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n° 16517Calpurnia24/11/14
Au coeur du silence
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44643 caractères      
Auteur : Calpurnia      Série : Trajectoire dans la nuit - 01 / 03

Au cœur du silence

L’Espoir

Au cœur de l’espoir

L’Autre

Au cœur de l’autre

L’Amour


Andrée Chédid



Déjà notre formation se termine. L’ambiance a été des plus sympathiques, en dépit de la complexité technique du sujet dont je vous ferai grâce. À Montpellier, nous étions douze autour du formateur. Douze dont seulement deux femmes : moi-même et Valma, Finlandaise et Conseillère à l’ambassade de son pays.


Après ces trois jours passés ensemble, pas question de nous séparer autrement qu’autour d’un verre ! Le troquet du coin nous accueille tous ; la mousse coule abondamment dans les bocks et les rires fusent tout autour de la table. Faute d’avoir le courage de quitter si vite toute cette joyeuse assemblée, je vais volontairement rater le train qui m’aurait ramenée chez moi, en région parisienne. Non, je ne veux pas rentrer maintenant : mon triste et solitaire appartement attendra quelques heures de plus. Il faudra faire du stop.


Une heure du matin. Nous ne sommes plus que trois dans le bar qui va bientôt fermer. Les robinets à bière se sont taris en même temps que baisse le niveau sonore. Le patron compte sa recette en bâillant. Sam, le géant taciturne aux cheveux en bataille, et Denis, obèse autant que volubile, viennent de nous quitter pour rejoindre leurs familles. Il reste Frank, honnêtement éméché de sorte qu’il faudra l’aider à rentrer à son hôtel, pourtant tout près. Et Valma au visage adorable, avec ses courts cheveux roux, son regard si profond et si noir, reflet d’une intelligence brillante et d’une très grande douceur. Si elle parle peu, si elle est avare de son accent délicieux, ce n’est pas parce sa langue maternelle – le finnois – est éloignée du français qu’elle parle à la perfection, mais simplement par discrétion. Elle ne perd pas une miette de ce qui se dit, attentive aux moindres détails. Dans sa manière d’être se trouve une part masculine qui saute aux yeux, par exemple dans sa façon de s’isoler, pendant la formation, pour réfléchir aux problèmes ardus que le formateur nous soumettait.


Frank nous raconte sa vie trépidante de long en large, ses conquêtes féminines et ses voyages aventureux dans les pays chauds. Quelle est la part de vérité dans tout ce qu’il affirme : c’est une autre affaire. En attendant, il s’écoute parler en enchaînant les verres et même dans sa vantardise il est plutôt distrayant avec ses blagues un peu salaces et ses calembours. Il sort un harmonica de sa poche et nous joue un petit air entraînant. Valma, elle, ne boit pas d’alcool mais absorbe de grandes quantités de thé vert.


Je sors d’un dramagouine estudiantin, de ceux qui rendent un temps puissamment mélancolique. Et puis, comme il s’agissait d’une relation plus charnelle que véritablement amoureuse, je me suis résignée à voir partir la jolie sirène dont j’ai partagé le lit plusieurs mois durant. Me voilà donc rêvant toute éveillée de cette femme qui doit avoir dix ans de plus que moi, sans savoir si cette attirance est partagée. Dire qu’elle me plaît est un doux euphémisme. Je vais tout faire pour la séduire.


Chassés de ce lieu convivial, tous les trois nous sortons. La nuit d’hiver, étoilée et sans lune, est glaciale. Certains commerçants ont laissé leurs décorations de Noël qui est pourtant passé depuis près d’un mois. Nous ne sommes pas trop de deux pour soutenir notre collègue jusqu’à son lit où l’homme s’endort comme un bienheureux. Demain, il ne se souviendra sans doute pas d’avoir tenté de séduire les deux femmes qui l’accompagnaient au cours de la soirée, et de s’en être tiré avec un double râteau un peu honteux. Mais pour lui c’était sans espoir – du moins avec moi.


Valma accepte avec plaisir de me transporter en voiture jusque chez moi. D’avance, je me réjouis des sept cents kilomètres d’autoroute que nous passerons ensemble. Première surprise en découvrant sa voiture : ce n’est certes pas la Clio de madame tout-le-monde. Non, c’est un superbe coupé Audi R8. Fièrement, elle me décrit sa monture par quelques chiffres : 525 chevaux sans doute difficiles à dompter, et une absurde vitesse maximum supérieure à trois cents kilomètres à l’heure. Absurde ? C’est oublier son passeport diplomatique et ses plaques vertes arborant les lettres « CD » qui la mettent à l’abri des tracasseries guettant quiconque dépasse un tant soit peu les limitations. À bord de son véhicule, nous voici donc au-dessus des lois, ce qui – admettons-le – est un tantinet choquant. Elle sort de sa poche une boîte de comprimés blancs.



D’abord, poser la valise. L’emplacement pour cela est à l’avant, l’arrière étant réservé au moteur. Heureusement que je voyage léger, car il n’y a pas beaucoup de place pour les bagages. La voiture est assez petite, strictement biplace, et la manière de s’installer à bord n’est pas habituelle. Mais une fois disposée sur le siège semi-baquet en cuir, ceinture ajustée, c’est confortable. Et puis, c’est parti ! Une accélération à couper le souffle. Je suis collée au fauteuil. Incroyable : un coup d’œil au tachymètre m’indique 150 km/h alors que nous n’avons pas encore quitté Montpellier. Valma enclenche les rapports à la vitesse de la lumière : je vois à peine courir ses mains. Dans les faubourgs, les rues sont quasi désertes mais quelques étudiants fêtards errent encore dangereusement ici et là. Tout s’enchaîne en accéléré : voie rapide, ticket de péage, autoroute. Dès que la barrière se lève, Valma appuie à fond sur l’accélérateur. C’est démentiel : dans un hurlement du moteur, l’aiguille du compteur bondit jusqu’à des valeurs que je croyais réservées aux TGV ou aux avions. Les camions que nous dépassons semblent immobiles. Elle m’adresse la parole sans quitter un instant la route des yeux.



Deux poids-lourds se doublent entre eux. Je m’attends à ce que Valma patiente sur la file de gauche. Mais non, nous passons au milieu ! Pour notre étroit bolide il y a juste la place. La conductrice retient sa respiration pour éviter les mouvements de bras parasites. Les klaxons agacés des routiers s’éloignent à l’arrière. Je commence à penser que je suis montée dans la voiture d’une inconsciente qui va finir par nous tuer. Mais curieusement je ne ressens toujours pas de crainte. Seulement une curiosité mêlée d’enthousiasme. Sa fièvre de vitesse est communicative. Je m’accroche et observe.


La nuit, il faut savoir lire la route. À cette allure, évidemment, aucun droit à l’erreur. Tout y est code, points lumineux, ou traits de couleurs. Le jour, ce sont de grandes surfaces colorées, avec des ombres et des repères qui aident le cerveau à reconstituer la troisième dimension. Sans le soleil, tout est différent. Je n’ai pas l’habitude de conduire la nuit ailleurs qu’en ville. L’obscurité nous engouffre au fur et à mesure que nous avançons. Indépendamment de la vitesse, je suis sensible à la beauté du paysage nocturne de l’autoroute. C’est un tableau qu’il faut savoir regarder. Nous sommes à présent éloignées de toute source lumineuse. Par le pare-brise, je distingue l’étoile polaire. Nous filons plein Nord. Déjà nous attaquons les pentes du sud du Massif Central.


Je sens la concentration totale de Valma, à laquelle je n’ose pas adresser la parole, en ne distinguant que sa silhouette, sauf de très brefs instants où des phares d’un autre véhicule nous atteignent comme un éclair d’orage. En devinant plus qu’en voyant son visage, je suis gagnée par la fascination pour cette femme qui fait corps avec la route d’une manière si totale que plus rien d’autre n’existe. Sa poitrine se soulève avec régularité, signe qu’elle reste parfaitement calme, sans gaspiller son énergie.

Elle prend une bretelle d’aire de service. À cette vitesse, la consommation de carburant impose un ravitaillement fréquent. Tandis qu’elle tient le pistolet de la pompe à essence, quitte à risquer une rebuffade comme Frank, je me lance d’une phrase bien préparée :



Je hasarde une main sur la sienne. Tout en remplissant son réservoir, elle m’adresse un sourire en retour. Tout va bien. Elle va payer ; je l’accompagne. À plus de deux heures du matin, nous sommes les seuls clients. Le gérant semble dérangé par notre présence tant il était absorbé par sa lecture d’une revue typiquement destinée aux hommes – il en vend, aussi, pour les routiers et automobilistes esseulés en mal de charme féminin. Les titres sont évocateurs : Fellations dans la cabine, Partouzes en folie. Curieuse comme une chatte, je feuillette. Le type me regarde d’un drôle d’air, surpris qu’une dame s’intéresse à cette littérature. Charmantes demoiselles, bien peu vêtues. Des seins grand format, des sexes parfaitement épilés ; cela fourrage à toutes les pages. Gageons que ces hymnes à la sexualité débridée seront retirées au petit matin, histoire d’éviter qu’un bambin un peu fouineur, les découvrant, pose à ses parents quelques questions gênantes. Indiscrète et coquine, Valma lit par-dessus mon épaule lorsque je suis sur une page ayant pour cadre la cabine d’un camion ; on y voit une blonde sucer la verge d’un homme qui semble beaucoup aimer cela, et qui en retour lèche le sexe de la fille dans la position du soixante-neuf. J’entends murmurer à mon oreille :



Je pose la revue et lui susurre :



Elle s’octroie un paquet de bonbons, le paie, et en ingurgite immédiatement deux.



Elle m’emmène à l’écart, à l’abri du vent et des curieux éventuels, derrière le bâtiment. Elle me prend dans ses bras et m’embrasse sur les lèvres.



Afin de m’immerger dans ses odeurs, je plonge mon nez entre les seins, sous son grand manteau. Elle me surprend en baissant son pantalon.



J’abaisse aussi sa culotte afin d’exaucer son souhait. Elle n’a vraiment peur de rien, et vit à fond ses désirs, sans limites. Je commence doucement par déposer quelques baisers au haut des cuisses, puis au bas de son ventre, et sur son abondante toison pubienne. Le mont-de-Vénus, souple et bombé, est sous mes lèvres. Les fragrances de son intimité m’enchantent. Je dois rêver. Alors, profitons au maximum de ce rêve. Ma langue s’insinue entres les grandes lèvres, à la recherche du petit bouton des délices. C’est là. Dégageons-le de son fourreau. Elle sursaute, respire profondément et tient ma tête entre ses mains. J’entends ses petits râles de plaisir. Elle est déjà en phase de plateau. Sa vulve suinte déjà en abondance des fluides du désir. J’aspire et je balaye, je lape et vrille et suçote. « Déguste cette gâterie et prends ton temps, Valma ma rousse, ma toute-douce, charmeuse et mystérieuse, nous ne sommes pas pressées. Personne ne m’attend. » Certes, j’ai un peu froid aux pieds, mais j’ai la tête au chaud contre son antre humide et doux. Je l’entends murmurer des choses dans sa langue, des mots mystérieux qui résonnent en moi comme des mots d’amour. Peut-être que ce sont de tendres obscénités, des propos câlins et lubriques, romantiques et graveleux.


Elle se cambre, bascule sa tête en arrière, et serait tombée si je ne l’avais pas retenue de deux mains sur les fesses. Elle jouit en sautillant de joie, comme une petite fille devant ses cadeaux de Noël. Mais Noël c’est passé, mais la vie nous a changées, mais ce sont d’autres plaisirs qui nous surprennent au tournant d’une autoroute, par une nuit d’hiver qui n’est pas sombre car les couleurs du désir la peinturlurent sans mesure.


Près de nous les grondements des camions sur les quatre files couvrent le râle discret de l’orgasme. Ce sont les globules rouges d’un sang qui irrigue les plateformes logistiques européennes. Comme celle de Saran, droit devant, gigantesque, enfer sur terre pour ses « pickers » manutentionnaires. De ce lieu inhumain part en période de fête un camion rempli de jouets et de babioles toutes les sept minutes. Parmi les routiers, des Polonais et des Espagnols, des Bulgares et des Portugais, esclaves modernes comme enchaînés à leur camion, roulant dix-huit heures par jour, chronotachygraphe trafiqué, parfois imbibés pour supporter la pression (1). Dans le même temps, indifférente à ces enjeux, une chouette chasse au-dessus de nos têtes et vient se poser sur le bord du toit.


J’ai envie du contact direct avec la peau de Valma. Au diable le froid. Je me débarrasse de mes vêtements, puis je la déshabille. Elle se laisse faire. Nous nous enlaçons. Je caresse sa peau, partout. Sur son ventre, tout en bas, je sens à tâtons une grande cicatrice, mais ce n’est pas le moment pour les questions. Juste la tendresse. Juste l’attachement avant que la vie, dont je crains la fourberie, nous arrache l’une à l’autre.


Soudain, en jetant un coup d’œil par-dessus son épaule, ce que je vois m’inspire un fou-rire. Elle me regarde, étonnée. Je lui montre du doigt la raison de mon hilarité : nous somme juste dans le champ d’une caméra de « vidéoprotection », offrant au gérant un spectacle auquel il devait à peine rêver dans ses fantasmes les plus fous. Nul doute qu’il va aimer un peu plus son métier après ce que nous lui avons montré.



Le pilier d’un réverbère fait office de barre verticale, parce que ma spécialité, c’était le pole dancing. Certes, mon niveau a souffert de deux ans sans pratiquer ce sport dont la sensualité ne doit pas faire oublier les exigences physiques, et l’axe improvisé possède un diamètre qui est un peu trop grand pour cet usage. Cela ne m’empêche pas de m’enrouler érotiquement rien que pour le plaisir de ses yeux. À deux, d’autres figures sont possibles, et je l’invite à m’accompagner. Pour un public imaginaire, sans autre musique que le bruit de la circulation, sans autre éclairage que celui, jaune et blafard, de notre lampadaire au sodium, nous offrons aux étoiles un spectacle charnel. Valma rit ; nous jouons comme des enfants, légères, souples et insouciantes.

Essoufflées, nous redescendons sur terre.



Nos habits en mains, nous recherchons pour nos tendres ébats un autre endroit plus discret, avec moins de lumière. Mis à part les chouettes, la faune noctambule est parfois dangereuse. À l’angle d’un bâtiment nous croisons quatre motards aux lourds blousons de cuir. Dès qu’ils nous voient, ils s’adressent entre eux des signes de la tête. Ce n’est pas bon signe. Rapidement ils nous cernent dans la quasi-obscurité. L’un d’eux a un couteau dont la lame menaçante reflète les lumières de l’aire. Deux en face de nous, deux autres pour nous couper la retraite. Trop tard pour s’enfuir. Inutile de crier. Leurs intentions n’ont rien d’équivoque. Nous allons devoir nous défendre.



Deux agresseurs se précipitent vers nous tandis que les deux autres attendent leur tour et font le guet. C’est parti. À chacune sa technique. Ma compagne lance un pied droit devant elle, juste entre les jambes. L’homme, aux réflexes peut-être émoussés par l’alcool, n’a pas le temps d’esquiver. Il reçoit cinq orteils repliés en boule, propulsés directement dans les testicules. La douleur le met immédiatement hors de combat. Ma méthode est différente, quoique éprouvée par quelques années de fréquentation du monde de la nuit : mains jointes, je bascule mes bras repliés dans un sens puis l’autre. Le type prend un coude bien pointu, en plein élan, dans son estomac, ce qui coupe le souffle. Provisoirement. Il faut fuir. Les deux autres, voyant les difficultés inattendues de leurs complices, s’élancent à leur tour dans notre direction. C’est le moment de montrer nos capacités de sprinteuses. Vite, la voiture. Ils ne parviennent pas à nous rattraper. Pas le temps de mettre la ceinture avant de démarrer : c’est moi qui boucle celle de la conductrice alors que nous fonçons déjà sur le macadam.



Effectivement, quatre phares de motos nous suivent, malgré les deux cent cinquante kilomètres heure de l’Audi. C’est un moment de folie : zigzags entre les camions, incursions sur la bande d’arrêt d’urgence, crissements de pneus, dérapages et corrections de trajectoire à la sortie des virages qui nous sautent à la figure. Les autres sont motivés, pilotent bien et ne lâchent pas leur proie. J’ai confiance en ma compagne.


Deux motards sont presque collés à notre pare-chocs arrière. Valma freine brusquement puis accélère. Un choc sourd nous secoue. Je me cramponne, pas rassurée du tout. Si elle avait voulu, en dosant son freinage un peu plus sèchement, elle aurait pu les laisser passer par-dessus la voiture dont elle se serait servie pour les tuer. Son visage est impassible, sans colère ni haine. Seulement une totale concentration ne laissant apparaître aucune émotion. Les motos percutées sont couchées sur le bitume et s’éloignent rapidement. Les deux autres agresseurs abandonnent la partie pour secourir leurs comparses, autrement ceux-ci pourraient vite finir écrasés sous un camion. Fin de l’épisode. Mais nous ne ralentissons pas. Deux cent quatre-vingts. Trois cents, trois cent dix dans une longue ligne droite. Vibrations, bruit puissant du moteur. Je me rends compte que nous sommes nues et que nos vêtements sont sur une aire d’autoroute sur laquelle il serait risqué de revenir. Je pose sur sa cuisse une main qu’elle repousse aussitôt. Pas de câlins en roulant, trop dangereux.



Je glisse deux doigts dans ma fente. Le vibrato de la voiture s’ajoute au stress de la situation que nous venons de vivre : tout cela me procure une stimulation certaine. La vitesse est aphrodisiaque. Le majeur de ma main droite titille mon clitoris, d’abord tout doucement, puis un peu plus fermement, dans un mouvement circulaire et régulier. Je pratique cela presque quotidiennement dans mon lit ou bien sous la douche, mais dans une voiture, c’est une première. Les bandes blanches qui s’effilochent du ruban routier m’inspirent. Il ne me faut pas longtemps avant d’atteindre l’orgasme. Comme je n’aime pas avoir les jambes repliées à ce moment-là, je les étends sur la console, au-dessus de la boîte à gants, les pieds contre le pare-brise qui me rafraîchit, ce qui n’est pas désagréable.


Je gémis un peu plus fortement que nécessaire afin de faire partager ma volupté masturbatoire à celle qui conduit, en couvrant le bruit du moteur. Comme toujours, en plus de transpirer par chaque pore de ma peau dénudée, je mouille en abondance : mon corps n’a jamais été avare du liquide sexuel. À l’acmé de l’onanisme, dans un faux-plat en descente, Valma accélère encore, jusqu’à la vitesse maximum possible. Mon odeur de chatte en rut, ruisselante de mon jus de femme jusqu’à inonder son beau siège en cuir – je l’avais prévenue – doit parvenir jusqu’à ses narines pour susciter son excitation. Je la vois se mordre la lèvre inférieure et s’associer à ma jouissance. Un radar fixe judicieusement positionné à cet endroit nous flashe en pleine figure. Nous avons peut-être battu un record, et la photo sera intéressante pour qui la verra. Surprise, Valma s’autorise un petit écart, heureusement sans conséquence. Je lui demande si elle s’était déjà fait arrêter.



Bientôt il faut s’arrêter à nouveau pour ravitailler la gourmande bête aux cinq cents chevaux assoiffés de super sans plomb. C’est une aire de repos très vaste, avec une passerelle entre les deux sens de circulation. Afin de paraître un peu plus présentables aux yeux des caméras de surveillance, nous allons récupérer d’autres vêtements dans nos bagages. Ici, on paie par carte bancaire, et on s’en va. Aucun contact humain, juste une machine à un seul bras qui nous délivre le précieux liquide.


À une centaine de mètres de la station-service, des prostituées tapinent. Tenues légères, regards dans le vague, comme pour fuir leur situation en laissant leur esprit s’envoler vers d’autres cieux moins sordides. Ce sont des filles de l’Est, peut-être Ukrainiennes ou Bélarusses, qui racolent à côté des camionnettes dans lesquelles elles effectuent leurs passes. Avec leur jambes immenses et dénudées, elles ressemblent à des poupées Barbie oubliées, démantibulées et aux vêtements manquants, abandonnées dans un coin de chambre par une enfant devenue adolescente et qui à présent leur préfère d’autres jeux. Valma abaisse la vitre et leur parle dans leur langue.



Je l’embrasse pour la faire taire.



Glissant une main sous mon corsage, elle me caresse doucement les seins dépourvus de soutien-gorge. J’adore ce geste, lorsque ses doigts frôlent les aréoles et titillent les tétons. Les mamelons se dressent sous l’effet du désir. Elle défait quelques boutons afin de me peloter tout à son aise. Je la laisse me tripoter : c’est agréable. L’endroit est sensible à cet aimable mignotage. Je la guide un peu, pour qu’elle insiste sur cette zone délicieusement érogène.



Elle ne dit rien et sourit. Ça y est, le plaisir me submerge. Merci, Valma.



De la boîte à gants, elle extrait un œuf vibrant. Glissant une main sous sa robe, elle écarte les jambes et insère l’objet au creux de son vagin, puis me remet la télécommande.



Nous repartons. Les virages s’enchaînent. Le ruban routier devient sinueux. La limitation de vitesse descend à 100 km/h. Dans les descentes, pour nous, c’est le triple. Collée à mon siège, je regarde le paysage. Dans une section à peu près dégagée, j’enclenche les vibrations. En réponse, Valma ouvre grand sa bouche d’où ne sort aucun son. Elle ralentit légèrement pour s’habituer, puis accélère à nouveau. À l’approche de Clermont-Ferrand, le trafic se densifie : il faut ralentir. Une voiture de gendarmerie nous double ; on nous intime l’ordre de nous arrêter sur l’aire suivante. Deux gendarmes en uniforme se présentent et demandent courtoisement à la conductrice de présenter passeport et papiers du véhicule. Facétieuse, j’envoie le maximum de vibrations en cachant le boîtier. Valma reste imperturbable et fournit les documents demandés, en dépit du feu qui embrase son sexe, puis repart. Ses yeux brillent et pourtant elle se maîtrise. On nous laisse repartir.



Nous prenons une bretelle de sortie.



Les routes de montagne sont verglacées par endroits. C’est donc à une vitesse relativement réduite que nous parvenons à un pré enneigé à proximité d’un sommet. Le lieu est complètement désert. Valma arrête sa voiture mais laisse les phares allumés. Elle descend, marche dans la neige et m’invite à la suivre. Elle écarte les jambes et relève sa robe rouge écarlate, me montrant qu’elle ne porte pas de culotte. Le flux jaune et tiède jaillit, fumant sur la glace et dévalant aussitôt la pente. Elle sourit de sa provocation.



Je pisse accroupie, pantalon sur les chevilles. Dès que je suis rhabillée, elle éteint ses phares, se jette sur moi et nous nous embrassons à pleine bouche, longuement, dans l’obscurité. Elle me fait tomber et se jette au sol en même temps. Enlacées, nous nous roulons dans la poudreuse immaculée. Nous regardons le ciel ; progressivement nos yeux s’habituent à la faible luminosité.


La Voie Lactée apparaît, aspergeant superbement le ciel de part en part. C’est la galaxie à la périphérie de laquelle nous vivons. Au sud, elle poursuit Orion, le chasseur aveugle des nuits d’hiver, amant de Diane chasseresse. La principale étoile de cette constellation, Bételgeuse, tout contre le filament galactique, est une géante rouge 600 fois plus grande que le Soleil. Elle a déjà consommé presque tout son hydrogène, qui est son carburant thermonucléaire. Pour cette raison, elle risque à tout moment de périr dans une gigantesque explosion qui la rendrait si brillante qu’on la verrait en plein jour. Si cela s’est déjà produit il y a moins de quatre siècles, nous ne le savons pas encore, car c’est le temps que met sa lumière pour nous parvenir (2). Ce point lumineux rougeoyant est peut-être le fantôme d’une étoile déjà morte.

Serrées l’une contre l’autre, nous n’avons pas froid. Je lui murmure à l’oreille.



Fermement accouplées, roulant sur nous-mêmes, nous dévalons la pente ensemble. Je suis désorientée, mais cramponnée à celle que j’aime. Nous nous embrassons encore. Nous contemplons le ciel étoilé, extraordinairement pur en cet endroit retiré. Couchées sur le dos, nous contemplons longuement la voûte céleste, dans silence qui s’impose devant une telle merveille. Il n’y a aucun bruit autour de nous, aucun vent ni aucune lumière, sinon une lune gibbeuse qui vient de se lever. Nous nous tenons fermement par la main, sans nous regarder. Pour s’émerveiller devant un ciel nocturne, les connaissances scientifiques ne sont absolument pas un passeport indispensable. Par contre, il faut, en plus du calme extérieur, faire taire le bruissement des pensées utilitaires, le flux des idées du quotidien, afin de se laisser imprégner par la magie et la paix et retrouver son innocence, admettre que notre vie n’est qu’un étincelle absolument infime à l’échelle cosmique. L’observation céleste est aussi une leçon d’humilité.


Devant nous, l’univers, immense. Dans un ciel sans nuage, éloigné de toute pollution lumineuse, deux mille étoiles sont offertes à nos rêveries contemplatives. Sous notre dos, la Terre qui nous propulse à environ 30 kilomètres par seconde – plus ou moins selon les saisons – autour du Soleil, lequel nous emmène à 230 kilomètres par seconde autour notre galaxie, laquelle appartient à un groupe local qui bouge à 600 kilomètres par seconde, attiré par l’amas de galaxie de la Vierge. Nous appartenons également à un superamas qui se dirige à grande vitesse vers le grand attracteur. Quant aux galaxies les plus lointaines, nous les fuyons, dans un univers dont l’expansion s’accélère à cause d’une énergie noire dont la nature est totalement mystérieuse.


Nous sommes, malgré nous, avec l’ensemble de l’humanité, les danseurs d’un formidable ballet cosmique. Sept milliards d’êtres humains agrippés sur une minuscule boule rocheuse. Acteurs d’une chorégraphie complexe, nous virevoltons au rythme d’une musique dont nous ne comprenons qu’une partie des accords. Les télescopes terrestres et spatiaux sont les yeux qui nous permettent d’essayer de mieux déchiffrer cette partition subtile. Il est probable que celle-ci soit si complexe qu’il faille encore des millénaires de recherches et d’observations assidues avant que des hommes finissent d’en découvrir tous les détails. Si tant est que ce soit possible.


Autour de ces milliers de points lumineux qui scintillent – et qui ne sont qu’une infime poignée d’astres visibles jetée sur l’immense plage du cosmos – d’innombrables planètes sont en orbite. Chaque semaine, les astronomes en découvrent de nouvelles, grandes et moins grandes, orbitant à différentes distances de leur étoile. Quelques-unes d’entre elles hébergent peut-être des civilisations qui ne demandent qu’à communiquer avec nous, à nous enrichir de leurs découvertes scientifiques, de leurs œuvres d’art et de leurs mythes religieux, pour peu que nous nous donnions la peine de les écouter. Éprouvent-ils eux aussi des sentiments les uns pour les autres, couchés dans la neige en regardant le ciel au fond duquel se trouve notre petite planète ?


Le vent du sud se lève, d’abord timide, puis un peu plus assuré. Il n’est pas froid, mais il est chargé d’humidité. En caressant la cime des sapins, il imite le bruit de la mer. J’ai l’impression que nous nous trouvons sur un bateau, embarquées toutes voiles dehors pour un voyage interstellaire à la découverte de mondes nouveaux, au-delà des limites de ce qu’il est possible d’observer depuis la Terre. Les embruns de la Voie Lactée nous mouillent déjà. Bientôt un voile nuageux nous masquera les étoiles.


J’entends Valma sangloter. Des larmes s’écoulent le long de sa joue pour tomber dans la neige. Elle tourne la tête de mon côté et me sourit. Sourire au clair de lune mêlé du sel de ses beaux yeux sombres. Pleure-t-elle devant la beauté du spectacle qui s’offre à nos yeux, et qu’elle avait tenu à me montrer ? Ou bien, bousculée soudain dans sa solitude, est-ce la joie de notre rencontre et la violence de ses sentiments ? Son visage énigmatique cache une incroyable sensibilité. Tendrement, j’essuie son visage du revers de ma main glacée.


La suite, je ne m’en souviens qu’à travers une brume étrange. Bercées par la ronde des étoiles, nous avons dû imprudemment nous endormir. Même elle, malgré les amphétamines. C’était juste un rêve.


Ma compagne a disparu. Où es-tu, mon amour, toi la chair de ma chair ? Pourquoi t’es-tu enfuie au fond de cette nuit si obscure ? Ou peut-être as-tu été enlevée ? Comment pourrais-je te retrouver ? Je veux courir à ta recherche, mais mes jambes ne m’obéissent plus. Je veux crier ton nom pour t’appeler, te supplier de revenir vers moi, mais aucun son ne sort de ma gorge. L’angoisse m’envahit ; je manque cruellement de toi et suis paralysée.


J’entends des pas qui se rapprochent, les pas de quelqu’un qui marche dans la neige. De loin, il me semble voir une silhouette de femme se détachant sur le ciel étoilé, avec une ample robe blanche et de longs cheveux. De près, au clair de lune, il s’avère que le visage est masculin. Il me sourit et son regard est rempli de joie. Dans une main, il tient une coupe, de l’autre un long bâton de bambou qu’il me tend pour m’aider à me relever, mais qui aussitôt que je tiens se transforme en crotale. Le serpent s’enroule autour de moi et me pique au sein. Pourtant, je ne ressens aucune douleur : c’est comme un enfant qui tète, et bien que je n’aie jamais enfanté, je l’allaite. L’homme m’offre à boire dans sa coupe : c’est du vin, chaud, parfumé et enivrant. Il me propose de le suivre, ce que je m’apprête à faire, ensorcelée. Je lui demande son nom. Il me répond « Dionysos, celui qui est né deux fois ».


Quelqu’un me secoue dans mon sommeil. La première chose que vois, ce sont de grosses chaussures de marche. Un homme corpulent au visage ridé, tenant une lampe de poche et portant un fusil en bandoulière, me parle.



Valma s’éveille aussi. Elle se lève et secoue sa robe chargée de givre.



Nous grelottons. Il nous tend la main pour nous aider à nous relever, car nous sommes un peu ankylosées, et nous offre à boire un peu de vin chaud à sa gourde isotherme. J’en prends quelques gorgées – cependant Valma reste sobre. Cela fait tourner la tête, mais réchauffe efficacement. Nous remercions d’un sourire celui qui nous a probablement sauvé la vie. Il doit penser que nous sommes folles de nous étendre en petite tenue par ce froid, et sans doute a-t-il raison. Mais il se trouve que j’ai beaucoup apprécié cette folie. C’était notre voyage au cœur du silence.


Après lui avoir adressé un geste amical de la main, nous repartons. Maintenant, place au bruit. Valma reprend un cachet pour ne pas s’endormir à nouveau. De retour sur l’autoroute, le chauffage nous restitue progressivement nos couleurs. Si ce chasseur providentiel – qui est un peu braconnier parce que la chasse par temps de neige est interdite – ne nous avait pas trouvées, nous nous serions endormies pour toujours, et au matin les gendarmes se seraient demandé ce que nous faisions là, couchées au milieu de nulle part.


Je ne m’endors pas, regardant tantôt le paysage, tantôt le visage impassible de celle que j’aime et qui tient fermement le volant sans montrer le moindre signe de fatigue. Tandis que l’aurore nous illumine progressivement, la plaine beauçoise remplace le relief accidenté de l’Allier et du Cher. Nous dépassons Orléans. Le trafic s’intensifie : Valma est souvent obligée de ralentir brutalement, pour accélérer ensuite. Puis elle décide d’apaiser sa conduite, pour ne pas risquer la vie des gens qui se rendent en voiture à leur travail.


L’Ile-de-France nous accueille au petit jour avec une pluie fine traversant un léger brouillard. Les autoroutes convergent au sud de la capitale comme l’estuaire d’un fleuve, totalisant dans chaque sens huit voies qui charrient par centaines de milliers des Franciliens à l’esprit encore embrumé de rêves, avançant à travers une brume parfumée au gasoil, en troupeau docile jusqu’à leur lieu de travail. Jusqu’au périphérique, le trafic reste fluide même s’il est très dense. Ma compagne vit dans le Marais ; elle me propose de venir chez elle dormir un peu.


Parvenues dans son petit appartement, nous nous enlaçons nues sous sa couette. N’ayant plus de force pour les câlins, je m’endors rapidement alors qu’elle caresse doucement mes cheveux. Au réveil, il est déjà dix-sept heures.



Affamée, je l’invite à prendre un petit-déjeuner dans un bistrot, juste en bas de son immeuble. Lorsqu’il nous voit nous embrasser dans la fumée du café, le serveur nous sourit d’un air entendu. Deux femmes qui s’aiment : rien d’inhabituel dans ce quartier. Nous regardons discrètement un couple gay qui s’embrasse sans retenue. À l’abri du froid, il règne dans le bar un parfum de liberté et de tendre luxure.

Dehors, les lampadaires commencent à s’allumer et les colonnes Morris font la ronde. Paris s’agite d’une gaité que l’on ressent lorsqu’on est amoureux. La vie me paraît simple et légère. Nos mains se rejoignent sur la table. Puisse ce moment durer une éternité…



Son regard est merveilleux. Ses yeux qui brillent… Ses mains sont moites. Elle transpire beaucoup. Pourtant, si la salle est bien chauffée, ce n’est pas la canicule. Elle me dit quelque chose, dans sa langue. Pourquoi me parle-t-elle en finnois, et s’étonne-t-elle que je ne la comprenne pas ? Quelque chose n’est pas normal dans son comportement. Elle cherche à avaler sa salive, mais n’y parvient pas, essaie de se lever, tente de s’accrocher désespérément à mes mains mais glisse et chute lourdement sur le sol, évanouie. Sans prendre le temps de réfléchir, j’appelle immédiatement le SAMU et réponds aux questions du médecin régulateur. Oui, elle respire encore et son cœur bat. Ils envoient immédiatement une ambulance. Je lui tiens une main luisante de sueur. Sur un brancard, on emmène mon amour aux urgences de l’hôpital Lariboisière, près de la gare du Nord. On me dit que ce n’est pas la peine de la rejoindre maintenant : elle va subir une batterie d’examens dans la nuit. Non, je ne suis pas sa sœur, ni ne fais officiellement partie de sa famille. Non, je ne connais pas de gens de son entourage à prévenir ; je sais d’ailleurs qu’elle n’a personne.


Elle est allongée sur une civière, inconsciente. Les ambulanciers l’embarquent à bord du véhicule qui s’éloigne, sirène hurlante, dans le crépuscule. Bras ballants, je la regarde s’éloigner, impuissante. Tout est allé si vite. Il fallait faire le nécessaire, sans réfléchir. Quelqu’un dans le bistrot me dit que cela ressemble à un accident vasculaire cérébral, qu’il connaît un copain qui a eu cette maladie et qui en est mort. Voilà qui est rassurant… Incapable d’en entendre plus, je paie les consommations et m’enfuis en pleurant et mordant jusqu’au sang dans mon poing fermé.



oOo



(1) Le chronotachygraphe est le « mouchard » du camion, permettant aux forces de l’ordre de vérifier que les horaires de conduite, les temps de repos réglementaires et les limitations de vitesse sont respectés. Sur ce sujet, voir par exemple :

http://www.charentelibre.fr/2012/10/25/petites-et-grosses-combines-chez-les-routiers,1121192.php


(2) Ce type d’explosion est une supernova. Cela se produit avec les étoiles les plus massives, lorsque le carburant nucléaire manque, de sorte que la pression de radiation ne compense plus la gravitation. Le cœur de l’étoile s’effondre sur lui-même jusqu’à atteindre une densité extrême, celle des noyaux atomiques. La matière qui arrive sur le cœur rebondit et une onde de choc balaie l’étoile vers la périphérie, ce qui rallume la fusion nucléaire et conduit à la production d’une quantité colossale d’énergie.

C’est un évènement rare à l’échelle humaine : on n’en observe qu’un à trois par siècle dans notre galaxie. C’est pourtant ce mécanisme qui dissémine les éléments lourds que l’on trouve sur la Terre, tel que le fer qui se trouve dans notre hémoglobine. Une partie de notre corps provient ainsi de débris d’étoiles ayant explosé il y a plusieurs milliards d’années.

En l’an 1006, la supernova la plus brillante de l’époque historique est restée visible durant plus d’une année. Elle est mentionnée dans des textes émanant de différentes civilisations. Sa luminosité était telle qu’elle était le seul objet céleste en dehors du Soleil à donner une ombre aux objets. Sa distance est estimée à 7100 années-lumière. Si proche de l’an mille, on imagine la frayeur de nos ancêtres devant ce phénomène qu’ils ne savaient pas expliquer.


Sur les supernovæ :



Sur le ciel d’hiver sous nos latitudes :






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