gros en temps ordinaire, pointent orgueilleusement. De ses doigts délicats elle les pince légèrement puis, fermant les yeux, elle malaxe ses seins, les pressant l’un contre l’autre. Elle éprouve visiblement du plaisir à ces caresses, mais il lui en faut plus.


Abandonnant ses tétons, sa main droite glisse sur son ventre et vient caresser sa jolie toison auburn. Écartant les cuisses, elle me permet de contempler sa petite vulve qui me semble déjà toute humide et son clitoris qui pointe, appel muet à la caresse.

Elle va chercher un peu de sa liqueur puis commence à appuyer sur ses nymphes dans un geste circulaire autour de son sexe, sans jamais y pénétrer. Rapidement cependant, elle ressent le besoin de rapprocher ses doigts de son clitoris. Sans le toucher directement, elle fait glisser de haut en bas entre son index et son majeur le capuchon de son petit bouton.


Puis enfin, elle glisse ses doigts sur sa fente, chaude et humide. Mmmhhhh… Dieu, que j’aimerais être avec elle ! Pouvoir effectuer tous ces gestes à sa place… Sa vulve est trempée. Sa main gauche, dont les doigts passent à travers sa toison, vient rejoindre la droite et caresse ses grandes lèvres toutes gonflées. Elle écarte encore plus les cuisses et entrouvre sa vulve pour plonger deux doigts de sa main droite dans son intimité. Elle est grande ouverte à présent.


Elle est tellement excitée que son plaisir monte très vite maintenant ; elle gémit doucement mais se retient un peu : elle sait que dans les longs couloirs du château, les sons portent loin… Pourtant, les vagues de chaleur dans son ventre s’accroissent et son bassin ondule sur le matelas de plume. Son orgasme n’est plus très loin, et enfin elle jouit, profondément, les cuisses impudiquement ouvertes, les doigts sur son clitoris gonflé, les seins pointant vers le plafond… d’où je ne rate absolument rien du spectacle délicieux que Jane vient de m’offrir.


Après quelques secondes, sa main retourne sur son clitoris et elle est soudainement emportée par une nouvelle jouissance. Et elle ne peut retenir un petit cri involontaire : « Oh, Thomas… C’est si bon ! Pourquoi n’es-tu plus là ? » Si je n’étais déjà décédé, cette petite phrase me ferait mourir une seconde fois. Je décide alors qu’à l’avenir j’éviterai sa chambre ou tout autre endroit où Jane se trouverait. La blessure dans mon âme est encore bien trop vive, et je préfère profiter comme je le peux de ma nouvelle situation plutôt que de souffrir.


* * *



Dans les mois qui suivent, je continue mon voyeurisme éducatif et, en parallèle, je m’exerce à avoir plus d’interactions avec mon environnement.


En me concentrant, j’arrive à "solidifier" l’air pour qu’il ait un impact physique sur les choses. Je ne suis pas sûr que vous compreniez – de toute façon, je ne comprends pas moi-même – mais de fait, je me réapproprie lentement mais sûrement mon cinquième sens. Et, facétieux comme je suis (il faut dire que je m’emmerde royalement), j’adore faire des blagues aux gens du château. Faire tomber des objets, bouger des tentures, éteindre les candélabres et les bougies, "marcher" sur la queue des chiens pour les faire aboyer, caresser les joues, les bras, les fesses des dames…


Enfin, formidable découverte, si je ne peux toujours pas me faire entendre, j’arrive à me faire lire ! En effet, passant par hasard dans la cuisine du château, je m’aperçois que je peux altérer la condensation produite par la chaleur de la cuisinière sur la surface métallique de la porte du cellier.


Aussitôt, je me précipite dans la chambre de ma bien-aimée, mais il me faut attendre de longues heures (vous me direz, je n’ai que ça à faire) avant qu’elle se décide enfin à se rendre dans le cabinet de toilette attenant à sa chambre pour s’y laver dans la grande baignoire que les servantes sont venues remplir d’eau chaude. Malgré la fébrilité qui s’est emparée de moi, j’avoue prendre un plaisir toujours renouvelé à la voir dans son absolue nudité : ses seins magnifiques pointent orgueilleusement au-dessus de son ventre plat au bas duquel se niche sa belle toison aux reflets cuivrés. Si j’avais encore un corps, je banderais instantanément !


Bientôt, le miroir au-dessus du bassinet de toilette se couvre de la tant attendue buée et, tant bien que mal, j’arrive à écrire mon prénom en lettres capitales : THOMAS. Puis j’attends que ma douce Jane relève la tête et voie mon message. Je bous d’impatience, maudissant cette habitude qu’elle a de se prélasser longuement dans l’eau qui, de fait, devient de plus en plus tiède. Je suis complètement stressé : il n’y aura bientôt plus de buée sur le miroir, et mon message disparaîtra.


Heureusement, se redressant pour saisir un drap de bain, Jane se regarde dans le miroir et, voyant l’inscription, pousse un hurlement. Avant qu’elle ne rameute tout le château, je m’empresse d’inscrire "CHUT ! " puis "C’EST MOI". Et en même temps, je fais glisser un doux courant d’air sur sa peau qui se couvre instantanément de chair de poule.



"OUI". J’inscris la réponse sur le miroir. "FANTÔME".



"VOIS. ENTENDS. "

Elle sourit. Qu’elle est belle sans cet air attristé qu’elle porte depuis ma pendaison !

"TOUCHE. "

Et je solidifie l’air juste au niveau de son cou, descendant ensuite en arabesque jusqu’à ses seins magnifiques. Elle tremble de tout son corps. Peur de ce qui lui arrive, excitation devant cette douce caresse ? Éperdue, elle se met à me poser vingt questions en même temps : Comment suis-je ici ? Depuis quand ? Pourquoi ne me suis-je pas manifesté plus tôt ? Comment fais-je pour écrire dans le miroir ?


Justement, le miroir ; il n’y a plus de buée dessus, aussi suis-je bien embêté pour lui répondre… Et je ne peux pas saisir de crayon pour écrire : je ne peux rien tenir, je peux juste toucher.

Alors je la touche !


Doucement, par petites pressions, je la repousse hors de la salle de bain et l’amène juste au bord de son lit. Une pression plus forte, et la voilà qui bascule sur les draps.

Je m’allonge contre elle, découvrant ainsi que je peux la toucher en plusieurs endroits en même temps, comme si mon corps astral épousait doucement la tiédeur de sa chair.


Un fin filet d’air vient caresser son cou, remonter jusqu’à son oreille droite, puis s’attarder sur le petit creux derrière l’oreille. À nouveau elle frissonne, et je peux constater, à observer ses tétons soudainement s’ériger, que de l’effroi puis du questionnement, elle vient de passer à l’acceptation et à l’excitation. Elle gémit doucement, murmurant mon nom : « Thomas… Thomas… »


Par petites pressions – presque des caresses – je viens titiller ses tétons, puis descendant d’entre ses seins je viens solliciter son ventre, m’attardant sur le nombril puis sur le doux buisson auburn qu’elle a entre les cuisses. J’observe la houle qui peu à peu soulève ses reins alors qu’enfin je prends contact avec son petit bouton d’amour que j’aimais tant faire rouler sous ma langue. Mon odorat maintenant hyper-développé s’enivre de son odeur intime dans laquelle je reconnais ces fragrances poivrées qui sont le signe de son excitation. Je simule, par de multiples pressions plus ou moins appuyées, le va-et-vient de ma langue entre son clitoris et ses lèvres intimes.


Je l’imagine subissant mes assauts sans les voir, écartant de plus en plus les jambes sous mes caresses, creusant les reins pour mieux s’offrir, les mains agrippées aux draps, dans l’attente de ce plaisir à nouveau partagé, de cet orgasme qui la libérera de sa gangue de tristesse.

C’est étrange et en même temps si beau… Sur le miroir de la coiffeuse, je l’aperçois qui s’agite, seule sur son lit ; ses mains essayent de se saisir de mes cheveux pour pousser encore plus ma tête dans son giron, mais elles ne se referment que sur le vide, sur mon absence.


À l’accélération de ses gémissements, au rythme toujours plus fort de la houle qui secoue ses reins, je sais qu’elle ne va plus tarder à connaître ce qui sera peut-être son plus bel orgasme. Une "petite mort" virtuelle pour elle, et pourtant si réelle pour moi.

Durcissant et élargissant mentalement le souffle d’air qui la touche, je la pénètre enfin, tout en maintenant une délicieuse pression sur son clitoris. C’est sous cette double caresse qu’elle achève de s’abandonner, criant son plaisir, son désir pour cet être invisible qui la possède : « Oui, Thomas… Ouiiiiiiii… »


Je flotte alors au-dessus de ma bien-aimée, l’enveloppant d’un doux zéphyr apaisant, un regard admiratif posé sur son corps plein de sueur. Naturellement, je n’ai pas joui, mais j’ai partagé l’orgasme de Jane avec une telle intensité que, finalement, l’effet est encore plus exaltant pour moi.


* * *



Dans les mois qui suivent, je perfectionne ma pratique d’ectoplasme sexuel, pour le plus grand bonheur de Jane. Par ailleurs, vite lassés par les très nombreux bains d’eau chaude qu’il fallait que ma bien-aimée prenne pour que nous puissions communiquer, Jane a fait l’acquisition, dans une boutique spécialisée dans le spiritisme de Kensington High Street, d’un oui-ja. Cette planche en bois, sur laquelle apparaissent les lettres de l’alphabet, les dix chiffres arabes ainsi que les termes « yes », « no » et « goodbye » nous permet de communiquer bien plus facilement à l’aide de la "goutte", un objet en forme de flèche que je fais bouger et pointer vers la lettre, le chiffre ou le mot que je veux lui faire connaître.

Nous passons ainsi chaque jour beaucoup de temps à communiquer à travers cet ingénieux objet.


Jane, curieuse comme une pie, m’interroge sur tout ce qui se passe au château. Jeune demoiselle dans l’ère victorienne, elle n’a pas bénéficié d’une éducation très poussée, si ce n’est dans les bonnes manières et dans les travaux domestiques, travaux qui de toute façon, au château de Laze, sont menés à bien par les nombreux domestiques. Alors nous passons beaucoup de temps à parfaire son éducation. Et comme elle est dotée d’une nature très sensuelle, elle m’interroge également beaucoup sur la sexualité et les relations sexuelles qu’entretiennent tous les habitants du château, même les plus anonymes.


Et tout ce que je lui raconte sur ce sujet, elle me demande de le faire ensuite avec elle. Au fur et à mesure, elle développe un appétit pour des jeux érotiques de plus en plus aventureux… et moi je développe toujours plus finement mes talents de "pénétration" ! Je deviens d’ailleurs vite un vrai expert en ces jeux, à un niveau incommensurablement plus élevé que les talents que je prétendais avoir avant ma mort.


Ainsi, en quelques mois, Jane n’ignore plus rien des plaisirs de la fessée, de la stimulation et de la pénétration anale, et de bien d’autres pratiques que les bonnes mœurs du 19ème siècle qualifient encore de perversité. Mais je sais, même si "elle aime bien l’amour que l’on fait tranquille", comme le dit l’albinos aux lunettes blanches, qu’ayant emmagasiné autant de connaissances sensuelles, elle brûle de pouvoir vraiment les mettre en action avec un homme, un vrai, pas un ectoplasme invisible.


C’est pourquoi, contrairement à la chanson, je ne veux pas qu’on me plaigne si on lui donne un autre fiancé. Au contraire, je mène une vraie enquête dans tout Londres pour trouver l’homme qui serait digne d’épouser ma bien-aimée : un homme jeune mais ayant déjà de l’expérience, un bon parti appartenant à l’aristocratie, puisque Jane de Laze ne saurait déchoir. Mais surtout un homme dont la sensualité sera aussi exaltée que celle de Jane. C’est pourquoi je passe un temps infini dans les bordels, dans les hôtels, dans les maisons que fréquentent les jeunes aristocrates londoniens.


Et le soir, dans le doux havre de la chambre de Jane, quand elle et moi, repus, nous nous écroulons sur le sol (enfin, surtout elle, parce que moi, si je m’écroule, je passe à travers le plancher), nous réduisons petit à petit la short list des maris potentiels jusqu’à ce qu’il n’en reste que trois. Ensuite, je passe la main à ma belle qui s’arrange – privilège de sa haute naissance – pour fréquenter ces trois candidats qui ignorent l’être.


Et c’est ainsi, deux ans après ce bal maudit qui m’amena au gibet, qu’en ce magnifique mois de juin 1859 Jane de Laze devient officiellement Lady de Rosslyn en s’unissant à Robert Francis St Clair-Erskine, actuel Lord Loughborough et futur 4ème Earl de Rosslyn, de trois ans son aîné.


Robert, bel homme aux cheveux blonds et à la moustache rousse est, comme j’ai pu maintes fois l’observer, un fin connaisseur en matière de sexualité, veillant à toujours amener sa partenaire au plaisir avant de s’y abandonner lui-même. Je sais qu’il est le partenaire idéal pour Jane parce que – je peux le dire maintenant, il y a prescription – il a eu l’occasion de connaître Jane de manière biblique bien avant ce mariage.

Et, ce soir du 18 juin, j’accompagne les deux jeunes mariés dans la chambre nuptiale. Jane le sait, Robert ne le sait pas.


Sitôt la porte de la chambre refermée, Jane se pend à son cou. Il est bien plus grand qu’elle. Il la prend alors dans ses bras pour doucement la coucher sur le lit, mais elle se relève et lutte avec les boutons de sa robe de mariée. Je sais son impatience ; Robert, s’en rendant compte, l’aide dans son travail. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, Jane se retrouve juste vêtue d’un fin corsage, d’une jolie culotte en dentelle blanche et de bas, blancs également, suspendus à un porte-jarretelles.


Elle s’attaque maintenant au costume d’officier de l’armée britannique de Robert, et peu après l’uniforme rejoint sur le sol la robe de mariée. Robert se retrouve entièrement nu, sa virilité déjà fièrement dressée, son souffle déjà court. Ses yeux ne peuvent se détacher du corps de sa toute nouvelle épouse, si érotiquement mis en valeur par la lingerie qu’elle porte.

Je me glisse dans le dos de Jane. Si Robert ne peut me voir, Jane sent mon contact et mes caresses, et elle en frissonne. J’aime l’odeur d’excitation qui se dégage d’elle à ce moment.


Dégrafant un à un les boutons de son corsage, Jane se dévoile lentement pour les yeux adorateurs de son mari. D’abord son cou qui se dégage, puis le galbe d’un sein qui se découvre, puis les deux. Enfin, avec le dernier bouton apparaît son joli nombril où je ne peux m’empêcher de darder ma langue (enfin, presque…). Son ventre se creuse sous la caresse et un nouveau frisson la parcourt des pieds à la tête.


Rejetant les épaules en arrière, elle fait tomber son corsage sur le lit et pose crânement sous le regard enamouré de Robert. Répondant à cette invitation, il la prend à nouveau entre ses bras puissants et l’allonge sur les draps. Comme Jane a eu la bonne idée de porter sa culotte sur le porte-jarretelles et non dessous, il la délivre rapidement de ce dernier obstacle. Reculant, je le laisse à la manœuvre, d’autant plus qu’il me semble se débrouiller très bien d’après les gémissements qui sortent de la gorge de Jane.


Ils sont très beaux, tous les deux, rendus magnifiques par l’amour qu’ils en sont vite devenus à éprouver l’un pour l’autre. Pas un instant elle ne quitte son époux du regard, parcourant tout son corps, mais s’attardant surtout sur ses yeux noirs et sur son sexe tendu. Elle est là, nue, totalement offerte à son conquérant, la respiration saccadée par le désir qui la submerge.


Foin de préliminaires ! Il décide, en seigneur et maître qu’il est maintenant, de la prendre immédiatement. Venant la recouvrir, il tend les fesses et se retrouve d’un seul coup au plus profond de son intimité. Jane pousse un long soupir, émanation du plaisir absolu qu’elle éprouve à enfin se donner à un homme en tant qu’épouse légitime. Ses mains viennent se poser sur les fesses de Robert, l’invitant à la pénétrer encore plus profondément.


À longs coups de reins, il s’enfonce le plus loin possible puis ressort presque avant de reprendre ce cycle rapide. Les jambes bien écartées, Jane est parfaitement positionnée pour l’accueillir. Elle glisse un peu sur les draps, se tortillant pour lui permettre d’entrer encore plus profondément en elle, jusqu’à ce qu’il ne puisse aller plus loin.


Les yeux de Robert sont à moitié fermés, ses mains à plat sur le lit et les coudes solidement verrouillés. Il la pilonne en un rythme rapide et régulier, sa respiration s’adaptant à la partition qu’il exécute. Jane s’est installée confortablement, se laissant aller au plaisir de cette pénétration intense, son souffle en harmonie avec celui de son mari. Elle flotte doucement, se laissant porter par ce sentiment de plénitude que lui procure toujours l’emboîtement parfait d’un sexe – le mien ou celui de Robert – au plus profond de son intimité.


Après quelques minutes, le temps pour Robert de brûler un peu d’énergie, elle commence à reprendre un peu le dessus. Elle ralentit le balancement de ses fesses, le désynchronisant du rythme avec lequel il entre et sort d’elle. Petit à petit, tout naturellement, sans qu’il en ait seulement conscience, son rythme ralentit, devenant plus agréable, doux, sensuel. Il est toujours ferme, toujours en elle profondément, mais leurs pubis ne s’entrechoquent plus à chaque poussée virile.


Puis elle se dégage, le pousse en dehors d’elle afin qu’il s’allonge à ses côtés. Se redressant, elle vient s’agenouiller sur le ventre de son mari et, saisissant d’une main ferme son sexe rigide, elle vient s’empaler dessus.


Maintenant qu’elle chevauche son homme, c’est elle qui est maîtresse du rythme. Elle est magnifique, le corps couvert d’une fine pellicule de sueur, les seins offerts, les tétons pointant orgueilleusement. Je me glisse alors contre elle puis, cédant à la tentation, profitant de mes dons spectraux, je me glisse en elle.


Pour la première fois, je suis toujours homme, mais je suis aussi femme. Je ressens d’un seul coup toutes les sensations qu’elle éprouve. Quelle merveilleuse découverte ! Je ne fais plus qu’un avec ma bien-aimée, et le sexe de Robert nous pénètre tous les deux. Je vérifie cet incroyable tour de passe-passe en saisissant entre mes mains ses seins gonflés de désir. Mais oui ! Je ressens ce contact comme si j’étais elle. Encore une fois, quelle délicieuse découverte ! Et le sexe la pénétrant, me pénétrant, m’apporte des sensations qui sont sans commune mesure avec les gourdins de mes geôliers lorsqu’ils me sodomisaient à la prison de Newgate.


Peut-être suis-je ainsi le premier homme (enfin, presque un homme) à pouvoir enfin ressentir ce qu’est le plaisir féminin. J’avoue avoir parfois rêvé, de mon vivant, être une femme pour connaître le plaisir orgasmique. Quelque chose me dit que ce soir, je vais enfin connaître ce grand bonheur.


Robert est un amant habile qui sait alterner les mouvements, les angles, et veille à ce que Jane (et donc moi) ressente le plaisir monter en elle. Nous l’avons bien choisi !

Nous nous abandonnons entre ses bras puissants, martelés par son sexe, qui, de plus, est sensiblement plus épais que le mien, ce qui semble ne pas déplaire à Jane. Adroitement, il varie les plaisirs, mais j’imagine qu’il doit être surpris par le répondant de sa toute fraîche épouse. Bien sûr, il la savait non vierge, mais je doute qu’il lui connaissait une telle expertise dans les jeux érotiques.


D’ailleurs, reprenant l’initiative, Jane expulse son mari, puis se mettant à genoux en travers du lit, elle couche sa tête et son torse sur l’oreiller et d’un geste totalement impudique élève dans les airs son magnifique postérieur. Elle projette derrière elle ses deux mains afin d’écarter ses fesses en une invitation muette à être possédée encore plus intimement, par un autre orifice que celui utilisé jusqu’à présent.


Là, Robert marque un temps d’arrêt, visiblement interloqué de la perversité dont Jane fait montre. Mais il se ressaisit vite et, se penchant vers les fesses de son épouse, il darde sa langue vers le petit œillet si complaisamment offert par Jane. Lentement, il l’humecte de sa salive, puis formant une petite pointe de sa langue, il la pénètre doucement pour l’amener à se détendre de plus en plus.


Bientôt, Robert relève la tête et deux de ses doigts s’aventurent et forcent les dernières résistances de Jane. Elle tend les fesses en une offrande explicite pour qu’il continue ce traitement. Deux doigts d’abord, puis lorsqu’il a massé le sphincter pendant un certain temps, je ressens, toujours dans mon échange fusionnel avec Jane, un troisième doigt qui se joint aux deux premiers. Jane se retrouve ainsi rapidement avec l’anus suffisamment dilaté pour que Robert se redresse, et la prenant fermement dans ses bras, l’allonge à plat-dos sur la couche.



Ainsi exposée comme on ne peut l’être davantage, Jane ne peut que suivre ce que Robert lui impose, et le regarder prendre à nouveau l’initiative. Le sexe de Robert se dresse, tendu, le gland cramoisi et déjà suintant de liquide séminal, puis glisse vers sa vulve, allant et venant sur sa fente.


De l’intérieur de Jane, j’observe ce sexe turgescent surgir, encore et encore, au-dessus du buisson auburn. Enfin, pour la dernière fois avant la profanation de l’interdit, il la pénètre par-devant, dans un nouveau feu d’artifice, une illumination de tout son être, un grand foisonnement d’étincelles qui irradient son ventre, mon ventre, lui coupant la respiration, la faisaient hurler son plaisir dans tout le château !


Bandant toujours plus fort, plus gros, il nous pourfend à plusieurs reprises, glissant à grands coups dans son vagin avec force ahanements, les yeux révulsés et la bouche déformée par le plaisir qu’il prend sans retenue. Enfin, saisi d’une sorte d’urgence, suant désormais à grosses gouttes, la face cramoisie, la respiration haletante, il s’agenouille devant le postérieur de Jane. Lui empoignant vigoureusement les fesses et les élevant, il coince ses cuisses en dessous, maintient horizontale sa verge qu’il branle à deux ou trois reprises, puis pointe son gland vers la rondelle plissée du cul de Jane.


Les jambes repliées sur sa poitrine, les chevilles en appui sur les épaules de Robert, Jane attend, victime absolument consentante de ce qui va suivre. Robert projette doucement son bassin en avant, et progressivement, à petites poussées, le bout de son gland commence à dilater l’anus de sa femme. Je ressens, en même temps que Jane, une douleur qui la crispe. Peu à peu cependant, la douleur diminue et est remplacée par une sensation de complétude due à l’épais sexe qui assouplit l’anneau musculeux qu’il tente de forcer. Heureusement, nous avions bien pratiqué ensemble cette pénétration durant les deux dernières années.


Jane se retrouve bientôt avec l’anus suffisamment distendu, et je perçois nettement, comme un aboutissement, le renflement du gland dépasser enfin le sphincter. La douleur est encore là, mais supportable. Robert a bien compris qu’il a assuré sa victoire et que l’essentiel est fait. En vrai gentleman, cependant, il marque une pause.



En mon for intérieur, j’approuve absolument. Il s’abstient de tout mouvement supplémentaire pendant quelques instants. Il pose simplement ses mains sur le mont de Vénus de Jane, passe ses doigts dans sa toison, et descendant ses pouces autour du clitoris, il commence, en pressant de part et d’autre sur ses grandes lèvres, à en masser le capuchon…


La douleur reflue au fond des fesses de Jane dans le même temps qu’elle éprouve un plaisir grandissant au massage que Robert lui prodigue. Par ailleurs, l’impression d’invasion massive de son rectum, de possession absolue qu’elle subit, et ce nouveau massage ont rallumé les braises qui couvent dans son ventre depuis qu’ils sont arrivés dans la chambre.


Progressivement, le bassin de Jane s’anime d’une vie propre, et la douleur de son anus disparaît à la pensée qu’elle se trouve enfin vraiment possédée à cet endroit-là, à cet endroit interdit, à cet endroit indicible, dont ils ont violé ensemble le tabou ; savoir que Robert va jouir au fond de son cul, tout ceci décuple la lame de fond qui s’emparée d’elle, de nous, et plus elle remue, plus la virilité de son mari s’impose ; plus sa possession s’affirme, plus elle ressent cette sensation de plénitude, d’être totalement, absolument comblée !



À cette supplique, Robert, dans un dernier mouvement, se retrouve totalement enfoui au fond des fesses de son épouse. Son sexe est maintenant un énorme mandrin, dur, long, tendu, pulsatif. Une fois introduit de tout son long, il repart en sens inverse, et la cyprine qui coule maintenant à flots de la vulve de Jane sur le sexe qui la sodomise fait que désormais le mouvement est beaucoup plus facile.


Il est presque ressorti, et Jane sent à nouveau la pression du gland sur son anneau. Il la pénètre alors brutalement de tout son long avec un cri de plaisir. Voyant que le passage est maintenant ouvert et que Jane ne souffre plus, il la pénètre aussi fortement qu’il l’aurait fait par-devant. Il va-et-vient comme un piston, sort régulièrement de l’anneau grand ouvert, puis entre à nouveau dans l’étroit fourreau dont il use et abuse, et à chaque enfoncement son ventre vient taper contre le clitoris de Jane.


Jane est transportée, et au fur et à mesure que je sens la jouissance l’envahir, la mienne croît également, si bien que lorsque sur une ultime poussée, alors que le sexe de Robert reste fiché tout au fond de son rectum et que nous le sentons palpiter et onduler pour enfin se vider dans le derrière de Jane, cette dernière pousse un grand cri, dans l’éblouissement de son propre orgasme. Pour moi, si intimement lié à Jane à ce moment, c’est comme si j’étais foudroyé. Jamais, jusqu’à présent, je n’avais ressenti une telle félicité, un tel éblouissement des sens.


Robert reste ainsi fiché en Jane encore quelques instants au cours desquels elle ressent petit à petit son sexe se rétracter. Très doucement, il se dégage et se couche à ses côtés, et les deux amants se retrouvent tournés l’un vers l’autre.

Ne voulant pas être plus longtemps l’intrus de cette intimité, je ressors enfin du corps de Jane, encore totalement transporté par l’expérience que nous venons de vivre.


Jane doit ressentir que j’ai quitté son corps car elle frissonne et vient se blottir dans les bras de Robert qui la serre amoureusement et la dévore des yeux. Ils partagent ensemble un instant de tendresse indicible dont l’émotion est si forte qu’elle irradie jusqu’à moi, pauvre ectoplasme qui flotte au-dessus de cette si belle félicité.


Et à cet instant, je suis heureux ! Heureux qu’elle ait trouvé en Robert l’homme qui saura la combler, l’aimer comme j’aurais souhaité le faire.




Troisième partie - « L’éternité, c’est long, surtout vers la fin ! » (Woody Allen)



Par la suite, je me suis beaucoup moins imposé auprès de Jane, ne voulant pas perturber leur bonheur. Cependant, toute à sa félicité, elle ne m’a pas oublié pour autant, et le oui-ja a encore beaucoup servi entre nous.


Jane et Robert ont eu cinq enfants ensemble : Millicent, James, Alexander, Sybil et Angela.

Le secret du fantôme du château de Laze s’est transmis de mère en fille ou en belle-fille jusqu’à nos jours, en même temps que le oui-ja.


Robert est mort en 1890 à 57 ans, mais Jane, ma tendre et belle Jane, est restée avec moi 43 ans de plus. Quand elle a quitté ce monde en 1933, j’avais espéré que nous nous retrouverions, mais apparemment elle est montée tout droit au paradis tandis que moi, mon purgatoire sur terre se poursuit encore aujourd’hui, en 2017.


Enfin, je dis purgatoire, mais je le vis bien : il y a eu tant de femmes, ici, dans ce château, qui se sont transmis le secret de Thomas, l’ectoplasme légèrement obsédé, qui vient les hanter pour leur plus grand plaisir…


Robert était le 4ème comte de Rosslyn, et le comte actuel, Peter, est le 7ème du nom. Sa femme, Helen, et lui ont eu quatre enfants dont deux filles : Alice en 1988, et Lucia en 1993…

Ah, Lucia ! Mais, chut, je n’en dirai pas plus !


Ou peut-être plus tard…



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